pas, comme l’a dit un ravissant poète, «emporter avec soi toutes ses
illusions, s’ensevelir, comme un roi d’Orient, avec ses pierreries
et ses trésors, avec toute la fortune humaine?» Combien d’actions de
grâces ne devons-nous donc pas adresser à l’esprit doux et bienfaisant
qui respire en toute chose ici-bas! En effet, le soin que la nature
prend à nous dépouiller pièce à pièce de nos vêtements, à nous
déshabiller l’âme en nous affaiblissant par dégrés, l’ouïe, la vue, le
toucher, en ralentissant la circulation de notre sang et figeant nos
humeurs pour nous rendre aussi peu sensibles à l’invasion de la mort
que nous le fûmes à celle de la vie, ce soin maternel qu’elle a de
notre fragile enveloppe, elle le déploie aussi pour les sentiments et
pour cette double existence que crée l’amour conjugal. Elle nous envoie
d’abord la Confiance, qui, tendant la main, et ouvrant son cœur, nous
dit:--Vois: je suis à toi pour toujours... La Tiédeur la suit, marchant
d’un pas languissant, détournant sa blonde tête pour bâiller comme
une jeune veuve obligée d’écouler un ministre prêt à lui signer un
brevet de pension. L’Indifférence arrive; elle s’étend sur un divan, ne
songeant plus à baisser la robe que jadis le Désir levait si chastement
et si vivement. Elle jette un œil sans pudeur comme sans immodestie
sur le lit nuptial; et, si elle désire quelque chose, c’est des fruits
verts pour réveiller les papilles engourdies qui tapissent son palais
blasé. Enfin l’Expérience philosophique de la vie se présente, le front
soucieux, dédaigneuse, montrant du doigt les résultats, et non pas les
causes; la victoire calme, et non pas le combat fougueux. Elle suppute
des arrérages avec les fermiers et calcule la dot d’un enfant. Elle
matérialise tout. Par un coup de sa baguette, la vie devient compacte
et sans ressort: jadis tout était fluide, maintenant tout s’est
minéralisé. Le plaisir n’existe plus alors pour nos cœurs, il est jugé,
il n’était qu’une sensation, une crise passagère; or, ce que l’âme veut
aujourd’hui, c’est un état; et le bonheur seul est permanent, il gît
dans une tranquillité absolue, dans la régularité des repas, du dormir,
et du jeu des organes appesantis.
--Cela est horrible!... m’écriais-je, je suis jeune, vivace!...
Périssent tous les livres du monde plutôt que mes illusions!
Je quittai mon laboratoire et je m’élançai dans Paris. En voyant
passer les figures les plus ravissantes, je m’aperçus bien que je
n’étais pas vieux. La première femme jeune, belle et bien mise qui
m’apparut, fit évanouir par le feu de son regard la sorcellerie dont
j’étais volontairement victime. A peine avais-je fait quelques pas dans
le jardin des Tuileries, endroit vers lequel je m’étais dirigé, que
j’aperçus le prototype de la situation matrimoniale à laquelle ce livre
est arrivé. J’aurais voulu caractériser, idéaliser ou personnifier le
Mariage, tel que je le conçois, alors qu’il eût été impossible à la
sainte Trinité même d’en créer un symbole si complet.
Figurez-vous une femme d’une cinquantaine d’années, vêtue d’une
redingote de mérinos brun-rouge, tenant de sa main gauche un cordon
vert noué au collier d’un joli petit griffon anglais, et donnant le
bras droit à un homme en culotte et en bas de soie noirs, ayant sur
la tête un chapeau dont les bords se retroussaient capricieusement,
et sous les deux côtés duquel s’échappaient les touffes neigeuses de
deux ailes de pigeon. Une petite queue, à peu près grosse comme un
tuyau de plume, se jouait sur une nuque jaunâtre assez grasse que le
collet rabattu d’un habit râpé laissait à découvert. Ce couple marchait
d’un pas d’ambassadeur; et le mari, septuagénaire au moins, s’arrêtait
complaisamment toutes les fois que le griffon faisait une gentillesse.
Je m’empressai de devancer cette image vivante de ma Méditation, et je
fus surpris au dernier point en reconnaissant le marquis de T.... l’ami
du comte de Nocé, qui depuis long-temps me devait la fin de l’histoire
interrompue que j’ai rapportée dans la _Théorie du lit_. (Voir la
Méditation XVII.)
--J’ai l’honneur, me dit-il, de vous présenter madame la marquise de
T...
Je saluai profondément une dame au visage pâle et ridé; son front était
orné d’un tour dont les boucles plates et circulairement placées, loin
de produire quelque illusion, ajoutaient un désenchantement de plus à
toutes les rides qui la sillonnaient. Cette dame avait un peu de rouge
et ressemblait assez à une vieille actrice de province.
--Je ne vois pas, monsieur, ce que vous pourrez dire contre un mariage
comme le nôtre? me dit le vieillard.
--Les lois romaines le défendent!... répondis-je en riant.
La marquise me jeta un regard qui marquait autant d’inquiétude que
d’improbation, et qui semblait dire:--Est-ce que je serais arrivée à
mon âge pour n’être qu’une concubine?...
Nous allâmes nous asseoir sur un banc, dans le sombre bosquet planté
à l’angle de la haute terrasse qui domine la place Louis XVI, du côté
du Garde-meuble. L’automne effeuillait déjà les arbres, et dispersait
devant nous les feuilles jaunes de sa couronne; mais le soleil ne
laissait pas que de répandre une douce chaleur.
--Eh! bien, l’ouvrage est-il fini?... me dit le vieillard avec cet
onctueux accent particulier aux hommes de l’ancienne aristocratie. Il
joignit à ces paroles un sourire sardonique en guise de commentaire.
--A peu près, monsieur, répondis-je. J’ai atteint la situation
philosophique à laquelle vous me semblez être arrivé, mais je vous
avoue que je...
--Vous cherchiez des idées?... ajouta-t-il en achevant une phrase que
je ne savais plus comment terminer.--Eh! bien, dit-il en continuant,
vous pouvez hardiment prétendre qu’en parvenant à l’hiver de sa vie,
un homme... (un homme qui pense, entendons-nous) finit par refuser à
l’amour la folle existence que nos illusions lui ont donnée!...
--Quoi! c’est vous qui nieriez l’amour le lendemain d’un mariage?
--D’abord, dit-il, le lendemain, ce serait une raison; mais mon mariage
est une spéculation, reprit-il en se penchant à mon oreille. J’ai
acheté les soins, les attentions, les services dont j’ai besoin, et je
suis bien certain d’obtenir tous les égards que réclame mon âge; car
j’ai donné toute ma fortune à mon neveu par testament, et ma femme ne
devant être riche que pendant ma vie, vous concevez que... Je jetai
sur le vieillard un regard si pénétrant qu’il me serra la main et me
dit:--Vous paraissez avoir bon cœur, car il ne faut jurer de rien...
Eh! bien, croyez que je lui ai ménagé une douce surprise dans mon
testament, ajouta-t-il gaiement.
--Arrivez donc, Joseph!... s’écria la marquise en allant au-devant
d’un domestique qui apportait une redingote en soie ouatée, monsieur a
peut-être déjà eu froid.
Le vieux marquis mit la redingote, la croisa; et, me prenant le bras,
il m’emmena sur la partie de la terrasse où abondaient les rayons du
soleil.
--Dans votre ouvrage, me dit-il, vous aurez sans doute parlé de l’amour
en jeune homme. Eh! bien, si vous voulez vous acquitter des devoirs que
vous impose le mot ec.... élec....
--Éclectique... lui dis-je en souriant, car il n’avait jamais pu se
faire à ce nom philosophique.
--Je connais bien le mot!... reprit-il. Si donc vous voulez obéir à
votre vœu d’_électisme_, il faut que vous exprimiez au sujet de l’amour
quelques idées viriles que je vais vous communiquer, et je ne vous en
disputerai pas le mérite, si mérite il y a; car je veux vous léguer de
mon bien, mais ce sera tout ce que vous en aurez.
--Il n’y a pas de fortune pécuniaire qui vaille une fortune d’idées,
quand elles sont bonnes toutefois! Ainsi je vous écoute avec
reconnaissance.
--L’amour n’existe pas, reprit le vieillard en me regardant. Ce n’est
pas même un sentiment, c’est une nécessité malheureuse qui tient le
milieu entre les besoins du corps et ceux de l’âme. Mais, en épousant
pour un moment vos jeunes pensées, essayons de raisonner sur cette
maladie sociale. Je crois que vous ne pouvez concevoir l’amour que
comme un besoin ou comme un sentiment.
Je fis un signe d’affirmation.
--Considéré comme besoin, dit le vieillard, l’amour se fait sentir
le dernier parmi tous les autres, et cesse le premier. Nous sommes
amoureux à vingt ans (passez-moi les différences), et nous cessons
de l’être à cinquante. Pendant ces vingt années, combien de fois le
besoin se ferait-il sentir si nous n’étions pas provoqués par les mœurs
incendiaires de nos villes, et par l’habitude que nous avons de vivre
en présence, non pas d’une femme, mais des femmes? Que devons-nous à la
conservation de la race? Peut-être autant d’enfants que nous avons de
mamelles, parce que, si l’un meurt, l’autre vivra. Si ces deux enfants
étaient toujours fidèlement obtenus, où iraient donc les nations?
Trente millions d’individus sont une population trop forte pour la
France, puisque le sol ne suffit pas à sauver plus de dix millions
d’êtres de la misère et de la faim. Songez que la Chine en est réduite
à jeter ses enfants à l’eau, selon le rapport des voyageurs. Or, deux
enfants à faire, voilà tout le mariage. Les plaisirs superflus sont
non-seulement du libertinage, mais une perte immense pour l’homme,
ainsi que je vous le démontrerai tout à l’heure. Comparez donc à cette
pauvreté d’action et de durée l’exigence quotidienne et perpétuelle
des autres conditions de notre existence! La nature nous interroge à
toute heure pour nos besoins réels; et, tout au contraire, elle se
refuse absolument aux excès que notre imagination sollicite parfois en
amour. C’est donc le dernier de nos besoins, et le seul dont l’oubli
ne produise aucune perturbation dans l’économie du corps! L’amour est
un luxe social comme les dentelles et les diamants. Maintenant, en
l’examinant comme sentiment, nous pouvons y trouver des distinctions,
le plaisir et la passion. Analysez le plaisir. Les affections humaines
reposent sur deux principes: l’attraction et l’aversion. L’attraction
est ce sentiment général pour les choses qui flattent notre instinct de
conservation; l’aversion est l’exercice de ce même instinct quand il
nous avertit qu’une chose peut lui porter préjudice. Tout ce qui agite
puissamment notre organisme nous donne une conscience intime de notre
existence: voilà le plaisir. Il se constitue du désir, de la difficulté
et de la jouissance d’avoir n’importe quoi. Le plaisir est un élément
unique, et nos passions n’en sont que des modifications plus ou moins
vives; aussi, presque toujours, l’habitude d’un plaisir exclut-il
les autres. Or l’amour est le moins vif de nos plaisirs et le moins
durable. Où placez-vous le plaisir de l’amour?... Sera-ce la possession
d’un beau corps?... Avec de l’argent vous pouvez acquérir dans une
soirée des odalisques admirables; mais au bout d’un mois vous aurez
blasé peut-être à jamais le sentiment en vous. Serait-ce par hasard
autre chose?... Aimeriez-vous une femme, parce qu’elle est bien mise,
élégante, qu’elle est riche, qu’elle a voiture, qu’elle a du crédit?...
Ne nommez pas cela de l’amour, car c’est de la vanité, de l’avarice, de
l’égoïsme. L’aimez-vous parce qu’elle est spirituelle?... vous obéissez
peut-être alors à un sentiment littéraire.
--Mais, lui dis-je, l’amour ne révèle ses plaisirs qu’à ceux qui
confondent leurs pensées, leurs fortunes, leurs sentiments, leurs âmes,
leurs vies...
--Oh!... oh!... oh!... s’écria le vieillard d’un ton goguenard,
trouvez-moi sept hommes par nation qui aient sacrifié à une femme
non pas leurs vies... car cela n’est pas grand’chose: le tarif de
la vie humaine n’a pas, sous Napoléon, monté plus haut qu’à vingt
mille francs; et il y a en France en ce moment deux cent cinquante
mille braves qui donnent la leur pour un ruban rouge de deux pouces;
mais sept hommes qui aient sacrifié à une femme dix millions sur
lesquels ils auraient dormi solitairement pendant une seule nuit...
Dubreuil et Phméja sont encore moins rares que l’amour de mademoiselle
Dupuis et de Bolingbroke. Alors, ces sentiments-là procèdent d’une
cause inconnue. Mais vous m’avez amené ainsi à considérer l’amour
comme une passion. Eh! bien, c’est la dernière de toutes et la plus
méprisable. Elle promet tout et ne tient rien. Elle vient, de même
que l’amour comme besoin, la dernière, et périt la première. Ah!
parlez-moi de la vengeance, de la haine, de l’avarice, du jeu, de
l’ambition, du fanatisme!... Ces passions-là ont quelque chose de
viril; ces sentiments-là sont impérissables; ils font tous les jours
les sacrifices qui ne sont faits par l’amour que par boutades.--Mais,
reprit-il, maintenant abjurez l’amour. D’abord plus de tracas, de
soins, d’inquiétudes; plus de ces petites passions qui gaspillent
les forces humaines. Un homme vit heureux et tranquille; socialement
parlant, sa puissance est infiniment plus grande et plus intense.
Ce divorce fait avec ce je ne sais quoi nommé amour est la raison
primitive du pouvoir de tous les hommes qui agissent sur les masses
humaines, mais ce n’est rien encore. Ah! si vous connaissiez alors
de quelle force magique un homme est doué, quels sont les trésors de
puissance intellectuelle, et quelle longévité de corps il trouve en
lui-même, quand, se détachant de toute espèce de passions humaines, il
emploie toute son énergie au profit de son âme! Si vous pouviez jouir
pendant deux minutes des richesses que Dieu dispense aux hommes sages
qui ne considèrent l’amour que comme un besoin passager auquel il
suffit d’obéir à vingt ans, six mois durant; aux hommes qui, dédaignant
les plantureux et obturateurs beefteaks de la Normandie, se nourrissent
des racines qu’il a libéralement dispensées, et qui se couchent sur
des feuilles sèches comme les solitaires de la Thébaïde!... ah! vous
ne garderiez pas trois secondes la dépouille des quinze mérinos qui
vous couvrent; vous jetteriez votre badine, et vous iriez vivre dans
les cieux!... vous y trouveriez l’amour que vous cherchez dans la fange
terrestre; vous y entendriez des concerts autrement mélodieux que ceux
de monsieur Rossini, des voix plus pures que celle de la Malibran...
Mais j’en parle en aveugle et par ouï-dire: si je n’étais pas allé en
Allemagne devers l’an 1791, je ne saurais rien de tout ceci... Oui,
l’homme a une vocation pour l’infini. Il y a en lui un instinct qui
l’appelle vers Dieu. Dieu est tout, donne tout, fait oublier tout, et
la pensée est le fil qu’il nous a donné pour communiquer avec lui!.....
Il s’arrête tout à coup, l’œil fixé vers le ciel.
--Le pauvre bonhomme a perdu la tête! pensais-je.
--Monsieur, lui dis-je, ce serait pousser loin le dévouement pour la
philosophie éclectique que de consigner vos idées dans mon ouvrage; car
c’est le détruire. Tout y est basé sur l’amour platonique ou sensuel.
Dieu me garde de finir mon livre par de tels blasphèmes sociaux!
J’essaierai plutôt de retourner par quelque subtilité pantagruélique
à mon troupeau de célibataires et de femmes honnêtes, en m’ingéniant
à trouver quelque utilité sociale et raisonnable à leurs passions
et à leurs folies. Oh! oh! si la paix conjugale nous conduit à des
raisonnements si désenchanteurs, si sombres, je connais bien des maris
qui préféreraient la guerre.
--Ah! jeune homme, s’écria le vieux marquis, je n’aurai pas à me
reprocher de ne pas avoir indiqué le chemin à un voyageur égaré.
--Adieu, vieille carcasse!... dis-je en moi-même, adieu, mariage
ambulant. Adieu, squelette de feu d’artifice, adieu, machine! Quoique
je t’aie donné parfois quelques traits de gens qui m’ont été chers,
vieux portraits de famille, rentrez dans la boutique du marchand de
tableaux, allez rejoindre madame de T... et toutes les autres, que vous
deveniez des enseignes à bière... peu m’importe.
MÉDITATION XXX.
CONCLUSION.
Un homme de solitude, et qui se croyait le don de seconde vue, ayant
dit au peuple d’Israël de le suivre sur une montagne pour y entendre la
révélation de quelques mystères, se vit accompagné par une troupe qui
tenait assez de place sur le chemin pour que son amour-propre en fût
chatouillé, quoique prophète.
Mais comme sa montagne se trouvait à je ne sais quelle distance, il
arriva qu’à la première poste un artisan se souvint qu’il devait
livrer une paire de babouches à un duc et pair, une femme pensa que la
bouillie de ses enfants était sur le feu, un publicain songea qu’il
avait des métalliques à négocier, et ils s’en allèrent.
Un peu plus loin des amants restèrent sous des oliviers, en oubliant
les discours du prophète; car ils pensaient que la terre promise
était là où ils s’arrêtaient, et la parole divine là où ils causaient
ensemble.
Des obèses, chargés de ventres à la Sancho, et qui depuis un quart
d’heure s’essuyaient le front avec leurs foulards, commencèrent à avoir
soif, et restèrent auprès d’une claire fontaine.
Quelques anciens militaires se plaignirent des cors qui leur agaçaient
les nerfs, et parlèrent d’Austerlitz à propos de bottes étroites.
A la seconde poste, quelques gens du monde se dirent à l’oreille:--Mais
c’est un fou que ce prophète-là?...--Est-ce que vous l’avez
écouté?--Moi! je suis venu par curiosité.--Et moi, parce que j’ai vu
qu’on le suivait (c’était un _fashionable_).--C’est un charlatan.
Le prophète marchait toujours. Mais, quand il fut arrivé sur le plateau
d’où l’on découvrait un immense horizon, il se retourna, et ne vit
auprès de lui qu’un pauvre Israélite auquel il aurait pu dire comme le
prince de Ligne au méchant petit tambour bancroche qu’il trouva sur la
place où il se croyait attendu par la garnison:--Eh! bien! messieurs
les lecteurs, il paraît que vous n’êtes qu’un?...
Homme de Dieu qui m’as suivi jusqu’ici!.... j’espère qu’une petite
récapitulation ne t’effraiera pas, et j’ai voyagé dans la conviction
que tu te disais comme moi:--Où diable allons-nous?...
--Eh! bien, c’est ici le lieu de vous demander, mon respectable
lecteur, quelle est votre opinion relativement au renouvellement du
monopole des tabacs, et ce que vous pensez des impôts exorbitants mis
sur les vins, sur le port d’armes, sur les jeux, sur la loterie, et
sur les cartes à jouer, l’eau-de-vie, les savons, les cotons, et les
soieries, etc.
--Je pense que tous ces impôts, entrant pour un tiers dans les revenus
du budget, nous serions fort embarrassés si...