... Le condamné dormait profondément. Le Procureur de la République lui
toucha l’épaule:
--Demarqué, dit-il, votre recours en grâce est rejeté. L’heure est
venue. Ayez du courage!
Livide, l’assassin se dressa:
--J’en aurai, fit-il simplement.
Puis, il réclama une cigarette. Il la fuma très vite, en s’habillant, en
demanda une autre. Et, tandis que les aides procédaient à la dernière
toilette, tandis qu’il se confessait, tandis encore qu’avait lieu la
levée d’écrou, il ne cessa d’aspirer la fumée par bouffées gourmandes.
Dans le fourgon funèbre, il fuma encore. Et, quand les portes
s’ouvrirent et que, dans la lueur blême de l’aube, sa forme blanche
apparut, précédée par l’aumônier qui l’embrassait et cherchait à lui
cacher la sinistre machine, le bandit suça son dernier mégot, dont
l’étincelle rouge luisait entre ses lèvre pâles.
Il fit trois pas, fut saisi, bascula. Le couteau tomba. Justice était
faite. L’homme n’avait pas craché sa suprême cigarette...
Le lendemain, sa photo fut barrée d’un trait rouge. Et, dessous, il y
avait:
_Exécuté à Versailles, le..._
Il n’appartenait plus au D. K. V.