O illusion! pourquoi, lorsque, dans mes songes du paradis, lorsque
Thérèse est près de moi, que je sens passer son souffle sur mes lèvres,
pourquoi dans mon âme ce désir de tombe?... Ces heureux moments
n'auraient jamais dû naître,--ou n'auraient jamais dû s'éloigner...
Cette nuit, je cherchais quelle main l'avait arrachée de mon sein. Il me
semblait entendre au loin son gémissement... Mais mon lit inondé de mes
larmes, mon front mouillé de sueur, ma poitrine haletante, la fixe et
muette obscurité, tout me criait: «Malheureux! tu délires...» Épouvanté,
abattu, je me roulais sur mon lit en pressant mon oreiller entre mes
bras, et, en cherchant à me créer de nouvelles illusions et de nouveaux
tourments.
Si tu me voyais pâle, défait, taciturne, errer çà et là sur les
montagnes, cherchant Thérèse, et tremblant de la rencontrer, l'appelant,
la priant, et répondant moi-même à ma voix! Brûlé par le soleil, je me
cache dans le bosquet, et je m'assoupis ou je rêve; souvent je la salue
comme si je la voyais; il me semble encore la presser sur mon cœur...
Puis tout à coup mon rêve s'évanouit, et je reste les yeux cloués sur
les précipices de quelques rochers... Il est temps que tout cela
finisse...