29 mai, au matin.

O illusion! pourquoi, lorsque, dans mes songes du paradis, lorsque

Thérèse est près de moi, que je sens passer son souffle sur mes lèvres,

pourquoi dans mon âme ce désir de tombe?... Ces heureux moments

n'auraient jamais dû naître,--ou n'auraient jamais dû s'éloigner...

Cette nuit, je cherchais quelle main l'avait arrachée de mon sein. Il me

semblait entendre au loin son gémissement... Mais mon lit inondé de mes

larmes, mon front mouillé de sueur, ma poitrine haletante, la fixe et

muette obscurité, tout me criait: «Malheureux! tu délires...» Épouvanté,

abattu, je me roulais sur mon lit en pressant mon oreiller entre mes

bras, et, en cherchant à me créer de nouvelles illusions et de nouveaux

tourments.

Si tu me voyais pâle, défait, taciturne, errer çà et là sur les

montagnes, cherchant Thérèse, et tremblant de la rencontrer, l'appelant,

la priant, et répondant moi-même à ma voix! Brûlé par le soleil, je me

cache dans le bosquet, et je m'assoupis ou je rêve; souvent je la salue

comme si je la voyais; il me semble encore la presser sur mon cœur...

Puis tout à coup mon rêve s'évanouit, et je reste les yeux cloués sur

les précipices de quelques rochers... Il est temps que tout cela

finisse...

Jacques Ortis; Les fous du docteur Miraglia · 第 52 / 85 题