9 février 1908.

«Vos prières me sont trop précieuses pour que je ne vienne pas, de temps

en temps, vous les demander pour moi et pour les pauvres infidèles qui

m’entourent. Cette partie du royaume de Jésus reste douloureusement

abandonnée, délaissée. Le vénéré et saint Préfet Apostolique du Sahara

ne dispose que de quelques prêtres pour des populations dispersées sur

d’immenses espaces, et vous sentez que les difficultés ne manquent pas,

venant de toutes parts... En ce moment, je suis au sud d’Insalah; à la

fin de l’été, je retournerai à Béni-Abbès, sur la frontière du Maroc, et

là, la misère spirituelle est plus grande encore, car des populations

bien plus nombreuses sont dans un délaissement plus total encore...

Priez pour tant d’âmes qui, après 1900 ans n’ont pas reçu la Bonne

Nouvelle, ou en ont perdu la connaissance et le souvenir depuis bien des

siècles. Recommandez ces peuples aux prières des âmes pieuses. Il y a là

des parties du champ du Père de famille si délaissées! des contrées où

les âmes, dépourvues de nos moyens de salut, esclaves de l’erreur et du

vice, tombent en enfer en foule... Le Christ est mort pour chacune

d’elles... que ne devons-nous pas à des âmes dont le prix est le sang de

Jésus? Priez pour que le Père de famille envoie des ouvriers, de bons

ouvriers dans son champ; et priez pour le pauvre et misérable ouvrier

que je suis, afin que je sois ce que veut Jésus!

Au même,

Écrits spirituels de Charles de Foucauld · 第 135 / 139 题