La majorité partageait le sentiment que j'avais exprimé, et me vint

fermement en aide. Par l'organe de M. de Peyramont, elle demanda que la

proposition d'accusation contre le ministère fût maintenue à l'ordre du

jour, et la séance ne fut levée qu'après cette résolution.

A l'annonce de la chute du cabinet, l'émotion, je devrais dire

l'irritation, avait été profonde dans la majorité; elle y voyait sa

propre chute et celle de la politique qu'elle soutenait courageusement

depuis dix-sept ans. Plus clairvoyants encore et plus expérimentés dans

les crises révolutionnaires, quelques-uns de ses membres pressentirent

immédiatement dans celle-ci bien plus que la chute du cabinet: un de mes

amis particuliers, M. Muret de Bord, qui s'était vivement prononcé dans

ces dernières circonstances, était assis à côté de l'ancien et habile

directeur général de l'enregistrement et des domaines, M. Calmon, qui,

en entendant ma déclaration, lui dit en lui frappant sur l'épaule:

«Citoyen Muret de Bord, dites à la citoyenne Muret de Bord de préparer

ses paquets; la République ne vous aimera pas.» Dans l'opposition même,

les esprits élevés étaient soucieux: «Je désirais vivement la chute du

cabinet, dit à M. Duchâtel M. Jules de Lasteyrie; mais j'aurais mieux

aimé vous voir rester dix ans de plus que sortir par cette porte.» Au

même instant, M. de Rémusat, ami et camarade de collége de M. Dumon,

vint s'asseoir près de lui au banc des ministres: «Je sais, lui dit-il,

que ta sortie du ministère ne te contrarie pas beaucoup; je puis donc

venir causer avec toi. Si j'entre dans le nouveau ministère, j'espère

que nous causerons souvent ensemble, et que nous pourrons nous

entendre.--Je ne demande pas mieux, lui répondit M. Dumon; pourvu que la

Chambre ne soit pas dissoute et que les réformes ne soient pas

excessives, je ne ferai aucune opposition.--C'eût été bien facile,

reprit M. de Rémusat, si nous étions arrivés par un mouvement de

Chambre; mais qui peut mesurer les conséquences d'un mouvement dans la

rue?»

A quatre heures et demie, le cabinet se réunit aux Tuileries. De

plusieurs côtés, le bruit de l'irritation de la majorité parlementaire

était arrivé au roi; il en était visiblement troublé. Il essaya

d'alléger un peu, pour lui-même, la résolution qu'il venait de prendre

en donnant à entendre que j'avais, ainsi que M. Duchâtel, partagé son

avis. Je rétablis, en termes positifs, ce que je lui avais dit dans

notre première entrevue. «Nous étions décidés et prêts, lui redis-je, à

soutenir jusqu'au bout la politique d'ordre et de résistance légale que

nous trouvons la seule bonne; mais le roi s'était montré disposé à

penser qu'il devait changer son ministère. Poser une telle question,

dans un tel moment, c'était la résoudre.» Le roi n'insista pas. MM.

Hébert, de Salvandy et Jayr exprimèrent nettement leur désapprobation de

sa résolution. Nous sortîmes des Tuileries pour ne plus nous occuper, en

attendant la formation d'un nouveau cabinet, que de défendre partout

l'ordre toujours violemment attaqué. La nouvelle de la chute du

ministère n'avait point fait cesser la lutte; elle continuait sans que

nulle part l'insurrection triomphât ou cédât. L'événement tombait de

plus en plus entre les mains des républicains fanatiques résolus à le

pousser jusqu'à une révolution. Nous allions d'heure en heure, M.

Duchâtel et moi, rendre compte au roi de l'état des choses. Vers six

heures, il nous témoigna le désir de donner le commandement général dans

Paris au maréchal Bugeaud. Nous fîmes sur-le-champ, auprès des généraux

Jacqueminot et Tiburce Sébastiani, une démarche pour les en prévenir;

puis, le roi préféra attendre l'avis du cabinet qu'il travaillait à

former. Il n'avançait guère dans son travail; M. Molé discutait,

négociait, cherchait des alliés efficaces. Vers huit heures, M. Jayr,

qui avait quelques signatures de travaux publics à demander au roi,

retourna aux Tuileries; il le trouva seul, agité et taciturne. En lui

soumettant son travail administratif, M. Jayr lui représenta la

nécessité de reconstituer promptement le pouvoir politique et le

commandement militaire, l'un et l'autre ébranlés et flottants au milieu

d'une crise aussi obstinée que violente. Le roi signait et l'écoutait en

silence; puis tout à coup: «Et quand je pense, dit-il, que cette

résolution a été prise et exécutée en un quart d'heure!» M. Jayr se

retira sans autre réponse.

Personne n'ignore l'événement (je ne décide pas s'il faut dire fortuit

ou criminel) qui éclata à neuf heures du soir, sur le boulevard, devant

l'hôtel des affaires étrangères. Une bande d'insurgés, armés de piques,

de pistolets, de bâtons, portant des signes de luttes récentes, et

partis d'abord de la place de la Bastille, s'était avancée le long des

boulevards, grossie dans sa route par des passants et des curieux; après

plusieurs stations et plusieurs démonstrations bruyantes, entre autres

devant le bureau du _National_, elle arrivait près du ministère des

affaires étrangères, plus d'une fois menacé depuis le commencement de

l'insurrection. Un bataillon d'infanterie de ligne en couvrait les

approches. Au milieu de la pression désordonnée qu'exerçait la foule et

de la résistance immobile que lui opposait la troupe, un coup de feu

partit; selon les uns, des rangs de la troupe même et par un accident du

fusil d'un soldat; selon les autres, le coup fut tiré du sein de la

foule, sur la troupe, et par un des insurgés. Quoi qu'il en soit, la

troupe, se croyant attaquée, fit feu; beaucoup de personnes tombèrent,

les unes frappées à mort, les autres blessées, d'autres renversées et

foulées aux pieds. Un désordre immense, mêlé d'effroi et de colère,

éclata sur le théâtre et tout à l'entour de l'événement; la passion a de

soudains et puissants instincts au service de sa cause; quelques-uns des

insurgés relevèrent des cadavres, seize, dit-on, les placèrent sur un

chariot qui se trouvait là, et ce cortège funèbre se promena jusqu'à une

heure du matin, sur les boulevards, devant les bureaux du _National_ et

de la _Réforme_, dans tout le centre de la ville, au milieu des cris:

«Vengeance! aux armes! aux barricades!» provoquant partout un nouvel et

plus ardent élan d'insurrection et de lutte. La nuit se passa à

exploiter ainsi ce malheur ou ce crime, pour transformer l'émeute en

révolution.

J'étais au ministère de l'intérieur quand la nouvelle de ce fatal

incident y arriva. Plusieurs de mes collègues et de nos amis y étaient

réunis. De leur avis unanime, je me rendis sur le champ aux Tuileries,

avec M. Dumon, pour insister auprès du roi sur l'urgence de la

nomination du maréchal Bugeaud au commandement de toutes les forces

militaires. Il en reconnut la nécessité; mais il ne savait pas encore

quel cabinet il parviendrait à former. Je le quittai sans qu'il eût rien

décidé. Entre minuit et une heure, il m'envoya chercher, et me dit qu'à

la fin de la soirée, M. Molé était venu lui annoncer qu'il n'avait pu

réussir à former un cabinet: «Je fais appeler M. Thiers, ajouta-t-il;

mais, en attendant, la lutte devient de plus en plus grave; il y faut

sur-le-champ un chef militaire, d'une capacité et d'une autorité

éprouvées, et qui puisse porter le fardeau jusqu'à l'installation du

nouveau ministère. Je vous demande la nomination immédiate du maréchal

Bugeaud au commandement de la garde nationale et de l'armée. M. Thiers

ne voudrait peut-être pas le nommer lui-même; mais il l'acceptera, je

n'en doute pas, s'il le trouve nommé et installé. C'est au nom du salut

de la monarchie que je fais cet appel au dévouement de mes anciens

ministres.»--Le roi sait, lui dis-je, que nous sommes tout prêts à

accomplir son désir.--Il envoya chercher M. Duchâtel et le général

Trézel dont la signature était nécessaire pour cette nomination. Ils

arrivèrent et donnèrent sur-le-champ au roi leur assentiment et leur

concours. Le maréchal Bugeaud arriva aussi. Le duc de Nemours, le duc de

Montpensier et M. de Montolivet étaient présents. Les deux ordonnances

signées, le duc de Nemours, M. Duchâtel et moi, nous accompagnâmes le

maréchal Bugeaud pour l'installer à l'État-major. Il s'arrêta sur la

place du Carrousel pour visiter les troupes qui y étaient réunies. Nous

lui demandâmes ce qu'il pensait de la journée du lendemain: «Il est un

peu tard, nous dit-il; mais je n'ai jamais été battu et je ne

commencerai pas demain. Qu'on me laisse faire et tirer le canon, il y

aura du sang répandu; mais demain soir la force sera du côté de la loi,

et les factieux auront reçu leur compte.»

Ce fut là le dernier acte du cabinet et ma dernière entrevue avec le

maréchal Bugeaud. Je ne retournai aux Tuileries, le lendemain 24

février, vers huit heures du matin, que pour prendre définitivement

congé du roi, que je ne revis plus qu'à Claremont. Ce qu'on a dit de

prétendus conseils qu'il m'aurait demandés et que je lui aurais donnés,

à ce moment, sur ses rapports avec son nouveau cabinet et les

concessions qu'il devait lui faire, est dénué de tout fondement. Il se

borna à m'annoncer que MM. Thiers et Odilon Barrot avaient accepté le

ministère, et moi à lui témoigner ma satisfaction qu'au moins la crise

ministérielle fût terminée. Depuis cette dernière heure du cabinet du 29

octobre 1840 jusqu'à la dernière heure de la monarchie de 1830, j'ai été

absolument étranger à tout ce qui s'est dit, fait et passé.

Dix-neuf ans se sont écoulés, et aujourd'hui comme il y a dix-neuf ans,

je ne puis penser sans une émotion douloureuse à l'état d'âme où j'ai vu

le roi Louis-Philippe pendant cette crise si tragiquement terminée.

Jamais prince n'a été plus sincèrement convaincu que la politique qu'il

avait adoptée était la meilleure, la seule bonne pour son pays et pour

le régime qu'il avait été appelé à fonder dans son pays. Resté, comme

dans sa jeunesse, libéral et patriote de 1789, à ses yeux cette

politique consacrait et mettait en pratique les principes de 1789, en

mettant fin aux entraînements et aux aveuglements révolutionnaires qui,

tantôt sous la forme de l'anarchie, tantôt sous celle du despotisme, les

avaient faussés et compromis. Il la regardait comme aussi essentielle

pour l'influence et la grandeur de la France en Europe que pour sa

prospérité et ses progrès à l'intérieur. Il l'avait pratiquée de concert

avec les grands pouvoirs constitutionnels, sous le feu des libertés

publiques, en usant de ses droits constitutionnels, mais sans jamais

croire ni vouloir les dépasser. Il avait courageusement sacrifié, au

maintien de cette politique, un bien qui lui était cher et doux, les

démonstrations empressées et le bruit flatteur de la popularité. Et

après dix-sept années de ces efforts et de ce sacrifice, il se voyait

méconnu, mal compris, non-seulement attaqué par les factions ennemies,

mais harassé, délaissé par une portion de ces classes moyennes qui

étaient son principal point d'appui. Aux bruyantes agitations dans la

garde nationale se joignaient les dissentiments respectueux, mais réels,

dans la famille royale. Sous l'atteinte de ces faits réunis, le roi

était profondément triste et perplexe, résigné aux déplaisirs et aux

difficultés qu'il prévoyait, décidé à n'y opposer que ses moyens légaux

de concession ou de résistance, mais accessible à ces troubles

momentanés, à ces résolutions soudaines qui surgissent dans les âmes

fatiguées des longues luttes et dégoûtées des perspectives obscures. Ni

la persévérance ni l'espérance n'étaient pourtant éteintes dans l'âme du

roi Louis-Philippe: soit par nature, soit par son expérience des

vicissitudes et des réactions qui se succèdent dans les révolutions, il

était de ceux qui pensent que, pour retrouver de bonnes chances et une

bonne veine, il suffit de savoir survivre et attendre. En 1848, sa

lassitude était extrême; il fléchissait sous son fardeau, et, pour le

porter plus loin, il avait besoin de reprendre haleine; mais je suis

convaincu qu'au milieu de ses mécomptes et de son découragement, il

était loin de désespérer de son propre avenir, et que, tout en acceptant

les lois du régime constitutionnel, il se promettait d'y reprendre

l'influence qu'il croyait nécessaire pour faire légalement prévaloir la

politique qu'il croyait indispensable au bien de son pays et au salut de

son trône. Les hommes ne lui en ont pas laissé le temps; Dieu ne lui en

a pas accordé la faveur.

CHAPITRE XLIX.

RÉSUMÉ.

Deux choses déterminent le caractère des gouvernements et les sentiments

d'estime ou de blâme, de sympathie ou de répulsion qui leur sont dus: le

sort, bon ou mauvais, qu'ils ont fait aux générations qui ont vécu sous

leur empire; le bien ou le mal qu'ils ont légué aux générations qui les

ont suivis.

Je n'ai pas raconté le règne du roi Louis-Philippe; j'ai pris, dans ce

règne, les événements et les actes considérables auxquels j'ai été mêlé,

et je me suis appliqué à les faire bien connaître et apprécier en les

retraçant avec détail et précision. Ce n'est pas toute l'histoire de

cette époque; mais c'est assez, je pense, pour que je sois en mesure et

en droit d'en résumer les principaux résultats. Quelle influence a

exercée, pendant sa durée, sur le sort et l'état de la France, le

gouvernement qu'elle a possédé de 1830 à 1848? Qu'est-il resté et que

reste-t-il à la France de l'influence et des oeuvres de ce gouvernement?

Je ne ferai à ces questions que les réponses les plus simples et les

plus brèves; je ne veux que recueillir des faits avérés, sans discussion

ni commentaire.

Je regarde d'abord à la politique générale, et je cherche quels

résultats a obtenus pour ses contemporains, quelles traditions a

laissées à ses successeurs le gouvernement de 1830. Ce gouvernement a eu

l'honneur de naître d'une révolution accomplie pour la défense des lois

et des libertés violées. Il a eu le malheur de naître d'une révolution,

et d'une révolution accomplie aux dépens du principe essentiel de la

monarchie, et avec le concours de partis et de passions qui dépassaient

de beaucoup son but. Entreprise au nom des droits de la monarchie

constitutionnelle, la révolution de 1830 a ouvert la porte aux

tentatives républicaines et aux perspectives indéfinies de l'imagination

humaine, honnêtes ou perverses. Le gouvernement de 1830 a courageusement

fait le départ entre ces idées et ces forces diverses déployées autour

de son berceau; il a accepté comme sa source et sa règle: 1° les droits

de l'indépendance nationale; 2° le respect des lois, des droits et des

libertés publiques; 3° les principes et la pratique du régime

constitutionnel. Point d'intervention ni d'immixtion étrangère dans les

affaires et les résolutions intérieures de la France. Point de lois

d'exception ni de suspension des libertés publiques. Les pouvoirs

constitutionnels en plein exercice et toujours appelés à débattre et à

régler ensemble les affaires du pays.

Le gouvernement de 1830 ne s'est pas borné à mettre ces principes en

pratique à l'intérieur et pour la France elle-même; ils ont présidé à

ses relations avec les autres États, spécialement avec les États assez

voisins de la France pour que leur situation et leur destinée importent

à la sienne. Il a déclaré qu'en Belgique, en Suisse, en Piémont, en

Espagne, il ne souffrirait aucune intervention étrangère sans y

intervenir aussi, dans l'intérêt français. En reconnaissant le droit de

ces peuples à modifier leurs institutions, il a efficacement protégé,

tout autour de la France, l'indépendance nationale de ses voisins et

l'établissement ou les progrès du régime constitutionnel. A coup sûr, ce

n'était pas là une politique facile à faire accepter de la plupart des

grandes puissances européennes, au sortir d'un temps plein de guerres de

conquête et d'interventions étrangères. Pourtant le gouvernement de 1830

y a réussi, et c'est au nom de la paix européenne qu'il a réussi. Le

congrès de Vienne avait fondé la paix européenne sur la domination

générale des grandes puissances et le régime stationnaire des États. Le

gouvernement de 1830 a maintenu la paix européenne en en brisant les

pesantes conditions. Il a concilié les bienfaits de la paix avec

l'indépendance des peuples et les progrès de la liberté.

Les politiques clairvoyants de l'Europe ne se sont pas mépris sur les

résultats de cette conduite du gouvernement de 1830 pour la grandeur de

la France. Le 24 février 1848, au moment même de la chute imprévue de ce

gouvernement, le chancelier de l'empire russe, le comte de Nesselrode,

écrivait à l'ambassadeur de Russie à Londres: «La France aura gagné à la

paix plus que ne lui aurait donné la guerre. Elle se verra entourée de

tous côtés par un rempart d'États constitutionnels, organisés sur le

modèle français, vivant de son esprit, agissant sous son influence.»

L'influence du gouvernement de 1830 a survécu même à sa ruine. Au

dehors, c'est en maintenant sa politique extérieure que la République

qui lui a succédé s'est fait reconnaître et accepter de l'Europe. Au

dedans, sous le coup de cette disparition soudaine de tous les pouvoirs

organisés et dans cette explosion soudaine de toutes les ambitions

humaines, que serait devenue la société française si, depuis trente ans,

elle n'avait été accoutumée et formée, par le spectacle et la pratique

de son gouvernement, au respect du droit et de la liberté? C'est par les

traditions et les habitudes du gouvernement libre qu'elle venait de

renverser que la révolution de 1848 a été défendue contre sa propre

pente. Qui pourrait dire quels coups elle aurait portés à l'ordre social

et à la paix européenne, si l'esprit légal et pacifique du régime déchu

n'avait encore plané au-dessus de ses ruines?

Je descends de la politique générale aux actes spéciaux du gouvernement

de 1830 dans l'administration intérieure du pays, et je constate, par la

simple énumération des faits et des chiffres, quelles ont été ses

oeuvres, leur impulsion et leurs résultats.

Pour rendre ce tableau des principaux actes du gouvernement de 1830

clair et concluant, je range ces actes sous trois chefs qui comprennent

les diverses mesures législatives et administratives, incontestablement

bien qu'inégalement importantes, accomplies à cette époque:

Législation politique et sociale;

Administration des finances;

Travaux publics.

L'un de mes plus fidèles et plus éclairés amis, M. Moulin, jadis député

du département du Puy-de-Dôme, a bien voulu se charger de vérifier

l'exactitude de ces documents, et venir ainsi en aide à la mémoire de la

politique conservatrice et libérale après l'avoir fermement soutenue

quand elle était en action.

I

Législation politique et sociale.

Je comprends sous ce chef: 1° les lois d'organisation et de garantie

pour la force publique, pour les libertés publiques, pour l'ordre

public; 2° les lois de réforme et d'amélioration sociale.

1° _Lois d'organisation et de garantie politique._

1830. 12 _septembre_. Loi qui soumet à la réélection les députés promus

à des fonctions publiques.

10 _décembre_. Loi sur la police des afficheurs et crieurs publics.

1831. 4 _mars_. Loi sur la composition des cours d'assises et sur la

majorité nécessaire pour les décisions rendues par le jury contre

l'accusé.

1831. 21 _mars_. Loi qui fixe, pour le jugement des conflits entre

l'autorité administrative et les tribunaux, un délai d'un mois, passé

lequel le conflit peut être considéré comme non avenu.

21 _mars_. Loi sur la formation et l'organisation des conseils

municipaux par la voie de l'élection.

22 _mars_. Loi sur l'organisation de la garde nationale sédentaire et

mobile, par l'élection directe des sous-officiers et l'élection

indirecte des officiers supérieurs.

19 _avril_. Loi sur les élections législatives qui abaisse le cens

électoral de 300 à 200 fr. et le cens d'éligibilité de 1,000 à 500 fr.

1832. 22 _mars_. Loi sur le recrutement militaire et la formation de

l'armée.

1833. 24 _avril_. Loi sur le régime législatif dans les colonies.

24 _avril_. Loi sur l'exercice des droits civils et politiques dans les

colonies.

22 _juin_. Loi sur l'organisation des conseils généraux de département

et des conseils d'arrondissement, par la voie de l'élection, avec

adjonction des capacités portées sur la seconde liste du jury aux

possesseurs du cens électoral politique, et fixation d'un _minimum_ pour

le nombre des électeurs.

7 _juillet_. Loi sur l'expropriation pour cause d'utilité publique. Elle

établit par quel mode légal l'utilité publique est déclarée, et elle

soumet au jury l'estimation et le règlement des indemnités. Cette loi a

été modifiée et complétée par une autre loi du 3 mai 1841.

1834. 16 _février_. Loi sur les crieurs publics d'écrits.

10 _avril_. Loi sur les associations.

1834. 20 _avril_. Loi sur l'organisation du conseil général et des

conseils d'arrondissement du département de la Seine et du conseil

municipal de la ville de Paris, par la voie de l'élection.

19 _mai_. Loi sur l'état des officiers.

1835. 9 _septembre_. Loi sur les crimes, délits et contraventions commis

par la voie de la presse et autres moyens de publication.

9 _septembre_. Loi sur les cours d'assises.

9 _septembre_. Loi portant modification des articles 341, 345, 346, 347

et 352 du Code d'instruction criminelle, et de l'art. 17 du Code pénal.

1837. 1er _avril_. Loi qui détermine l'autorité des arrêts de la Cour de

cassation après deux pourvois.

18 _juillet_. Loi sur l'administration communale et les attributions des

conseils municipaux.

1838. 10 _mai_. Loi sur les attributions des conseils généraux de

département et des conseils d'arrondissement.

1839. 3 _août_. Loi qui fixe le cadre de l'état-major de l'armée de

terre.

1841. 17 _juin_. Loi d'organisation de l'état-major de l'armée navale.

1842. 30 _août_. Loi sur la régence du royaume.

2° _Lois de réforme et d'amélioration sociale._

1831. 8 _février_. Loi qui admet le culte israélite au nombre des cultes

reconnus par l'État et met le traitement de ses ministres à la charge du

trésor public.

4 _mars_. Loi pour la répression de la traite des nègres.

1832. 17 _avril_. Loi apportant divers adoucissements à la contrainte

par corps.

1832. 28. _avril_. Loi apportant de nombreuses et importantes réformes

dans la législation pénale; entre autres l'admission des circonstances

atténuantes et l'abolition de onze cas de peine de mort.

1833. 28 _juin_. Loi organique de l'instruction primaire, élémentaire et

supérieure.

1835. 25 _mai_. Loi relative à l'administration des biens ruraux des

communes, hospices et autres établissements publics.

5 _juin_. Loi qui confère aux caisses d'épargne la qualité de personnes

civiles pouvant recevoir des dons et legs; une seconde loi du 31 _mars_

1837 chargea la caisse des dépôts et consignations de recevoir et

d'administrer les fonds que les caisses d'épargne seraient admises à

placer au trésor.

1836. 21 _mai_. Loi qui supprime et prohibe les loteries.

21 _mai_. Loi organique sur la construction et l'administration des

chemins vicinaux.

1837. 4 _juillet_. Loi sur les poids et mesures, qui consacre le système

métrique comme obligatoire.

1838. 11 _avril_. Loi qui élève la compétence des tribunaux civils de

première instance.

25 _mai_. Loi qui élève la compétence des juges de paix.

28 _mai_. Loi sur les faillites et banqueroutes apportant de graves

réformes dans le Code de commerce.

20. _juin_. Loi sur les aliénés et sur les établissements consacrés au

traitement de l'aliénation mentale.

1840. 8 _mars_. Loi sur l'organisation et l'extension de la compétence

des tribunaux de commerce.

6 _juin_. Loi apportant diverses modifications au régime de la pêche

fluviale.

1841. 22 _mars_. Loi sur le régime et les conditions du travail des

enfants employés dans les manufactures.

2 _juin_. Loi apportant de graves modifications au code de procédure

civile sur la vente judiciaire des biens immeubles.

14 _juin._ Loi qui modifie le code de commerce sur la responsabilité des

propriétaires de navires de commerce.

25 _juin_. Loi sur la vente en détail des marchandises aux enchères, ou

à cri public.

25 _juin_. Loi sur la transmission des offices réglant la forme et les

droits d'enregistrement des traités.

1843. 18 _juin_. Loi sur les commissaires-priseurs.

1844. 3 _mai_. Loi sur la chasse.

Mémoires pour servir à l'Histoire de mon temps (Tome 8) · 第 37 / 39 段