A MARIANI

_dont j’ai toujours un flacon sur ma table de travail._

Celui-là n’a rien bu de péremptoire, qui

N’a

Bu qu’un kola banal ou qu’un vague quinqui

Na!

Ni bisque ni piment, pour qui se maria

Ni

Gingembre n’ont jamais valu le Maria

Ni

Et c’est pourquoi je chanterai, Mariani,

Que

Ton vin est digestif, réconfortant, toni-

Que;

Et sans fin je ferai répéter à l’écho

Qu’à

Tout élixir, toujours, je préfère ton Co-

Ca!

L’unisson retentit si parfait, si sonore, avec les dessus et les

basses de son clavier de voix, les unes aiguës, d’autres plus rudes,

mais toutes juvéniles et fraîches--des voix qui avaient gardé les

chèvres--que l’impression fut saisissante. L’hésitation fléchit, la

résistance céda; une seconde audition fut requise. Elle n’enleva pas

moins l’assemblée, d’ailleurs restreinte, mais dont les voisins qui

étaient venus s’y joindre, puis les parents des jeunes paysannes,

sans omettre les serviteurs de la maison, grossissaient le nombre et

l’importance.

Des flots de chocolat à l’eau noyèrent le triomphe; mais il fallut

encore une sérieuse, presque sévère intervention de la Comtesse, pour

empêcher, à force de récidives et de répétitions, par les interprètes

en liberté, l’air de bravoure, de tourner en scie.

La Marquise se plaignit un peu de n’avoir pas entendu plutôt le joli

passage où se trouve ce vers:

«Écoutez, les Gascons, c’est toute la Gascogne!...»

et qui avait été récité aux familles, le jour de la distribution des

prix des Demoiselles de Bonduwe.

Miss Winter riposta qu’elle n’aimait pas les sentiers battus, que

chacun avait son système d’éducation et qu’il ne fallait pas compter la

voir entrer en lutte avec l’Institution Bellemanières.

La petite mademoiselle · 第 65 / 129 题