L’écrin de Mademoiselle contenait encore une perle baroque. Celle-ci
affectait une forme singulière, très singulière. Charles s’en aperçut
assez vite et fit part de l’observation à un ami qui répondit que la
chose lui était apparue, dès le premier jour. Les deux hommes rirent
avec gêne, parlèrent bas et se rangèrent au même avis, qui était que
le bijou ne devait plus être porté devant les enfants, lesquelles,
précisément, affectaient une naïve prédilection pour ce pendentif
et lui prodiguaient d’intempérantes caresses. C’était embarrassant.
Confier à Henriette le véritable motif d’une interdiction, en
apparence, arbitraire, paraissait difficile. Désagréable, mais
innocente, elle solliciterait des explications qui seraient
déplaisantes et ridicules. Le Comte prit le parti de simuler une
antipathie pour le joyau malencontreux, de le juger agaçant, d’en
exiger la disparition.
Un tel caprice, de la part de ce bon enfant, surprit, mais parut
admissible. La feinte réussit. A de certaines heures, la Comtesse
ne demandait pas mieux que d’infliger un pensum à sa Gouvernante.
Celle-ci, quand on lui parla de supprimer le pendant, eut un sourire
énigmatique... mais obéit.
Une seule fois, l’objet reparut. C’était un dimanche que tout le monde
était allé déjeuner dans le voisinage. Retenu par son mal de tête,
Charles était resté, et Mademoiselle n’avait pas été emmenée. La
parure proscrite se balançait au bas d’un ruban, sur lequel il y avait,
à cette heure, quelque chose d’inscrit. C’étaient ces mots:
«Mais un, entre autres, me troubla.»
Le migrainé les retint pour les citer à son voisin. Celui-ci les
reconnut comme étant un vers de Verlaine, au sujet d’un coquillage.