XLIX

SUR LES FONCTIONNAIRES PUBLICS SOUMIS A L'EXAMEN DU COMITÉ DE SALUT

PUBLIC

(9 mars 1794)

Bouchotte était accusé devant la Convention. Danton, intervenant aux

débats, réclama l'examen de la conduite de tous les fonctionnaires

publics. L'homme qui seize jours plus tard devait mourir jetait un

suprême appel à la confiance en le Comité:

* * * * *

La représentation nationale, appuyée de la force du peuple, déjouera

tous les complots. Celui qui devait, ces jours derniers, perdre la

liberté est déjà presque en totalité anéanti. Le peuple et la

Convention veulent que tous les coupables soient punis de mort. Mais

la Convention doit prendre une marche digne d'elle. Prenez garde qu'en

marchant par saccade, on ne confonde le vrai patriote avec ceux qui

s'étaient couverts du masque du patriotisme pour assassiner le peuple.

Le décret dont on vient de lire la rédaction n'est rien; il s'agit de

dire au Comité de salut public: examinez le complot dans toutes ses

ramifications; scrutez la conduite de tous les fonctionnaires publics;

voyez si leur mollesse ou leur négligence a concouru, même malgré eux,

à favoriser les conspirateurs. Un homme qui affectait l'empire de la

guerre se trouve au nombre des coupables. Eh bien, le ministre est, à

mon opinion, dans le cas d'être accusé de s'être au moins laissé

paralyser. Le Comité de salut public veille jour et nuit; que les

membres de la Convention s'unissent tous; que les révolutionnaires qui

ont les premiers parlé de République, face à face, avec Lafayette,

apportent ici leur tête et leurs bras pour servir la patrie. Nous

sommes tous responsables au peuple de sa liberté. Français, ne vous

effrayez pas, la liberté doit bouillonner jusqu'à ce que l'écume soit

sortie.

Nos comités sont l'avant-garde politique; les armées doivent vaincre

quand l'avant-garde est en surveillance. Jamais la République ne fut,

à mon sens, plus grande. Voici le nouveau temps marqué pour cette

sublime révolution. Il fallait vaincre ceux qui singeaient le

patriotisme pour tuer la liberté; nous les avons vaincus.

Je demande que le Comité de salut public se concerte avec celui de

sûreté générale pour examiner la conduite de tous les fonctionnaires.

Il faut que chacun de nous se prononce. J'ai demandé le premier le

gouvernement révolutionnaire. On rejeta d'abord mon idée, on l'a

adoptée ensuite; ce gouvernement révolutionnaire a sauvé la

République; ce gouvernement, c'est vous.

Union, vigilance, méditation, parmi les membres de la Convention.

L

Discours Civiques de Danton · 第 103 / 106 题