SUR LES FONCTIONNAIRES PUBLICS SOUMIS A L'EXAMEN DU COMITÉ DE SALUT
PUBLIC
(9 mars 1794)
Bouchotte était accusé devant la Convention. Danton, intervenant aux
débats, réclama l'examen de la conduite de tous les fonctionnaires
publics. L'homme qui seize jours plus tard devait mourir jetait un
suprême appel à la confiance en le Comité:
* * * * *
La représentation nationale, appuyée de la force du peuple, déjouera
tous les complots. Celui qui devait, ces jours derniers, perdre la
liberté est déjà presque en totalité anéanti. Le peuple et la
Convention veulent que tous les coupables soient punis de mort. Mais
la Convention doit prendre une marche digne d'elle. Prenez garde qu'en
marchant par saccade, on ne confonde le vrai patriote avec ceux qui
s'étaient couverts du masque du patriotisme pour assassiner le peuple.
Le décret dont on vient de lire la rédaction n'est rien; il s'agit de
dire au Comité de salut public: examinez le complot dans toutes ses
ramifications; scrutez la conduite de tous les fonctionnaires publics;
voyez si leur mollesse ou leur négligence a concouru, même malgré eux,
à favoriser les conspirateurs. Un homme qui affectait l'empire de la
guerre se trouve au nombre des coupables. Eh bien, le ministre est, à
mon opinion, dans le cas d'être accusé de s'être au moins laissé
paralyser. Le Comité de salut public veille jour et nuit; que les
membres de la Convention s'unissent tous; que les révolutionnaires qui
ont les premiers parlé de République, face à face, avec Lafayette,
apportent ici leur tête et leurs bras pour servir la patrie. Nous
sommes tous responsables au peuple de sa liberté. Français, ne vous
effrayez pas, la liberté doit bouillonner jusqu'à ce que l'écume soit
sortie.
Nos comités sont l'avant-garde politique; les armées doivent vaincre
quand l'avant-garde est en surveillance. Jamais la République ne fut,
à mon sens, plus grande. Voici le nouveau temps marqué pour cette
sublime révolution. Il fallait vaincre ceux qui singeaient le
patriotisme pour tuer la liberté; nous les avons vaincus.
Je demande que le Comité de salut public se concerte avec celui de
sûreté générale pour examiner la conduite de tous les fonctionnaires.
Il faut que chacun de nous se prononce. J'ai demandé le premier le
gouvernement révolutionnaire. On rejeta d'abord mon idée, on l'a
adoptée ensuite; ce gouvernement révolutionnaire a sauvé la
République; ce gouvernement, c'est vous.
Union, vigilance, méditation, parmi les membres de la Convention.
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