GABRIEL LOUIS-JARAY.

[1] Nous nous permettons d’indiquer à nos lecteurs que cette

œuvre est organisée dans le grand Comité de Secours

National, par la commission des départements envahis, dont

le siège est 21, rue Cassette, à Paris.

[Illustration: La maison du général Lyautey, à Crévic, sur laquelle

les Allemands se sont acharnés, et qu’ils ont incendiée après l’avoir

pillée.]

[Illustration: PROMOTION SUR LE FRONT.――Un héros de Roye est fait

sous-lieutenant.

_Dessin de G. SCOTT_]

On voudrait pouvoir désigner ce brave par son nom. Mais le confrère

anglais qui nous raconta son odyssée a négligé sans doute de s’en

informer. Et puis, dans cette guerre où l’héroïsme se manifeste à

chaque pas et à chaque heure, que de faits mémorables demeurent

anonymes!

C’est à Roye que celui-ci s’est distingué. Il était adjudant et

commandait à trente-deux hommes: la moitié de ce qui demeurait de sa

compagnie. Il fut chargé, comme on voulait reprendre Roye, de défendre

un poste qu’on lui assigna, en lui donnant pour consigne de tenir bon.

Et, se retranchant, il tint jusqu’au bout, en effet. Comme, à la nuit

tombante, le gros de la force avec laquelle il coopérait s’était

replié, ne voulant pas s’exposer à une surprise de nuit dans la ville,

lui, n’ayant reçu aucun ordre, demeura là, avec ses trente-deux

hommes. L’ennemi s’avança en nombre de la ville qu’il avait réoccupée.

A 50 mètres seulement, l’adjudant reconnut les Allemands: il les

accueillit de tout son feu. Ils ne marchandèrent pas sur la riposte:

ce fut une véritable pluie de fer. Cette poignée d’hommes résista,

continua de tirer. La fusillade probablement rappela nos troupes et

enfin l’adjudant put dégager son monde, le ramener vers une carrière,

puis, sous bois, jusqu’au quartier général.

«Nous n’étions plus que vingt, racontait le chef de cette poignée de

héros. Je ne sais ce que sont devenus les autres, mais nous avions

tenu notre position contre plusieurs milliers d’ennemis assez

longtemps pour permettre à nos troupes de revenir et de les repousser

au delà de Roye. Le colonel passa mes dix-neuf soldats et moi en revue

le lendemain matin; il nous dit que nous avions fait une belle chose;

il m’embrassa et me fit sous-lieutenant sur-le-champ.»

Après quoi on donna au nouvel officier, pour fêter son galon, quelques

jours de repos. C’était la seule récompense qu’il n’eût pas

ambitionnée. Les heures d’inactivité lui parurent longues et, comme un

prisonnier aspire à la liberté, il n’avait qu’un rêve: retourner au

feu, et recommencer.

[Illustration:

Prêtres catholiques. Un pasteur. Un rabbin.

AUMONIERS MILITAIRES.――Un premier et heureux résultat de la guerre

actuellement déchaînée a été de mettre immédiatement un terme aux

divisions, aux querelles confessionnelles; avec un zèle égal, les

ministres des diverses religions se sont empressés vers le devoir, et

ceux que la mobilisation n’appelait pas sous les drapeaux ont

multiplié les démarches pour être admis aux armées soit comme

aumôniers, soit comme ambulanciers; la photographie ci-dessus est le

témoignage parlant de cette union à l’ombre du drapeau.]

[Illustration: L’Impératrice Eugénie

L'Illustration, No. 3738, 24 Octobre 1914 · 第 7 / 25 题