[1] Nous nous permettons d’indiquer à nos lecteurs que cette
œuvre est organisée dans le grand Comité de Secours
National, par la commission des départements envahis, dont
le siège est 21, rue Cassette, à Paris.
[Illustration: La maison du général Lyautey, à Crévic, sur laquelle
les Allemands se sont acharnés, et qu’ils ont incendiée après l’avoir
pillée.]
[Illustration: PROMOTION SUR LE FRONT.――Un héros de Roye est fait
sous-lieutenant.
_Dessin de G. SCOTT_]
On voudrait pouvoir désigner ce brave par son nom. Mais le confrère
anglais qui nous raconta son odyssée a négligé sans doute de s’en
informer. Et puis, dans cette guerre où l’héroïsme se manifeste à
chaque pas et à chaque heure, que de faits mémorables demeurent
anonymes!
C’est à Roye que celui-ci s’est distingué. Il était adjudant et
commandait à trente-deux hommes: la moitié de ce qui demeurait de sa
compagnie. Il fut chargé, comme on voulait reprendre Roye, de défendre
un poste qu’on lui assigna, en lui donnant pour consigne de tenir bon.
Et, se retranchant, il tint jusqu’au bout, en effet. Comme, à la nuit
tombante, le gros de la force avec laquelle il coopérait s’était
replié, ne voulant pas s’exposer à une surprise de nuit dans la ville,
lui, n’ayant reçu aucun ordre, demeura là, avec ses trente-deux
hommes. L’ennemi s’avança en nombre de la ville qu’il avait réoccupée.
A 50 mètres seulement, l’adjudant reconnut les Allemands: il les
accueillit de tout son feu. Ils ne marchandèrent pas sur la riposte:
ce fut une véritable pluie de fer. Cette poignée d’hommes résista,
continua de tirer. La fusillade probablement rappela nos troupes et
enfin l’adjudant put dégager son monde, le ramener vers une carrière,
puis, sous bois, jusqu’au quartier général.
«Nous n’étions plus que vingt, racontait le chef de cette poignée de
héros. Je ne sais ce que sont devenus les autres, mais nous avions
tenu notre position contre plusieurs milliers d’ennemis assez
longtemps pour permettre à nos troupes de revenir et de les repousser
au delà de Roye. Le colonel passa mes dix-neuf soldats et moi en revue
le lendemain matin; il nous dit que nous avions fait une belle chose;
il m’embrassa et me fit sous-lieutenant sur-le-champ.»
Après quoi on donna au nouvel officier, pour fêter son galon, quelques
jours de repos. C’était la seule récompense qu’il n’eût pas
ambitionnée. Les heures d’inactivité lui parurent longues et, comme un
prisonnier aspire à la liberté, il n’avait qu’un rêve: retourner au
feu, et recommencer.
[Illustration:
Prêtres catholiques. Un pasteur. Un rabbin.
AUMONIERS MILITAIRES.――Un premier et heureux résultat de la guerre
actuellement déchaînée a été de mettre immédiatement un terme aux
divisions, aux querelles confessionnelles; avec un zèle égal, les
ministres des diverses religions se sont empressés vers le devoir, et
ceux que la mobilisation n’appelait pas sous les drapeaux ont
multiplié les démarches pour être admis aux armées soit comme
aumôniers, soit comme ambulanciers; la photographie ci-dessus est le
témoignage parlant de cette union à l’ombre du drapeau.]
[Illustration: L’Impératrice Eugénie