Quarante-quatre ans après les revers qui amenèrent sa déchéance, celle
qui fut l’impératrice des Français soigne, en Angleterre, ceux qui
viennent de verser leur sang pour la France.]
[Illustration:
Farnborough-Hill, la résidence de l’impératrice Eugénie, transformée
en hôpital pour les blessés de l’armée britannique.]
[Illustration: UNE ÉMOUVANTE CÉRÉMONIE A MONTPELLIER.――La présentation
aux troupes d’un drapeau revenant du feu.]
Des diverses cérémonies consacrées par les rites militaires pour
honorer le drapeau, il n’en est sans doute point de plus émouvante, en
dehors du champ de bataille, que celle qui réunissait ces jours
derniers la garnison de Montpellier devant l’étendard du 81ᵉ de
ligne. Déchiré par les balles, la hampe brisée, le glorieux emblème a
dû être renvoyé au dépôt du régiment. Deux officiers successivement
préposés à sa garde, les sous-lieutenants Servent et Dejeanne, sont
tombés sur le champ de bataille; d’autres officiers, blessés à ses
côtés, ont soutenu ses débris devant les troupes auxquelles le
commandant Delattre a rappelé le serment fait par le colonel, le 5
août dernier, au nom du régiment, de défendre le drapeau jusqu’au
dernier sacrifice. Tous, vétérans ou jeunes recrues, renouvelèrent
dans le fond de leur cœur le serment si bien tenu. La parade achevée,
on vit un vieillard sortir des rangs, s’avancer près de l’étendard et
poser ses lèvres sur la soie ternie; c’était le père du porte-drapeau
Servent.
[Illustration: UN DRAPEAU QUI FUT BIEN DÉFENDU.――C’est celui du 81ᵉ
d’infanterie: la hampe est brisée, l’étoffe est déchirée, le
porte-drapeau a été tué à l’ennemi.――_Phot. H. Manuel._]
[Illustration:
_Dessin de GEORGES SCOTT._ NOTRE 75 EN ACTION
_Voici, au fort de l’action, une de ces batteries de notre 75, dont on
ne cesse de vanter la puissance et la précision. C’est l’instant où le
coup de la pièce la plus proche de nous vient de partir: la réaction a
fait reculer la bouche à feu sur les glissières de l’affût, sans
l’ébranler, grâce à ce frein incomparable, au mécanisme ingénieux, qui
est l’un des avantages primordiaux de notre artillerie et qui fait que
le canon demeure pointé une fois pour toutes quand le tir a été réglé.
Pas de grosses volutes de fumée: seulement une blanche vapeur, vite
dissipée, qui se résout en légers flocons emportés par le vent,――si
bien qu’il est fort difficile, pour l’ennemi, sinon presque
impossible, de repérer de loin les positions des batteries._]
[Illustration: Les officiers d’un bataillon de Sénégalais devant leur
résidence d’automne en Champagne.