de la part de Sa Majesté Son Altesse Sérénissime monseigneur le duc de
Penthièvre d'assister au bal paré que Sa Majesté donnera au comte et à
la comtesse du Nord le samedy 8 juin.
»Le bal sera sans cérémonie.
»Le Roy et la Reine n'auront point le fauteuil.»]
Ce même jour, M. le comte et madame la comtesse du Nord ont été souper
chez madame la princesse de Lamballe à Versailles. Ils sont arrivés à
dix heures moins un quart; M. de Ravenel et M. le chevalier Dyauville,
avec les pages, ont été à la porte de la première antichambre recevoir
M. le comte du Nord qui étoit arrivé le premier; peu de temps après
madame la comtesse du Nord est arrivée, mesdames de Guebriant et de
Pardaillan[210] ont été pareillement à la porte de la première
antichambre la recevoir; à dix heures madame la comtesse du Nord est
passée à table, conduite par madame la princesse de Lamballe qui la
tenoit par la main; madame la comtesse du Nord occupoit la place du
haut de la table à la droite de madame la princesse de Lamballe, du
côté de la cheminée de la salle à manger, et M. le comte du Nord à la
gauche de madame la princesse de Lamballe, qui se trouvoit par ce
moyen entre eux deux; les princes et princesses ont été servis par des
pages. La table étoit de vingt et un couverts, il n'y avoit à cette
table en hommes que M. le comte du Nord et son ambassadeur, il y a eu
trois grandes tables et plusieurs petites; après le souper, il y a eu
bal, auquel sont venus la Reine, Monsieur, Madame, M. le comte
d'Artois et Madame Élisabeth. Le bal n'a fini qu'à trois heures
passées. M. le comte du Nord est parti du bal avant une heure, madame
la comtesse du Nord s'est en allée à deux heures, madame la princesse
de Lamballe a voulu la reconduire, elle l'a empêchée d'aller au delà
de la porte de son salon. La Reine est restée jusqu'à la fin du bal.
Madame la princesse de Lamballe est allée chez M. le comte et madame
la comtesse du Nord, à l'instar de madame la duchesse de Bourbon, qui
en avoit usé ainsi, après leur avoir donné à souper. Ce même jour M.
le prince de Conty observa à M. de Vergennes que madame la comtesse du
Nord avoit fait une seconde visite à toutes les princesses, hors à
madame la princesse de Conty, et le lendemain cette dernière princesse
reçut un billet de madame la comtesse du Nord tourné de la manière la
plus polie, qui lui témoignoit ses regrets de n'avoir pas encore pu la
voir, et lui demandoit son jour et son heure pour lui rendre visite;
la qualification d'altesse sérénissime se trouvoit dans ce billet,
commencé sans _Madame_ en vedette, et fini par, _De Votre Altesse
Sérénissime la bien dévouée servante_. Ces derniers mots étoient
détachés du corps de la lettre d'une manière très-marquée; le billet
étoit signé LA COMTESSE DU NORD. Madame la princesse de Conty alla
tout de suite, quoi qu'elle fût à Sceaux, à la porte de madame la
comtesse du Nord, qu'elle ne trouva point; elle y laissa un billet
écrit de sa main, portant qu'elle étoit venue pour avoir l'honneur de
voir madame[211] la comtesse du Nord et la remercier de toutes ses
bontés. M. de Penthièvre fut avec elle, parce qu'elle désira être
accompagnée de quelqu'un connu de M. le comte et de madame la comtesse
du Nord. Malgré cette visite, madame la princesse de Conty envoya le
lendemain matin son écuyer à M. le prince de Bariatinsky pour savoir
le jour et l'heure à laquelle elle pourroit voir madame la comtesse du
Nord; il dit qu'il répondroit par écrit à cette princesse.
[Note 210: La manière dont madame la princesse de Lamballe a reçu
madame la comtesse du Nord a été réglée d'après ce que madame la
duchesse de Bourbon avoit pratiqué.]
[Note 211: Madame étoit écrit en toutes lettres.]
Le 10, M. (_sic_) et madame la comtesse du Nord ont été à Chantilly;
M. le prince de Condé a laissé ses gentilshommes se mettre à table
avec ses prince et princesse, s'ils ont trouvé place, attendu que
Chantilly étoit un lieu où ils mangeoient avec les princesses du sang.
M. le prince de Condé avoit excepté sa maison de Vanvres, à l'instar
de Saint-Cloud, et, on croit, celle de Saint-Maur; M. le prince de
Condé n'a point présenté ses gentilshommes à M. le comte et à madame
la comtesse du Nord.
Le 13, M. de Bariatinsky a répondu à madame la princesse de Conty
qu'il sçavoit que madame la comtesse du Nord avoit beaucoup
d'arrangements pris jusqu'au moment de son départ, mais qu'il sçavoit
aussi que cette princesse avoit destiné la soirée du dimanche 16 à
faire des visites, et que si madame la princesse de Conty étoit chez
elle ce jour-là, elle iroit la voir. Madame la princesse de Conty a
répliqué à M. de Bariatinsky qu'elle se rendroit avec empressement à
Paris (madame la princesse de Conty étoit à Sceaux) pour recevoir la
visite de madame la comtesse du Nord, mais qu'il le prioit de
l'avertir de lui à elle, du moment où cette princesse demandoit ses
voitures, pour qu'elle pût lui rendre ses devoirs dans sa maison,
ainsi qu'elle le devoit et le désiroit. Le billet de madame la
princesse de Conty finissoit en disant qu'elle étoit charmée d'avoir
cette occasion d'assurer M. de Bariatinsky de la véritable et parfaite
considération qu'elle avoit pour lui. M. de Bariatinsky n'étoit que
ministre plénipotentiaire. Ce même jour 13, M. le duc et madame la
duchesse de Chartres ont donné à souper à M. le comte et à madame la
comtesse du Nord, à une maison de M. le duc de Chartres située à
Mousseaux, dans les fauxbourgs de Paris; ils ont prié toutes les
personnes de la nation russe dans le cas d'aller chez eux, d'après
l'état qu'ils en ont demandé à M. le prince de Bariatinsky, faute
d'avoir les titres des personnes qui avoient été invitées par M. le
duc d'Orléans et M. le duc de Penthièvre, au Raincy et à Sceaux.
Le 14, madame la princesse de Conty a reçu une réponse de M. de
Bariatinsky par le canal de son écuyer qu'elle avoit envoyé pour que
le ministre de Russie n'eût pas la peine de lui écrire de nouveau,
portant que madame la comtesse du Nord avoit tous ses moments destinés
et continuant à dire qu'elle iroit chez madame la princesse de Conty
le dimanche suivant, mais il s'y trouvoit néanmoins une phrase qui
donnoit jour à voir que madame la comtesse du Nord seroit chez elle ce
même jour 14, à l'issue de son dîner. D'après cette phrase, madame la
princesse de Conty s'est rendue chez M. le comte et madame la comtesse
du Nord, et leur a rendu la visite comme elle le désiroit; M. de
Bariatinsky est venu la recevoir au bas de l'escalier, et M. de
Soltikof à la porte de la première antichambre; les battants étoient
ouverts; madame de Benkendorf, principale dame de madame la comtesse
du Nord, est venue à la porte du salon où étoit cette princesse, et
madame la comtesse du Nord elle-même a fait plusieurs pas en
avant[212], elle a conduit madame la princesse de Conty en lui donnant
la main et passant la première comme pour montrer où il falloit aller
dans un cabinet qui étoit près le salon, où elle s'est assise avec
elle sur un canapé en la faisant placer au-dessus d'elle; madame la
comtesse du Nord a fait un compliment à M. de Penthièvre qui étoit
avec madame la princesse de Conty pour lui proposer de s'asseoir, et a
fait une honnêteté à la dame d'honneur de madame la princesse de
Conty et à madame de Benkendorf pour qu'elles s'assisent. M. le duc de
Penthièvre et ces dames ont pris des fauteuils cabriolets qui étoient
les seuls qui fussent dans la chambre: les battants se sont fermés
pendant la visite et ont resté fermés. Lorsqu'on est sorti, madame la
comtesse du Nord a reconduit madame la princesse de Conty jusqu'à plus
de la moitié du salon qui étoit avant le cabinet où la visite s'est
passée, et madame de Benkendorf jusqu'à la porte de ce salon; madame
la princesse de Conty n'ayant pas vu M. le comte du Nord, a attendu M.
de Bariatinsky (lequel avoit disparu pendant la visite chez madame la
comtesse du Nord) dans l'antichambre de cette princesse. M. le comte
du Nord y est venu avec M. de Bariatinsky; la visite s'y est passée de
la manière la plus polie de la part de M. le comte du Nord, et il a
voulu reconduire absolument madame la princesse de Conty jusqu'à sa
voiture, et l'a vu partir. M. le duc de Penthièvre s'est servi de
cette occasion pour faire sa visite d'adieu[213] à M. le comte et à
madame la comtesse du Nord. Il est resté debout dans la voiture de
madame la princesse de Conty, en sortant de la cour de M. le comte du
Nord, jusqu'à ce qu'il ait été hors de la vue de ce prince.
[Note 212: Madame la princesse de Conty a présenté sa dame d'honneur à
madame la comtesse du Nord, et madame la comtesse du Nord a présenté
la sienne à cette princesse.]
[Note 213: D'après la lettre de M. le prince de Conty cy-incluse.]
Le 15 du même mois, le Roi et la Reine ont été prendre M. le comte et
madame la comtesse du Nord dans leur appartement pour les mener à
Marly; Leurs Majestés sortoient de la messe. M. le comte et madame la
comtesse du Nord occupoient le logement de M. le prince de Condé qui
est à côté de la chapelle; les voitures attendoient devant les
colonnades de la chapelle, elles étoient à quatre places. Dans une, il
y avoit la Reine et madame la comtesse du Nord dans le fond, et le Roi
et M. le comte du Nord sur le devant. Madame la comtesse du Nord avoit
voulu se placer sur le devant, à côté de M. le comte du Nord, et dans
l'autre une dame du palais de la Reine, une dame de madame la comtesse
du Nord, le ministre de Russie et M. de Poix; ce dernier joignoit à la
qualité de gouverneur de Marly celle de capitaine des gardes de
quartier; la voiture de Leurs Majestés étoit accompagnée de gardes du
corps. Le Roi, la Reine, M. et madame la comtesse du Nord sont revenus
dîner à Versailles chez la Reine, avec toute la famille, excepté
Mesdames et les Enfants de France.
Le mercredi 19, toujours du même mois de juin, M. le comte et madame
la comtesse du Nord sont repartis de Paris; ils ont été à Brest et ont
repassé ensuite en Allemagne par la Normandie et la Flandre; M. le
comte du Nord n'a point fait de visites d'adieux aux princes, il a dit
beaucoup de choses à madame la duchesse de Chartres pour M. le duc de
Penthièvre et lui a même demandé s'il n'étoit point à Paris; M. le duc
de Penthièvre se trouvoit dans ce moment à l'Isle-Adam: madame la
comtesse du Nord qui n'avoit pas encore trouvé madame la princesse de
Lamballe chez elle, excepté quand elle y étoit venue souper, vint la
voir l'avant-veille de son départ au soir.
* * * * *
M. le prince de Conty pense que pour luy personnellement, qui a eu
l'air de se plaindre à M. de Vergennes relativement à madame la
princesse de Conty, plainte sur laquelle M. et madame la comtesse du
Nord luy ont donné une ample satisfaction, il doit leur_s_ marquer une
attention dans cette circonstance, et se propose conséquemment d'y
passer dès ce soir, sachant qu'ils vont demain matin à Chantilly. M.
le prince de Conty pense aussi que M. le duc de Penthièvre ne trouvera
point d'inconvénient à cette démarche de sa part, _démarche_ qu'il se
propose de réitérer avant leur départ. Ils n'ont point mis de
prétentions, ils sont honnêtes, et il ne luy paroît pas que de l'être
beaucoup avec eux puisse_nt_ luy préjudicier.
Si cependant M. le duc de Penthièvre n'étoit pas du même avis, M. le
prince de Conty le prie de vouloir bien le luy marquer, et se flatte
que son attachement luy est bien connu.
À Paris, ce 9 juin 1782.
* * * * *
_Copie de la lettre de M. le maréchal de Biron à M. le prince
Bariatinsky._
Paris, 12 juin 1782.
Monsieur, j'ai rendu compte au Roi de la dernière conversation que
j'ai eu l'honneur d'avoir avec vous, et Sa Majesté permet à son
régiment des gardes de recevoir de madame la comtesse du Nord les
marques de bonté et de satisfaction qu'elle veut bien lui donner.
Le chef de ce corps est pénétré de respect pour cette illustre
souveraine; elle est faite pour être admirée et jamais refusée; ainsi
elle peut envoyer ses ordres. Le maréchal de Biron verra avec grand
plaisir un des premiers corps du royaume se réunir à lui en faisant
des voeux pour sa conservation et celle du respectable comte du Nord.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Le maréchal duc DE BIRON.
* * * * *
_Copie de la lettre de madame la comtesse du Nord à M. le maréchal de
Biron._
Paris, 13 juin 1782.
Quoique le suffrage d'une femme, lorsqu'il s'agit du militaire, est de
bien peu de conséquence, cependant il lui est permis de mêler ses
applaudissements à ceux du public. Recevez donc, Monsieur le maréchal,
mes remercîments pour votre complaisance, en nous faisant jouir du
beau spectacle de la revue de votre régiment, et permettez-moi de vous
assurer que mon mari et moi en avons ressenti la plus grande
satisfaction. J'aurois désiré pouvoir vous donner cette assurance dès
lundi; mais mon voyage de Chantilly m'en a empêchée; je profite du
premier moment que j'ai à moi pour vous prier, Monsieur le maréchal,
de permettre à votre régiment d'accepter cette bagatelle, comme le
simple témoignage de notre satisfaction et reconnaissance; et enfin,
pour dire la chose sans détour, je désirerois qu'ils boivent à la
santé de leur général et à la mienne.
En vous réitérant encore, Monsieur le maréchal, nos remercîments pour
toutes vos attentions et politesses, que je sais apprécier et
reconnoître, je vous prie d'être persuadé des sentiments d'estime et
de considération avec lesquels je serai toujours,
LA COMTESSE DU NORD.
* * * * *
M. le duc, etc., prie (pour les femmes) madame de, etc., de vouloir
bien lui faire l'honneur de (pour les hommes, de vouloir bien) venir
dîner chez lui le..... avec M. le comte et madame la comtesse du Nord.
* * * * *
_Liste des personnes de distinction qui se trouvent à la suite de M.
le comte et de madame la comtesse du Nord et qui ont été invitées au
Raincy par monseigneur le duc d'Orléans_:
Madame de Soltycoff, madame de Borschoff, madame de Nelidoff, madame
de Benkendorff.
M. de Soltycoff, M. le prince Youssoupoff, M. le prince Kourakin, M.
de Wadkowsky, M. de Benkendorff, M. de Plescheyeff.
Ce qui fait en tout six hommes et quatre femmes.
* * * * *
_Liste de toutes les personnes de la nation russe, remise par M. le
prince de Bariatinsky._
Madame la comtesse de Bruce, dame d'honneur de l'Impératrice.
Mademoiselle de Borschoff, mademoiselle de Nelidoff, demoiselles de la
cour, à la suite de madame la comtesse du Nord.
Madame la comtesse de Soltycoff, madame de Soltycoff, madame de
Benkendorff, à la suite de madame la comtesse du Nord; madame la
baronne de Stroganoff; madame la comtesse de Soltycoff, douairière,
avec mesdemoiselles ses deux filles; madame la comtesse de Golowkin;
dames présentées à la cour.
M. le comte de Soltycoff; M. de Soltycoff, à la suite de M. le comte
et de madame la comtesse du Nord, généraux en chef.
M. le comte Michel de Roumiantzoff, major général.
M. le prince Youssoupoff, M. le prince Kourakin, à la suite de M. le
comte et madame la comtesse du Nord; M. le comte Serge de
Roumiantzoff; chambellans.
M. le comte de Czernicheff; M. de Wadkousky, M. de Calitschoff, à la
suite de M. le comte et madame la comtesse du Nord, gentilshommes de
la chambre.
M. de Benkendorff, lieutenant-colonel, à la suite de M. le comte et
madame la comtesse du Nord.
M. le prince de Gagarin, capitaine aux gardes.
M. de Plescheyeff, capitaine de vaisseau; M. de Crousse, conseiller
d'État actuel; à la suite de M. le comte et madame la comtesse du
Nord.
* * * * *
Ce papier est du 27 mai 1782.
Monsieur le comte du Nord et monsieur son ambassadeur est venue ce
matin a dix heures en personne demandé Votre Altesse je lui edit que
Votre Altesse ête aceaux ou il marecommandé de le faire savoir à Votre
Altesse.
* * * * *
M. de Penthièvre est venu pour avoir l'honneur de voir M. le comte du
Nord, et rendre ses respects à madame la comtesse du Nord: s'il leur
convenoit de se promener à Sceaux, dont le jardin passe pour avoir
quelque beauté, M. de Penthièvre seroit comblé de joie d'avoir
l'honneur de les y recevoir le jour qu'ils voudroient lui désigner, et
de leur offrir à dîner ou à souper en ce lieu, s'il étoit dans leurs
arrangements de lui faire l'honneur de l'accepter; M. de Penthièvre
espère que M. le prime de Bariatinsky voudra bien être son interprète
auprès de M. le comte et madame la comtesse du Nord; il l'en prie
instamment.
XVIII
_E registro actorum Capituli Atrebatensis ad annum 1683._
Martis xxiij{a} novembris 1683, D[=n]is meis ostiatim evocatis et
congregatis in domo D[=n]i Lefebvre præpositi, perlectâque litterâ
regiâ, cujus tenor sequitur:
DE PAR LE ROI,
Très-chers et bien amés, ayant appris avec un très-sensible déplaisir
que notre très-cher et très-amé fils le duc de Vermandois, amiral de
France, est décédé depuis peu en la ville de Courtrai en Flandre, et
désirant qu'il soit mis dans l'église cathédrale de notre ville
d'Arras, nous mandons au S{r} évêque d'Arras de recevoir le corps de
notredit fils lorsqu'il sera porté dans lad{e} église, et de le faire
inhumer dans le choeur de lad{e} église, avec les cérémonies qui
s'observent dans l'enterrement des personnes de sa naissance, ce que
nous avons bien voulu vous faire savoir par cette lettre, et vous dire
que notre intention est que vous ayez à vous conformer à ce qui est en
cela de notre volonté, et assister en corps à cette cérémonie, ainsi
qu'il est accoutumé en pareille occasion; et nous assurant que vous y
satisferez, nous ne vous faisons la présente plus longue ni plus
expresse; n'y faites donc faute, car tel est notre plaisir. Donné à
Versailles le 19 novembre 1683; étoit signé LOUIS, et plus bas
LETELLIER. La superscription étoit: À nos chers et bien amés les
doyen, chanoines et chapitre de l'église cathédrale de notre ville
d'Arras; informatisque quod hodiè cadaver defuncti D. ducis Veromandiæ
translatum esset leudium, ut, crastinâ die, hanc in urbem adveniret
circà meridiem, ordinarunt omnia disponi incessanter, sicuti fieri
solet in obitibus principum; indicentes capitulum per domos ad diem
crastinam, post matutinum, ad particulariter deliberandum super
agendis in hac occasione.
Dictâ die mercurii, vigesima quarta novembris 1683, D[=n]i mei, ut
dictum est, in loco capitulari, post matutinum congregati,
concluserunt obviam ire processionaliter usquè ad portam atrii, versus
xenodochium domûs Dei, ad ibidem recipiendum dicti D. ducis Veromandiæ
et illud in chorum ecclesiæ apportandum, per DD. seniores canonicos,
per majus portale, versus palatium episcopale, sustinendo et portando
etiam per præfatos DD. canocicos quatuor extremitates pallii funebris
feretro superpositi: concluserunt etiam, factis precibus solitis, in
choro super dicto cadavere, illud deponere in sacello S{ti} Vedasti,
pannis funebribus, ad hunc effectum, obvoluto, ad quod orabunt DD.
canonici, secundum ordinem, à sextâ matutinâ usque ad sextam
vespertinam; nocte autem in dicto sacello remanebunt quatuor
capellani, vel vicarii, quibus satisfiet; à mane autem ad meridiem
missam facere qui voluerint.
Consequenter ordinarunt totum chorum ac navim ecclesiæ pannis
funebribus incessanter obtendi, prorogantes ad designandum locum
inhumationis in choro et exequias celebrandum usquè dum D[=n]i mei
collocuti sint D. marchioni de Monthereuille, gubernatori defuncti D.
Ducis, ad quem effectum deputaverunt DD. præpositum, decanum Fontaine
et St.-André, sicuti ad conferendum cum LL. DD. episcopo Atrebatensi,
hic et nunc in hanc urbem redituro.
Dictâ autem die, circa duodecimam, Ludovicus? D. episcopus Atrebatensi
(_sic_), in pontificalibus, DD. canonici, capellani, vicarii,
cæterique hujus ecclesiæ habituati, audito adventu cadaveris dicti D.
Veromandiæ ducis ad portas urbis, per belli tormentorum explosionem et
pulsum campanarum, sese processionaliter transtulerunt ad portam
atrii, versus dictum xenodochium, ubi, paulo post, advenit rheda,
pannis funebribus obvoluta, ex qua extractum cadaver, ac feretro
superpositum, DD. canonici ad chorum, ut dictum est, detulerunt,
sustentis atque portatis per dominos etiam canonicos quatuor
extremitatibus pallii funebris, quod sequebantur DD. officiarii statûs
majoris, consilii Arthesiæ, gubernantiæ et magistratûs Atrebatensis,
permultique alii, depositoque in choro, in loco disposito,
decantatisque precibus et orationibus solitis, translatum fuit per
præfatos DD. canonicos ad sacellum S{ti} Vedasti, ut conclusum fuerat.
Jovis xxv{a} novembris, post vesperas, auditâ relatione DD.
deputatorum ad conferendum cum LL. DD. episcopo Atrebatensi ac D.
marchione de Monthereuil, ordinarunt vigilias, crastinâ die, super
cadavere, in choro reponendo, decantari, servitiumque solemne, die
sabbathi sequenti, celebrari, convocando per me capituli secretarium
DD. gubernatores urbis et arcis, cæterosque officiarios statûs
majoris, cæterosque omnes qui receptioni dicti cadaveris interfuerunt,
ad dictis exequiis interessendum, quod et ego feci; selegeruntque
medium chori, ad angelum ad inhumandum prefatum D. ducem Veromandiæ
tanquam magis aptum, ubi effodiendo repertus fuit tumulus Elisabethæ,
uxoris Philippi Flandriæ et Veromandiæ comitis, filiæ vero Rudolphi
Veromandiæ comitis, quæ ibi sepulta fuit anno millesimo centesimo
octogesimo secundo.
Concordat cum originali. Die 15{a} decembris 1786.
Signé: ROUSSEL, secrétaire.
XIX
SÉPULTURE DU COMTE DE VERMANDOIS,
FILS NATUREL DE LOUIS XIV ET DE LA DUCHESSE DE LA VALLIÈRE,
Né en 1667, mort en 1683,
DANS LA CATHÉDRALE D'ARRAS.
OUVERTURE DE SON CERCUEIL, LE 16 DÉCEMBRE 1786.