remarier. Ce fut en souvenir des services rendus par son père, Pierre
des Essarts, à Philippe-de-Valois que le régent lui fit restituer tous
ses biens meubles et accorder pour elle et ses six enfants en bas âge
une rente annuelle de soixante livres parisis, faible compensation de
la perte des trois mille écus d'or qu'elle avait apportés en dot, et
de tous les biens de Marcel.» (Perrens, chap. XIV. _Trésor des
Chartes_, Reg. 90, fº 49. 1860.)
226--page 329--_Marcel tue les États en les faisant comme il les
veut._
Ce fut un des principaux griefs contre Marcel qu'il ait peu à peu
laissé convertir le conseil en une réunion secrète de ses seuls amis
qu'il présidait lui-même et qui s'imposait aux Parisiens comme la
seule autorité. À cela l'on répond qu'il était naturel que le prévôt
s'appuyât sur ses amis et ne mît pas ses adversaires dans le secret de
ses desseins. Ces conciliabules secrets n'en excitèrent pas moins les
accusations les plus passionnées, et quand plus tard le dauphin
accorda des lettres de rémission à la ville de Paris, il eut soin d'en
excepter les membres du conseil secret, comme coupables de haute
trahison. (Voy. Perrens, _Étienne Marcel_. 1860.)
227--page 336--_Il y eut des confiscations et des supplices contre le
parti de Marcel..._
«Le régent ne se contenta pas de dépouiller ceux dont il épargnait la
vie: il prenait les biens de ceux-là même que la hache avait frappés,
en sorte que personne, en mourant, ne pouvait se flatter d'avoir
épuisé la vengeance royale...--Ses rigueurs ne frappaient pas
seulement les citoyens qui étaient suspects d'avoir pris une part
active à la révolution populaire; la vengeance royale s'acharnait
jusque sur les boulangers qui avaient fourni du pain, fût-ce par
contrainte, à la faction vaincue. Les personnes qu'on arrêtait pour
les mettre à mort étaient soumises à des tortures affreuses, et on
leur arrachait ainsi tous les aveux qu'on voulait, même les moins
véritables.» (Perrens, _Étienne Marcel_, c. XIV. 1860.)
228--page 336--_Détresse de Paris en 1359..._
«Unde arbores per itinera et vineas incidebantur, et annulus lignorum,
qui ante pro duobus solidis dabatur, nunc pro unius floreni pretio
venditur.» (Contin. G. de Nangis, p. 121.)--«Quarta autem boni vini...
viginti quatuor solidi.» (_Ibid._, p. 125, conf. 129.)
229--page 337--_Les gens de Touraine, etc., achetaient aux Anglais des
sauf-conduits..._
«Nullus salvus, nisi ab eis salvum conductum litteratorie obtinebat.»
(Cont. G. de Nangis, p. 122.) «... Se eis tributarios reddiderunt.»
(_Ibid._, p. 125.)
230--page 340--_Le roi d'Angleterre n'osa attaquer Paris..._
«Anglici... accesserunt... Nobiles qui in urbe tunc erant, cum domino
regente in bona copia, armis protecti se extra muros posuerunt, non
multum elongantes a fortalitiis et forsatis... Non fuit tunc
præliatum.» (_Ibid._)
_Près de Chartres les Anglais éprouvèrent un terrible orage..._
«Maxima pars bigarum et curruum in viis et itineribus imbre nimio
madentibus remansit, equis deficientibus.» (_Ibid._)
231--page 342--_La Rochelle, d'autant plus française..._
«Et disoient bien les plus notables de la ville: «Nous aouerons les
Anglois des lèvres, mais les cuers ne s'en mouvront jà.» (Froiss., ch.
CCCCXLI, p. 229-230.)--Les regrets des gens de Cahors ne sont pas
moins touchants: «Responderunt flendo et lamentando... quod ipsi non
admittebant dominum regem Angliæ, imo dominus noster, rex Franciæ,
ipsos derelinquebat tanquam orphanos.» (Note communiquée par M.
Lacabane, d'après les _Archives de Cahors_ et le _ms. de la Bibl.
royale_.)
232--page 344--_Le roi Jean vendit sa chair et son sang..._
Mat. Villani, XIV, 617.--«Le roi de France, qui se veoit en danger,
pour avoir l'argent plus appareillé, s'y accorda légèrement.»
(Froiss., IV, ch. CCCCXLIX, p. 79.)
233--page 347--Les croisés se joignaient plutôt aux compagnies...
«Plusieurs s'en allèrent cette part, chevaliers, écuyers et autres,
qui cuidoient avoir grands bienfaits du pape avecques les pardons
dessus dit, mais on ne leur vouloit rien donner, si s'en partoient...
et se mettoient en la mauvaise compagnie qui toudis croissoit de jour
en jour.» (Froiss., ch. CCCCLXIX, p. 142.)
234--page 348--_La succession du duc de Bourgogne_, etc.
Le roi de Navarre descendait d'une soeur aînée, mais à un degré
inférieur. Jean allégua «que la loi écrite si dit que outre les fils
des frères, nul lieu n'a représentation, mais l'emporte le plus
prochain du sang et du côté.» (Secousse, _Preuves de l'Hist. de
Charles-le-Mauvais_, t. II, p. 201.)
235--page 348--_Le roi d'Angleterre alléguait son âge pour ne pas
prendre la croix..._
«Oil, dit le roi d'Angleterre, je ne leur débattrois jamais, si autres
besognes ne me sourdent, et à mon royaume dont je ne me donne
garde.--Oncques le roi ne put autre chose impetrer fors tant que
toujours il fut liement et honorablement traité en dîners et en grands
soupers.» (Froiss., ch. CCCLXXVIII, p. 167.)
236--page 352--_On célébrait le combat des Trente, où les Bretons
avaient vaincu les Anglais..._
On a élevé un monument sur la lande de Mi-Voie, près Ploërmel, pour
perpétuer le souvenir de cet événement. Voy. le poème publié par M. de
Fréminville, en 1819, et par M. Crapelet, en 1827. Voy. aussi M. de
Roujoux, _Hist. de Bretagne_, III, 381.--La douleur de Beaumanoir,
lorsqu'il rencontra les paysans bretons traînés en esclavage par les
Anglais, est exprimée avec une touchante naïveté:
Il vit peiner chétifs, dont il eut grand'pitié.
L'un estoit en un ceps et li autre ferré,...
Comme vaches et boeufs que l'on mène au marché.
Quand Beaumanoir les vit, du coeur a soupiré!
Beaumanoir, s'en plaignant à l'Anglais Bemborough, en reçoit la
réponse suivante:
Biaumaner, taisiez-vous; de ce n'est plus parlé,
Montfort si sera duc de la noble duché,
De Nante à Pontorson, et même à Saint-Mahé,
Édouard sera roy de France couronné.
Et Beaumanoir, selon le poète, lui répond _humblement_:
Songiez un autre songe, cestuy est mal songié;
Car jamais par tel voie n'en aurez demi pié.
Au commencement de la bataille, l'Anglais crie à Beaumanoir:
Rends-toi tôt, Beaumanoir, je ne t'occiray mie;
Mais je feray de toi biau présent à ma mie;
Car je lui ai promis, et ne veux mentir mie,
Que ce soir te mettrai dans sa chambre jolie (honnête.)
Et Beaumanoir répond: Je te le surenvie!
... De sueur et de sang la terre rosoya.
Beaumanoir, demandant à boire, reçoit de Geoffroy Dubois la fameuse
réponse:
Bois ton sang, Beaumanoir, ta soif se passera!
L'histoire, dit le poète, en fut écrite, et peinte en _tappichies_:
Par tretous les États qui sont de ci la mer;
Et s'en est esbattu maint gentil chevalier,
Et mainte noble dame à la bouche jolie.
Or priez, et Jésus, et Michel, et Marie,
Que Dieu leur soit en aide et dites-en, Amen.
237--page 352--_Bertrand Duguesclin..._
Duguesclin est nommé dans les actes Glecquin, Gléaquin, Glayaquin,
Glesquin, Cleyquin, Claikin, etc. Ceci le désignerait pour vrai Breton
de race. Il se croyait lui-même descendu d'un roi maure, Hakim, retiré
en Bretagne, qui, chassé du pays par Charlemagne, aurait laissé dans
la tour de Glay son fils, que Charles fit baptiser. Le connétable
voulait, après la guerre de Castille, passer en Afrique et conquérir
Bougie. Voy. _le Man. de la Bibl. du roi: Conquête de la Bret.
Armorique, faite par le preux Charlemagne sur ung payen nommé Aquin,
qui l'avoist usurpé_, etc., nº 35, 356 du P. Lelong.
_Sa vie a été chantée dans une sorte d'épopée chevaleresque..._
Cilz qui le mist en rime fust Cuveliers
Et pour l'amour du prince qui de Dieu soit sauvé,
Afin qu'on n'eust pas les bons fais oubliés
Du vaillant connestable qui tant fut redoubtez,
En a fait les beaux vers noblement ordonnez.
_Ms. de la Bibl. royale_, nº 7224.
M. Macé, professeur d'histoire, a donné une notice intéressante sur
cet important manuscrit dans l'_Annuaire de Dinan_, 1835.
_Le poème avoue qu'il était laid..._
Mais l'enfant dont je dis et dont je vois parlant,
Je crois quil not si lait de Resnes à Disnant.
Camus estoit et noir, malotru et massant (?).
Li père et la mère si le héoient tant....
_Ms. de la Bibl. royale_, nº 7224.
Voyez aussi la Chronique en prose réimprimée par Francisque Michel.
238--page 354--_Bataille de Cocherel..._
«Si ordonnons que nous mettions à cheval trente des nôtres...; et de
fait ils prendront ledit captal et trousseront et l'emporteront entre
eux.» (Froiss., IV, ch. CCCCLXXXVIII, p. 201.)
«Si y furent grand temps sur un état que de crier Notre-Dame-Auxerre,
et de faire pour ce jour leur souverain le comte d'Auxerre... Si y
fut avisé et regardé pour meilleur chevalier de la place et qui plus
s'étoit combattu de la main... messire Bertrand Duguesclin. Si fut
ordonné de commun accord que on crieroit Notre-Dame Guesclin.»
(_Ibid._, p. 202-3.)
_Charles V donna à Duguesclin pour récompense le comté de
Longueville..._
Les lettres de donation sont du 27 mai 1364. Duchâtelet, _Hist. de
Duguesclin_, p. 297.--En 1365, le roi reprit ce comté, en payant une
partie de la rançon de Duguesclin. (_Archives_, J. 381.)
_En même temps, il faisait couper la tête au sire de Saquenville_,
etc.
«Si furent pris à mercy tous les soudoyers étrangers; mais aucuns
pillards de la nation de France, qui là s'étaient boutés, furent tous
morts.» (Froiss., IV, ch. CCCCCXVIII, p. 230.)
239--page 355--_Le prince de Galles envoya à Montfort le brave
Chandos_, etc.
«Chandos... pria plusieurs chevaliers et écuyers de la duché
d'Aquitaine; mais trop petit en y allèrent avec lui, si ils n'étoient
Anglois.» (Froiss., IV, ch. DI, p. 241.)
240--page 355--_Beaucoup de Bretons se joignirent à Charles de
Blois..._
«Le vicomte de Rohan, le sire de Léon, le sire de Kargoule
(Kergorlay), le sire de Loheac... et moult d'autres que je ne puis mie
tous nommer.» (_Ibid._, ch. DII, p. 242.)
241--page 356--_Les Bretons voulaient en finir par la mort de l'un ou
de l'autre..._
«Que si on venoit au-dessus de la bataille que messire Charles de
Blois fut trouvé en la place, on ne le devoit point prendre à nulle
rançon, mais occire. Et ainsi en cas semblable les François et les
Bretons en avoient ordonné de messire Jean de Montfort; car en ce jour
ils vouloient avoir fin de la bataille et de guerre.» (_Ibid._, ch.
DX, p. 264.)
242--page 357, note 2--«_Et l'appelle-t-on Saint-Charles_»...
Urbain V, _bon François_, ordonna, il est vrai, une enquête pour la
canonisation de Charles de Blois, mais il mourut avant qu'elle fût
faite, et son successeur Grégoire II, sous lequel elle eut lieu, n'en
fit aucun usage, pour ne pas offenser le duc de Bretagne. (_Hist. de
Bret._ Note de M. Dacier sur Froissart.)
243--page 360--_Don Pèdre-le-Cruel ne se fiait qu'aux Juifs et aux
Sarrasins..._
En 1358, voulant faire la guerre au roi d'Aragon, «e enviò el rey D.
Pedro a regard al rey Mahomad de Grenada, que le ayuda se con algunas
galeas». (Ayala, c. XI.)
244--page 360--_Expédition contre don Pèdre-le-Cruel..._
On a sur l'expédition d'Espagne un chant languedocien: À Dona
Clamença. Cançon ditta la bertat, fattat sur la guerra d'Espania,
fatta pel generoso Guesclin assistat des nobles moundis de Tholosa.
1367. (Don Morice, I, p. 16, et Froiss., IV, p. 286.)
245--page 360, note 2--_Charles V prêta à Duguesclin l'argent de sa
rançon..._
«À tous ceuls qui ces présentes lettres verront, Bertran du Guesclin,
chevalier, conte de Longueville, chambellan du roy de France, mon très
redoubté et souverain seigneur, salut. Savoir faisons que parmi
certaine somme de deniers que ledit roy mon souverain seigneur nous a
pieça fait bailler en prest, tant _pour mettre hors de son royaume les
compaignes qui estoient es parties de Bretaigne, de Normandie et de
Chartain et aileurs es basses marches_, comme pour nous aidier à
_paier partie de notre raençon à noble homme messire Jehan de
Champdos_, vicomte de Saint-Sauveur et connestable d'Acquittaine,
duquel nous sommes prisonnier, nous avons promis et promettons audit
roy mon souverain seigneur par nos foy et serment mettre et _emmener
hors de son royaume lesdictes compaignes_ à nostre pouvoir le plus
hastivement que nous pourrons, sans fraude ou mal engin, et aussi sans
les souffrir ne souffrir demourer ne faire arrest en aucune partie
dudit royaume, se n'est en faisant leur chemin, et sans ce que nous ou
les dictes compaignes demandions ou puissions demander audit roy mon
souverain seigneur ne à ses subgiez ou bonnes villes, finance ou autre
aide quelconques, etc.» (1365, 22 août. _Archives_, J, 481.)
246--page 362--_Tout ce qu'il y avait d'aventuriers anglais dans
l'armée de Don Enrique_, etc.
«Si prirent congé au roy Henry... au plus courtoisement sans eux
découvrir, ni l'intention du prince. Le roi Henry qui étoit large,
courtois et honorable, leur donna moult doucement de beaux dons, et
les remercia grandement de leur service, et leur départit au partir de
ses biens, tant que tous s'en contentèrent. Si vidèrent d'Espagne.»
(Froiss., ch. DXXIV, p. 326.) Duguesclin avait été créé duc de la
Molina. (D. Morice, I, p. 1628.)
247--page 363--_Le roi de Navarre craignait tellement de se
compromettre pour les uns ou les autres_, etc.
«Et supposoient les aucuns que tout par cautèle s'étoit fait
prendre... pourtant que il ne savoit encore comment la besogne se
porteroit du roi Henry et du roi Don Piètre.» (Froiss., ch. DXXXIX, p.
369.)
248--page 364--_Les vainqueurs étaient réduits au cinquième_, etc.
Knyghton, col. 2629; et Froiss., ch. DLXII, p. 429. «Ils portoient à
grand meschef la chaleur et l'air d'Espagne, et mêmement le prince
étoit tout pesant et maladieux.» Walsingham ajoute qu'on disait alors
que le prince avait été empoisonné. (Wals., p. 117.)
_Le prince de Galles ne pouvant les satisfaire, ils pillaient
l'Aquitaine..._
«Si leur fit dire le prince et prier qu'ils voulussent issir de son
pays et aller ailleurs pour chasser et vivre... Ils entrèrent en
France, qu'ils appeloient leur chambre.» (Froiss., ch. DLXIV, p. 439.)
249--page 366--«_... et si ce n'était assez, il n'y a femme en France
sachant filer..._
N'a filairesse en France, qui sache fil filer,
Qui ne gaignast ainçois ma finance à filer,
Qu'elles ne me volissent hors de vos las geter.
_Ms. de la Bibl. royale_, nº 7224, folio 86.
250--page 366--_Le prince de Galles avait demandé mille lances au sire
d'Albret_, etc.
«Il s'y prêta fort mal: «Messire le prince de Galles se truffe de
moi.» Adonc demanda tantôt un clerc. Il vint. Quand il fut venu, il
lui dit, et le clerc écrivit: «Cher sire, plaise vous savoir que je ne
saurois sevrer les uns des autres... et si aucuns iront, tous iront,
ce sçais-je. Dieu vous ait en sa sainte garde.» (Froiss., ch. DXXXI,
p. 350-1.)
251--page 367--_Il mit sur les terres des Gascons un fouage de dix
sols par feu..._
Et non d'un franc, comme le dit Froissart. (_Lettres du Prince de
Galles_, 26 janvier 1368. Note communiquée par M. Lacabane. _Ms. de la
Bibl. royale._)
252--page 371--_Tout maladif qu'il était, Charles V faisait
continuellement de dévotes processions..._
«Tout dechaux et nuds pieds, et madame la reine aussi... et faisoit
ledit roi de France partout son royaume être son peuple, par
contrainte des prélats et des gens d'Église en cette affliction.»
(Froiss., ch. DLXXXVII, p. 57.)
253--page 371--_Toutes les villes qui se rendaient à Charles V_, etc.
_Ordonn._, V, p. 291, 324, 338, 333. Sism., XI, p. 145.
Sur l'histoire des Communes, voyez particulièrement le cinquième
volume du cours de M. Guizot.
254--page 374--_Il fallut que le duc de Bourbon_, etc.
«Puisque combattre ne voulez... dedans trois jours, sire duc de
Bourbon, à heure de tierce ou de midi, vous verrez votre dame de mère
mettre à cheval et mener en voie: si avisez sur ce, et la rescouez
(délivrez) si vous voulez.» (Froiss., ch. DCXX, p. 173.) «... Mais
oncques ne s'en murent ni bougèrent.» (_Ibid._, ch. DCXXI, p. 175.)
255--page 377--_La Bretagne était contre les Anglais..._
«Tous les barons, chevaliers et écuyers de Bretagne étoient très bons
François: «Cher sire, avoient-ils dit à leur duc, sitôt que nous
pourrons apercevoir que vous vous ferez partie pour le roi
d'Angleterre contre le roi de France..., nous vous relinquerons tous,
et mettrons hors de Bretagne.» (Froiss., VI, ch. DCLXXIV, p. 27-28.)
256--page 378--_La Rochelle se donna à Charles V, mais avec bonnes
réserves..._
«... Et auroient en leurs villes coins pour forger florins et monnoie
blanche et noire, de telle forme et aloi comme ont ceux de Paris.»
(Froiss., VI, ch. DCLXX, p. 15.)
257--page 379--_Le duc de Lancastre traversa la France_, etc.
«Vix quadraginta caballos vivos secum ducens.» (Wals., p.
529.)--«Milites famosos et nobiles, delicatos quondam et divites...
ostiatim mendicando, panem petere, nec erat qui eis daret.» (Wals., p.
187.)
258--page 381--_Alice Perrers..._
«Milites parliamentales graviter conquesti sunt de quadam Alicia Peres
appellata, femina procacissima.» (Walsingham, p. 189.)--«Illa nunc
juxta justitiarios regis residendo, nunc in foro ecclesiastico juxta
doctores se collocando... pro defensione causarum suadere ac etiam
contra postulare minime verebatur.» (Wals., p. 189.)--«Inverecunda
pellex detraxit annulos a suis digitis et recessit. (_Ibid._)
259--page 384--_Le roi de Navarre traite avec les Anglais_, etc.
Secousse, _Hist. de Charles-le-Mauvais_, t. I, 2e partie, p.
173.--Lebrasseur, _Hist. du comte d'Évreux_, p. 93.--Voy. les pièces
originales du procès: _Archives du royaume_, J, 618.
260--page 385--_Charles V ne put être forcé ni à combattre ni à
rendre..._
«Le roi de France rossoignoit (craignait) si les fortunes périlleuses
que nullement il ne vouloit que ses gens s'aventurassent par bataille
si il n'avoit contre six les cinq.» (Froiss., VII, 115.)
261--page 386--_La multitude de ses constructions..._
«Comment le roy Charles estoit droit artiste et appris ès sciences et
des beauls maçonnages qu'il fist faire:--Fonda l'église de
Saint-Anthoine dedans Paris. L'église de Saint-Paul fist amender et
acroistre, et maintes autres églises et chapelles fonda, amenda et
crut les édifices et rentes. Accrut son hôtel de Saint-Paul; le
chastel du Louvre à Paris fit édifier de neuf; la Bastille
Saint-Anthoine, combien que puis on y ait ouvré, et sus plusieurs des
portes de Paris, fait édifice fort et bel. Item les murs neufs et
belles grosses et haultes tours qui entour Paris sont. Ordonna à faire
le Pont-Neuf. Édifia Beaulté; Plaisance, la noble maison; répara
l'ostel de Saint-Ouyn. Moult fit rédifier le chastel de
Saint-Germain-en-Laye; Creel, Montargis; le chastel de Meleun et
mains autres notables édifices.» (Christ. de Pisan, VI, 25.)
262--page 386--_Il avait construit le vaste hôtel Saint-Paul..._
Le séjour de l'hôtel Saint-Paul était, disait-il, favorable à sa
santé. Dans ce labyrinthe de chambres qui composaient les appartements
du roi, on comptait: la _chambre où gist le roi_, la _grand'chambre de
retrait_, la _chambre de l'estude_. De plus, il y avait un jardin, un
parc, une chambre des bains, une des étuves, une ou deux autres qu'on
appelait _chauffe-doux_, un jeu de paume, des lices, une volière, une
chambre pour les tourterelles, des ménageries pour les sangliers, pour
les grands lions et les petits, une chambre du conseil, etc. Charles V
avait renfermé dans son hôtel Saint-Paul plusieurs autres hôtels,
comme ceux des abbés de Saint-Maur et de Puteymuce (_petimus_; dans
les environs se tenaient des scribes qui faisaient le métier d'écrire
des pétitions; par une autre corruption on l'appela Petit-Musc). Les
appartements du duc d'Orléans n'étaient guère moins vastes que ceux du
roi; puis venaient dans de semblables proportions ceux du duc de
Bourgogne, de Marie, d'Isabelle, de Catherine de France, des ducs et
duchesses de Valois et de Bourbon, des princes et princesses du sang
et de quantité d'autres seigneurs et gens de cour. Le duc d'Orléans
avait un cabinet qui lui servait simplement à dire ses heures et qu'on
appelait _retrait où dit ses heures Monsieur Louis de France_. De même
quand on descendait dans les cours, on trouvait la mareschaussée, la
conciergerie, la fourille, la lingerie, la pelleterie, la
bouteillerie, la saucisserie, le garde-manger, la maison du four, la
fauconnerie, la lavanderie, la fruiterie, l'échançonnerie, la
panneterie, l'épicerie, la tapisserie, la charbonnerie, le lieu où
l'on faisait l'hypocras, la pâtisserie, le bûcher, la taillerie, la
cave aux vins des maisons du roi, les cuisines, les jeux de paume, les
celliers, les poulaillers, etc. Les chambres étaient lambrissées du
bois le plus rare; jusque dans les chapelles il y avait des cheminées
et des poêles qu'on appelait _chauffe-doux_. Les cheminées étaient
ornées de statues colossales, selon l'usage du temps; «celle de la
chambre du roi avait de grands chevaux de pierre; une autre était
chargée de douze grosses bêtes et de treize grands prophètes.»
(Félibien, I, p. 654-5.)
_Le sire de La Rivière en faisait les honneurs..._
«Pour maintenir sa court en honneur, le roy avoit avec luy barons de
son sang et autres chevaliers duis et apris en toutes honneurs...
ainsi messire Burel de La Rivière, beau chevalier, et qui certes très
gracieusement, largement et joyeusement savoit accueillir ceux que le
roy vouloit festoyer et honorer.» (Christ. de Pisan, VI, 63.)
263--page 387--_Les astrologues de Charles V..._
«Les grands princes séculiers (dit un contemporain de Charles V)
n'oseroient rien faire de nouvel sans son commandement et sans sa
saincte élection (de l'astrologie); ils n'oseroient chasteaux fonder,
ne églises édifier, ne guerre commencer, ne entrer en bataille, ne
vestir robe nouvelle, ne donner joyau, ne entreprendre un grand
voyage, ne partir de l'ostel sans son commandement.» (Christ. de Pis.,
p. 208.)
264--page 388--_Caractère de Charles V..._
Il ne blâmait pas toute dissimulation: «Dissimuler, disoyent aucuns,
est un rain (une branche) de trahison. Certes, ce dist le roy adont,
les circonstances font les choses bonnes ou maulvaises; car en tel
manière peut estre dissimulé que c'est vertu et en tel manière vice;
sçavoir: dissimuler contre la fureur des gens pervers, quant ce est
besoing est grand sens; mais dissimuler et faindre son courage en
attendant opportunité de grever aucun, se peut appeler vice.»
(Christine, VI, p. 53.)
265--page 389--_Puissance des Juifs..._
_Ord._, III, p. 351 et 471. Conf. à IV, p. 532 (4 février
1364).--_Ord._, III, p. 478, art. 26.--Ils ne devaient pas prêter sur
gages suspects; mais ils s'étaient ménagé une justification facile.
Article 20 des privilèges des juifs: «De crainte qu'on ne mette dans
leurs maisons des choses que l'on diroit ensuite volées, nous voulons
_qu'ils ne puissent être repris pour nulle chose trouvée chez eux_,
sauf en un coffre dont ils porteroient les clefs.» (_Ord._, III, p.
478.)
Quoique Charles V eût essayé d'introduire un peu d'ordre dans la
comptabilité, il n'y pouvait voir clair. L'usage des chiffres romains,
maintenu presque jusqu'à nous par la chambre des Comptes, suffisait
pour rendre les calculs impossibles.
266--page 392--_Une solennelle plaidoirie par-devant le roi_, etc.
Pierre Cugnières demandait entre autres choses que le vassal félon fût
puni par le seigneur et non par l'Église, sauf la pénitence qui
viendrait après; qu'un seigneur ne fût pas excommunié pour les fautes
des siens; que le juge ecclésiastique ne forçât pas le vassal d'autrui
par excommunication à plaider devant lui; que l'Église ne donnât pas
asile à ceux qui échappaient des prisons du roi; d'autre part que les
terres acquises par le clerc payassent les taxes et retournassent à sa
famille, au lieu de rester en mainmorte, que le clerc qui trafiquait
ou prêtait fût sujet à la taille, qu'un roturier ne donnât moitié de
sa terre à son fils clerc, s'il avait deux enfants, etc.
_Le nom de l'avocat du roi resta le synonyme d'un mauvais ergoteur..._