Froissart, c. CCXCIII, p. 373.--_Ibid._, II, p. 375-380: «Si en eut

morts sur les champs, que par haies, que par buissons, ainsi qu'ils

fuyoient, plus de sept mille. Ainsi chevauchèrent cette matinée les

Anglois querants aventures et rencontrerent plusieurs François qui

s'étoient fourvoyés le samedi et mettaient tout à l'épée, et me fut

dit que des communautés et des gens de pied des cités et des bonnes

villes de France il y en eut mort ce dimanche au matin, plus quatre

fois que le samedi que la grosse bataille fut... Les deux chevaliers

messire Regnault de Cobham et messire Richard de Stanfort dirent que

onze chefs de princes étoient demeurés sur la place, quatre-vingts

bannerets, douze cents chevaliers d'un écu et environ 30,000 hommes

d'autres gens.»

172--page 257--_Les villes maritimes d'Angleterre donnèrent une flotte

à Édouard..._

Quelques villes de l'intérieur contribuèrent aussi, mais dans une

proportion bien différente. La puissante ville d'York donna un

vaisseau et neuf hommes. (Anderson, I, 322.)

173--page 258--_Autour de Calais, Édouard bâtit une ville..._

«Et fit bâtir entre la ville et la rivière et le pont de Nieulai

hotels et maisons et couvrir lesdites maisons qui étoient assises et

ordonnées par rues bien et facilement d'estrain (paille) et de genêts,

ainsi comme s'il dut là demeurer dix ou douze ans, car telle étoit son

intention qu'il ne s'en partiroit par hiver ni par été, tant qu'il

l'eut conquise.» (Froiss., p. 385.)

_Cinq cents personnes moururent de misère et de froid, entre la ville

et le camp..._

Knyghton, _De event. Angl._, l. IV. Froissart dit au contraire que non

seulement il les laissa passer parmi son ost, mais encore qu'il les

fit dîner copieusement. (II, p. 387.)

174--page 259--_Les gens de Tournai emportèrent bravement une tour..._

«Si s'avancèrent ceux de Tournai, qui bien étoient quinze cents et

allerent de grand volonté cette part. Ceux de dedans la tour en

navrèrent aucuns. Quand les compagnons de Tournai virent ce, ils

furent tous courroucés et se mirent de grande volonté à assaillir ces

Anglais. La eut dur assaut et grand, et moult de ceux de Tournai

blessés, mais ils firent tant que par force et grand appertise de

corps, ils conquirent cette tour. De quoi les Français tinrent ce fait

à grand prouesses.» (Froiss., II, p. 449.)

175--page 260--_Les Anglais haïssaient mortellement les Calaisiens,

comme marins, comme corsaires..._

Villani, qui devait être très bien instruit des affaires de France

par les marchands florentins et lombards, dit expressément qu'Édouard

était résolu à faire pendre ceux de Calais _comme pirates, parce

qu'ils avaient causé beaucoup de dommages aux Anglais sur mer_.

(Villani, l. XII, c. XCV.)--M. Dacier a comparé les récits divers des

historiens (Froissart, III, 466-7). Voy. aussi une dissertation de M.

Bolard, couronnée par la Société des antiquaires de la Morinie.--Aucun

critique, que je sache, n'a senti toute la portée du passage de

Villani.

176--page 261--_Cette grande action se fit tout simplement..._

C'est peut-être pour cela que les historiens contemporains ne

désignent point Eustache de Saint-Pierre et ses compagnons, lorsqu'ils

font mention de cette circonstance: «Burgenses procedebant cum simili

forma, habentes funes singuli in manibus suis, in signum quod rex eos

laqueo suspenderet vel salvaret ad voluntatem suam.» (Knyghton.) Le

récit de Thomas de la Moor s'accorde avec cet historien. Villani dit

qu'ils sortirent nus en chemise, et Robert d'Avesbury qu'Édouard se

contenta de retenir prisonniers les plus considérables. Toutes ces

données réunies forment les éléments du dramatique récit de Froissart.

177--page 261, note--_Plusieurs Calaisiens se tournèrent aux Anglais,

entre autres Eustache de Saint-Pierre..._

Par des lettres du 8 octobre 1347, deux mois après la reddition de

Calais, Édouard donne à Eustache une pension considérable en attendant

qu'il ait pourvu plus amplement à sa fortune. Les motifs de cette

grâce sont les services qu'il devait rendre soit en maintenant le bon

ordre dans Calais, soit en veillant à la garde de cette place.

D'autres lettres du même jour lui accordent la plupart des maisons et

emplacements qu'il avait possédés dans cette ville et en ajoutent

quelques autres. (Voy. Froiss., II, p. 473.)

178--page 262--... _qu'il chassât le renard..._

Ce caractère du _fox-hunter_ anglais n'est pas moderne. Voy. au t. IV,

l'entrée d'Henri V à Paris.

179--page 264--_Ces décimes arrachées au clergé, les nobles en avaient

bonne part..._

«Illis autem diebus (1346) levabat dominus rex decimas ecclesiarum de

voluntate domini papæ... et sic infinitæ pecuniæ per diversas

cautelas levabantur, sed revera quanto plures nummi in Francia per

tales extorquebantur, tanto magis Dominus Rex depauperabatur; pecuniæ

militibus multis et nobilibus, ut patriam et regnum juvarent et

defensarent contribuebantur, sed omnia ad usus inutiles ludorum, ad

taxillos et indecentes jocos contumaciter exponebantur.» (Contin. G.

de Nangis, p. 108.)

180--page 266--_Narbonne avait diminué_, etc...

Narbonne demande qu'on lui allège les contributions de guerre:

«L'inondation de l'Aude nous a extrêmement incommodés, et le nombre de

feux est diminué de cinq cents depuis quatre à cinq ans; plusieurs

habitants sont réduits à la mendicité, etc.» (D. Vaissette, _Hist. de

Lang._, IV, 231).

181--page 267--_La peste noire fut terrible à Paris..._

Contin. G. de Nangis, p. 110, et le traducteur contemporain de la

_Petite Chronique de Saint-Denis, ms. Coaslin_, nº 110. _Bibl.

Reg_.--«Ad sepeliendos mortuos vix sufficere poterant. Patrem filius,

et filius patrem in grabato relinquebat.» _Contin. Can. de S. Victore,

ms. Bibl. Reg._, nº 818, petit in-4º.

_Elle tua dans Strasbourg 16,000 hommes qui se crurent damnés..._

Voy., entre autres ouvrages, la thèse remarquable de M. Schmidt, de

Strasbourg, sur les mystiques du quatorzième siècle.

182--page 269--_Les flagellants chantant des cantiques qu'on n'avait

jamais entendus..._

«Noviter adinventas.» (Contin. G. de Nangis, III.)--M. Mazure,

bibliothécaire de Poitiers, a publié un cantique fort remarquable que

les frères de la Croix avaient coutume de chanter dans leurs

cérémonies:

Or avant, entre nous tous frères

Battons nos charognes bien fort

En remembrant la grant misère

De Dieu et sa piteuse mort,

Qui fut pris en la gent amère

Et vendus et traïs à tort

Et battu sa char vierge et dère...

Au nom de ce, battons plus fort, etc.

183--page 272--_Les jouissances égoïstes qui suivent les grandes

calamités..._

Thucydide nous a retracé le même effet dans la description de la

peste de l'Attique. Il exprime aussi un remarquable progrès du

scepticisme, lorsqu'il rappelle la fausse interprétation donnée aux

paroles de l'oracle ([Grec: limos], faim, pour [Grec: loimos], peste).

«_Ceux qui restaient, hommes et femmes, se marièrent en foule..._»

«... Sed quod supra modum admirationem facit, est quod dicti pueri

nati post tempus illud mortalitatis supradictæ, et deinceps dum ad

ætatem dentium devenerunt, non nisi viginti dentes vel viginti duos in

ore communiter habuerunt, cum ante dicta tempora homines de communi

cursu triginta duos dentes et supra simul in mandibulis habuissent.»

(Contin. G. de Nangis, p. 110.)

184--page 274--_Modes nouvelles en France et en Angleterre..._

Chaucer, 198. Gaguin, apud Spond., 488. Lingard, ann. 1350, t. IV, p.

106-7 de la trad.

_Robes courtes_, etc.

«Ad fugiendum coram inimicis magis apti.» (Contin. G. de Nangis, p.

105).

185--page 276--_Laure est épouse, elle est mère, elle vieillit,

toujours adorée..._

«Non tam corpus amasse quam animam... Quo illa magis in ætate

progressa est... eo firmior in opinione permansi; et si enim

visibiliter in vere flos tractu temporis languesceret, animi decus

augebatur...» (Pétrar., p. 356.) Il semble qu'il ait reconnu plus tard

la vanité de ses amours: «Quotiens tu ipse... in hac civitate (quæ

malorum tuorum omnium non dicam causa, sed officina est), postquam

tibi convaluisse videbaris... per vicos notos incedens ac sola locorum

facie admonitus veterum vanitatum, ad nullius occursum stupuisti,

suspirasti, substitisti, denique vix lacrymas tenuisti, et mox

semisaucius fugiens dixisti tecum: Agnosco in his locis adhuc latere

nescio quas antiqui hostis insidias; reliquiæ mortis hic habitant...»

(_De Cont. mundi._, p. 360, ed. Basileæ, 1581.)--Voy. aussi, entre

autres ouvrages relatifs à Pétrarque, les _Mémoires_ de l'abbé de

Sades; l'ouvrage récent, intitulé: _Viaggi di Petrarcha_, l'article de

la _Biographie universelle_, par M. Foisset, etc.

_À la nouvelle de sa mort, Pétrarque écrivit cette note touchante sur

son Virgile..._

«Laure, illustre par ses propres vertus, et longtemps célébrée par mes

vers, parut, pour la première fois à mes yeux, au premier temps de

mon adolescence, l'an 1327, le 6 du mois d'avril, à la première heure

du jour (six heures du matin), dans l'église de Sainte-Claire

d'Avignon, et dans la même ville, au même mois d'avril, le même jour 6

et à la même heure, l'an 1348, cette lumière fut enlevée au monde,

lorsque j'étais à Vérone, hélas! ignorant mon triste sort. La

malheureuse nouvelle m'en fut apportée par une lettre de mon ami

Louis: Elle me trouva à Parme, la même année, le 19 mai au matin. Ce

corps si chaste et si beau fut déposé dans l'église des Frères

Mineurs, le soir du jour même de sa mort. Son âme, je n'en doute pas,

est retournée au ciel, d'où elle était venue. Pour conserver la

mémoire douloureuse de cette perte, j'éprouve un certain plaisir mêlé

d'amertume à écrire ceci; et je l'écris préférablement sur ce livre,

qui revient souvent à mes yeux, afin qu'il n'y ait plus rien qui me

plaise dans cette vie, et que, mon lien le plus fort étant rompu, je

sois averti, par la vue fréquente de ces paroles et par la juste

appréciation d'une vie fugitive, qu'il est temps de sortir de

Babylone; ce qui, avec le secours de la grâce divine, me deviendra

facile par la contemplation mâle et courageuse des soins superflus,

des vaines espérances et des événements inattendus qui m'ont agité

pendant le temps que j'ai passé sur la terre.» (Trad. de M. Foisset,

_Biogr. univ._, XXXI, p. 437.)

186--page 277--_Le poète avait vu périr toutes ses espérances..._

«Que faisons-nous maintenant, mon frère? Nous avons tout éprouvé, et

nulle part n'est le repos. Quand viendra-t-il? où le chercher? Le

temps nous fuit, pour ainsi dire entre les doigts, nos vieilles

espérances dorment dans la tombe de nos amis. L'an 1348 nous a isolés,

appauvris, non point de ces richesses que les mers des Indes ou de

Carpathie peuvent renouveler... Il n'est qu'une seule consolation;

nous suivrons ceux qui nous ont devancés... Le désespoir me rend plus

calme. Que pourrait craindre celui qui tant de fois a lutté contre la

mort:

Una salus victis nullam sperare salutem.

Tu me verras de jour en jour agir avec plus d'âme, parler avec plus

d'âme; et si quelque digne sujet s'offre à ma plume, ma plume sera

plus forte.» (Petrarch. _Epist. fam._ Præf., p. 570.)

187--page 277--_Lorsqu'il se rendit à Naples, la reine Jeanne avait

succédé à Robert_, etc.

«Ita me Reginæ junioris novique Regis adolescentia, ita me Reginæ

alterius ætas et propositum; ita me tandem territant aulicorum ingenia,

equos duos multorum custodiæ luporum creditos video, regnumque sine

rege...» (P. 639.) «Neapolim veni, Reginas adii et reginarum consilio

interfui. Proh pudor! quale monstrum. Auferat ab Italico coelo Deus

genus hoc pestis...» (_Ibid._, p. 640-1.)--«Nocturnum iter hic non secus

atque inter densissimas silvas, anceps ac periculis plenum, obsidentibus

vias nobilibus adolescentulis armatis... Quid miri est... cum luce

media, inspectantibus regibus ac populo, infamis ille gladiatorius ludus

in urbe itala celebretur, plusquam barbarica feritate...» (_Ibid._, p.

645-6.)

188--page 278--_Il écrivit à Rienzi une lettre triste et inquiète..._

«Cave, obsecro, speciosissimam famæ tuæ frontem, propriis manibus

deformare. Nulli fas hominum est nisi tibi uni rerum tuarum fundamenta

convellere, tu potes evertere qui fundasti... Mundus ergo te videbit

de bonorum duce satellitem reproborum... Examina tecum, nec te fallas,

qui sis, qui fueris, unde, quo veneris... quam personam indueris, quod

nomen assumpseris, quam spem tui feceris, quid professus fueris,

videbis te non dominum Reipublicæ, sed ministrum.» (_Ibid._, p.

677-8.)

189--page 280--_Le roi Jean créa l'ordre de l'Étoile..._

«En ce temps ordonna le roi Jean une belle compagnie sur la manière de

la Table ronde, de laquelle devoient être trois cents chevaliers des

plus suffisants et eut en convent le roi Jean aux compagnons de faire

une belle maison et grande à son coût de lez Saint-Denis, là où tous

les compagnons devoient repairer à toutes les fêtes solennelles de

l'an... et leur convenoit jurer que jamais ils ne fuiroient en

bataille plus loin de quatre arpents, ainçois mourraient ou se

rendroient pris... Si fut la maison presque faite et encore est elle

assez près de Saint-Denis; et si il avenoit que aucuns des compagnons

de l'Étoile en vieillesse eussent mestier de être aidés et que ils

fussent affoiblis de corps et amoindris de chevance, on lui devoit

faire ses frais en la maison bien et honorablement pour lui et pour

deux varlets, si en la maison vouloit demeurer.» (Froiss., III,

53-58.)

190--page 282--_Altération des monnaies par le roi Jean..._

Leblanc, _Traité des monnaies, ibid._, p. 261. Jean avait d'abord

cherché à tenir secrètes ces honteuses falsifications; il mandait aux

officiers des monnaies: «Sur le serment que vous avez au Roy, tenez

cette chose secrette le mieux que vous pourrez... que par vous ne

aucuns d'eux les changeurs ne autres ne puissent savoir ne sentir

aucune chose; car si par vous est sçu en serez punis par telle

manière, que tous autres y auront exemple» (24 mars 1350)... «Si aucun

demande à combien les blancs sont de loy, feignez qu'ils sont à six

deniers.» Il leur enjoignait de les frapper bien exactement aux

anciens coins, «afin que les marchands ne puissent apercevoir

l'abaissement, à peine d'être déclarés traîtres.» Philippe-de-Valois

avait usé autrefois de ces précautions, mais à la longue il avait été

plus hardi et avait proclamé comme un droit ce qu'il cachait d'abord

comme une fraude. Jean ne pouvait être moins hardi que son père. «Ja

soit», dit-il, «ce que à nous seul, et pour le tout de nostre droit

royal, par tout nostre royaume appartiègne de faire teles monnoyes

comme il nous plaît, et de leur donner cours.» (_Ord._, III, p. 556.)

Et comme si ce n'était pas le peuple qui en souffrait, il donnait

cette ressource pour un revenu privé qu'il faisait servir aux dépenses

publiques «desquelles sans le trop grand grief du peuple dudit royaume

nous ne pourrions bonnement finer, si n'estoit pas le demaine et

revenue du prouffit et émolument des monnoyes.» (Préf., _Ord._, III.)

191--page 284 et suiv.--_Jean, demandant aux États son droit de joyeux

avènement, se montra facile à leurs réclamations_, etc.

_Ord._, II, p. 395, 15º et 447-8.--_Ord._, II, p. 408, 27º.--_Ord._,

II, p. 344.--_Ord._, II, p. 350.--_Ibid._, p. 422, 432, 434. «Lettres

par lesquelles le Roi deffend que ses gens n'emportent les matelats et

les coussins des maisons de Paris où il ira loger.» Autre _Ord._,

435-7.--_Ord._, III, p. 26-29.--_Ord._, III, p. 22 et seq.--Froiss.,

III, C. CCCXL, p. 450.

192--page 287--_Les Anglais coururent le Languedoc_, etc.

«Sachez que ce pays de Carcassonnois et de Narbonnois et de

Toulousain, où les Anglois furent en cette saison, étoit en devant un

des gras pays du monde, bonnes gens et simples gens qui ne savoient

que c'étoit de guerre, car oncques ne furent guerroyés, ni n'avoient

été en devant ainçois que le prince de Galles y conversast.»

(Froissart, III, 104.)--«Ni les Anglois ne faisoient compte de peines

(velours) fors de vaisselle d'argent ou de bons florins.» (_Ibid._, p.

103, XIX addit.) «Si fut tellement pararse (brûlée) et détruite des

Anglois que oncques n'y demeura de ville pour héberger un cheval, ni

à peine savoient les héritiers, ni les manants de la ville rassener

(assigner) ni dire de voir (vrai): «Ci sist mon héritage.» Ainsi

fût-elle menée.» (_Ibid._, p. 120.)

193--page 289--_Bataille de Poitiers..._

«Sitôt que ces gens d'armes furent là embattus, archers commencèrent à

traire à exploit, et à mettre main en oeuvre à deux côtés de la haye,

et à verser chevaux et à enfiler tout dedans de ces longues sajètes

barbues. Ces chevaux qui traits estoient et qui les fers de ces

longues sajètes sentoient, se ressoignoient, et ne vouloient avant

aller, et se tournoient l'un de travers, l'autre de costé, ou ils

cheoient et trébuchoient dessous leurs maîtres.» (Froiss., c. CCCLXVI,

p. 202-206.)--«Les archers d'Angleterre portèrent très grand avantage

à leurs gens, et trop ébahirent les François, car ils traioient si

omniement et si épaissement, que les François ne savoient de quel

costé entendre qu'ils ne fussent atteints du trait.» (_Ibid._, c.

CCCLVII, p. 204.)--«Dit messire Jean Chandos au prince: «Sire, sire,

chevauchez avant, la journée est vostre. Dieu sera huy en vostre main;

adressons-nous devers vostre adversaire le roi de France; car cette

part gît tout le sort de la besogne. Bien sçais que par vaillance il

ne fuira point; si vous demeurera, s'il plaît à Dieu et à saint

Georges...» Ces paroles évertuèrent si le prince, qu'il dit tout en

haut: «Jean, allons, allons, vous ne me verrez mais huy retourner,

mais toujours chevaucher avant.» Adoncques, dit à sa bannière:

«Chevauchez avant, bannière, au nom de Dieu et de saint Georges.»

(_Ibid._, c. CCCLVIII, p. 205.)

_Trois fils du roi se retirèrent par l'ordre de leur père..._

Je suis ici le Continuateur de Guillaume de Nangis de préférence à

Froissart. Voyez l'importante lettre du comte d'Armagnac, publiée par

M. Lacabane, dans son excellent article CHARLES V, _Dictionnaire de la

Conversation_.

_Jean donna ordre aux siens de mettre pied à terre..._

Froissart n'y voit que le côté chevaleresque: Et ne montra pas

semblant de fuir ni de reculer quand il dit à ses hommes: «À pied! à

pied!» Et fit descendre tous ceux qui à cheval estoient, et il mesme

se mit à pied devant tous les siens, une hache de guerre en ses mains,

et fit passer avant ses bannières au nom de Dieu et de saint Denys.»

(_Ibid._, c. CCCLX, p. 211.)

194--page 291--_L'insolente courtoisie des Anglais..._

«Si étoit le roi de France monté sur un grand blanc coursier, très

bien arréé et appareillé de tout point, et le prince de Galles sur

une petite haquenée noire de lès lui. Ainsi fut-il convoyé tout le

long de la cité de Londres...» (Froiss., c. CCCLXXV, p. 267-8.)--«Un

peu après fut le roi de France translaté de l'hôtel de Savoie et remis

au chastel de Windsor, et tous ses hostels et gens. Si alloit voler,

chasser, déduire et prendre tous ses esbattements environ Windsor,

ainsi qu'il lui plaisoit.» (_Ibid._, p. 269.)

195--page 294--_Marcel fortifie Paris..._

«Sur la rive gauche, les progrès de la population n'ayant guère été

sensibles, il n'y eut qu'à réparer les murailles et à les reculer de

deux ou trois cents pas. Mais sur la rive droite, où les Parisiens se

portaient de préférence, Marcel dut ordonner qu'on construisît une

muraille flanquée de tours. Cette muraille, partant de la porte

Barbette, sur le quai des Ormes, passait par l'Arsenal, les rues

Saint-Antoine, du Temple, Saint-Martin, Saint-Denis, Montmartre, des

Fossés-Montmartre, la place des Victoires, l'hôtel de Toulouse (la

Banque actuelle), le jardin du Palais-Royal, la rue Richelieu, et

arrivait à la porte Saint-Honoré par la rue de ce nom, et jusqu'au

bord de la Seine. Sur les deux rives du fleuve, des bastilles furent

construites pour protéger les portes, et l'on fortifia d'un fossé

l'île Saint-Louis, qu'on appelait en ce temps-là l'île Notre-Dame,

afin qu'elle pût, dans le besoin, devenir un lieu de refuge pour les

habitants de Paris.

«Ces travaux, poussés avec une activité extrême, se continuèrent

durant quatre années, et coûtèrent cent quatre-vingt-deux mille cinq

cent vingt livres parisis, qui font huit cent mille livres de notre

monnaie, somme énorme pour ce temps-là. Tout l'honneur en revient à

Étienne Marcel; à une époque où Paris était si souvent menacé,

personne, avant lui, n'avait pensé qu'il fût nécessaire de le mettre

en état de défense.» (Perrens, _Étienne Marcel_, 1860).

196--page 295--_Paris entre le Louvre et le Temple..._

Le _parloir aux bourgeois_, siège des délibérations des échevins,

était situé aux environs du Châtelet. Marcel acheta aux frais de la

municipalité, en 1357, sur la place de Grève, l'hôtel du Dauphin ou la

_maison aux piliers_. L'Hôtel de Ville ne fut commencé qu'en 1525.

197--page 301--_Paris voyait arriver par toutes ses portes les paysans

avec leurs familles_, etc.

«Duce Normandiæ, qui regnum jure hæreditario... defendere et regere

tenebatur, nulla remedia apponente, magna pars populi rusticani... ad

civitatem Parisiensem... cum uxoribus et liberis... accurrere... Nec

parcebatur in hoc Religiosis quibuscumque. Propter quod monachi et

moniales... sorores de Poissiaco, de Longocampo, etc.» (Contin. C. de

Nangis, p. 116.)

198--page 301--_Robert le Coq..._

M. Perrens s'est attaché à réfuter les calomnies qui ont obscurci ce

caractère. (_Étienne Marcel_. 1860.) Voir aussi sur Le Coq la

judicieuse appréciation qu'en fait M. Henri Martin, t. V, (1858).

199--page 301 et suiv.--_La remontrance des États..._

_Ms. de la Bibliothèque royale_, fonds Dupuy, nº 646, et Brienne, nº

276.

_Les États exigeaient que le Dauphin gouvernât avec l'assistance de

trente-six élus..._

Un document publié par M. Douet d'Arcq en donne la liste, lorsqu'une

nouvelle victoire de la bourgeoisie modifia la composition de ce

conseil. Le clergé obtint d'y être représenté par onze prélats, les

nobles par six des leurs, le tiers par dix-sept bourgeois.

(_Bibliothèque de l'École des Chartes_, t. II, p. 360 et suiv. Voy.

Perrens, _Étienne Marcel_. 1860.)

_D'autres élus envoyés dans les provinces pouvaient punir sans forme

de procès..._

«Sans figure de jugement.» Commission des trois élus des États pour

les diocèses de Clermont et de Saint-Flour, 3 mars 1356 (1357).

(_Ordonn._, IV, 181.)

_L'aide «ne serait levée que par de bonnes gens, ordonnés par les

États»..._

«Lesquels jureront aux saints évangiles de Dieu qu'ils ne donneront ni

distribueront ledit argent à notre seigneur le Roy, ni à nous, ni à

d'autres, si ce n'est aux gens d'armes... Et si aucun de nos officiers

vouloit le prendre, nous voulons que lesdits receveurs puissent leur

résister, et s'ils ne sont assez forts qu'ils appellent leurs voisins

des bonnes villes (art. 2). Le duc de Bourgogne, le comte de Flandre

et autres nobles ou députés des villes, qui ne sont pas venus aux

États, sont requis d'y venir à la Quasimodo, avec intimation que s'ils

ne viennent, ils seront tenus à ce qu'auront ordonné ceux qui y

viendront (article 5).» (_Ordonn._, III, 126-7.)

_Le droit de prise cesse..._

Seulement, dans les voyages du roi, de la reine et du dauphin, leurs

maîtres d'hôtel pourront, hors des villes, faire prendre par les gens

de la justice du lieu des tables, des coussins, de la paille, et des

voitures, le tout en payant, et seulement pour un jour.» (_Ibid._)

_On défend aux magistrats de faire le commerce..._

Défense aux conseillers et officiers de faire marchandise. «Les

denrées sont aucunes foiz par leurs mauvaistiez grandement enchéries;

et qui pis est, pour leur gautesse, il est peu de personnes qui osent

mettre aux denrées que eulz ou leurs facteurs pour eux bent avoir ou

acheter...» (Art. 31, _Ibid._)

_Le Grand-Conseil, le parlement, la chambre des Comptes, doivent

s'assembler au soleil levant..._

Ceci n'est pas dans l'ordonnance, mais dans la remontrance déjà citée.

On y dit aussi «que ceux qui vouloient gouverner n'étant que deux ou

trois, les choses souffraient de longs délais; que ceux qui

poursuivoient la court, chevaliers, écuyers et bourgeois, étoient si

dommagés par ces délais, qu'ils vendoient leurs chevaux, et partoient

sans réponse, mal contens, etc. (_Ms. de la Bibl. royale_, fonds

Dupuy, nº 646, et Brienne, nº 276.)

200--page 305--_La royauté ne vivait que d'abus..._

Histoire de France - Moyen Âge; (Vol. 3 / 10) · 第 33 / 36 段