«Une trop mauvese coustume souloit courre enchiennement, si comme nous

avons entendu des seigneurs de lois, car il aucuns si louoient

campions, en tele manière que il se devoient combattre pour toutes les

querelles que il aroient à fere ou bonnes ou mauveses.»

(Beaumanoir.)--«Quand aucun a passé âge comme de soixante ans, ou

qu'il est débilité d'aucun membre, il n'est pas habile à combattre. Et

pour ce fut établi que s'il étoit accusé d'aucun cas, qui par gage de

bataille se deut terminer, qu'il pourroit mettre champion qui feroit

le fait pour lui, à ses périls et dépends, et pour ce fut constitué et

établi homage de foy et de service. Et en souloit-on anciennement plus

user que l'on ne fait, car on combattoit pour plus de cas qu'on ne

fait pour le présent... Et doit l'en savoir que quand un champion

faisoit gaige de bataille pour aucun autre accusé d'aucun crime, se le

champion estoit desconfit, feust par soi rendant en champ, ou

autrement, cil pour qui il combattait estoit pendu, et forfaisoit tous

ses biens et meubles héritages, ainsi que la coutume déclaire, aussi

bien comme cil propre eut été déconfit en champ; et le champion

n'avoit nul mal et ne forfaisoit rien.» (Vieille glose sur l'ancienne

Coutume de Normandie.)

125--page 178 et suiv.--_L'hypocrisie de ce gouvernement dans les

affaires des monnaies..._

_En 1295..._ «Nos autem Johanna impertinus assensum.» (_Ord._, I,

326.)

_En 1305..._ (_Ord._, I, 429.)

_Plus tard, il ordonne de détruire les fours_, etc... (_Ord._, I,

451.)

_En 1310 et 1311, il défend l'importation des monnaies étrangères..._

«Que nul ne rachace, ne face rechacier, ne trebucher, ne requeure

nulle monnoye quele qu'ele soit de nostre coing.» (20 janvier 1310,

_Ord._, I, 475.)

_En 1311, il défend de peser ou d'essayer les monnaies royales..._

_Ord._, I, 481, 16 mai 1311.

_En 1314, il appela les députés des villes à venir aviser avec lui sur

le fait des monnaies_, etc.

«Que le Roi pourchace par devers ses Barons que ils se sueffrent de

faire ouvrer jusques à onze ans, car autrement il ne peut pas remplir

son pueble de bonne monnoie, ne son royaume. Et furent à accort que li

Rois doint tant en or, en argent que il n'y preigne nul profit.»

(_Ord._, I, 547-549.) Cependant on rencontra tant de résistance de la

part des barons et des prélats intéressés qu'il fallut se contenter de

leur prescrire l'aloi, le poids et la marque de leurs monnaies.

(Leblanc, p. 229.)

126--page 182 et suiv.--_L'avénement de Louis-le-Hutin est une

réaction violente de l'esprit féodal, local, provincial_, etc.

_Le duc de Bretagne_, etc. (_Ord._, I, 551 et 592, 561-577 et 625,

572...)

_La demande commune des barons_, etc. (_Ord._, I, 559, 8º; 574, 5º;

554, 2º.)

_Les provinces les plus éloignées_, etc. (_Ord._, I, 562, 2º...)

_Bourgogne, Amiens, Champagne demandent unanimement_, etc.

«Nous voullons et octroyons que en cas de murtre, de larrecin, de

rapt, de trahison et de roberie gage de bataille soit ouvert, se les

cas ne pouvoient estre prouves par tesmoings.» (_Ord._, I, 507.) «Et

quant au gage de bataille, nous voullons que il en usent, si come l'en

fesoit anciennement.» (_Ibid._ 558.)

_Le roi n'acquerra plus_, etc.

«Le quart article qui est tiel. _Item, que le Roy n'acquiere, ne

s'accroisse ès baronnies et chastellenies, ès fiez et riere-fiez

desdits nobles et religieus, se n'est de leur volonté_, nous leur

octroyons.»

_À ces demandes insolentes le roi répond..._

_Ord._, I, 572 (31); 576 (15); 564 (6).

127--page 186--_Raoul de Presles..._

Il y eut trois Raoul de Presles: le premier, qui déposa en 1309 contre

les Templiers, fut impliqué dans l'affaire de Pierre de Latilly, et

recouvra la liberté en perdant ses biens. Louis-le-Hutin en eut des

remords; par son testament, il ordonna qu'on lui rendît _comme de

raison_ tout ce qu'on lui avait pris. Philippe-le-Long et

Charles-le-Bel l'anoblirent pour ses bons services. Le second Raoul

n'est connu que par un faux, et aussi par un bâtard qu'il eut en

prison. Ce bâtard est le plus illustre des Raoul. En 1365, il se fit

connaître de Charles V par une allégorie, intitulée _la Muse_. Il fut

chargé par ce prince de traduire la _Cité de Dieu_, et paraît n'avoir

pas été étranger à la composition du _Songe du Vergier_.

128--page 188--_Louis-le-Hutin décria les monnaies des barons_, etc.

«Nous qui avons oie la grande complainte de nostre pueble du royaume

de France, qui nous a montré comment par les monoies faites hors de

nostre royaume et contrefaites à nos coings, et aus coings de nos

barons, et par les monoies aussi de nos dits barons lesquelles monoies

toutes ne sont pas du poids de la loy ne du coing anciens ne

convenables, nos subgiez et nostre pueble sont domagiés en moult de

manières et de ceuz souvent grossement... ordenons, etc.» (_Ord._, I,

609-6.)

_Il fixa les rapports de la monnaie royale_, etc. (_Ord._, I, 615 et

suiv.)

129--page 189--_Les serfs se souviendront de cette leçon royale..._

À la fin de son règne si court, Louis semble devenu l'ennemi des

barons. Jamais Philippe-le-Bel ne leur fit réponse plus sèche et, ce

semble, plus dérisoire que celle de son fils aux nobles de Champagne

(1er décembre 1315). Ils demandaient qu'on leur expliquât ce mot vague

de _Cas royaux_, au moyen duquel les juges du roi appelaient à eux

toute affaire qu'ils voulaient. Le roi répond: «Nous les avons

éclaircis en cette manière. C'est assavoir que la Royal Majesté est

entendüe, ès cas qui de droit, ou de ancienne coutume, püent et doient

appartenir à souverain Prince et à nul autre.» (_Ord._, I, 606.)

130--page 191--_Philippe-le-Long révoque toute donation depuis saint

Louis..._

Le roi révoque spécialement les dons faits à Guillaume Flotte,

Nogaret, Plasian et quelques autres. (_Ord._, I, 667.)

131--page 192--_Il aurait voulu établir l'uniformité des mesures et

des monnaies..._

«Le roi avait commencé à régler qu'on ne se servirait dans son royaume

que d'une mesure uniforme pour le vin, le blé et toutes marchandises;

mais prévenu par une maladie, il ne put accomplir l'oeuvre qu'il avait

commencée. Ledit roi proposa aussi que, dans tout le royaume, toutes

les monnaies fussent réduites à une seule; et comme l'exécution d'un

si grand projet exigeait de grands frais, séduit, dit-on, par de faux

conseils, il avait résolu d'extorquer de tous ses sujets la cinquième

partie de leur bien. Il envoya donc pour cette affaire des députés en

différents pays; mais les prélats et les grands, qui avaient depuis

longtemps le droit de faire différentes monnaies, selon les diversités

des lieux et l'exigence des hommes, ainsi que les communautés des

bonnes villes du royaume, n'ayant pas consenti à ce projet, les

députés revinrent vers leur maître sans avoir réussi dans leur

négociation.» (Cont. G. de Nang., 79.)

132--page 192 et suiv.--_Il fait quelques efforts pour régulariser la

comptabilité..._

_Ord._, I, 713-4, 629, 659.

_Parmi les règlements de finance_, etc. (_Ord._, I, p. 660 (27.)

_Le Parlement se constitue_, etc. (_Ord._, I, 728-731.--_Ord._, I,

702.)

133--page 194--_La méridienne du roi..._

Voy. au tome Ier de cette histoire la concession de Clovis à saint

Remi.--Voy. aussi la _Légende dorée_, c. 142.--_Origines du droit_:

«En l'an 676, Dagobert ayant donné à saint Florent la ville où il

demeurait et ses dépendances, le saint vint prier le roi de lui faire

savoir combien il avait en long et en large. «Tout ce que tu auras

chevauché sur ton petit âne pendant que je me baignerai et que je

mettrai mes habits, tu l'auras en propre.» Or saint Florent savait

fort bien le temps que le roi passait au bain: aussi il monta en toute

hâte sur son âne et trotta par monts et par vaux mieux et plus

rapidement que ne l'aurait fait à cheval le meilleur cavalier, et il

se trouva encore à l'heure indiquée chez le roi.» (Grimm. 87.)

134--page 194--_Philippe-le-Long parle de certains droits féodaux_,

etc.

_Ord._, I, p. 631 (39.)

_Il recommande aux receveurs_, etc. (_Ord._, I, 713 (9.)

135--page 195--_Le roi cherche à mettre une barrière à sa libéralité._

«Que pour les dons outragens qui ont esté faiz ça en arrières, par nos

prédécesseurs, li domaine dou Royaume sont moult apetitié. Nous qui

désirons moult l'accroissement et le bon estât de notre Royaume et de

nos subgiez, nous entendons dores en avant garder de tels dons, au

plus que nous pourrons bonement, et défendons que nul ne nous ose

faire supplication de faire dons à héritage, se ce n'est en la

présence de notre grant conseil.» (_Ord._, I, 670 (6.)

136--page 197--_Les pastoureaux..._

«Cum solis pera et baculo sine pecunia, dimissis in campis porcis et

pecoribus, post ipsos quasi pecora confluebant.» (Cont. G. de Nangis,

p. 77.)--«Projectis innumerabilibus lignis et lapidibus, propriis

projectis pueris, se viriliter et inhumaniter defensabant... Videntes

autem dicti judæi quod evadere non valebant... locaverunt unum de

suis... ut eos gladio jugularet.» (_Ibid._)--«Illic viginti, illic

triginta secundum plus et minus suspendens in patibulis et arboribus.»

(_Ibid._)

137--page 197--_Les Juifs_, etc.

Voy. le _Mémoire_ de M. Beugnot, sur les juifs d'Occident, et la

grande histoire de Jozt.

138--page 199--_Le bruit se répand que les juifs et les lépreux ont

empoisonné les fontaines_, etc.

«Fiebant de sanguine humano et urina de tribus herbis... ponebatur

etiam Corpus Christi, et cum essent omnia dissicata, usque ad pulverem

terebantur, quæ missa in sacculis cum aliquo ponderoso... in puteis...

jactabantur.» (Cont. G. de Nang., ann. 1321, p. 78.)--«Inventum est in

panno caput colubri, pedes bufonis et capilli quasi mulieris, infecti

quodam liquore nigerrimo... quod totum in ignem copiosum.. projectum,

nullo modo comburi potuit, habito manifesto experimento et hoc itidem

esse venenum fortissimum.» (_Ibid._)

_Les principaux lépreux tinrent quatre conciles_, etc.

«Suadente diabolo per ministerium judæorum... ut christiani omnes

morerentur, vel omnes uniformiter leprosi efficerentur, et sic, cum

omnes essent uniformes, nullus ab alio despiceretur.» (_Ibid._)--Voy.

sur les lépreux les _Dictionnaires_ de Bouchel et Brion et surtout le

_Dictionnaire de police_, par Delamare, I, p. 603. Voy. aussi les

_Olim du Parlement_, IV, f. 76, etc.

139--page 200--_Les rituels pour la séquestration des lépreux

différaient peu de l'office des morts..._

«Leprosum aqua benedicta repersum ducat ad ecclesiam cruce

procedente... cantando Libera me Domine... In ecclesia, ante altare

pannus niger. Presbyter cum palla terram super quemlibet pedum ejus

perducit dicendo: Sis mortuus mundo, vivens iterum Deo.» (_Rituel du

Berri_, Martène, II, p. 1010.) Plusieurs rituels défendirent plus tard

ces lugubres cérémonies, celui d'Angers, de Reims. (_Ibid._, p. 1005,

1006.)

140--page 203--_Quant aux juifs, on les brûla sans distinction..._

«Judæi... sine differentia combusti... Facta quadam fovea permaxima,

igne copioso in eam injecto, octies viginti sexies promiscui sunt

combusti; unde et multi illorum et illarum cantantes quasique invitati

ad nuptias, in foveam saliebant.» (Cont. G. de Nangis, p. 78.)

_Mainte veuve y fit jeter son enfant_... «Ne ad baptismum raperentur.»

(_Ibid._)

_Quarante juifs s'accordèrent à se faire tuer par un de leurs

vieillards..._

«Unius antiqui... santior et melior videbatur; unde et ob ejus

bonitatem et antiquitatem pater vocabatur.» (_Ibid._, p. 79).--«Cum

funis esset brevior... dimittens se deorsum cadere, tibiam sibi

fregit, auri et argenti præ maximo pondere gravatus.» (_Ibid._)

141--page 204--_L'Angleterre se trouvant désarmée par ces discordes,

le roi de France s'empara de l'Agénois..._

Voy. le _Différend entre la France et l'Angleterre sous

Charles-le-Bel_, par M. de Bréquigny. La querelle, qui d'abord n'avait

pour objet que la possession d'une petite forteresse, prit en peu de

temps le caractère le plus grave par la faiblesse d'Édouard et

l'audace de ses officiers. Tandis qu'Édouard excuse ses lenteurs à

venir rendre hommage, et prie le roi de France d'arrêter les

entreprises des Français sur ses domaines, les officiers anglais en

Guyenne ruinent la forteresse disputée, et rançonnent le grand maître

des arbalétriers de France, qui avait voulu en tirer satisfaction.

Édouard se hâta de désavouer ces actes auprès de Charles, et en même

temps il donnait ordre à toutes personnes de prêter assistance à Raoul

Basset, auteur de l'insulte faite au roi de France. Mais il recula

bientôt devant cette guerre et destitua Raoul Basset; ses officiers

laissés sans secours durent donner satisfaction à Charles-le-Bel, qui

ne s'arrêta pas en si beau chemin: les ambassadeurs d'Édouard lui

écrivaient qu'on disait tout haut à la cour de France «qu'on ne

voulait mie être servi seulement de parchemin et de parole comme on

l'avait été». Édouard, qui d'abord avait eu recours au pape et fait

quelques préparatifs, s'alarma de cet orage qui pouvait troubler ses

plaisirs. Il donna pleins pouvoirs pour tout terminer, et envoya à

Charles un Français nommé Sully avec son plénipotentiaire. Le roi

écouta le Français, chassa l'Anglais et fit entrer ses troupes en

Guyenne. Agen, après avoir inutilement attendu le secours du comte de

Kent, ouvrit ses portes. De nouveaux ambassadeurs vinrent

d'Angleterre; ils eurent pour toute réponse qu'il fallait «qu'on

souffrît sans obstacle que le roi de France mît en ses mains le reste

de la Gascogne, et qu'Édouard se rendît auprès de lui. Alors s'il lui

demandait droit, il le lui ferait bon et hâtif; s'il lui requérait

grâce, il ferait ce que bon lui semblerait.»

142--page 205--_Charles-le-Bel défendit de prendre le parti de la

reine Isabeau_, etc.

«... Dont plusieurs chevaliers en furent moult courroucés... et dirent

que or et argent y étoient efforciement accourus d'Angleterre.»

(Froissart, éd. Dacier, I, 26.)--«Si entendit-il secrètement que

Charles-le-Bel étoit en volonté de faire prendre sa soeur, son fils,

le comte de Kent et messire Roger de Mortimer, et de eux remettre ès

mains du roi d'Angleterre et dudit Spenser; et ainsi le vint-il dire

de nuit à la reine d'Angleterre et l'avisa du péril où elle étoit.»

(Froissart, I, 29.)

143--page 207--_Édouard croyait au moins vivre_, etc.

«Ut innotuit viri dejectio, plena dolore (ut foris apparuit), fere

mente alienata fuit... Misit indumenta delicata et litteras

blandientes. Eodem tempore assignata fuit dos reginæ talis et tanta,

quod regi filio regni pars tertia vix remansit.» (Wals, p.

126-127.)--«Ipso prostrato et sub ostio ponderoso detento ne surgeret,

dum tortores imponerent cornu, et per foramen immitterent ignitum veru

in viscera sua.» (_Ibid._)

144--page 210--_Livre des secrets des fidèles de la croix, par le

Vénitien Sanuto..._

«Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Amen. En l'an 1321, j'ai été

introduit auprès de notre seigneur le Pape et lui ai présenté deux

livres sur le recouvrement de la terre sainte, et le salut des

fidèles; l'un était couvert en rouge, l'autre en jaune. En même temps

j'ai mis sous ses yeux quatre cartes géographiques, l'une de la mer

Méditerranée, l'autre de la terre et de la mer, la troisième de la

terre sainte, la quatrième de l'Égypte.» (À la suite de Bongars,

_Gesta Dei per Francos_.)

S'il partage son livre en trois parties en l'honneur de la Sainte

Trinité, la raison qu'il en donne c'est qu'il y a trois choses

principales pour le rétablissement de la santé du corps, le sirop

préparatoire, la médecine et le bon régime: «Partitur autem totale

opus ad honorem Sanctæ Trinitatis in tres libros. Nam sicut infirmanti

corpori... tria impertiri curamus: primo syrupum ad præviam

dispositionem... secundo congruam medicinam quæ morbum expellat...

tertio ad conservandam sanitatem debitum vitæ regimen... sic

conformiter continet liber primus dispositionem quasi syrupum, etc.

(_Secreta fidelium crucis_, etc., p. 9.)

145--page 211--_Il propose contre le Soudan d'Égypte un simple

blocus..._

Dix galères suffiront. Il fixe avec une prévoyance toute moderne ce

qu'il faut d'hommes, d'argent, de vivres. La flotte doit être armée à

Venise. «Les marins de Venise, dit-il, sauront seuls se conduire sur

les plages basses d'Égypte qui ressemblent à leurs lagunes» (p.

35-36). Il n'ose pas demander que l'amiral soit un Vénitien, il se

contente de dire qu'il doit être ami des Vénitiens, pour agir de

concert avec eux (page 85). «Il faut, dit-il nettement, ou que l'accès

de l'Égypte soit absolument interdit, ou qu'il soit élargi et facilité

de telle sorte que chacun puisse aller, revenir, commercer par les

terres du soudan, en toute liberté, et qu'en ce dernier cas on ne

parle plus de recouvrer la terre sainte.»--«Mais, dira-t-on, si le

soudan détournait le Nil de la Méditerranée dans la mer Rouge? La

chose est impossible; et si elle avait lieu, l'Égypte serait anéantie,

elle deviendrait déserte... Le soudan réduit, les forteresses de

l'Égypte maritime deviendront un sûr asile pour les nations

chrétiennes comme le furent pour les Vénitiens les lagunes de

l'Adriatique qui, dans les tempêtes des invasions gauloises,

africaines, lombardes et dans celle d'Attila, sont restées inviolées.»

(Part. III, ch. II.) Ces derniers mots font allusion aux craintes

récentes que les invasions des Mongols avaient inspirées à toute la

chrétienté.

146--page 214--La charte que le roi d'Angleterre accorda aux

étrangers...

Le roi déclare qu'il leur accorde à jamais, en son nom et au nom de

ses successeurs: 1º de pouvoir venir en sûreté sous la protection

royale, libres de divers droits qu'il spécifie: _De muragio, pontagio

et panagio liberi et quieti_; 2º d'y vendre en gros à qui ils

voudront; les merceries et épices peuvent même être vendues en détail

par les étrangers; 3º d'importer et exporter, en payant les droits,

toute chose, excepté les vins, qu'on ne peut exporter sans licence

spéciale du roi; 4º leurs marchandises n'auront à craindre ni droit de

prise ni saisie; 5º on leur rendra bonne justice; car si un juge leur

fait tort, il sera puni même après que les marchands auront été

indemnisés; 6º en toute cause où ils seront intéressés, le jury sera

composé pour une moitié de leurs compatriotes; 7º dans tout le royaume

il n'y aura qu'un poids et une mesure; dans chaque ville ou lieu de

foire, il y aura un poids royal, la balance sera bien vide, et celui

qui pèse n'y portera pas les mains; 8º à Londres, il y aura un juge

desdits marchands, pour leur rendre justice sommaire; 9º pour tous ces

droits, ils paieront deux sous de plus qu'autrefois sur chaque tonneau

qu'ils amèneront; quarante deniers de plus par sac de laine, etc.,

etc.; 10º mais une fois ces droits payés, ils pourront aller et

commercer librement par tout le royaume.

147--page 217--_Ce fut Édouard III qui sur la Table ronde a juré le

héron de conquérir la France..._

Par devant la roïne, Robert s'agenouilla,

Et dist que le hairon par temps départira,

Mès que chou ait voué que le cuer li dira,

«Vassal, dit la roïne, or ne me parlés jà;

Dame ne peut vouer puis qu'elle seigneur a,

Car s'elle veue riens, son mari pooir a.

Que bien puet rapeller chou qu'elle vouera;

Et honnis soit li corps que jasi pensera,

Devant que mes chiers sires commandé le m'ara.»

Et dist le roy: «Voués, mes cors l'aquittera.

Mes que finer en puisse, mes cors s'en penera;

Voués hardiement, et Dieux vous aidera.»

Adonc, dit la roïne, je sais bien que piecha,

Que suis grosse d'enfant, que mon corps senti là,

Encore n'a il gaires, qu'en mon corps se tourna,

Et je voue, et prometh a Dieu, qui me créa,

Qui nasqui de la Vierge, que ses corps n'enpira,

Et qui mourut en crois, on le crucifia,

Que jà li fruis de moi de mon corps n'istera,

Si m'en arès menée ou païs par delà,

Pour avanchier le veu que vo corps voué a;

Et s'il en voelh isir, quant besoins n'en sera,

D'un grand coutel d'achier li miens corps s'ochira;

Serai m'asme perdue, et li fruis périra.»

Et quand li rois l'entent, moult forment l'en pensa;

Et dist: «Certainement nuls plus ne vouera.»

Li hairons fu partis, la roïne en mengna.

Adonc, quant che fu fait, li rois s'apareilla,

Et fit garnir les nés, la roïne i entra,

Et maint franc chevalier avecques lui mena.

De illoc en Anvers, li rois ne s'arrêta.

Quant outre sont venu, la dame délivra;

D'un beau fils gracieux la dame s'acouka,

_Lyon d'Anvers_ ot non, quant on le baptisa.

Ensi le franque Dame le sien veu acquitta;

Ainsque soient tout fait, main preudomme en morra,

Et maint bon chevalier dolent s'en clamera.

Et mainte preude femme pour lasse s'en tenra.

Adonc parti li cours des Englès par delà.

_Chi finent leus veus du hairon_.

Ce petit poème se trouve à la fin du tome Ier de Froissart, éd.

Dacier-Buchon, p. 420.

148--page 221--_Bataille de Cassel..._

«Oncques en l'ost du roy ne feit on guet; et les grands seigneurs

alèrent d'une tente en l'autre, pour eux déduire, en leurs belles

robes. Or vous dirons des Flamans, qui sur le mont étoient... Si

feirent trois grosses batailles les Flamans; et veindrent avalant le

mont, au grand pas, devers l'ost du roy: et passèrent tout outre, sans

cry ne noise: et fut à l'heure de vespres sonnans... Et les Flamans ne

s'atargèrent mie, ains veindrent le pas, pour surprendre le roy en sa

tente.» (Froissart, I, c. LXIX, p. 123.--Voy. aussi Cont. de Nangis,

p. 90. Oudegherst, c. CLIV, f. 259.)--Je regrette de n'avoir pas eu

entre les mains l'important ouvrage de M. Warnkoenig, lorsque j'ai

imprimé le récit de la bataille de Courtrai: _Histoire de la Flandre

et de ses institutions civiles et politiques_, jusqu'à l'année 1305,

par M. Warnkoenig, traduit de l'allemand par M. Ghueldorf, 1835. Voy.

particulièrement au premier volume, quelques circonstances

intéressantes qui complètent mon récit.

149--page 222--_Les quatre tours de Vincennes par leurs ponts-levis,

vomissaient aux quatre vents..._

Les châteaux, comme les églises du moyen âge, comme les cités

antiques, sont, je crois, généralement orientés. Voy. mon _Histoire

romaine_ et ma _Symbolique du droit_.

150--page 223--_Robert se plaignait d'avoir été supplanté dans la

possession de l'Artois par Mahaut_, etc.

Un arrêt de la cour de France, prononcé en plein parlement, déboutait

pour toujours Robert et ses successeurs de leurs prétentions et

ordonnait «que ledit Robert amast ladite comtesse comme sa chière

tante, et ladite comtesse ledit Robert comme son bon nepveu».

151--page 223--_Personne n'eut plus de part que Robert à ce qu'un fils

de Charles-de-Valois parvînt au trône..._

L'ancienne _Chronique de Flandre_ allait même jusqu'à lui en donner

tout l'honneur: «Et n'estoient mie les barons d'accord de faire le

roy, mais toutefois par le pourchas de messire Robert d'Artois fut

tant la chose démenée, que messire Philippe... fut élu à roy de

France.» (_Chron._, ch. LXVII, p. 131, _Mém. Ac. Insc._, X, 592.)

152--page 224--_Le roi réservait à Robert le droit de proposer ses

raisons..._

«Sur ce qu'il lui a esté donné à entendre, que au traitté de mariage

de Philippe d'Artois avec Blanche de Bretagne... duquel traicté furent

faites deux paires de lettres rattiffiées par Philippe-le-Bel... et

furent enregistrées en nostre Cour ès registre, lesquelles lettres,

depuis le deceds dudit comte, ont esté fortraites par notre chière

cousine Mahault d'Artois.» (1329. _Chron. de Flandre_, p. 601.)

153--page 224 et suiv.--... _La maîtresse de l'évêque, une certaine

dame Divion..._

«Quædam mulier nobilis et formosa, quæ fuerat M. Theoderici

concubina.» (_Gest. episc. Leod._, p. 408.)

_La Divion prétendit que Jeanne-de-Valois la menaçait de la faire

brûler..._

Elle l'en menaçait même au nom du Roi. «J'ai voulu vous excuser,

disait-elle, en luy représentant que vous n'aviez nulle desdites

lettres, et il m'a répondu qu'il vous ferait ardoir se vous ne l'en

baillez.» (_Ibid._, 600.)

... _Elle y plaqua de vieux sceaux_, etc.

Histoire de France - Moyen Âge; (Vol. 3 / 10) · 第 31 / 36 段