Prépare les officiers de marine; on n'exige pas le baccalauréat pour y
entrer. La durée des études y est de deux ans, après lesquels l'élève
sort aspirant de seconde classe qui correspond au grade de
sous-lieutenant; le programme est à peu près le même qu'à St-Cyr.
Pour entrer sur le vaisseau-école, en rade de Brest, dit «Le Borda»,
les candidats doivent justifier, par la production de leur acte de
naissance, qu'ils sont Français et ont eu quatorze ans au moins, ou
dix-huit ans au plus le premier jour de l'an de l'année du concours;
présenter un certificat du médecin déclarant qu'ils ont été vaccinés
ou qu'ils ont eu la petite vérole et qu'ils n'ont pas d'infirmités les
rendant impropres au service.
Le prix de la pension est de 700 francs par an; le trousseau est d'une
valeur d'environ 1000 francs.
Les candidats doivent se faire inscrire du 1er au 25 avril à la
préfecture du département où ils ont leur domicile.
Ils sont examinés dans le chef-lieu d'examen le plus voisin de ce
domicile ou, à leur choix, au collège où ils ont fait leur éducation.
Les épreuves comprennent un examen oral et des compositions écrites
dont les matières sont indiquées par un programme spécial. Elles
commencent à Paris dans les premiers jours de juin et sont annoncées
dans le _Journal officiel_. Pour concourir au grade d'aide-médecin de
marine, il faut être Français, âgé de dix-huit ans au moins,
vingt-cinq ans au plus, être apte au service de la marine, justifier
de deux années d'études médicales, avoir satisfait à la loi du
recrutement.
Les candidats peuvent s'inscrire au secrétariat du conseil de santé
des ports de Brest, Rochefort, Toulon.
École des Ponts et Chaussées.
Rue des Saints-Pères, no 28.
Son but est de former des élèves nécessaires au corps des ingénieurs
des ponts et chaussés. Son programme est le suivant: la mécanique,
l'architecture, les mathématiques appliquées, la géologie, le droit
administratif, l'anglais, l'allemand, l'économie politique, etc.
École Polytechnique.
Rue Descartes, 41.
Forme des ingénieurs et des officiers d'artillerie et de génie. Le
programme est à peu près semblable à celui de St-Cyr, sauf pour les
mathématiques où il est beaucoup plus développé: toutes les
mathématiques spéciales y sont en effet comprises--le système
d'admission est le même, l'oral est à deux degrés--aucun baccalauréat
n'est exigé, mais sa possession donne un avantage de 50 points. La
durée des études est de deux ans.
École centrale des Arts et Manufactures.
Forme des ingénieurs civils. Le programme est semblable pour les
mathématiques à celui de Polytechnique, beaucoup moins chargé pour le
reste, la durée des études y est de trois ans--des examens
éliminatoires sont passés tous les trois mois: c'est la plus difficile
entre toutes les écoles du gouvernement.
École Normale supérieure.
Rue d'Ulm.
_Sciences._--Pour la partie mathématique elle est semblable à celle de
Centrale.--Physique et chimie, histoire, version latine, philosophie,
anglais ou allemand.
_Lettres._--Latin, grec, français, histoire, géographie, prosodie,
métrique, etc.
Pour s'y présenter il faut être bachelier complet; beaucoup de jeunes
gens sont d'ailleurs licenciés ès lettres ou ès sciences avant leur
entrée dans cette école. On y forme des professeurs pour les lycées du
gouvernement.
Sorbonne.
On peut aussi y préparer la licence, le doctorat, l'agrégation. On y
fait un grand nombre de cours parmi lesquels le candidat peut choisir.
Pour les connaître, consulter les affiches placées dans la salle des
Pas-Perdus de la Sorbonne ou dans le grand vestibule.
Les sciences et les lettres y vont de pair; les cours sont publics,
mais la plupart des conférences sont réservées aux étudiants.
Droit.
La durée des études y est de trois ans pour la licence, de cinq pour
le doctorat; le baccalauréat est exigé sauf pour le certificat. La
licence suffit pour être avocat. Les matières étudiées sont les
suivantes: droit pénal, droit civil, droit romain, code de procédure,
civile, criminelle, économie politique, histoire du droit.
Le doctorat en droit permet de ne faire qu'un an de service militaire.
[Illustration]
_Éducation physique._
Un professeur de l'Université de Princeton (Amérique) disait: «Je
préfère voir manquer à mes élèves une classe qu'une partie de
foot-ball». Sans aller aussi loin, il faut dire que l'éducation
physique n'est pas moins utile que l'éducation de l'esprit. Les
anciens les faisaient marcher de pair. Après avoir été longtemps
négligés en France les sports ont repris une grande importance. Voici
les principaux:
=Sports athlétiques.=--Une seule Union, l'Union des Sociétés
Françaises de sports athlétiques, 229, rue Saint-Honoré. Elle compte
139 sociétés. Elle est reconnue par les Sociétés de l'étranger. Les
principales sociétés sont: le Stade Français, deux fois victorieux
d'équipes anglaises de foot-ball, depuis deux ans club champion;
l'Union athlétique du Ier arrondissement, le Racing Club, etc.
=Sports pratiqués.=--Le foot-ball. Jeu d'origine française mais
transformé par les Anglais. Se joue avec un ballon de cuir. (Pour plus
de renseignements, voir le livre de M. Saint-Chaffray intitulé _Le
foot-ball_.)
La course à pied.--Le meilleur des sports et le moins coûteux à notre
avis. Quatre sortes principales de courses:
La course de haies sur 110 mètres avec 10 haies;
La course de vitesse sur 100 ou 150 mètres;
La course mixte sur 400 mètres, la course de fond à partir de 1500
mètres et le cross-country ou course à travers champs.
Sport vélocipédique.--Sport excellent mais beaucoup plus coûteux que
les précédents: nécessite non seulement la machine mais la piste. Les
principales pistes ou vélodromes sont: le vélodrome de l'Est, le
vélodrome Buffalo, le vélodrome de la Seine, le vélodrome d'Hiver;
enfin pour les jeunes amateurs le vélodrome de Courbevoie, qui
appartient au Stade français et à l'Association vélocipédique
internationale.
Sport nautique.--Un peu démodé à cause de la lenteur de
l'apprentissage; se pratique soit dans le bassin d'Asnières, soit dans
celui de Joinville-le-Pont.
Tels sont les sports les plus importants. Il faut citer aussi la
paume, le tennis, le patin, etc., mais ces sports ne sont pas aussi
pratiqués que les précédents.
L'épée et le fleuret méritent une mention spéciale, mais leur
apprentissage est long; d'ailleurs ils ne développent pas suffisamment
l'homme.
La gymnastique enfin. Un peu moins en usage mais toujours excellente.
Je terminerai cet exposé rapide par quelques conseils sur
l'entraînement. Les voici:
Boire le moins possible d'alcool.--Ne manger que des viandes
rôties.--Ne pas fumer.--Faire chaque matin un quart d'heure
d'haltères.--Beaucoup d'hydrothérapie.--En cas de fatigue, se
frictionner avec la composition suivante:
50 gr. d'huile camphrée;
16 gr. d'essence de térébenthine;
5 gr. d'alcool camphrée.
_Modèles de lettres._
Nous avons, à travers les chapitres qui précèdent, conseillé quelques
formules épistolaires.
En voici d'autres qui peuvent être utiles; nous les transcrivons sans
aucune prétention. Chacun, aujourd'hui, doit savoir et sait écrire;
mais la consultation d'un «modèle» peut éviter un embarras ou une
perte de temps.
_Lettre de demande en mariage d'un monsieur d'un certain âge à une
dame._
Madame,
Les quelques visites que j'ai eu l'honneur de vous rendre m'ont
permis d'apprécier toutes vos qualités, et d'acquérir la
certitude que vous possédez au plus haut degré toutes celles
qu'il faut pour rendre la vie d'intérieur on ne peut plus
agréable.
Soyez bien persuadée, chère Madame, que de mon côté tous mes
efforts tendront à vous donner le plus grand bien-être possible,
et j'espère que mes soins et mon attachement seront pour vous un
dédommagement à la grande estime et à l'affection que vous
voudrez bien me témoigner aujourd'hui.
J'ai donc l'honneur, bien chère Madame, de vous demander
l'insigne bonheur de joindre ma vie à la vôtre par les liens du
mariage.
En attendant une réponse favorable, veuillez agréer l'expression
de mes sentiments respectueux.
Votre tout dévoué.
_Acceptation de cette demande._
Monsieur,
Je suis très flattée de la lettre que vous m'avez fait l'honneur
de m'adresser. Je crois aussi avoir découvert chez vous de
précieuses qualités, et je n'hésite pas à vous assurer que de mon
côté tous mes efforts tendront à rendre la vie commune aussi
agréable que possible.
En attendant votre prochaine visite, veuillez agréer, Monsieur,
mes bien sincères amitiés.
_Refus à cette demande._
Monsieur,
J'ai été très sensible à tous les bons sentiments que vous
manifestez à mon égard, dans votre aimable lettre; mais, à mon
bien grand regret, je ne puis donner suite à la proposition que
vous me faites; l'état de ma santé d'un côté, et ma situation de
fortune d'un autre élèvent entre nous un obstacle absolu.
Encore une fois, Monsieur, veuillez croire à tous mes regrets, et
agréez mes meilleurs sentiments.
_Lettre de jour de l'an d'un filleul ou d'une filleule, à son
parrain ou à sa marraine._
Mon bien cher Parrain (ou Ma bien chère Marraine),
Le renouvellement de l'année me donne l'occasion de vous faire
connaître une fois de plus tous les souhaits que je forme pour
vous. Vous m'avez donné tant de preuves d'affection, que je
serais bien ingrat de vous oublier; mon cœur est assez grand
pour vous réserver une bonne place, et mon bonheur est complet si
je vous sais en bonne santé. Aussi croyez bien que je fais, tous
les jours, les vœux les plus sincères pour votre bonheur.
En attendant l'heureux moment où il me sera permis de vous dire
tout cela de vive voix, et de vous embrasser, recevez, cher
Parrain (ou chère Marraine), les meilleurs et les plus affectueux
compliments de votre tout dévoué filleul (ou toute dévouée
filleule).
_Lettre d'un fils ou neveu, à son père ou à son oncle, pour lui
annoncer son succès à un examen._
Cher Père (ou cher Oncle),
Je suis heureux de vous annoncer que je viens de subir avec
succès les épreuves de mon examen. Ce m'est une bien grande joie
de vous donner ainsi une preuve de ma reconnaissance, pour tous
les dévouements que vous m'avez témoignés, tous les sacrifices
que vous avez faits pour moi; j espère plus tard vous donner des
marques plus sérieuses de l'affection que j'ai pour vous, et
soyez certain que maintenant, comme avant, tous mes efforts
tendront à me rendre digne du nom que je porte.
En attendant, croyez à l'affection sincère de votre tout dévoué
fils (ou neveu), qui vous embrasse mille fois de tout cœur.
_Lettre pour féliciter un parent, un ami, de l'obtention d'une
marque distinctive quelconque_ (brevet, diplôme, décoration,
etc.).
J'ai été bien heureux, mon cher.......... d'apprendre votre
nomination au grade de...... Certes personne ne méritait plus que
vous cette marque honorifique; les services que vous avez rendus,
le dévouement absolu que vous avez toujours montré, et enfin
votre travail opiniâtre, plaident en votre faveur; mais
néanmoins, eu égard aux compétiteurs, et à la faveur accordée à
certains, au détriment des autres, il est très beau de ne devoir
qu'à son mérite personnel (l'avancement ou la faveur accordée),
et c'est votre cas.
C'est donc, je le répète, avec bonheur que nous joignons nos
félicitations sincères, et tous nos compliments, à ceux de tous
vos amis.
Nous espérons avoir le plaisir de vous voir très prochainement;
en attendant, recevez, cher Monsieur, l'expression de notre
profonde considération et de nos plus dévoués sentiments.
_Lettre de faire part de la naissance d'un fils ou d'une fille._
Cher Ami,
C'est avec la plus grande joie que je viens t'annoncer la
naissance de notre petite bien-aimée Jeannette.
Inutile de te dire que nous la trouvons très belle; elle est tout
le portrait de son père; je crois même qu'il m'a déjà semblé
reconnaître qu'elle aurait, tout comme sa bonne mère, un
excellent caractère. En un mot elle est parfaite.
La joie que j'éprouve en t'écrivant m'empêche de t'en dire plus
long; espérant bien me dédommager à notre première entrevue, je
termine en te disant tout simplement: La mère et l'enfant vont
bien.
Nos affectueux compliments.
_Lettre d'une petite fille à sa grand'mère pour lui souhaiter sa
fête._
Ma bonne Grand'Mère,
Chaque année, je vois arriver avec la plus grande joie cet
heureux jour. Si j'étais près de toi, je serais beaucoup plus
heureuse; mais ne crains rien, ma bien chère bonne maman, la
distance qui nous sépare ne fait que rendre plus vive l'affection
que j'ai pour toi, et de loin comme de près, sois bien persuadée
que tous mes vœux et tous mes souhaits sont pour toi; que je
demande à Dieu tous les jours qu'il veuille bien te conserver en
bonne santé, et surtout te faire vivre assez longtemps pour que
tu puisses voir ta petite Alice grande personne et capable à son
tour de te rendre tous les soins et toutes les bontés que tu n'as
jamais cessé de lui prodiguer.
Adieu, ma bien chère bonne maman, soigne-toi bien, et pense à ta
petite-fille qui, elle, ne t'oublie pas et t'envoie mille
baisers.
_Lettre d'invitation à une distribution de prix._
(Une famille à une autre.)
Chers Amis,
Samedi 28 courant, doit avoir lieu au collège la distribution des
prix. Vous n'ignorez pas sans doute que cette solennité doit être
présidée par monsieur le général de division X....., notre
cousin. Je compte sur quelques succès pour mon fils, et ne vous
cache point que je vous verrais assister avec bonheur à cette
fête; j'aurai soin de vous faire réserver quelques fauteuils pour
vous et vos amis.
Veuillez agréer, chers amis, l'expression de nos meilleurs
sentiments.
_Lettre d'invitation à dîner._
Nous serions bien honorés, madame X. et moi, de vous avoir à
dîner jeudi prochain, 17 courant; voici déjà longtemps que nous
n'avons eu le grand plaisir de vous recevoir; aussi comptons-nous
bien que rien ne vous empêchera d'être des nôtres, et sauf avis
contraire de votre part votre couvert sera mis.
Notre petite Jeanne se propose de vous faire entendre, après
dîner, sa dernière création au piano; c'est un bien grand
morceau!
Madame X. se joint à moi, pour vous envoyer ses salutations
amicales.
_Lettre de refus à une invitation à dîner._
Chers Amis,
Nous sommes désolés de ne pouvoir accepter votre aimable
invitation du 17 courant. En outre d'une indisposition de mon
mari, légère, Dieu merci, nous venons de perdre tout dernièrement
une proche parente.
Croyez à tous nos regrets, et veuillez, je vous prie, nous croire
toujours vos meilleurs amis.
Agréez l'expression de nos meilleurs sentiments.
_Lettre d'un jeune soldat à ses parents._
Mes bien chers Parents,
Quelques jours à peine de séparation me suffisent pour établir la
différence entre ma vie actuelle et celle que je menais au milieu
de vous. Certes mon intention n'est pas de me plaindre; je suis
fier et heureux de remplir mon devoir, mais je n'en constate pas
moins la dureté du service militaire, surtout si je la compare à
l'existence de famille.
D'ailleurs une année est bien vite passée, et j'ai déjà deux mois
de service. Quoique bien éloigné de vous, mon cœur est resté au
milieu de ma chère famille; je ne cesse de penser à vous, et de
faire des vœux pour votre bonne santé.
Vous trouverez ma lettre un peu courte, mais nous travaillons
beaucoup, et n'avons que bien peu de loisir. J'attends
prochainement mes galons de caporal, et pense bien que vous ne
m'oublierez pas ce jour-là.
Je termine en vous envoyant l'assurance de tout mon attachement,
et les meilleurs baisers de
Votre fils tout dévoué.
_Lettre de reconnaissance d'un malade à son médecin._
Monsieur,
Permettez-moi de vous adresser quelques lignes de remerciements,
à vous, mon cher docteur, qui venez de me rendre à la vie en
terrassant complètement le mal affreux dont je souffrais depuis
si longtemps. Le dévouement que vous m'avez témoigné, les soins
incessants que vous m'avez donnés, lorsque tant d'autres
m'avaient pour ainsi dire abandonné, et enfin votre incontesté
savoir, vous ont fait sortir vainqueur de la terrible lutte que
vous aviez engagée contre la maladie qui m'accablait.
C'est une nouvelle vie qui commence pour moi, et c'est bien à
vous seul que je la dois; aussi longue qu'elle puisse être, je ne
vous oublierai jamais, et ne saurais trop vous témoigner ma
reconnaissance.
Encore une fois, merci pour moi et pour ma famille.
Veuillez recevoir l'assurance de la parfaite considération et des
meilleurs sentiments de votre tout dévoué.
_Communication d'un baptême._
Une mère à son amie.
Chère Madame,
Enfin l'heureux jour que j'attendais avec impatience vient
d'arriver; jusqu'à aujourd'hui, soit les maladies, soit le
mauvais temps, nous avaient retardé pour porter sur les fonts
baptismaux notre bien-aimée petite Jeannette, mais maintenant,
grâce à Dieu, et notre bon docteur aidant, toutes les difficultés
sont surmontées, et la cérémonie du baptême aura lieu jeudi
prochain à dix heures, à Notre-Dame. Je compte bien que vous me
ferez l'amitié d'y assister, et en attendant l'heureux plaisir de
vous voir, nous vous envoyons, mon mari et moi, nos meilleures
salutations.
_Lettre de communication de la mort d'un parent._
Chère Parente,
C'est avec la désolation dans le cœur, les larmes dans les yeux,
que je viens vous annoncer une bien triste nouvelle: notre pauvre
tante est décédée hier soir vers onze heures. Depuis quelques
jours elle gardait le lit, atteinte d'une bronchite, qui sans
nous donner des inquiétudes, nous tourmentait beaucoup; le
docteur qui la soignait, et qui a été très dévoué pour elle, ne
s'attendait pas à un si rapide dénouement; hier quelques instants
avant sa mort elle a tous voulu nous voir autour d'elle, nous a
tous embrassés, et sans aucune souffrance, elle s'est doucement
éteinte dans les bras de mon pauvre mari.
Nous sommes tous dans la désolation, c'est une perte irréparable
pour nous.
Excusez-moi, chère dame, de ne pas vous en dire plus long, et
veuillez agréer l'expression de nos meilleurs sentiments.
_Lettre d'invitation à concourir à une œuvre de bienfaisance._
Chère Madame,
Samedi prochain a lieu la première réunion des dames patronnesses
de l'Œuvre de la Crèche. Nous n'avons pas encore le bonheur de
vous compter parmi nous, mais d'ores et déjà je vous inscris sur
nos listes, ayant la certitude que vous voudrez bien nous honorer
de votre présence à cette réunion.
Vous savez qu'il s'agit de créer dans les montagnes d'Auvergne,
c'est-à-dire au bon air, un sanatorium, pour les petits
nouveau-nés abandonnés.
En vous remerciant en mon nom, et au nom de l'Œuvre, agréez mes
salutations empressées.
_Lettre de remerciements pour l'envoi d'un cadeau._
Chère Madame et amie,
Je suis vraiment confuse de toutes les attentions que vous voulez
bien me témoigner; mais, franchement, permettez-moi de vous dire
que vous faites trop bien les choses; un simple cadeau aurait
suffi, et vous me faites parvenir un don vraiment princier.
L'estime et l'amitié que j'ai pour vous sont sans limites vous le
savez, chère Madame, et certes je suis heureuse de trouver
l'occasion de vous le dire; mais je ne pourrai jamais vous rendre
qu'une faible partie de toutes vos bonnes attentions. Quoi qu'il
en soit, laissez-moi me compter au nombre de vos meilleures
amies, et croyez-moi votre toute affectueuse et toute dévouée.
_Lettre d'un jeune homme à une mère pour lui demander sa fille en
mariage._
Madame,
J'ose espérer, tout d'abord, que vous voudrez bien m'excuser
d'oser vous écrire ces quelques lignes. Les bonnes visites que
vous m'avez autorisé à vous faire m'ont permis d'apprécier votre
charmante fille. J'ai constaté qu'à une grande bonté, qu'elle
tient certainement de vous, elle joignait toutes les qualités de
la femme d'intérieur, en un mot je la trouve parfaite, et serais
au comble du bonheur si vous vouliez bien me permettre de devenir
votre gendre.
De mon côté, soyez assurée que tous mes efforts tendront à lui
rendre la vie agréable, et j'ose espérer que mes soins, mon
attachement et mon affection pour elle, vous seront une sûre
garantie de son bonheur.
J'ai donc l'honneur, Madame, de vous demander la main de
mademoiselle votre fille.
En attendant votre favorable réponse, veuillez croire aux
meilleurs sentiments de votre tout dévoué.
_Lettre de refus d'une demande en mariage._
(D'un père à un jeune homme).
Monsieur,
Ma femme et moi avons été très flattés de recevoir votre lettre,
dans laquelle vous nous faites l'honneur de nous demander la main
de notre fille.
A notre grand regret, nous ne pouvons vous donner satisfaction.
Notre fille n'est pas encore décidée à se marier; elle est du
reste encore bien jeune, et semble ne vouloir jamais quitter sa
bonne mère. Croyez bien, monsieur, qu'il nous aurait été très
agréable de vous avoir pour gendre; depuis longtemps votre
famille est unie à la nôtre par une amitié indissoluble, mais
madame X. et moi avons décidé de respecter les volontés de notre
enfant.
Encore une fois, monsieur, croyez à tous nos regrets, et recevez
nos salutations empressées.
_Lettre d'un fiancé à une fiancée._
Mademoiselle,
J'ai appris que vous deviez vous rendre, jeudi prochain, à
l'Œuvre de la Sainte-Enfance. Je serais très désireux de vous y
accompagner, et de joindre ma modeste offrande à la vôtre.
Espérant bien que madame votre mère voudra bien m'autoriser à le
faire, j'aurai l'honneur de me présenter chez vos parents, jeudi
prochain, et de conduire madame votre mère et vous rue de
Vaugirard, au siège de l'Œuvre.
Veuillez agréer, Mademoiselle, l'assurance de mes sentiments les
plus dévoués.
_Lettre de remerciements à un curé qui a préparé un enfant à sa
première communion._
Monsieur le Curé,
Permettez à une mère de venir vous remercier de tous les bons
soins, de toutes les attentions que vous n'avez cessé de
prodiguer à notre bien cher enfant pendant toute la durée de sa
préparation à la première communion.
Grâce à vous, notre fils se trouve en état de se présenter à la
Sainte-Table, avec conscience de ce qu'il fait; sa conduite est
vraiment exemplaire, et ce nous est un bien grand bonheur de
venir vous féliciter de ce résultat.
Encore une fois, monsieur et vénérable abbé, agréez-en tous nos
remerciements les plus sincères, et veuillez croire aux
sentiments respectueux de votre dévouée servante.
_Lettre de reproche, à un jeune homme, à une jeune fille, sur la
légèreté de sa conduite._
Ma chère Lucienne,
Lors de ma dernière visite, tu m'avais fait de bien belles
promesses que tu n'as pas tenues, hélas! Je suis donc obligée
aujourd'hui de venir te les rappeler. Ta conduite un peu légère
donne un libre cours à de méchants propos sur ton compte, et cela
m'afflige profondément. Tu sais que je tiens à toi, comme à une
sœur, que tout ce qui te touche m'intéresse, aussi je viens
aujourd'hui t'engager sérieusement à suivre une autre ligne de
conduite; abandonne les quelques amies qui t'entourent et te
nuisent par leurs mauvais conseils et leur réputation, bien
connue d'ailleurs, de personnes peu sérieuses: viens te réfugier
chez ceux qui sont tout prêts à te tendre les bras et à t'aider
dans ce mauvais moment. Tu dois songer avant tout à ta position,
que tu compromets, je le crains sérieusement.
J'espère que je serai plus écoutée cette fois, et que ta raison,
ton intelligence et l'amitié que tu me portes seront de puissants
auxiliaires à sortir de la mauvaise voie où tu t'es engagée.
Ton amie, qui malgré tout t'envoie ses meilleures amitiés.
_Lettre pour congédier un précepteur, une institutrice._
Mademoiselle,
Nous devons rentrer à Paris dans un mois seulement, mais j'ai le
regret de vous prévenir que je laisse Marguerite au couvent de
B.... où j'ai été élevée.
Je suis obligée, comme vous le savez, Mademoiselle, d'aller
beaucoup dans le monde et je ne veux pas laisser mon enfant aux
mains des domestiques.