En rade de Brest.--_Le Borda._

Prépare les officiers de marine; on n'exige pas le baccalauréat pour y

entrer. La durée des études y est de deux ans, après lesquels l'élève

sort aspirant de seconde classe qui correspond au grade de

sous-lieutenant; le programme est à peu près le même qu'à St-Cyr.

Pour entrer sur le vaisseau-école, en rade de Brest, dit «Le Borda»,

les candidats doivent justifier, par la production de leur acte de

naissance, qu'ils sont Français et ont eu quatorze ans au moins, ou

dix-huit ans au plus le premier jour de l'an de l'année du concours;

présenter un certificat du médecin déclarant qu'ils ont été vaccinés

ou qu'ils ont eu la petite vérole et qu'ils n'ont pas d'infirmités les

rendant impropres au service.

Le prix de la pension est de 700 francs par an; le trousseau est d'une

valeur d'environ 1000 francs.

Les candidats doivent se faire inscrire du 1er au 25 avril à la

préfecture du département où ils ont leur domicile.

Ils sont examinés dans le chef-lieu d'examen le plus voisin de ce

domicile ou, à leur choix, au collège où ils ont fait leur éducation.

Les épreuves comprennent un examen oral et des compositions écrites

dont les matières sont indiquées par un programme spécial. Elles

commencent à Paris dans les premiers jours de juin et sont annoncées

dans le _Journal officiel_. Pour concourir au grade d'aide-médecin de

marine, il faut être Français, âgé de dix-huit ans au moins,

vingt-cinq ans au plus, être apte au service de la marine, justifier

de deux années d'études médicales, avoir satisfait à la loi du

recrutement.

Les candidats peuvent s'inscrire au secrétariat du conseil de santé

des ports de Brest, Rochefort, Toulon.

École des Ponts et Chaussées.

Rue des Saints-Pères, no 28.

Son but est de former des élèves nécessaires au corps des ingénieurs

des ponts et chaussés. Son programme est le suivant: la mécanique,

l'architecture, les mathématiques appliquées, la géologie, le droit

administratif, l'anglais, l'allemand, l'économie politique, etc.

École Polytechnique.

Rue Descartes, 41.

Forme des ingénieurs et des officiers d'artillerie et de génie. Le

programme est à peu près semblable à celui de St-Cyr, sauf pour les

mathématiques où il est beaucoup plus développé: toutes les

mathématiques spéciales y sont en effet comprises--le système

d'admission est le même, l'oral est à deux degrés--aucun baccalauréat

n'est exigé, mais sa possession donne un avantage de 50 points. La

durée des études est de deux ans.

École centrale des Arts et Manufactures.

Forme des ingénieurs civils. Le programme est semblable pour les

mathématiques à celui de Polytechnique, beaucoup moins chargé pour le

reste, la durée des études y est de trois ans--des examens

éliminatoires sont passés tous les trois mois: c'est la plus difficile

entre toutes les écoles du gouvernement.

École Normale supérieure.

Rue d'Ulm.

_Sciences._--Pour la partie mathématique elle est semblable à celle de

Centrale.--Physique et chimie, histoire, version latine, philosophie,

anglais ou allemand.

_Lettres._--Latin, grec, français, histoire, géographie, prosodie,

métrique, etc.

Pour s'y présenter il faut être bachelier complet; beaucoup de jeunes

gens sont d'ailleurs licenciés ès lettres ou ès sciences avant leur

entrée dans cette école. On y forme des professeurs pour les lycées du

gouvernement.

Sorbonne.

On peut aussi y préparer la licence, le doctorat, l'agrégation. On y

fait un grand nombre de cours parmi lesquels le candidat peut choisir.

Pour les connaître, consulter les affiches placées dans la salle des

Pas-Perdus de la Sorbonne ou dans le grand vestibule.

Les sciences et les lettres y vont de pair; les cours sont publics,

mais la plupart des conférences sont réservées aux étudiants.

Droit.

La durée des études y est de trois ans pour la licence, de cinq pour

le doctorat; le baccalauréat est exigé sauf pour le certificat. La

licence suffit pour être avocat. Les matières étudiées sont les

suivantes: droit pénal, droit civil, droit romain, code de procédure,

civile, criminelle, économie politique, histoire du droit.

Le doctorat en droit permet de ne faire qu'un an de service militaire.

[Illustration]

_Éducation physique._

Un professeur de l'Université de Princeton (Amérique) disait: «Je

préfère voir manquer à mes élèves une classe qu'une partie de

foot-ball». Sans aller aussi loin, il faut dire que l'éducation

physique n'est pas moins utile que l'éducation de l'esprit. Les

anciens les faisaient marcher de pair. Après avoir été longtemps

négligés en France les sports ont repris une grande importance. Voici

les principaux:

=Sports athlétiques.=--Une seule Union, l'Union des Sociétés

Françaises de sports athlétiques, 229, rue Saint-Honoré. Elle compte

139 sociétés. Elle est reconnue par les Sociétés de l'étranger. Les

principales sociétés sont: le Stade Français, deux fois victorieux

d'équipes anglaises de foot-ball, depuis deux ans club champion;

l'Union athlétique du Ier arrondissement, le Racing Club, etc.

=Sports pratiqués.=--Le foot-ball. Jeu d'origine française mais

transformé par les Anglais. Se joue avec un ballon de cuir. (Pour plus

de renseignements, voir le livre de M. Saint-Chaffray intitulé _Le

foot-ball_.)

La course à pied.--Le meilleur des sports et le moins coûteux à notre

avis. Quatre sortes principales de courses:

La course de haies sur 110 mètres avec 10 haies;

La course de vitesse sur 100 ou 150 mètres;

La course mixte sur 400 mètres, la course de fond à partir de 1500

mètres et le cross-country ou course à travers champs.

Sport vélocipédique.--Sport excellent mais beaucoup plus coûteux que

les précédents: nécessite non seulement la machine mais la piste. Les

principales pistes ou vélodromes sont: le vélodrome de l'Est, le

vélodrome Buffalo, le vélodrome de la Seine, le vélodrome d'Hiver;

enfin pour les jeunes amateurs le vélodrome de Courbevoie, qui

appartient au Stade français et à l'Association vélocipédique

internationale.

Sport nautique.--Un peu démodé à cause de la lenteur de

l'apprentissage; se pratique soit dans le bassin d'Asnières, soit dans

celui de Joinville-le-Pont.

Tels sont les sports les plus importants. Il faut citer aussi la

paume, le tennis, le patin, etc., mais ces sports ne sont pas aussi

pratiqués que les précédents.

L'épée et le fleuret méritent une mention spéciale, mais leur

apprentissage est long; d'ailleurs ils ne développent pas suffisamment

l'homme.

La gymnastique enfin. Un peu moins en usage mais toujours excellente.

Je terminerai cet exposé rapide par quelques conseils sur

l'entraînement. Les voici:

Boire le moins possible d'alcool.--Ne manger que des viandes

rôties.--Ne pas fumer.--Faire chaque matin un quart d'heure

d'haltères.--Beaucoup d'hydrothérapie.--En cas de fatigue, se

frictionner avec la composition suivante:

50 gr. d'huile camphrée;

16 gr. d'essence de térébenthine;

5 gr. d'alcool camphrée.

_Modèles de lettres._

Nous avons, à travers les chapitres qui précèdent, conseillé quelques

formules épistolaires.

En voici d'autres qui peuvent être utiles; nous les transcrivons sans

aucune prétention. Chacun, aujourd'hui, doit savoir et sait écrire;

mais la consultation d'un «modèle» peut éviter un embarras ou une

perte de temps.

_Lettre de demande en mariage d'un monsieur d'un certain âge à une

dame._

Madame,

Les quelques visites que j'ai eu l'honneur de vous rendre m'ont

permis d'apprécier toutes vos qualités, et d'acquérir la

certitude que vous possédez au plus haut degré toutes celles

qu'il faut pour rendre la vie d'intérieur on ne peut plus

agréable.

Soyez bien persuadée, chère Madame, que de mon côté tous mes

efforts tendront à vous donner le plus grand bien-être possible,

et j'espère que mes soins et mon attachement seront pour vous un

dédommagement à la grande estime et à l'affection que vous

voudrez bien me témoigner aujourd'hui.

J'ai donc l'honneur, bien chère Madame, de vous demander

l'insigne bonheur de joindre ma vie à la vôtre par les liens du

mariage.

En attendant une réponse favorable, veuillez agréer l'expression

de mes sentiments respectueux.

Votre tout dévoué.

_Acceptation de cette demande._

Monsieur,

Je suis très flattée de la lettre que vous m'avez fait l'honneur

de m'adresser. Je crois aussi avoir découvert chez vous de

précieuses qualités, et je n'hésite pas à vous assurer que de mon

côté tous mes efforts tendront à rendre la vie commune aussi

agréable que possible.

En attendant votre prochaine visite, veuillez agréer, Monsieur,

mes bien sincères amitiés.

_Refus à cette demande._

Monsieur,

J'ai été très sensible à tous les bons sentiments que vous

manifestez à mon égard, dans votre aimable lettre; mais, à mon

bien grand regret, je ne puis donner suite à la proposition que

vous me faites; l'état de ma santé d'un côté, et ma situation de

fortune d'un autre élèvent entre nous un obstacle absolu.

Encore une fois, Monsieur, veuillez croire à tous mes regrets, et

agréez mes meilleurs sentiments.

_Lettre de jour de l'an d'un filleul ou d'une filleule, à son

parrain ou à sa marraine._

Mon bien cher Parrain (ou Ma bien chère Marraine),

Le renouvellement de l'année me donne l'occasion de vous faire

connaître une fois de plus tous les souhaits que je forme pour

vous. Vous m'avez donné tant de preuves d'affection, que je

serais bien ingrat de vous oublier; mon cœur est assez grand

pour vous réserver une bonne place, et mon bonheur est complet si

je vous sais en bonne santé. Aussi croyez bien que je fais, tous

les jours, les vœux les plus sincères pour votre bonheur.

En attendant l'heureux moment où il me sera permis de vous dire

tout cela de vive voix, et de vous embrasser, recevez, cher

Parrain (ou chère Marraine), les meilleurs et les plus affectueux

compliments de votre tout dévoué filleul (ou toute dévouée

filleule).

_Lettre d'un fils ou neveu, à son père ou à son oncle, pour lui

annoncer son succès à un examen._

Cher Père (ou cher Oncle),

Je suis heureux de vous annoncer que je viens de subir avec

succès les épreuves de mon examen. Ce m'est une bien grande joie

de vous donner ainsi une preuve de ma reconnaissance, pour tous

les dévouements que vous m'avez témoignés, tous les sacrifices

que vous avez faits pour moi; j espère plus tard vous donner des

marques plus sérieuses de l'affection que j'ai pour vous, et

soyez certain que maintenant, comme avant, tous mes efforts

tendront à me rendre digne du nom que je porte.

En attendant, croyez à l'affection sincère de votre tout dévoué

fils (ou neveu), qui vous embrasse mille fois de tout cœur.

_Lettre pour féliciter un parent, un ami, de l'obtention d'une

marque distinctive quelconque_ (brevet, diplôme, décoration,

etc.).

J'ai été bien heureux, mon cher.......... d'apprendre votre

nomination au grade de...... Certes personne ne méritait plus que

vous cette marque honorifique; les services que vous avez rendus,

le dévouement absolu que vous avez toujours montré, et enfin

votre travail opiniâtre, plaident en votre faveur; mais

néanmoins, eu égard aux compétiteurs, et à la faveur accordée à

certains, au détriment des autres, il est très beau de ne devoir

qu'à son mérite personnel (l'avancement ou la faveur accordée),

et c'est votre cas.

C'est donc, je le répète, avec bonheur que nous joignons nos

félicitations sincères, et tous nos compliments, à ceux de tous

vos amis.

Nous espérons avoir le plaisir de vous voir très prochainement;

en attendant, recevez, cher Monsieur, l'expression de notre

profonde considération et de nos plus dévoués sentiments.

_Lettre de faire part de la naissance d'un fils ou d'une fille._

Cher Ami,

C'est avec la plus grande joie que je viens t'annoncer la

naissance de notre petite bien-aimée Jeannette.

Inutile de te dire que nous la trouvons très belle; elle est tout

le portrait de son père; je crois même qu'il m'a déjà semblé

reconnaître qu'elle aurait, tout comme sa bonne mère, un

excellent caractère. En un mot elle est parfaite.

La joie que j'éprouve en t'écrivant m'empêche de t'en dire plus

long; espérant bien me dédommager à notre première entrevue, je

termine en te disant tout simplement: La mère et l'enfant vont

bien.

Nos affectueux compliments.

_Lettre d'une petite fille à sa grand'mère pour lui souhaiter sa

fête._

Ma bonne Grand'Mère,

Chaque année, je vois arriver avec la plus grande joie cet

heureux jour. Si j'étais près de toi, je serais beaucoup plus

heureuse; mais ne crains rien, ma bien chère bonne maman, la

distance qui nous sépare ne fait que rendre plus vive l'affection

que j'ai pour toi, et de loin comme de près, sois bien persuadée

que tous mes vœux et tous mes souhaits sont pour toi; que je

demande à Dieu tous les jours qu'il veuille bien te conserver en

bonne santé, et surtout te faire vivre assez longtemps pour que

tu puisses voir ta petite Alice grande personne et capable à son

tour de te rendre tous les soins et toutes les bontés que tu n'as

jamais cessé de lui prodiguer.

Adieu, ma bien chère bonne maman, soigne-toi bien, et pense à ta

petite-fille qui, elle, ne t'oublie pas et t'envoie mille

baisers.

_Lettre d'invitation à une distribution de prix._

(Une famille à une autre.)

Chers Amis,

Samedi 28 courant, doit avoir lieu au collège la distribution des

prix. Vous n'ignorez pas sans doute que cette solennité doit être

présidée par monsieur le général de division X....., notre

cousin. Je compte sur quelques succès pour mon fils, et ne vous

cache point que je vous verrais assister avec bonheur à cette

fête; j'aurai soin de vous faire réserver quelques fauteuils pour

vous et vos amis.

Veuillez agréer, chers amis, l'expression de nos meilleurs

sentiments.

_Lettre d'invitation à dîner._

Nous serions bien honorés, madame X. et moi, de vous avoir à

dîner jeudi prochain, 17 courant; voici déjà longtemps que nous

n'avons eu le grand plaisir de vous recevoir; aussi comptons-nous

bien que rien ne vous empêchera d'être des nôtres, et sauf avis

contraire de votre part votre couvert sera mis.

Notre petite Jeanne se propose de vous faire entendre, après

dîner, sa dernière création au piano; c'est un bien grand

morceau!

Madame X. se joint à moi, pour vous envoyer ses salutations

amicales.

_Lettre de refus à une invitation à dîner._

Chers Amis,

Nous sommes désolés de ne pouvoir accepter votre aimable

invitation du 17 courant. En outre d'une indisposition de mon

mari, légère, Dieu merci, nous venons de perdre tout dernièrement

une proche parente.

Croyez à tous nos regrets, et veuillez, je vous prie, nous croire

toujours vos meilleurs amis.

Agréez l'expression de nos meilleurs sentiments.

_Lettre d'un jeune soldat à ses parents._

Mes bien chers Parents,

Quelques jours à peine de séparation me suffisent pour établir la

différence entre ma vie actuelle et celle que je menais au milieu

de vous. Certes mon intention n'est pas de me plaindre; je suis

fier et heureux de remplir mon devoir, mais je n'en constate pas

moins la dureté du service militaire, surtout si je la compare à

l'existence de famille.

D'ailleurs une année est bien vite passée, et j'ai déjà deux mois

de service. Quoique bien éloigné de vous, mon cœur est resté au

milieu de ma chère famille; je ne cesse de penser à vous, et de

faire des vœux pour votre bonne santé.

Vous trouverez ma lettre un peu courte, mais nous travaillons

beaucoup, et n'avons que bien peu de loisir. J'attends

prochainement mes galons de caporal, et pense bien que vous ne

m'oublierez pas ce jour-là.

Je termine en vous envoyant l'assurance de tout mon attachement,

et les meilleurs baisers de

Votre fils tout dévoué.

_Lettre de reconnaissance d'un malade à son médecin._

Monsieur,

Permettez-moi de vous adresser quelques lignes de remerciements,

à vous, mon cher docteur, qui venez de me rendre à la vie en

terrassant complètement le mal affreux dont je souffrais depuis

si longtemps. Le dévouement que vous m'avez témoigné, les soins

incessants que vous m'avez donnés, lorsque tant d'autres

m'avaient pour ainsi dire abandonné, et enfin votre incontesté

savoir, vous ont fait sortir vainqueur de la terrible lutte que

vous aviez engagée contre la maladie qui m'accablait.

C'est une nouvelle vie qui commence pour moi, et c'est bien à

vous seul que je la dois; aussi longue qu'elle puisse être, je ne

vous oublierai jamais, et ne saurais trop vous témoigner ma

reconnaissance.

Encore une fois, merci pour moi et pour ma famille.

Veuillez recevoir l'assurance de la parfaite considération et des

meilleurs sentiments de votre tout dévoué.

_Communication d'un baptême._

Une mère à son amie.

Chère Madame,

Enfin l'heureux jour que j'attendais avec impatience vient

d'arriver; jusqu'à aujourd'hui, soit les maladies, soit le

mauvais temps, nous avaient retardé pour porter sur les fonts

baptismaux notre bien-aimée petite Jeannette, mais maintenant,

grâce à Dieu, et notre bon docteur aidant, toutes les difficultés

sont surmontées, et la cérémonie du baptême aura lieu jeudi

prochain à dix heures, à Notre-Dame. Je compte bien que vous me

ferez l'amitié d'y assister, et en attendant l'heureux plaisir de

vous voir, nous vous envoyons, mon mari et moi, nos meilleures

salutations.

_Lettre de communication de la mort d'un parent._

Chère Parente,

C'est avec la désolation dans le cœur, les larmes dans les yeux,

que je viens vous annoncer une bien triste nouvelle: notre pauvre

tante est décédée hier soir vers onze heures. Depuis quelques

jours elle gardait le lit, atteinte d'une bronchite, qui sans

nous donner des inquiétudes, nous tourmentait beaucoup; le

docteur qui la soignait, et qui a été très dévoué pour elle, ne

s'attendait pas à un si rapide dénouement; hier quelques instants

avant sa mort elle a tous voulu nous voir autour d'elle, nous a

tous embrassés, et sans aucune souffrance, elle s'est doucement

éteinte dans les bras de mon pauvre mari.

Nous sommes tous dans la désolation, c'est une perte irréparable

pour nous.

Excusez-moi, chère dame, de ne pas vous en dire plus long, et

veuillez agréer l'expression de nos meilleurs sentiments.

_Lettre d'invitation à concourir à une œuvre de bienfaisance._

Chère Madame,

Samedi prochain a lieu la première réunion des dames patronnesses

de l'Œuvre de la Crèche. Nous n'avons pas encore le bonheur de

vous compter parmi nous, mais d'ores et déjà je vous inscris sur

nos listes, ayant la certitude que vous voudrez bien nous honorer

de votre présence à cette réunion.

Vous savez qu'il s'agit de créer dans les montagnes d'Auvergne,

c'est-à-dire au bon air, un sanatorium, pour les petits

nouveau-nés abandonnés.

En vous remerciant en mon nom, et au nom de l'Œuvre, agréez mes

salutations empressées.

_Lettre de remerciements pour l'envoi d'un cadeau._

Chère Madame et amie,

Je suis vraiment confuse de toutes les attentions que vous voulez

bien me témoigner; mais, franchement, permettez-moi de vous dire

que vous faites trop bien les choses; un simple cadeau aurait

suffi, et vous me faites parvenir un don vraiment princier.

L'estime et l'amitié que j'ai pour vous sont sans limites vous le

savez, chère Madame, et certes je suis heureuse de trouver

l'occasion de vous le dire; mais je ne pourrai jamais vous rendre

qu'une faible partie de toutes vos bonnes attentions. Quoi qu'il

en soit, laissez-moi me compter au nombre de vos meilleures

amies, et croyez-moi votre toute affectueuse et toute dévouée.

_Lettre d'un jeune homme à une mère pour lui demander sa fille en

mariage._

Madame,

J'ose espérer, tout d'abord, que vous voudrez bien m'excuser

d'oser vous écrire ces quelques lignes. Les bonnes visites que

vous m'avez autorisé à vous faire m'ont permis d'apprécier votre

charmante fille. J'ai constaté qu'à une grande bonté, qu'elle

tient certainement de vous, elle joignait toutes les qualités de

la femme d'intérieur, en un mot je la trouve parfaite, et serais

au comble du bonheur si vous vouliez bien me permettre de devenir

votre gendre.

De mon côté, soyez assurée que tous mes efforts tendront à lui

rendre la vie agréable, et j'ose espérer que mes soins, mon

attachement et mon affection pour elle, vous seront une sûre

garantie de son bonheur.

J'ai donc l'honneur, Madame, de vous demander la main de

mademoiselle votre fille.

En attendant votre favorable réponse, veuillez croire aux

meilleurs sentiments de votre tout dévoué.

_Lettre de refus d'une demande en mariage._

(D'un père à un jeune homme).

Monsieur,

Ma femme et moi avons été très flattés de recevoir votre lettre,

dans laquelle vous nous faites l'honneur de nous demander la main

de notre fille.

A notre grand regret, nous ne pouvons vous donner satisfaction.

Notre fille n'est pas encore décidée à se marier; elle est du

reste encore bien jeune, et semble ne vouloir jamais quitter sa

bonne mère. Croyez bien, monsieur, qu'il nous aurait été très

agréable de vous avoir pour gendre; depuis longtemps votre

famille est unie à la nôtre par une amitié indissoluble, mais

madame X. et moi avons décidé de respecter les volontés de notre

enfant.

Encore une fois, monsieur, croyez à tous nos regrets, et recevez

nos salutations empressées.

_Lettre d'un fiancé à une fiancée._

Mademoiselle,

J'ai appris que vous deviez vous rendre, jeudi prochain, à

l'Œuvre de la Sainte-Enfance. Je serais très désireux de vous y

accompagner, et de joindre ma modeste offrande à la vôtre.

Espérant bien que madame votre mère voudra bien m'autoriser à le

faire, j'aurai l'honneur de me présenter chez vos parents, jeudi

prochain, et de conduire madame votre mère et vous rue de

Vaugirard, au siège de l'Œuvre.

Veuillez agréer, Mademoiselle, l'assurance de mes sentiments les

plus dévoués.

_Lettre de remerciements à un curé qui a préparé un enfant à sa

première communion._

Monsieur le Curé,

Permettez à une mère de venir vous remercier de tous les bons

soins, de toutes les attentions que vous n'avez cessé de

prodiguer à notre bien cher enfant pendant toute la durée de sa

préparation à la première communion.

Grâce à vous, notre fils se trouve en état de se présenter à la

Sainte-Table, avec conscience de ce qu'il fait; sa conduite est

vraiment exemplaire, et ce nous est un bien grand bonheur de

venir vous féliciter de ce résultat.

Encore une fois, monsieur et vénérable abbé, agréez-en tous nos

remerciements les plus sincères, et veuillez croire aux

sentiments respectueux de votre dévouée servante.

_Lettre de reproche, à un jeune homme, à une jeune fille, sur la

légèreté de sa conduite._

Ma chère Lucienne,

Lors de ma dernière visite, tu m'avais fait de bien belles

promesses que tu n'as pas tenues, hélas! Je suis donc obligée

aujourd'hui de venir te les rappeler. Ta conduite un peu légère

donne un libre cours à de méchants propos sur ton compte, et cela

m'afflige profondément. Tu sais que je tiens à toi, comme à une

sœur, que tout ce qui te touche m'intéresse, aussi je viens

aujourd'hui t'engager sérieusement à suivre une autre ligne de

conduite; abandonne les quelques amies qui t'entourent et te

nuisent par leurs mauvais conseils et leur réputation, bien

connue d'ailleurs, de personnes peu sérieuses: viens te réfugier

chez ceux qui sont tout prêts à te tendre les bras et à t'aider

dans ce mauvais moment. Tu dois songer avant tout à ta position,

que tu compromets, je le crains sérieusement.

J'espère que je serai plus écoutée cette fois, et que ta raison,

ton intelligence et l'amitié que tu me portes seront de puissants

auxiliaires à sortir de la mauvaise voie où tu t'es engagée.

Ton amie, qui malgré tout t'envoie ses meilleures amitiés.

_Lettre pour congédier un précepteur, une institutrice._

Mademoiselle,

Nous devons rentrer à Paris dans un mois seulement, mais j'ai le

regret de vous prévenir que je laisse Marguerite au couvent de

B.... où j'ai été élevée.

Je suis obligée, comme vous le savez, Mademoiselle, d'aller

beaucoup dans le monde et je ne veux pas laisser mon enfant aux

mains des domestiques.

Les Usages du Siècle : lettres, conseils pratiques, le Savoir-vivre · 第 15 / 17 段