En effet, ces crêpes noirs, signes extérieurs de la douleur, sont

d'une tristesse lugubre, et lorsque dans la rue on rencontre une femme

long voilée, la pensée s'attriste au souvenir des deuils d'êtres

chers, enlevés par la «noire voleuse».

Les deuils maintenant sont bien moins rigoureux qu'auparavant.

Ainsi le châle noir en pointe qui était obligatoire pendant un an pour

la veuve, n'est plus porté que six semaines, et pour les autres deuils

on ne l'arbore plus que le jour de la cérémonie funèbre. Il est

remplacé par des manteaux longs, de formes diverses, garnis de crêpe

anglais.

Je parle pour Paris et les grandes villes; dans certains pays, il est

d'anciens usages toujours en vigueur.

Le deuil avait autrefois des longueurs exagérées; ce n'est que sous le

Régent et par ordre de la duchesse de Berry qu'il fut réduit de

moitié.

Dans l'ancien temps, on portait un deuil de père à la mort du fils

aîné.

Pour les tout petits enfants, le deuil se porte en blanc avec ceinture

noire.

Les collégiens portent un crêpe au bras gauche.

Les ecclésiastiques portent un crêpe au chapeau, mais ils y adjoignent

souvent le crêpe au bras gauche, comme les officiers qui, en outre,

portent un nœud de crêpe à la garde de leur épée.

A ce propos, disons que le seul crêpe à l'épée est porté pour un deuil

public.

Dans les grandes maisons, les domestiques portent le deuil aussi

longtemps que les maîtres; dans les petites maisons, où il n'y a

qu'une bonne, on se contente de lui interdire les couleurs criardes,

voyantes.

Toute personne faisant partie d'un cortège de noce doit laisser le

grand deuil pour ce jour.

Mieux vaut pourtant s'abstenir d'y paraître, à moins qu'une proche

parenté ne vous y oblige.

Lorsqu'un deuil atteint les futurs époux quelques jours avant le

mariage et qu'on ne peut reculer la cérémonie, on la célèbre sans

éclat; pas de fleurs, pas de lumières, sauf les douze cierges

réglementaires allumés; il n'y a pas de garçon d'honneur, ni de

demoiselle d'honneur; les orgues sont muettes et la messe dite à une

heure matinale.

L'usage veut que le veuf ou la veuve qui se remarient avant

l'expiration du deuil quittent ce deuil le jour du mariage et le

reprennent dès le lendemain. Ce cas est extrêmement rare.

Cette coutume n'est heureusement pas suivie, car l'homme peut se

remarier un mois après la mort de sa femme et la femme dix mois après

la mort de son mari.

On voit des hommes avec des pardessus mastic porter une large bande de

drap noir au bras gauche, en signe de deuil; c'est peu distingué.

Quelques familles catholiques, s'autorisant de ce que l'Église ne

célèbre qu'une messe d'ange pour les enfants décédés avant sept ans,

ne portent pas le deuil avant cet âge.

L'on ne prend pas le deuil d'un enfant mort quelques jours après sa

naissance et l'on peut se dispenser d'envoyer des lettres de faire

part.

Le savoir-vivre voudrait que les artistes ne parussent pas en public

pendant les quinze premiers jours de grand deuil.

Cet usage est difficile à observer.

Le deuil de veuve devrait, d'après les codes du savoir-vivre, durer

deux années pleines, mais on ne le porte généralement que dix-huit

mois: six mois de grand deuil, six mois de deuil en soie noire et six

mois de demi-deuil.

On peut même ne le porter qu'un an et six semaines.

A Paris, les solitaires aux oreilles se reportent au bout de six

semaines, sous prétexte que le diamant est deuil.

Il y a des villes du Midi où la veuve est forcée de porter de

l'indienne noire, rayée blanc, pendant six semaines; elle prend

ensuite la robe de laine noire.

Voici ce qui se porte d'ordinaire pour les six premiers mois:

Robe de laine unie (le cachemire de préférence) ou garnie de larges

biais de crêpe; le châle noir, _mis en pointe_ pendant six semaines;

après, long manteau garni de crêpe anglais; chapeau de crêpe anglais

avec long voile, également en crêpe anglais, tombant sur le visage,

pendant six semaines; ensuite, on porte le voile rejeté en arrière et

une voilette en tulle noir uni, avec bordure de crêpe anglais; gants

de soie ou de laine, bas de fil ou de laine noire, au bout de trois

mois; gants de Suède noirs; bijoux de bois durci.

On porte maintenant de petits dépassants blancs sous le chapeau.

En Angleterre, le deuil est porté avec un chapeau de crêpe et des

roses _rouges_.

Il fut un temps où le deuil était porté en blanc, dans notre pays.

En Chine, le deuil se porte en jaune et les avis mortuaires sont

écrits sur papier jaune.

Le deuil de veuf se porte un an; on le prolonge un peu.

Revenons au deuil de veuve.

Au bout de six mois, la grenadine, la gaze, les étoffes légères font

leur apparition; on peut sortir avec un petit manteau; le voile est

plus court.

Je lis, avec stupéfaction, dans un traité de savoir-vivre, qu'on peut

porter ses diamants pendant le deuil si on a soin de les recouvrir de

crêpe, les boucles d'oreilles exceptées.

Les bottines et les souliers en chevreau glacé, les gants en chevreau

glacé, pareillement, ou en soie noire, les broderies de jais.

Ensuite vient l'ère du blanc et noir, puis, graduellement, le gris, le

mauve, le lilas, le violet, les dentelles blanches.

Eviter d'arborer du rouge ou du rose immédiatement en sortant du

deuil.

Une femme qui a perdu son mari fait abandonner la livrée à son cocher

pendant toute la durée du deuil. Il doit être vêtu de noir, avec

cocarde de crêpe au chapeau.

Les cartes de visite sont lisérées de noir. On ne met pas dessus:

Madame veuve H...., ou: Madame Vve L....; on ne prend le titre de

veuve que dans les actes notariés. On n'écrit pas à la veuve en lui

donnant ce titre.

De même en la présentant, on ne dira pas: Madame veuve une telle.

Lorsqu'on parlera d'elle, on dira: Madame X., qui est devenue veuve;

ou, mieux: qui a perdu son mari.

Le grand genre veut qu'on dise pour une femme veuve titrée, qui a un

fils: Madame la baronne douairière de.....

Les époux, même séparés judiciairement, doivent porter les deuils qui

les atteignent réciproquement.

A plus forte raison pour les ménages unis; on porte le deuil de ses

beaux-parents aussi rigoureusement que des siens propres.

Les parents ne sont pas astreints à porter le deuil de leurs enfants

et petits-enfants, mais nul ne s'en dispense, car, pour n'être pas

obligatoire, c'est le deuil le plus cruel et je ne sache pas que mère

ayant perdu son fils reporte de sitôt les couleurs gaies.

Les oncles et tantes peuvent se dispenser de porter le deuil de leurs

neveux et nièces; hors Paris, cela ne peut guère se faire.

Le deuil de grand-père et grand'mère: six mois.

Frère et sœur: six mois.

Beau-frère et belle-sœur: six mois.

Oncle et tante: trois mois.

Cousin germain: six semaines (ne se porte généralement pas).

On signale dans les traités de deuil ceux de tuteur, de parrain, de

marraine, comme devant durer trois mois, mais je n'en ai jamais vu

porter, pas plus que ceux de cousin issu de germain, qu'on porte à

trois semaines, et celui d'oncle à la mode de Bretagne, qu'on cote

onze jours.

Un parent qu'on n'a pas mentionné dans une lettre de faire part de

décès, peut ne pas porter le deuil; mais cette petite vengeance est

mesquine.

Ceux qui héritent d'une somme importante venant d'un étranger feraient

bien de prendre le deuil. A propos des enterrements, j'ai omis de dire

que, une dizaine de jours après, des cartes, mentionnant les proches

parents du défunt, devaient être envoyées à ceux qui ont assisté aux

obsèques. Voici comment ces cartes se libellent:

Monsieur Gérout

Madame Simon, née Gérout

Mesdemoiselles Blanche et Suzanne Gérout

Les deuils d'amis ne se portent pas et pourtant souvent ils vous sont

plus pénibles que ceux de parents indifférents.

Pendant la première moitié du deuil, on se prive de tous plaisirs, de

toutes distractions; on peut, après, reprendre sa vie ordinaire en

graduant intelligemment les nuances; ainsi on peut fort bien se faire

voir au Théâtre-Français et il serait de mauvais goût d'être aperçu

dans un théâtre de genre léger.

[Illustration]

_Les lettres de décès._

Pour les lettres de mort il y a deux genres, comme pour celles de

mariage; d'abord les lettres d'invitation à la cérémonie mortuaire,

puis les simples lettres de faire part, pour les personnes habitant

très loin et qu'on n'envoie qu'une quinzaine de jours après le décès.

Le savoir-vivre voudrait qu'on n'énumérât pas les titres des parents

faisant part, mais on ne les omet jamais, et «chevalier de la Légion

d'honneur» figure toujours en bonne place.

Par exemple, aller chercher les très lointaines alliances qui peuvent

vous faire honneur est condamnable.

Pour le défunt, tous ses titres, toutes ses qualités doivent être

énumérés.

Les amis intimes doivent être avisés verbalement ou par lettre de la

mort de la personne.

Dans les lettres de faire part, les femmes figurent et les parents

énoncent tous leurs titres.

On répond à cette lettre par une carte de visite ou par une courte

lettre.

Lorsqu'on ne peut assister à un enterrement, on doit envoyer sa carte

avec quelques mots mentionnant l'empêchement.

Les lettres de décès s'adressent sous bande ou seulement pliées.

_Les visites de condoléance._

Les visites de condoléance devraient se faire dans les quinze jours

qui suivent l'enterrement et non dans les six semaines, ainsi que

l'indiquent certains traités de savoir-vivre.

Je trouve qu'on ne peut marquer trop d'empressement envers ceux qui

sont dans le chagrin et les amis intimes ne devraient pas connaître

les limites de temps.

Si on vous dit que l'on n'est pas visible, il serait de mauvais goût

d'insister.

S'habiller en tenue de gala pour faire une visite de condoléance n'est

pas possible.

On doit avoir une tenue grave.

Les enfants ne doivent jamais être emmenés dans ces sortes de visites.

Il faut rester peu de temps et ne jamais parler du défunt le premier,

mais on doit écouter tout ce qui nous en est dit avec grande

attention.

Les visites sont épineuses à rendre, il ne faut pas trop insister sur

la perte éprouvée, et ne pas la passer sous silence; ne pas entamer de

conversations légères avec les personnes qui peuvent se trouver là.

Les personnes en deuil ne rendent les visites que six semaines après.

Dans le Nord, on avait coutume d'envoyer des images de deuil avec les

nom, prénoms, âge, qualités du défunt et des versets de la Bible; je

ne sais si cette coutume existe encore.

Lorsque vous habitez la campagne et que des personnes se sont

dérangées pour venir de loin rendre les derniers devoirs à votre

parent, vous ne pouvez les renvoyer à jeun, mais tout luxe, tout

superflu, toute bonne chère doivent être bannis de ces tristes repas,

qui ne se prolongent jamais.

Le vin ordinaire y est seul servi.

Les proches parents n'y assistent pas: c'est un ami ou un parent

éloigné qui doit présider.

[Illustration]

_Les fleurs._

Les fleurs que nous offrons aux êtres aimés que nous avons perdus, les

divines filles de la terre, ces fées odorantes, ont pris droit de cité

chez nous; on en trouve dans tous les logis, depuis le modeste bouquet

de violettes d'une Jenny l'ouvrière jusqu'à la superbe orchidée d'une

duchesse. Des plantes bien solides, sont les _aspidistras_; presque

sans soins, arrosées par-ci par-là d'un peu d'eau, elles peuvent vivre

durant plusieurs années, et si elles ne sont pas très jolies, elles

donnent toujours de la verdure.

Le caoutchouc, vilain selon moi, n'est plus en vogue.

Les araucarias tiennent le record de l'élégance; aussi on les

enrubanne comme des conscrits.

Rien de plus joli que cette délicate verdure où on enlace des rubans:

rubans de satin jaune et rouge, couleurs espagnoles, dont les tons

chauds relèvent la teinte du feuillage; on fait passer les rubans en

mirliton et, à la base et au sommet, on forme deux nœuds à pans.

Les teintes pompadour, ciel et rose, le mauve, le crevette, le

vert-nil sont des couleurs à prendre; le grenat blanc, le bleu marine

ne sont pas si charmants.

Il est tant de variétés de fleurs et de plantes qu'on ne saurait les

énumérer.

Les fougères encadrent joliment le pied des palmiers et les palmiers

eux-mêmes sont ravissants posés derrière une statue de marbre ou de

terre cuite; leurs larges feuilles en éventail font ressortir à

merveille une œuvre d'art et le plus modeste bronze acquiert du

relief par le voisinage d'une plante.

Les palmiers phénix font très bien dans les encoignures.

Les camélias garnissent les grandes vasques de Chine.

Les bruyères remplissent les jardinières basses.

La mode n'est plus de faire pousser les oignons de jacinthes ou de

tulipes; je le regrette, car c'était un vrai plaisir de suivre, jour

par jour, l'éclosion de cette première fleur au parfum si doux et si

pénétrant à la fois.

Les toutes petites plantes grasses remplissent les toutes petites

jardinières, japoneries, vieux sèvres, cristal, semées çà et là dans

un salon.

Lorsqu'on vous offre un bouquet, votre premier soin doit être de le

«délacer», c'est-à-dire de le débarrasser de la ficelle, des brins qui

le serrent et le gênent, puis vous _cassez_ les tiges.

Notez que je dis _casser_ et non couper; en coupant, la section, très

nette, se cicatrice et empêche la fraîcheur de l'eau de revivifier les

fleurs, tandis qu'en cassant, l'effet se produit.

Les bouquets ronds ne se font plus guère; ce sont maintenant des

gerbes lâches, souples et flexibles, où il entre moins de fleurs et

qui sont bien plus parantes et jolies.

Pourquoi laisser au salon, au boudoir le bouquet de fleurs? Placez-le

donc sur la table, au déjeuner, au dîner, tout le monde en aura la

joie.

La matière du vase importe peu, qu'il soit en grès vulgaire, en

cristal de roche, en émail cloisonné, pourvu que la forme en soit

élégante.

Je respecte tellement les fleurs, je les aime si fort, qu'il m'arrive

de les caresser d'un effleurement discret, aussi bien la rose de Noël

douce et rosée que la giroflée de muraille, ce lilas du pauvre.

Pour les petits bouquets, il est des vases à cinq places qui forment

un gentil milieu de table.

Rien de joli comme une branche de lilas blanc avec un feuillage d'un

vert tendre, dans un cornet de cristal rose.

Les anémones doubles déployant et reployant leurs corolles, semblables

à des collerettes finement plissées, sont des fleurs bien économiques,

eu égard à leur durée: un bouquet peut, avec quelques soins, exister

huit jours; c'est long, pour une vie de fleur.

Le houx, aux rouges baies, scintillantes comme des perles de corail

d'un collier d'Italienne, avec son feuillage piquant, ayant l'air

d'être verni, fait de jolies corbeilles et dure longtemps; on ne le

met pas dans l'eau, on le pique dans du sable humide.

Le _gui_, si en vogue depuis quelques années, est appelé porte-bonheur

par les petits marchands qui le crient dans les rues: est-ce parce

qu'il nous vient des druides?

Quoi qu'il en soit, ses baies, d'un blanc cireux, sont admirées et la

branche de gui, coutume anglaise, se suspend, en compagnie de la

branche de houx, au lustre du salon, vers le temps de Noël.

Pour les dîners de Noël, les réveillons, on voile discrètement la

lumière de la suspension par des entrelacements de gui et de houx;

l'effet est fort joli.

Lorsqu'on a un arbre de Noël à faire et qu'on n'y veut suspendre que

des présents légers tels que: éventails, dentelles, bijoux, fleurs,

une forte branche de houx peut très bien remplacer le sapin

légendaire.

Des fleurs ravissantes sont les chrysanthèmes, avec leurs teintes

irréelles et leurs échevèlements fantastiques; en sachant marier les

nuances, on obtient des effets imprévus, d'une richesse de coloris

inouïe.

Pour les très grosses plantes, on a des vasques en porcelaine du Japon

ou des bacs en chêne, cerclés de nickel.

On peut, pour les grandes gerbes de fleurs coupées, se servir des

lotus japonais, qu'on emploie comme porte-parapluie; les tiges y sont

à l'aise et trempent largement.

Les fleurs des champs sont en vogue et le bleuet fleurit plus d'une

boutonnière d'élégant.

Pour les fleurs à la boutonnière que les hommes ont coutume de mettre

à leur revers d'habit, il existe de petits tubes, qu'on remplit d'eau;

la tige de la fleur y trempe et se tient ainsi fraîche toute une

soirée.

Les fleurs, pour boutonnière du soir, sont toujours le camélia et le

gardénia.

Si une femme a un bouquet à mettre au corsage, elle doit le placer au

côté gauche de la ceinture, ou à l'encolure de la robe, au côté gauche

du cou et non au milieu de la poitrine.

Les bouquets de fleurs qu'on trouve à sa place dans certains dîners

doivent avoir les tiges enveloppées de papier d'argent.

Pour un dîner de noce, une légère guirlande de fleurs d'oranger

courant sur la nappe est fort joli.

La mode des tables entièrement recouvertes de fleurs se répand un peu

partout; à la campagne, il est si aisé et si peu coûteux de le faire

qu'on aurait tort de ne pas suivre cette jolie et poétique innovation.

Pour un dîner de première communion, les fleurs qui ornent la table

doivent être blanches.

La décoration florale pour un évêque doit être violette, à l'exclusion

des pensées qui sont fleurs de deuil.

Pour un cardinal, les fleurs rouges.

[Illustration]

_Conseils pratiques._

_Instruction des enfants et des jeunes gens._

Ayant énuméré simplement nos coutumes françaises, nous croyons utile

de consigner ici les principaux renseignements relatifs à

l'instruction et des jeunes gens et des enfants.

Grave question pour laquelle toutes les réflexions sont nécessaires,

mais les conseils inutiles, parce que tout dépend de la situation

qu'on occupe et des ressources que l'on a.

Nous nous contenterons donc d'une simple liste des établissements où

s'instruit et se forme notre jeunesse.

_Instruction primaire.--Instruction secondaire.--Instruction

supérieure._

=Instruction primaire.=--Le père, tuteur ou personne ayant garde de

l'enfant doit, quinze jours avant la rentrée des classes, faire savoir

au maire s'il fait donner l'instruction dans une école publique ou

privée.--Dans ce dernier cas, il faut indiquer l'école choisie.

Si l'on envoie l'enfant à l'école, voici où l'enseignement primaire

public se donne:

1º =Dans les écoles maternelles et les classes enfantines.=--Dans les

écoles maternelles, les enfants sont reçus de deux à six

ans.--L'enfant est reçu sur la présentation d'un billet d'admission

signé par le maire, et un certificat du médecin légalisé constatant

qu'il n'a pas de maladie contagieuse et est vacciné.--Dans les classes

enfantines, l'enfant est reçu de 4 à 7 ans.

2º =Écoles primaires élémentaires.=--Cette instruction comprend:

L'enseignement moral et civique;

Lecture, écriture;

Langue française;

Calcul;

Histoire et géographie;

Leçons de choses;

Éléments du dessin et du chant.

_Pour les filles_: Travaux à l'aiguille.

_Pour les garçons_: Exercices militaires.

Cette instruction est obligatoire pour tout Français et gratuite. Pour

faire inscrire l'enfant dans une école, en faire la demande au maire

sur papier timbré à 60 cent.--L'enfant y reste jusqu'à treize ans au

plus, pour passer son certificat d'études primaires élémentaires.--Les

épreuves sont les suivantes:

Pour l'écrit:

1º Une dictée d'orthographe (15 lignes au plus);

2º Deux questions d'arithmétique;

3º Une rédaction française du genre simple.

N. B.--Les épreuves écrites sont éliminatoires.

Pour l'oral:

1º Lecture française expliquée;

2º Questions d'histoire et de géographie.

Pour être reçu, il faut obtenir au moins un total de 30 points pour

les garçons, de 35 pour les filles.

Il existe enfin des écoles primaires supérieures qui comportent deux

années d'études. Il faut pour y être inscrit justifier du certificat

d'études primaires. (Voir pour plus de renseignements le programme des

écoles primaires supérieures.) Le prix de la pension varie de 400 à

500 francs; celui de la demi-pension, de 250 à 300 francs.

=Enseignement secondaire.=--Peut être donné de deux façons, en suivant

soit l'enseignement classique, soit l'enseignement moderne.

=Enseignement classique.=--Se donne dans les lycées ou collèges à

partir de la sixième. L'élève suit la division de grammaire jusqu'en

troisième, puis la division supérieure jusqu'en rhétorique; arrivé à

la fin de cette classe, il doit passer la première partie du

baccalauréat, dont voici le programme:

Minimum à obtenir.

_Écrit._--Discours français 10 points

-- Version latine 10 --

_Oral._--Français: explication des principaux

auteurs, Racine, Corneille, etc. 10 --

-- Latin: traduction et explication à

livre ouvert d'un texte 10 --

-- Grec: traduction et explication à

livre ouvert d'un texte 10 --

-- Histoire: de 1610 à 1789 et géographie

de la France 10 --

-- Allemand: traduction d'un texte et

conversation 20 --

-- Mathématiques, arithmétique, géométrie,

algèbre (jusqu'aux équations

du 2e degré), cosmographie 10 --

----------

Total 90 points.

Après ce premier examen passé, l'élève doit choisir entre trois voies,

soit la philosophie, soit les mathématiques, soit les sciences

naturelles.

PHILOSOPHIE.

Minimum à obtenir.

_Écrit._--Dissertation française 20 points

_Oral._--Explication d'auteurs philosophiques

français, grecs ou latins et 10 --

interrogations

-- Histoire: De 1789 jusqu'au 1er juillet

précédant l'année de l'examen 10 --

-- Sciences naturelles, physiques et

chimiques 20 --

----------

Total 60 points.

MATHÉMATIQUES.

_Écrit._--Problèmes de mathématiques, question

de cours.--Problème de

physique 20 --

_Oral._--Philosophie 10 --

-- Histoire: comme pour la philosophie 10 --

-- Physique et chimie 20 --

----------

Total 70 points.

SCIENCES NATURELLES.

Pour suivre ces études il faut aller à la Faculté des sciences. Voici

le programme: physique, chimie, botanique, zoologie, travaux pratiques

sur toutes ces matières.

Les formalités à remplir pour l'inscription sont les suivantes:

Présenter sur papier timbré à 60 cent. la demande légalisée par le

maire d'être inscrit, avec l'autorisation des parents si le candidat

est mineur et avec un extrait de l'acte de naissance.--Pour la 2e

partie, y ajouter le certificat d'admission à la 1re partie. Et payer

les droits suivants:

Pour la première partie:

Droits d'examen 30 francs

Certificat 10 --

----------

Total 40 francs.

Pour la deuxième partie:

Droit d'examen 30 francs

Diplôme 50 --

----------

Total 80 francs.

=Enseignement moderne.=--Tend à se répandre de plus en plus, mais

n'ouvre que peu de carrières. Les matières sont les suivantes:

français, mathématiques, physique et chimie, sciences naturelles,

langue anglaise, langue allemande, philosophie, littérature, études

sur les auteurs grecs et latins. Les examens se passent à la fin de la

seconde et de la première moderne.--On trouve l'enseignement moderne à

Saint-Louis, à Voltaire, à Montaigne, à Michelet.

_Écoles du Gouvernement._

St-Cyr.

École militaire spéciale de St-Cyr, située à St-Cyr-l'École

(Seine-et-Oise).

Cette école est destinée à fournir des officiers pour l'armée de

terre. Jadis l'on pouvait, après ses deux années passées à St-Cyr et

une année de service comme officier, donner sa démission, mais il est

aujourd'hui fortement question d'imposer aux élèves de contracter un

engagement de dix ans.

Pour être admis à prendre part au concours d'entrée, il faut:

Avoir de dix-sept à vingt et un ans;

Être apte au service;

Enfin posséder un baccalauréat.

Il est nécessaire de se faire inscrire avant le 15 avril à la

préfecture du département où l'on étudie; les épreuves écrites

commencent vers le mois de juin dans 26 grandes villes. Ces épreuves

sont éliminatoires.

L'élève, une fois ces épreuves subies, est admissible; il doit ensuite

passer les examens oraux du premier degré pour être admissible. Les

examens oraux du second degré forment concours.

_Compositions écrites_:

Composition française;

Thème et version allemandes;

Composition de mathématiques;

Calcul logarithmique;

Tracé d'une épure de géométrie descriptive;

Dessin d'après la bosse;

Copie ombrée d'un paysage;

Dessin topographique d'une carte au 1/200 000.

_Épreuves orales_:

Géométrie;

Algèbre;

Géométrie descriptive;

Trigonométrie rectiligne;

Mécanique;

Physique;

Cosmographie;

Géographie;

Histoire;

Épreuves physiques--équitation, gymnastique, escrime.

Le prix de la pension est de 1000 fr., celui du trousseau de 600 à 700

fr.

Le nombre des bourses et demi-bourses est illimité.

École Navale.

Les Usages du Siècle : lettres, conseils pratiques, le Savoir-vivre · 第 14 / 17 段