Il y a une tenue spéciale pour les audiences papales.

Les femmes doivent être vêtues de noir, sans chapeau, avoir un grand

voile blanc ou noir, les gants blancs; mais, à moins de cas

extraordinaires, il est bien rare qu'elles obtiennent une audience

particulière du Saint Père.

[Illustration]

_Causeries._

Une maîtresse de maison ne doit jamais laisser entamer le chapitre

politique ou religion dans son salon.

Chacun sait quelles locutions sont à éviter: les «vous savez»,

«alors», «dites», «hein», «vous pensez bien», sont depuis longtemps au

panier du mauvais goût.

Dire que madame une telle est une femme du monde ne veut rien dire.

Ne prenons jamais la parole en même temps qu'une autre personne, cela

fait un duo fort désagréable.

Si quelqu'un hésite en parlant, de grâce, n'achevons pas ses phrases.

A l'occasion, par charité, soufflons le mot cherché.

Tâchons d'éviter au début d'une conversation des variations sur le

temps qu'il fera demain.

En parlant de nos fils, disons «mes garçons» «mes fils» et non «mes

gamins».

En parlant de nos filles, «ma fille» et non «mademoiselle».

Ce mode d'appellation n'est permis qu'envers les domestiques. On dira:

Servez le chocolat de mademoiselle; ou, si vous avez plusieurs filles:

Servez le chocolat de mademoiselle Jeanne.

Un homme dit: «ma femme» ou «madame un tel»; ce n'est qu'aux

domestiques qu'il dira «madame» tout court. Une femme dit: «mon

mari», elle ne dira jamais le nom de famille tout court, et «monsieur»

est réservé pour les domestiques.

Ne demandons pas des nouvelles de «madame» mais bien de «madame un

tel».

Non plus: «Comment vont ces demoiselles?» mais: «Comment vont

mesdemoiselles vos filles? Comment vont vos garçons, vos fils,

messieurs vos fils?» selon le degré d'intimité.

On ne doit pas dire «monsieur, madame» à chaque instant dans la

conversation; nous devons aussi éviter de prononcer le nom de famille

en parlant à la personne:

«Oui, madame D.....»;

«Certainement, monsieur C.....»

Lorsqu'un homme en parlant à une femme lui rappelle qu'il l'a

rencontrée en voyage ou en promenade il doit dire: «Lorsque j'ai eu

l'honneur de vous rencontrer.»

Une dame dira: «Le plaisir de vous rencontrer.»

Entre deux femmes le mot plaisir remplace toujours celui d'honneur, à

moins que la personne à laquelle on parle ne soit très âgée et d'une

position très supérieure.

Ne nous avisons pas de dire: «Nous deux mon mari», mais: «Mon mari et

moi.»

Ne disons pas: «J'ai eu l'avantage de voir telle personne», ni: «A

l'avantage, au plaisir de vous revoir.»

A moins d'une très grande intimité, on ne doit pas désigner les

personnes par leur prénom.

A plusieurs personnes réunies ne disons pas: «Comment vont vos

santés?» Chacun a la sienne.

N'entamons pas une conversation sur nos affaires personnelles qui

n'intéresseraient personne.

Pour «faire du genre», ne plaçons pas à tout propos des mots

étrangers, encore moins des citations latines ou grecques.

La contradiction doit être évitée, car alors les conversations

prennent un caractère d'acrimonie fort désagréable pour ceux qui

écoutent.

Les liaisons dans les phrases doivent se faire, mais sans trop de

préciosité.

L'imparfait du subjonctif, si régulier qu'il soit, est tout à fait

démodé, presque hors d'usage, il faut l'éviter. Vous entendez-vous

disant à un domestique: Il faudrait que vous _époussetassiez_ le

salon.

Nul ne doit demander des renseignements sur la fortune, la position

des personnes avec lesquelles on se rencontre chez un ami commun; une

interview à ce sujet est très déplacée.

On peut supprimer «monsieur» devant le nom d'un homme illustre, vivant

ou mort. Les la peuvent se placer devant le nom des danseuses, des

cantatrices: «la Krauss», «la Taglioni». Les peut se placer devant les

noms des grands seigneurs: «Les Montmorency».

Parler d'âge est l'un des points que le savoir-vivre réprime le plus

énergiquement.

Parler d'âge devant des vieillards, c'est leur faire souvenir qu'ils

n'ont plus longtemps à vivre; devant une femme, c'est lui faire penser

à son déclin. Les hommes éprouvent la même répugnance que les femmes à

entendre parler d'âge et non toujours pour des raisons de coquetterie,

mais parce que beaucoup d'emplois constituent à un certain âge une

situation brillante et le contraire, à un autre.

Il faut éviter la plaisanterie, les moqueries.

Quand on démêle de mauvais motifs dans les éloges, presque toujours

exagérés, prodigués à des personnes qui ne sont pas là, si le

savoir-vivre défend qu'on les réfute, il permet du moins de laisser

tomber à plat la conversation du méchant personnage.

On n'est pas forcé de dire du mal de son prochain ou des banalités;

les sujets de conversations abondent: les arts, la littérature, la

pièce en vogue, l'invention récente, sont des thèmes agréables à

effleurer. Notez que je dis «effleurer» et non creuser à fond, ce qui

deviendrait fastidieux.

On ne dit pas qu'on offre, qu'on souhaite, qu'on présente le bonjour.

Bonjour, tout simplement, suffit.

Les pronoms _elle_, _lui_ ne se diront pas en parlant d'une personne

présente ou absente. Présente, on dira: Madame m'a raconté cela;

absente: Madame Denis m'a raconté cela.

Nous ne devons parler ni trop haut, ni trop bas.

En fait de toilette, ne donnons pas notre avis dogmatiquement,

Mesdames; notre goût n'est peut-être pas le bon, chacun a le sien, et

est libre de s'habiller à sa guise.

Faisons attention au sens des mots compagnie et société. Ainsi ne

disons pas que nous avons rencontré «monsieur un tel» en société, mais

bien en compagnie de; aller _en campagne_, pour aller à la campagne;

sur, pour aigre; _rester à la ville_, pour demeurer à la ville;

_mauvais genre_, pour mauvais goût; _partir en voyage_, pour partir

faire un voyage; _ils ont voiture_, pour ils ont une voiture; _la

marquise a ouvert ses salons_, pour reçoit.

On pourrait multiplier ces avis; mais ils sont contenus dans des

ouvrages spéciaux et nous n'avons pas ici la prétention de donner des

leçons.

La conversation, ainsi que le style, dépend de l'instruction et de

l'éducation qu'on possède; mais elle ne vaut que par trois qualités

reçues avec la vie, le cœur, l'esprit, le tact.

N'interrompons jamais une conversation et, qu'elle soit aussi

ennuyeuse que possible, ayons l'air de l'écouter avec intérêt.

Ne retenons pas quelqu'un par la main en lui parlant.

Plaçons un mot à l'occasion, mais ne parlons pas trop vite; mieux vaut

un mutisme presque complet que prononcer sans interruption des phrases

plus ou moins banales.

Il faut garder et défendre ses opinions, si elles sont ou si on les

croit raisonnables; sans acrimonie toutefois, car la discussion ne

convainc jamais personne.

Si on nous démontre, clair comme le jour, que nous avons tort, ne nous

obstinons pas et rendons-nous à l'évidence.

_La bicyclette._

A ses admirateurs et ses détracteurs.

Comme elle est fort en vogue et que je ne veux froisser personne, je

m'abstiens de donner mon avis.

Le costume de bicycliste, aussi bien pour les hommes que pour les

femmes qui pratiquent ce sport, doit être éloigné des excentricités

fantaisistes.

Il y a deux genres de costumes, celui zouave avec la culotte bouffante

et celui avec la petite jupe; je préfère ce dernier.

Les mollets nus, si ce n'est pour les très jeunes garçons, sont de

mauvais goût.

Certaines personnes montant en tandem voudraient savoir si la place de

la femme est devant ou derrière.

Elle est tout indiquée derrière: lorsque la femme monte en croupe,

n'est-ce pas la même chose?

On ne doit pas dire monter _en bicyclette_, mais bien monter _à

bicyclette_.

[Illustration]

_Le duel._

Il est telles injures qu'on appelle sanglantes parce qu'en réalité

elles demandent du sang; il y a des insultes que la justice humaine

est impuissante à venger et il suffit au reste qu'on s'adresse d'abord

à un tribunal pour que toute autre réparation puisse être refusée.

Oui, il peut s'agir de telle ou telle offense qui vraiment mérite

qu'on risque sa vie pour la laver; et c'est là l'honneur, et nul ne

doit reculer si on a tenté de le salir.

L'homme en réalité a inventé le duel pour en appeler à un jugement

divin.

Aller sur le pré, c'est faire acte de gentilhomme, d'homme comme il

faut, mais la gentilhommerie dans le duel n'existe que si tous les

auteurs de ce drame sans fiction sont bien pénétrés du rôle qu'ils ont

à remplir.

Il a toujours été reconnu, Dieu merci! que l'honneur est une chose

sacrée, et, selon le gentilhomme de Châteauvillard depuis de si

longues années bon juge en cette matière, chacun est exposé à cette

dure nécessité de risquer sa vie pour venger une offense, une injure.

C'est donc une affaire assez importante pour qu'elle soit d'avance

réglée selon les formes voulues par la délicatesse et le droit.

Des exemples sans cesse renaissants ont prouvé la nécessité de

l'établir d'une manière formelle, afin d'éviter des fautes pouvant

compromettre l'existence d'un ami, des assassinats que l'on croit

devoir passer sous silence pour ne pas donner aux familles le

déshonneur d'une récrimination. Ce droit est la sauvegarde de tous;

s'il est enfreint, le sang d'une victime peut crier vengeance.

Nous renvoyons nos lecteurs que cela pourrait intéresser au _Nouveau

Code du Duel_ publié il y a peu d'années par le comte du Verger

Saint-Thomas.

Il est utile de connaître ces règles du duel, car un grand nombre de

personnes honorables allèguent leur inexpérience, quand leur influence

morale pourrait être utile, soit pour arranger une affaire d'honneur,

soit pour en rendre les conséquences moins désastreuses.

On doit pouvoir servir de témoin à son ami, puisque ni un père, ni un

frère, ni un fils, ni même un parent au premier degré ne peut être

témoin de son parent, ni contre son parent.

Il faut que l'on puisse intervenir utilement et selon les règles

particulières qui se sont établies et perpétuées, car les témoins sont

responsables de tous les faits relatifs au duel auquel ils ont

assisté.

Résumons donc ces règles brièvement.

Le procès-verbal doit être aussi court que possible. Il ne doit

contenir que la simple et unique relation des faits, sans appréciation

ni discussion, ni épithète peu déférente pour aucune des parties.

Son style doit être bref, concis, très correct, de manière à éviter

toute expression dont le sens pourrait être contesté ou bien donner

lieu à équivoque.

Ceci établi, cette pièce se divise en deux parties.

=Première partie.=--1º Indiquer l'année, le mois, le jour, l'heure, le

lieu de la réunion des soussignés réunis pour examiner le différend ou

la querelle entre MM. tel et tel.

2º Les motifs de la querelle ayant été constatés et les faits

reconnus exacts d'un commun accord et comme suit. (Indiquer les

motifs et les faits.)

3º Après une discussion tendant à proposer ces arrangements

satisfaisants et honorables pour les deux parties, tout arrangement

ayant été reconnu impossible (ou bien rejeté par)....

4º Les soussignés ont reconnu la rencontre inévitable et les

conditions en ont été établies comme suit:

(Indiquer les conditions, le jour, l'heure, le lieu du rendez-vous.)

Les conditions ci-dessus mentionnées ont été soumises aux parties et

ratifiées et acceptées par elles, avec promesse de s'y conformer

suivant les lois de l'honneur.

En foi de quoi, etc.....

(Indiquer le lieu, le jour, le mois, l'heure, l'année.)

_Signature des témoins._

Les témoins de M. M*** Les témoins de M. N***

A. C.

B. D.

=Deuxième partie.=--La rencontre déterminée par la première partie du

présent procès-verbal a eu lieu au jour, à l'heure, au lieu indiqués.

Après 10 minutes de combat, M. M*** ayant reçu une blessure....

(Indiquer la nature et l'importance de la blessure.)

Les témoins soussignés ont déclaré l'honneur satisfait.

(Indiquer si les adversaires se sont réconciliés.)

En foi de quoi, etc.

(Indiquer le lieu, l'heure, le jour, le mois, l'année.)

_Signature des témoins._

Les témoins de M. M*** Les témoins de M. N***

A. C.

B. D.

=Observations.=--Dans la réunion des témoins, si les témoins d'un

champion déclarent qu'ils refusent en vertu d'une question préalable

(indiquer les motifs), les témoins en dressent procès-verbal et, bien

entendu, le procès-verbal n'est alors composé que d'une seule partie.

Si les témoins jugent à propos de suspendre la séance pour prendre de

nouvelles informations, ils doivent l'indiquer, ou désigner l'heure de

l'interruption et ensuite l'heure de la reprise, et pour le reste

suivant le parag. 2.

Si les témoins tombent d'accord sur un projet d'arrangement, ils

l'indiquent au parag. 3 en en détaillant les conditions et en faisant

connaître s'il est accepté ou refusé par les parties ou par l'une

d'elles.

Si après quelque temps les témoins jugent convenable de faire reposer

les champions, ils doivent le mentionner en déterminant le temps du

repos accordé.

S'ils jugent à propos de faire terminer le combat, les champions

s'étant battus bravement, l'indiquer. En cas de refus de la part de

l'un des champions, ou de la part de tous les deux, le mentionner.

Si la blessure reçue n'est pas assez sérieuse, suivant la gravité de

l'affaire ou les conditions établies, les témoins doivent le déclarer

et motiver ainsi la continuation du combat.

Si pendant le combat les témoins remarquent quelque irrégularité,

violation des règles du duel ou des conditions établies, ils doivent

faire cesser le combat et dresser procès-verbal suivant les

prescriptions du chapitre IV.

[Illustration]

_Au delà de la vie._

_Les coutumes du deuil._

Aussitôt le décès, on doit fermer les yeux du mort, étendre ses

membres avant le refroidissement.

La loi défend de déranger le corps.

On fait la toilette du défunt, on le change de linge, on l'enveloppe

dans le drap qui lui servira de linceul, en ayant soin de laisser le

visage découvert; on allonge les membres avant que la rigidité

cadavérique ne s'y oppose.

Les catholiques mettent un crucifix sur la poitrine du défunt, plus

une branche de buis; sur une petite table recouverte d'une serviette

blanche, on pose un crucifix et deux bougies allumées; puis de l'eau

bénite dans une soucoupe avec un rameau de buis, afin que les

personnes qui viennent visiter le mort puissent jeter sur lui l'eau

sainte.

On doit veiller le mort nuit et jour; un fauteuil est placé auprès du

lit pour le veilleur; souvent, on charge de ce soin deux religieuses.

On doit éteindre le feu, quelle que soit la saison; certains médecins

s'opposent à cela, craignant que l'intensité du froid n'empêche un

retour à la vie.

La toilette du défunt est toujours faite soigneusement, de tous temps

on a paré les morts, et les fleurs ont toujours joué un grand rôle

dans les cérémonies funèbres.

Les bouquets, les couronnes se mettent sur le lit, jamais dans des

vases.

Il est utile de dire que le parfum des fleurs hâte la décomposition du

corps.

Chez les Romains et chez les Grecs, les pavots, emblèmes du sommeil,

couronnaient les morts; les vierges avaient des guirlandes de roses

sauvages mêlées à leur chevelure éparse.

Les parents et les amis font en général une visite au mort, voulant

revoir une dernière fois celui qui va disparaître pour jamais.

Le savoir-vivre veut qu'on envoie des gerbes de fleurs, des couronnes

funéraires, seul présent qu'on puisse faire. Si on ne veut pas de

fleurs naturelles qui durent trop peu, qu'on prenne des fleurs

artificielles bien fines.

On doit aller à la mairie de son arrondissement faire la déclaration

du décès.

Le médecin de l'état civil vient faire la visite; cette visite ne peut

avoir lieu avant que six heures se soient écoulées depuis le décès;

elle doit être faite dans les vingt-quatre heures, à moins qu'on ne

réclame la mise en bière d'urgence, auquel cas le médecin vient de

suite, et on en réfère au commissaire de police.

L'on doit présenter au médecin les ordonnances et lui donner tous les

renseignements qu'il demande; si la mort est naturelle et qu'il juge

que rien n'empêche de procéder à l'inhumation, il en prévient la

famille.

Dans le cas où le médecin remarquerait quelque chose d'anormal, il

doit faire un rapport au commissaire de police.

Depuis peu, dans les cas de mort causés par des maladies infectieuses,

le médecin doit signaler ces maladies, sous peine d'amende.

Après la visite du médecin de l'état civil, un parent ou un ami doit

retourner à la mairie avec deux témoins patentés pour faire dresser

l'acte de décès.

Il faut déclarer les nom, prénoms, âge, profession et domicile du

défunt et les nom, prénoms, âge, profession du conjoint, fût-il

également défunt.

Pour le service funèbre, mieux vaut selon nous s'adresser à une de ces

maisons spéciales qui, moyennant un prix fixé d'avance, s'occupent de

tout et vous débarrassent des soucis matériels si pénibles en ces

tristes moments; on vous envoie les lettres timbrées, vous n'avez plus

qu'à mettre les adresses.

Disons à ce propos qu'un livre d'adresses devrait toujours exister

dans chaque famille; on le trouve fort utile dans les circonstances

tristes ou gaies.

On doit envoyer des lettres de faire part à tous ses amis et

connaissances, ainsi qu'aux fournisseurs.

Si le défunt appartenait à l'armée, ou s'il a quelques titres aux

honneurs militaires, on prévient l'état-major de la place, en

indiquant l'heure des funérailles; des soldats rendent au mort lesdits

honneurs.

Les décorations du défunt sont posées sur la bière; de même cordons,

épée, épaulettes, armes; toque; rochet et étole, si le mort est membre

du clergé.

On éloigne les enfants des maisons mortuaires, où l'usage exige qu'on

parle très bas.

Si on veut transporter le corps soit dans un autre cimetière que celui

de l'arrondissement, soit dans une autre ville, on doit demander la

permission au maire, lequel la demande au préfet.

Les amis se réunissent à la maison mortuaire sitôt le corps exposé.

Dans ces tristes circonstances, les paroles sont inutiles et les

phrases banales doivent être soigneusement évitées; elles agacent et

irritent le chagrin.

Une simple poignée de main, un mot ami, un baiser, selon le degré

d'intimité, sont les seules manifestations qu'on doive se permettre

pour montrer qu'on s'associe à la douleur des parents.

Les femmes ne sont pas forcées d'aller à la maison mortuaire; elles

peuvent se rendre directement à l'église.

On met un registre chez la concierge, à Paris, et dans une pièce en

bas, en province; chaque assistant vient signer.

Tous les parents du mort doivent être en grand deuil.

On expose le corps sous la porte et les domestiques en deuil, avec

nœuds de crêpe, sont rangés autour du cercueil avec des religieuses,

ou une garde.

Les bouquets tout blancs sont réservés aux enfants et aux jeunes

filles.

On ferme les volets de la pièce où on reçoit les invités.

Lorsque le maître des cérémonies annonce le départ, on se met en

route; ce sont les proches parents du défunt qui viennent après le

corbillard.

La tenue officielle était autrefois l'habit noir et la cravate blanche

ou la redingote; maintenant, pourvu qu'on soit en deuil, il n'y a plus

de règle stricte.

Les invités hommes viennent après les parents; ceux-ci doivent tenir

le chapeau à la main: en cas de grand froid ou d'excessive chaleur,

ils peuvent fort bien se couvrir, sitôt les premiers pas faits;

cependant, lorsque le corps est descendu du corbillard, tout le monde

se découvre.

Les femmes viennent après les hommes.

Si un domestique a à porter sur un coussin les insignes du mort, il

marche avant les parents, immédiatement après le maître des

cérémonies.

Si le défunt est officier, son cheval, couvert d'une housse noire, est

tenu en main; la voiture du mort suit également, lanternes allumées et

crêpées.

L'usage veut maintenant que les femme, filles, mère du défunt

assistent à l'enterrement; je trouve cela cruel, car, sous prétexte de

rendre les derniers devoirs, on impose une vraie torture à une

poignante douleur.

Les hommes vont bien jusqu'au bout, objectera-t-on: soit, mais ils

sont moins nerveux, plus capables de résister au chagrin.

Enfin, je voudrais qu'on revînt à la coutume ancienne qui faisait

rester les veuves, les mères, les filles au logis avec quelques amies

dévouées.

A l'église, les hommes se placent du côté droit, les femmes du côté

gauche; dans le cas où il y aurait trop d'hommes, les femmes devraient

abandonner la nef et se réfugier dans les bas côtés.

Le cérémonial des funérailles varie suivant les climats, les coutumes.

Dans certains pays, le mort est porté à visage découvert; dans

d'autres, il est placé sur une civière. En Bretagne, un peu partout,

il y a des coutumes locales fort curieuses.

Chez les Indiens, on met un petit vase rempli d'eau et un petit sac de

grains auprès du mort.

Parler pendant un enterrement, se retourner est souverainement

inconvenant.

On ne peut exiger des simples assistants qu'ils soient vêtus de deuil,

mais une femme qui assisterait à des obsèques avec plumes roses au

chapeau, ou un homme avec pardessus mastic, manquerait totalement de

savoir-vivre.

Lorsqu'on va faire l'aspersion d'eau sainte sur le catafalque, on

offre le goupillon avec un léger salut de la tête à la personne qui

vient immédiatement après vous; celle-ci remercie de même, aucune

parole ne doit être échangée.

A Paris, la cérémonie religieuse terminée, les parents qui mènent le

deuil (je parle des hommes bien entendu) se mettent au bas de

l'église; là les invités, qu'ils aillent au cimetière ou non, viennent

leur serrer la main.

La même cérémonie se renouvelle au cimetière, après la mise en terre.

Si le défunt ou la défunte n'a pas de parents proches, c'est un ami

qui mène la cérémonie et qui reçoit les salutations des invités.

Lorsqu'il y a des voitures de deuil pour aller au cimetière, les

femmes montent dedans; les hommes suivent à pied.

Lorsqu'il y a les cordons du poêle à tenir, on choisit les quatre

personnages les plus importants de l'assistance pour cela.

Avant, à Paris, dans la classe ouvrière, on faisait porter les cordons

du poêle ou les coins du drap par de petits garçons gantés de blanc,

ou par de petites filles, avec robe et voile blancs.

Cette poétique coutume s'est conservée dans certaines villes du Nord.

Si le chef de l'État a envoyé un représentant, celui-ci passe dans le

cortège avant la famille; de même sa voiture suit immédiatement celle

du mort.

Les députations précèdent aussi les parents.

On n'est pas tenu d'aller jusqu'au cimetière; les parents et les amis

intimes y sont seuls forcés.

Il faut l'autorisation de la famille pour pouvoir prononcer un

discours au cimetière.

Ce discours ne doit pas être trop long.

Aucun applaudissement ne peut l'accueillir; on doit observer un grand

recueillement.

On peut faire reconduire les assistants par les voitures de deuil;

dans ce cas, les personnes ainsi reconduites donnent un pourboire au

cocher.

Chez les protestants, la cérémonie funèbre a lieu à domicile, dans la

chambre où le défunt est exposé.

Il y a beaucoup de lumières et des fleurs seulement sur le cercueil.

Certaines sectes protestantes interdisent les fleurs, même pour les

jeunes filles.

Arrivé au cimetière, le pasteur prononce un discours.

Chez les Israélites, il existe une société pour les inhumations. On

prévient la société, qui envoie des gardes pour veiller le mort; on le

lave, selon les prescriptions de la loi judaïque.

Le jour de l'enterrement, le rabbin vient avec des enfants de chœur

prendre le défunt pour le conduire au cimetière; là, il dit des

prières et fait un discours.

Il est dit des prières pendant huit jours et les proches parents mâles

du défunt y assistent.

Pendant tout le cours de la cérémonie, les assistants gardent le

chapeau sur la tête.

Lorsqu'on emmène un corps pour l'inhumer dans un autre pays, il est

d'usage que la famille fasse célébrer un nouveau service funèbre et

qu'elle y assiste.

Pendant le temps qu'un mort est dans une maison, les repas sont des

plus sommaires; la table n'est pas dressée comme de coutume.

Les religieuses ou les gardiens du corps doivent manger à part.

Chez les Israélites, l'usage veut qu'après la mort d'un proche les

hommes soient un mois sans se raser.

Le mot deuil signifie douleur.

Les Usages du Siècle : lettres, conseils pratiques, le Savoir-vivre · 第 13 / 17 段