Nappe grise garnie de galons rouges; au milieu une corbeille faite en

tronc d'arbre et remplie de plantes vertes; ou bien une coquille

remplie d'eau est placée sur de la terre glaise et il y a des poissons

rouges qui frétillent: dîner fantaisie.

Nappe blanche damassée avec guipure écrue brodée de rouge, chemin de

table en satin rouge; huit petites corbeilles en filigrane doré ou en

jonc rustique contiennent des fruits rouges, cerises, fraises,

framboises, groseilles.

Sur la table des branches de cerisiers coupées, avec fleurs, fruits et

feuillages; la suspension ou les candélabres sont enlacés de branches

de groseilliers.

Une guirlande de feuilles de vignes rougies, pourprées par l'automne

fait très bien sur la nappe.

Dans les dîners, on peut admettre toutes les fantaisies possibles et

la suspension peut s'enguirlander de lierre, de glycines, de chêne

avec ses glands, de sapin, de houx.

On sème sur la table de petits bonshommes, de petits animaux en

porcelaine, en bronze, de petites bonnes femmes genre Kate Greenaway,

même de petits compagnons de saint Antoine faits avec une peau

d'orange.

Les chemins de table se font très luxueux:

En tulle blanc brodé sur transparent bouton d'or avec plissé de tulle;

En satin feu avec des ornements brodés or et argent;

En simple andrinople avec guipure écrue;

En satin blanc avec guirlande de fleurs brodées au passé en soie

floche.

La corbeille à pain est recouverte d'un petit napperon de fantaisie.

On peut servir le vin ordinaire dans des aiguières en argent ou dans

des brocs en cristal.

La bière se sert dans de grands pots en terre, représentant des scènes

de «beuveries» flamandes avec un couvercle d'étain.

Quelques genres de menus de fantaisie:

De petits mirlitons d'un sou, que vous recouvrez de papier doré; vous

mettez une bande de papier rose ou bleu ciel tirebouchonnant selon

l'usage et vous écrivez dessus le menu: c'est très original;

Petit éventail en carton blanc; chaque mets est sur un feuillet.

Si on a un talent d'aquarelliste, on peut soi-même faire de fort

jolies cartes à menus; on en fait aussi avec dessin à la plume.

Pour l'été, à la campagne, on peut couper de petits morceaux de

cartons en forme de croissants; on fait deux incisions sur le côté, on

y passe une fleurette et on écrit le menu.

Avec du parchemin je fais quelque chose d'original.

A l'aide d'un pinceau je trace d'abord deux rayures, une rouge, une

bleue, j'écris mon menu en lettres rouges et bleues, en alternant;

puis je roule le parchemin.

Je l'entoure d'une faveur pourpre dont je scelle, d'un sceau de cire

crème, les bouts flottants.

Des petits écrans japonais, sur lesquels on colle une page blanche,

peuvent servir de menus.

Toutes les inventions sont permises sur ce terrain gracieux.

Les tapis de dahlias sans queues font fort bien sur la table; on fait

aussi des jonchées, des coupes avec myosotis roses et nœuds de ruban,

genre Watteau.

Un joli milieu de table est une simple bourriche; vous la remplissez

de mousse, vous y piquez des muguets et vous mettez aux deux bouts des

nœuds de satin et de moire, vert-nil et rose.

[Illustration]

_Ventes de charité._

Il faut beaucoup de tact pour être vendeuse.

L'usage veut qu'on envoie à ses amies, à toutes ses relations des

cartes, ainsi libellées:

Vente de charité au profit de l'œuvre de...

Dans les salons de...

Les mardi 1er, mercredi 2 et jeudi 3 novembre 189...

Madame L..... vendra de 2 heures à 3 heures.

Elle serait heureuse d'avoir votre visite

et sera reconnaissante de la plus légère offrande.

Le minimum de la somme à envoyer est 5 francs.

Les dames préfèrent, en général, porter leur offrande elles-mêmes,

elles choisissent, guidées par la charité.

J'engagerai les vendeuses à ne pas importuner les acheteurs qui

s'arrêtent à leur comptoir, à ne pas profiter de ce qu'un ami est venu

dîner chez elle pour le dépouiller en lui faisant acheter un prix fou,

un bibelot insignifiant, sous le prétexte que «c'est pour les

pauvres».

Ne pas refuser non plus de rendre la monnaie.

Les manèges de coquetterie doivent être évités, autant toutefois qu'il

est possible.

La toilette sera élégante, sans rien d'excentrique.

Les jeunes filles et les jeunes femmes en couleurs claires.

Seules les très jeunes filles gardent leur chapeau.

On vend généralement avec ses gants.

Pour tenir le buffet, pour offrir les sirops, les gâteaux, on peut

porter un petit tablier à bavette, mais il faut qu'il soit très

élégant; en soieries changeantes, garni de dentelle, avec nœud

retenant un bouquet de fleurs au corsage.

On peut demander des lots en nature, à des amies tout à fait intimes.

Lorsque votre recette n'est pas convenable, il faut la renforcer de

vos deniers.

Si nous ne sommes pas disposée à ce sacrifice, gardons-nous d'accepter

d'être dame vendeuse.

Vous devez une visite aux personnes qui vous ont envoyé des objets, si

elles sont de vos relations; sinon, une simple carte, avec un mot de

remerciement, suffit.

Je ne parle pas pour les messieurs, bien entendu.

Il serait dangereux d'accepter deux ans de suite d'être vendeuse; cela

lasserait nos amis et nous pourrions redouter une maigre recette.

_Les billets de loterie._

Encore une obligation du savoir-vivre: on ne refuse jamais de prendre

un billet de loterie.

Autant que possible ne soyons pas placeuse de billets de loterie. Je

ne dis pas placeur, car les hommes n'acceptent pas cette obligation.

Enfin, si une fois entraînée par notre bon cœur nous avons à

solliciter des amis pour une bonne œuvre, faisons-le discrètement et

ne profitons pas, autant que possible, du jour où ils dînent chez nous

pour leur présenter notre requête.

Le bon goût exige que, la loterie aussitôt tirée, les lots gagnés

soient expédiés aux favorisés du sort.

Dans le cas où, tirant la loterie chez vous, un lot vous échoit, vous

ne devez _jamais_ en bénéficier, il faut le remettre de suite et le

faire tirer de nouveau.

Si un célibataire gagne un lot, il doit l'offrir à la fille de la

maison ou à son défaut, à la dame du logis.

[Illustration]

_A l'église._

Ce n'est pas à la messe qu'on arbore les toilettes nouvelles.

Si vous toussez énormément, pour ne pas déranger un prédicateur et les

assistants, allez à une messe basse, de bonne heure.

Tous, nous devons respecter le saint lieu et les marques extérieures

du culte, qui veut qu'on s'agenouille, qu'on se lève à tel ou tel

endroit de la messe.

En entrant à l'église, un homme doit offrir l'eau bénite ou la plus

jeune personne à la plus âgée; on remercie d'un sourire et d'un signe

de tête.

Une dame se rencontrant à la porte avec un prêtre doit lui céder le

pas; mais celui-ci, oubliant un moment son caractère sacré, redevient

homme du monde en s'effaçant pour laisser passer la dame.

Si vous quêtez, ayez une mise élégante, mais modeste; si on vous

donne, un merci à voix basse.

Lorsque vous rendez le pain bénit, envoyez-en de suite une part aux

personnes auxquelles vous voulez faire cet honneur; attendre le

lendemain et l'envoyer rassis, serait incivil.

Marcher avec bruit, remuer les pieds, dire ses prières tout haut, sont

choses à éviter.

[Illustration]

_Notre correspondance._

Le papier à lettre et les enveloppes varient au gré d'une capricieuse

déesse, la Mode, qui d'un coup de son éventail, sceptre léger, devant

lequel chacun s'incline transforme toutes choses. La Mode a aboli le

large papier et l'enveloppe carrée; par amour du contraste, le papier

long et étroit et l'enveloppe semblable ont vu le jour.

Suivons le format du moment, et achetons ce qui nous plaît.

Le papier blanc, fort, est celui qui s'emploie pour les lettres

d'hommes, pour les affaires sérieuses.

Les papiers de couleurs ont la vogue depuis quelques années.

On choisit actuellement les teintes douces et neutres, le gris, plus

ou moins foncé, le bleu ardoise, le mauve pâle.

Les couleurs rose, rouge (on en voit), jaune, bleu d'azur ne sont pas

du meilleur goût.

Le genre vieux parchemin avec les initiales timbrées en or ou argent,

rechampies de couleurs, est fort joli, mais assez coûteux.

On peut avoir un papier avec ses initiales, son monogramme, ses

armoiries. L'emblème, la devise, le prénom, le diminutif du prénom, ne

sont plus très fréquents.

Avoir du papier trop commun ou trop luxueux sont deux écueils à

éviter.

N'employons plus de pains à cacheter.

Pour les lettres sérieuses ou confidentielles, on cachette ses

missives avec de la cire et un cachet à ses initiales. La cire rouge

est banale, la noire n'est employée que pour les deuils, la bleue est

laide, la blanche seule est jolie, selon moi.

Le cachet s'appose sur le coin et non au milieu; c'est la mode qui le

veut ainsi et c'est plus original. Dans le royaume de haute fantaisie,

une gracieuse innovation: on entoure la lettre d'un ruban et on la

scelle de larges cachets de cire blanche; mais cela ne peut s'employer

que pour les lettres portées à la main.

Le timbre se colle dans _le sens_ du côté droit de la lettre.

Les enveloppes doivent être pareilles au papier.

Les couronnes se mettent en travers des chiffres entrelacés.

On peut placer ses initiales au milieu ou au coin gauche de la lettre.

Pour les villégiatures, il est permis d'avoir, gravés sur son papier à

lettres, la vue de son château ou simplement le nom.

Pour les deuils, les papiers et enveloppes sont bordés de noir, depuis

la large bande des premiers mois jusqu'au mince liséré des dernières

semaines. On ne chiffre jamais le papier de deuil.

Les chiffres extravagants soit en grandeur, soit en petitesse, sont de

mauvais goût; de même, les ornements bizarres et tourmentés.

Les papiers avec des scènes champêtres, des caricatures, des animaux,

des fleurs, des chinoiseries sont de fantaisie.

Tout le monde ne peut avoir une belle écriture (j'en sais quelque

chose), mais les lettres se chevauchant, les abréviations, les taches

d'encre peuvent et doivent s'éviter.

Lorsqu'on écrit très mal naturellement, on devrait mettre en bas une

formule d'excuses (je vous demande pardon d'écrire si mal).

La marge n'existe presque plus maintenant; à peine un mince liséré de

blanc.

On laisse, sous le mot en vedette qui commence la lettre, un espace de

trois ou quatre lignes.

Lorsque vous confiez une lettre à quelqu'un, sauf à un domestique,

vous ne la cachetez jamais; votre devoir est de la remettre ouverte,

montrant par là que vous avez pleine confiance en la discrétion du

mandataire; mais celui-ci doit immédiatement, ostensiblement, cacheter

la missive devant vous.

Une lettre de recommandation se donne toujours ouverte, même pour un

serviteur.

Il ne faut jamais écrire sur une demi-feuille de papier.

Si on voulait être logique avec le bon sens et la grammaire, on

n'écrirait pas chère madame, ni cher monsieur, ni chère mademoiselle,

mais bien, chère dame, chère demoiselle et cher sieur.

Mais voyez l'effet!

Lorsqu'on écrit à un ministre, la phrase de Monsieur le Ministre

s'écrit de manière à ce qu'il ne reste au-dessous que la place de cinq

ou six lignes.

Certaines personnes croient de bon ton de laisser le verso blanc et

d'écrire sur le recto de la seconde page; seules les pétitions

officielles destinées à l'imprimerie se font ainsi; les décisions, les

remarques s'écrivent sur le recto de la seconde page.

Il faut au moins deux lignes blanches, précédant les formules de

salutations. Elles ne se coupent pas et s'étagent ainsi:

J'ai l'honneur d'être,

avec le plus profond respect,

Monsieur le Ministre,

Votre très humble et très dévoué serviteur.

Les mêmes formules respectueuses sont employées pour les hommes ou les

femmes indifféremment, lorsque la lettre est adressée à un

ecclésiastique de haute dignité.

Du reste, une grande dame elle-même écrivant à un humble desservant de

village devra introduire le mot _respect_ dans la rédaction de sa

lettre.

Pour écrire à un prêtre on met:

«Monseigneur», «Monsieur le curé», «Monsieur l'abbé».

Lorsque vous écrivez à une personne fort occupée, faites la lettre

très courte, ne dépassant pas la première page s'il est possible.

En écrivant à une personne que vous supposez pouvoir être en voyage,

mettez sur l'enveloppe la mention: _faire suivre en cas d'absence_.

Le mot _urgent_ est mieux que _pressé_.

Les post-scriptum ne se mettent pas dans les lettres cérémonieuses;

ils sont réservés pour les lettres d'amitié ou d'affaires.

Lorsqu'on écrit à des étrangers ou à des personnes avec lesquelles on

a de peu fréquents rapports, il faut toujours inscrire son adresse

entière.

La date se met en haut de la lettre d'affaires, au bas de la lettre

intime, à gauche et un peu au-dessous de la signature.

Lorsqu'on écrit à des étrangers, on leur donne leur qualité:

Madame la comtesse;--Monsieur l'Économe;--Madame la Directrice.

Pour un militaire: Monsieur le Capitaine;--Monsieur le Commandant;--ou

bien encore, et cette concision est de bon ton, si vous avez des

relations avec la personne: Capitaine, Commandant.

Lorsque vous avez appartenu à l'armée: Mon Capitaine;--Mon Commandant.

Exception est faite pour les Maréchaux et les Amiraux, et même un roi

leur écrivant mettrait: Monsieur le Maréchal;--Monsieur l'Amiral. Aux

contre-amiraux, vice-amiraux, on dit: Amiral.

Pour écrire à un Roi: Sire;--à une Reine: Madame, en mettant dans la

lettre le mot Majesté.

Si vous écrivez: Madame la Reine, vous aurez tort, et pourtant on peut

écrire: Madame la Princesse; mais on met généralement Princesse tout

court.

Autrefois, on écrivait: mon cher monsieur, ma chère madame, ma chère

mademoiselle; ces pléonasmes sont bannis maintenant. On peut écrire:

cher monsieur et parent ou chère madame et parente à ses parents que

l'on n'a jamais vus; on peut mettre aussi: monsieur et cher cousin,

madame et chère cousine.

Pour les autres parents qu'on connaît on met: mon cher oncle, ma chère

grand'mère, chère mère, cher papa.

On peut mettre en vedette les mots: Saint Père;--Très Saint

Père;--Sire;--Monseigneur;--Prince;--Princesse.

On ne peut écrire en vedette les mots suivants: Votre Sainteté;--Votre

Eminence;--Votre Grandeur;--Votre Majesté;--Votre Altesse;--Votre

Excellence.

Ils remplacent le pronom: vous.

On peut mettre aussi Elle et Lui avec des lettres majuscules.

A une religieuse on écrit: Madame (jamais Mademoiselle);--Très chère

sœur;--Révérende mère; selon le degré d'intimité.

Pour les religieuses titrées on mettra: Madame la supérieure;--Madame

la prieure.

Cher monsieur, chère madame, s'écrivent couramment, même adressés aux

personnes que l'on connaît depuis peu.

Chère fiancée ou Cher fiancé est d'un usage démodé; on écrit en ce

cas: Chère mademoiselle ou Cher monsieur, et encore serait-il plus

convenable de mettre simplement monsieur ou mademoiselle.

Pour écrire à ses domestiques on met le prénom en vedette: Pierre,

Rosalie.

Mais, si l'on a besoin d'écrire au domestique d'un ami, on mettra:

Monsieur Pierre, Mademoiselle Rosalie.

On n'écrira jamais Madame la présidente à Mme Félix Faure, mais on

écrira: Madame la présidente à celle qui préside une œuvre

quelconque.

Madame la Maréchale est le seul titre militaire qui soit féminisé et

personne ne s'aviserait d'écrire: Madame la capitaine.

Certains traités de savoir-vivre recommandaient aux jeunes filles de

mettre en écrivant à une femme âgée: Madame et excellente amie, ou:

Madame et amie. Ces formules sont trop peu respectueuses.

Ne mettons jamais les mots monsieur, madame ou mademoiselle en

abréviation, même dans le corps de la lettre.

Si vous parlez dans votre lettre d'un parent, d'un allié quelconque à

votre correspondant, mettez encore le mot entier: Monsieur votre père,

mademoiselle votre sœur. Pourtant, en parlant d'étrangers, on peut

mettre simplement M. ou Mme.

Monsieur ton père, madame ta mère ne s'emploient pas.

Entre très intimes on peut mettre: ton père, ta mère, etc. Lorsqu'on

parle d'une tierce personne dans une lettre et que le correspondant

sait fort bien de qui il s'agit on doit seulement mettre l'initiale.

Ne mettez plus _tournez, s'il vous plaît_, ou _t. s. v. p._; on sait

bien qu'il faut tourner la page, puisqu'on ne voit pas la signature

qui termine _toujours_ une lettre.

A une personne titrée qui est de vos amis on supprime monsieur et

madame et on écrit simplement: Cher comte, chère marquise.

Aux jeunes filles n'étant pas titrées on écrit simplement: Chère

mademoiselle.

Pour écrire à un fournisseur, on peut très bien mettre son nom de

famille: Monsieur D..., Chère madame D....

Lorsqu'on écrit à des personnes ayant une fonction officielle et étant

titrées, on met la qualité précédant le titre:

Monsieur le sénateur, baron de...

Monsieur le préfet, comte de...

A un médecin on écrit:

Monsieur le docteur R...

Ne s'écrit plus la répétition du mot Monsieur, Monsieur, sur une

adresse.

On écrit ainsi l'adresse d'une personne titrée: Marquise de S.... et

non Madame la marquise de S....

Voici les terminaisons de lettres le plus généralement usitées selon

les degrés d'intimité.

Pour les grands ecclésiastiques:

Je suis, avec le plus profond respect,

Monseigneur,

de Votre Grandeur (ou de Votre Eminence pour un Cardinal)

le très humble et très obéissant serviteur.

A un roi:

Je suis avec le plus profond respect,

Sire,

de Votre Majesté,

le très humble et obéissant sujet.

Pour le président de la République:

Je suis avec le plus profond respect,

Monsieur le Président,

votre très humble serviteur.

Une femme emploie les mêmes formules.

A un fonctionnaire du gouvernement, on écrit:

Veuillez, Monsieur le Préfet, recevoir l'expression

de ma considération la plus distinguée.

Voici la rapide énumération des formules courantes et généralement

employées:

«Tout à vous, Tout à vous d'amitié, A vous de cœur, Tout à vous de

cœur, A vous cordialement, Amitiés, Bonnes amitiés, Cordiales

amitiés, Cordiale poignée de main, Bonne poignée de main, Je vous

serre la main, Je vous envoie toutes mes amitiés, Tous mes sentiments

d'affection, Tous mes sentiments affectueux, Tous mes compliments, Mes

meilleurs compliments, Mes compliments affectueux, Veuillez recevoir

l'expression de mes sentiments les meilleurs, Veuillez recevoir

l'expression de toute ma sympathie, Au revoir, Croyez à mon sincère

attachement.»

Un homme met généralement le mot respect dans la terminaison de sa

lettre, lorsqu'il écrit à une dame: «Mes sentiments respectueux, Mon

attachement respectueux, Ma respectueuse sympathie, Mon respectueux

dévouement, Veuillez agréer, madame, l'hommage de mon respect,

Veuillez agréer l'expression de mes sentiments respectueux, Au revoir,

chère madame.»

Une femme n'emploie jamais les mots honneur si ce n'est en s'adressant

à un grand personnage.

Lorsqu'une femme écrit à un homme pour affaires, elle doit mettre:

«Veuillez, monsieur, recevoir l'expression de mes sentiments

distingués», ou même supprimer le mot monsieur. A une autre femme elle

mettra: «l'assurance de mes sentiments respectueux.»

Aux serviteurs on mettra: «Au revoir.»

On peut assurer un vieux serviteur de ses bons sentiments. Les hommes

s'envoient entre eux l'expression de leur considération distinguée; il

serait malhonnête de l'adresser à une dame.

A un fournisseur: «Recevez mes salutations, ou Salutations.»

On emploie beaucoup le genre dit anglais, qui est simplement la

formule latine _tibi_, en mettant simplement: «A vous.»

Remarque: un inférieur à un supérieur mettra: «Veuillez agréer

l'expression de mon respect», et le supérieur répondra: «Recevez, je

vous prie, l'assurance.» Dans toutes ces formules, chacun choisit

selon les cas.

Les appellations affectueuses venues du cœur ne peuvent se citer;

elles viennent au courant de la plume et sont toujours du

savoir-vivre; aucune phrase n'est ridicule quand un sentiment sincère

l'a dictée.

Ne signons jamais: Femme une telle, c'est absolument vieilli; mettez

l'initiale de votre prénom: M. D...

N'ajoutons pas: née une telle. Excepté pour les lettres d'affaires, ne

signons pas: Veuve...

Une femme titrée signe son titre et le nom de son mari: Comtesse de

H..., ou en abrégé: Ctesse de H.... Elle ne mettra pas: Comtesse Marie

de H....

Quelquefois, pour des raisons ou pour d'autres, on adjoint le nom de

famille de la femme à son nom et on signe: Raymond-Roche; la femme de

son côté mettra: J. Raymond-Roche.

Titrée, une dame peut encore signer l'initiale de son nom de jeune

fille ou même le nom entier, en faisant suivre du titre et du nom de

son mari: C..., baronne de S...., ou C., baronne de S.... Un homme

signe prénom et nom: Louis R....

Il est hors d'usage de placer le prénom en dernier et de mettre R....

Louis.

Celui qui porte un nom historique peut le signer tout court, on sait

qui c'est. Ainsi: «Broglie» est correct.

Il y a des cas où les hommes font précéder leur nom de leur titre ou

de leur qualité: Le commandant Z...; Le docteur V...

Entre jeunes filles et entre amies intimes on peut signer son seul

prénom. Le billet n'est qu'une courte lettre; les règles de

savoir-vivre sont les mêmes, mais on peut faire de la fantaisie.

Les cartes-lettres ne doivent s'envoyer qu'entre parents ou amis

intimes.

Les cartes postales se réservent pour les commandes, pour demander un

renseignement insignifiant.

Lorsque vous demandez un renseignement à une personne inconnue, il

faut toujours joindre un timbre pour la réponse. Ce procédé oblige la

personne à vous répondre et ne la blesse aucunement.

Les journalistes prétendent être excusables lorsqu'ils ne répondent

pas à une lettre contenant un timbre. Ils déclarent qu'ils n'ont pas

le temps; ne disons rien des journalistes!

Lorsqu'on s'adresse à un fonctionnaire qui peut user de la voie

administrative pour sa réponse, on n'envoie pas de timbre. On n'en

envoie pas non plus dans une pétition, une demande de secours.

Pas plus à un marchand en lui demandant soit échantillons, soit

renseignements; les timbres-poste sont compris dans les frais

généraux.

Chacun de nous doit s'appliquer à écrire comme il parle: «des faits,

des faits»; à ne pas abuser des qualificatifs, à être concis, à

épargner les mots, et dire par exemple: Je précise, plutôt que: Je

vais vous préciser. Ayons présent à l'esprit que le ton fait la

chanson, en parlant on peut dire certaines choses qui sont atténuées

par l'expression du visage et le son de la voix et qui pourraient

blesser, si on les écrivait.

[Illustration]

_Les audiences._

Lorsqu'on sollicite une audience du Président de la République

française, il faut la lui adresser directement, sous enveloppe non

affranchie, Monsieur le Président ayant droit à la franchise

illimitée.

Cependant la poste pourrait exiger l'affranchissement si l'on mettait

sur l'adresse Monsieur _Félix Faure_, Président de la République, au

lieu de Monsieur le Président.

Mais la poste se garde, en ce cas, d'exiger le timbre et observe, sur

ce point, l'esprit et non la règle de la loi.

Lorsqu'on sollicite une audience d'un ministre, il faut adresser _sous

enveloppe affranchie_ sa demande par la poste. La réponse est envoyée

en franchise.

Le jour de l'audience, les hommes doivent être en redingote, gants

mi-foncés; les femmes en toilette de demi-cérémonie.

On salue en entrant dans le salon et en arrivant près du chef de

l'État ou près du Ministre.

Si nous avons une note à écrire, il faut se déganter.

En pays étranger la demande d'audience au souverain doit être adressée

au grand chambellan, qu'on appelle Monseigneur et Votre Excellence. La

lettre doit être mise à la poste sans timbre.

Les toilettes doivent être élégantes sans excentricité; pour les

femmes, jamais de manchon ni d'ombrelle.

Pour les hommes, l'habit noir est de rigueur, en un mot la tenue de

soirée, sauf les gants, qui doivent être de demi-teinte. En

s'approchant du souverain, on fait trois saluts, séparés par quelques

pas chacun.

On doit attendre que le souverain vous adresse la parole.

La réponse doit être: Oui, non, Sire; Oui, non, Madame, pour une

reine.

Le mot Majesté serait contraire à l'étiquette.

On doit parler à la troisième personne et dire: Sa Majesté

voudra-t-elle me faire la grâce....

C'est un manque d'étiquette que de dire: J'ai l'honneur de présenter à

Votre Majesté...; on doit dire tout simplement: Je présente au Roi....

Il faut se retirer à reculons, car jamais on ne tourne le dos à un

souverain.

Il faut être d'une exactitude militaire lorsqu'on a obtenu une

audience.

Les Usages du Siècle : lettres, conseils pratiques, le Savoir-vivre · 第 12 / 17 段