monte avec lui et sa mère dans la première voiture; les deux dames
occupent les places du fond.
Le marié monte avec sa famille dans l'autre voiture; il se place sur
le devant.
La mariée fait son entrée à la mairie au bras de son père; le marié
sort donnant le bras à sa mère; la mère de la jeune fille donne le
bras au futur beau-père.
Le même ordre sera suivi pour aller à l'église.
Les futurs époux se placent l'un à côté de l'autre, la mariée à
droite, devant la table municipale; les témoins de chaque côté, les
parents derrière.
Lorsque les garçons de la mairie annoncent: Monsieur le maire, tout le
monde doit se lever.
Sur la table sont placés le registre du mariage, le code et les pièces
demandées par la loi.
Le maire donne lecture des actes, du chapitre VI du code civil relatif
aux droits et devoirs respectifs des époux.
Puis, il demande à chacun des conjoints s'il prend l'autre pour époux.
On doit répondre: «Oui», tout simplement, et non pas: «Oui, monsieur.»
Sur la réponse affirmative des deux époux et sur celle des parents qui
donnent leur consentement, le maire déclare les jeunes gens unis au
nom de la loi.
Malgré le préjugé de la loi salique, c'est la mariée qui signe la
première l'acte de mariage, elle tend ensuite la plume à son mari, qui
lui dit: «Merci, madame», lui donnant le premier ce titre devenu le
sien.
Les témoins signent ensuite.
Le mariage civil est gratuit.
Il y a un tronc pour les pauvres, et chacun y dépose son offrande.
Dans quelques mairies, on remet une bourse aux demoiselles d'honneur
qui font une quête parmi les assistants.
Le marié donne aussi aux garçons de service.
L'on remet au mari un extrait de l'acte de mariage rédigé sur papier
timbré et aussi un livret de famille.
Les nouveaux mariés sortent de la mairie au bras l'un de l'autre et
montent en voiture avec le père et la mère de la jeune fille; le marié
se place sur le devant avec son beau-père.
On donne souvent un dîner où seuls le marié, sa famille et les témoins
sont invités.
Quelques personnes croient bien faire en mettant les jeunes époux à la
place du maître et de la maîtresse de la maison; c'est une faute
contre le bon goût; ils sont évidemment les personnages importants de
la journée et doivent avoir les places d'honneur, c'est-à-dire, la
mariée à la droite de son père et le marié à la droite de sa
belle-mère, mais, sous aucun prétexte, ils ne prennent la place des
maîtres de maison.
Le nom de «madame» ne doit être donné à la nouvelle mariée qu'après la
célébration du mariage religieux.
Le marié se retire avec sa famille et les invités d'assez bonne heure;
il serait indiscret de rester très longtemps.
_Les formalités du mariage catholique._
L'église ne bénit pas de mariages pendant le carême jusqu'à l'octave
de Pâques; non plus, entre le premier dimanche de l'Avent et la fête
de l'Épiphanie.
Cependant, avec une dispense, on peut se marier pendant ces temps.
Il faut également une dispense pour les mariages entre parents.
Cette dispense s'obtient par l'entremise du curé de la paroisse
moyennant une somme qui varie, selon le degré de parenté.
Les bans doivent être annoncés au prône, pendant trois dimanches
consécutifs, aux paroisses des deux époux; on peut racheter deux bans
et même trois bans; mais ce dernier rachat n'est admis que dans
certains cas très graves.
Le prix de rachat des bans est fixé, selon les usages, par chaque
paroisse.
Si on laisse écouler trois mois après la publication des bans, avant
de célébrer le mariage, il faut les renouveler; dans certaines
paroisses, on a six mois.
Pour pouvoir publier les bans à l'église, il faut un certificat de
publication à la mairie.
Aucun ministre d'une religion n'a, en France, le droit de bénir une
union, si elle n'a pas été célébrée devant l'officier de l'état civil.
En passant outre, il aurait d'abord une amende de 16 francs; et, en
cas de récidive, il serait condamné la première fois à un
emprisonnement, variant de un à cinq ans, la seconde fois, à la
déportation.
Il faut donc faire déposer à la sacristie un certificat du mariage
civil, avec le certificat de publication des bans dans les deux
paroisses, les dispenses de l'évêque, en cas de mariage entre parents
ou en temps prohibé; les extraits de baptême des deux époux, le
certificat de première communion qui peut, à la rigueur, remplacer
l'extrait de baptême; le billet de confession.
Si la cérémonie a lieu dans une église autre que la paroisse de l'un
des mariés, le consentement des curés de ces églises est nécessaire,
ou, en cas de refus de leur part, l'autorisation de l'évêque.
L'acte du précédent mariage et l'acte de décès de l'époux pour les
veufs ou veuves qui se remarient, remplacent les certificats de
baptême et de première communion.
Il faut aussi une dispense papale pour épouser une personne
appartenant à une autre religion.
Il y a plusieurs classes pour le mariage religieux. Les premières
classes voient le mariage célébré au maître-autel avec une plus ou
moins grande profusion de fleurs, de lumière, de chants, de musique.
Les autres classes sont pour la chapelle de la Sainte-Vierge, de
Saint-Joseph et autres chapelles.
On s'entend à l'avance avec le prêtre qui représente le curé et la
fabrique; on paye tous les frais: les gratifications aux employés de
l'église et le prix des chaises sont compris dans ces frais.
[Illustration]
_A l'Autel._
Si l'on désire que la bénédiction nuptiale soit donnée par un prêtre
étranger à la paroisse, il y a un arrangement à prendre: c'est alors
le prêtre qui eût béni l'union qui dit la messe.
Le mariage religieux se célèbre toujours dans la matinée; dans
quelques châteaux, chez les partisans des innovations, on voit des
mariages qui sont célébrés à minuit. Je n'aime pas cela; la lumière du
jour, le soleil me semblent indispensables.
Le marié et sa famille se rendent les premiers au domicile de la
mariée.
Le marié apporte à sa femme le bouquet nuptial qui doit être
entièrement blanc, mais non composé exclusivement de fleurs d'oranger;
ce n'est plus le volumineux bouquet rond, entouré de papier découpé;
c'est une gracieuse gerbe de moyenne grosseur, aux tiges flexibles;
les tiges sont entourées d'un mouchoir de batiste garni de haute
dentelle qui retombe en collerette autour des fleurs; un nœud de
ruban de satin ou de moire blanc, à longs pans, attache le mouchoir,
charmant cadeau pour la jeune femme.
Le marié doit envoyer prendre chez eux, en voiture, les témoins, les
parents, les amis, les garçons d'honneur qui doivent former le cortège
de la mariée.
Dans les mariages modestes, ces personnes se rendent à pied au
domicile de la mariée.
Seuls, les garçons d'honneur vont toujours en voiture chercher leurs
demoiselles d'honneur. Bien entendu, les jeunes personnes ne s'en vont
jamais seules, avec leurs garçons d'honneur, fussent-elles deux; il
leur faut toujours un chaperon.
Le matin de la cérémonie, le garçon d'honneur envoie à sa demoiselle
d'honneur un bouquet ROSÉ et non pas blanc, entouré de dentelle et lié
de ruban blanc; ce bouquet doit être plus petit que celui de la
mariée.
A moins de relations étroites entre la famille du garçon d'honneur et
celle de la demoiselle d'honneur, celui-ci ne doit pas envoyer le
moindre présent. En cas d'intimité ou de parenté, il peut envoyer des
gants, une jardinière, mais jamais de bijoux.
Le lendemain du mariage, le garçon d'honneur rend une visite à la
famille de la demoiselle d'honneur.
On doit ne jamais prendre frère et sœur pour être garçon et
demoiselle d'honneur; il faut intervertir l'ordre des familles.
Il n'est pas nécessaire d'être de la famille pour remplir ces
fonctions.
Le nombre des demoiselles d'honneur est illimité, deux, quatre, six;
en Angleterre, elles sont quelquefois douze, habillées de mêmes
nuances claires formant un charmant escadron volant à la jeune
épousée.
[Illustration]
_Toilette de la mariée._
Lorsque tout le monde est arrivé, le père de la mariée va chercher sa
fille et la conduit au salon où la mère de la mariée reçoit ses
invités.
La mariée doit porter une robe de satin, de brocart, de moire, de
faille, de cachemire, de mousseline blanche; quelle que soit la valeur
de l'étoffe, la façon doit être _simple_.
Les dessous de la mariée doivent être entièrement blancs; chemise de
batiste ou de surah blanc, avec nœuds bébé en satin blanc, aux
épaulettes, pantalon assorti; corset de faille ou de satin blanc,
petit jupon assorti et grand jupon de satin, de faille, de nansouk,
tout floconneux de multiples volants qui doivent soutenir la traîne;
la robe à traîne ronde ou carrée peut être garnie dans le bas d'une
draperie retenue par de minuscules piquets de fleurs d'oranger, ou
tout unie. Le corsage et les manches, selon la mode de l'année où on
se marie; un tout petit bouquet d'oranger au côté gauche du corsage;
pas de brillants, pas de bijoux, à peine des perles aux oreilles.
Dans quelques mariages fastueux, on garnit la robe des dentelles de
famille et la mariée a un voile de vieux point d'Angleterre ou de
toute autre dentelle précieuse.
Les grosses couronnes qui casquaient si lourdement les fronts des
mariées ne se portent plus à Paris; on préfère la petite couronne
comtesse, posée très en arrière. Le piquet de côté en aigrette ou un
tout petit semis de fleurs d'oranger est joli et à la mode.
Le voile se pose à la juive, à la mauresque, à l'espagnole, mais je
préfère à la juive.
Bas de soie, souliers de satin blanc; gants _longs_ en chevreau blanc.
Tout au plus, en fait de joyaux, un rang de perles.
Le marié porte le classique costume: souliers vernis, chaussettes de
soie noire, pantalon noir, gilet noir, cravate de soie blanche, habit,
gants blancs, claque.
Si le futur appartient à l'armée, il se marie en grand uniforme.
Les modes plus ou moins exotiques qui ont essayé de prévaloir contre
le costume traditionnel n'ont pas réussi.
L'habit rouge que quelques sportsmen anglais ont adopté ferait en
France assez mauvais effet.
De même quelques élégants chez nous ont vainement essayé de mettre à
la mode la redingote longue et le pantalon gris, ce costume
matrimonial n'a point été adopté.
[Illustration]
_Cortège._
Comme pour aller à la mairie, la mariée occupe la droite dans la
première voiture à côté de sa mère; son père et sa sœur ou une jeune
parente prennent place sur le devant.
Il va sans dire que, si la jeune fille est orpheline, la dame qui lui
sert de mère a tous les honneurs.
Dans la seconde voiture monte le marié, à côté de sa mère; en face,
son père et sa sœur s'il en a une, ou tout autre proche parent.
Si les demoiselles d'honneur ne sont pas dans les voitures des mariés,
elles sont avec leur famille et leurs garçons d'honneur dans les
voitures qui suivent immédiatement celle de la mariée; après viennent
les témoins, puis, un peu à leur guise, les invités.
Les cochers, les serviteurs ont à leur boutonnière un très petit
bouquet de fleurs d'oranger.
Lorsque la mariée descend de voiture, il doit y avoir, sous le porche
de l'église, une femme de chambre avec des aiguilles enfilées, des
épingles, de manière à pouvoir réparer toute avarie à la virginale
toilette ou tout au moins arranger le voile, la traîne. C'est à ce
moment que se forme le cortège.
Toujours la mariée doit laisser se former le cortège avant de
descendre de voiture.
Au son d'une marche triomphale la mariée effectue son entrée au bras
gauche de son père; dans le cas où il porterait l'épée, au bras droit.
Elle ne doit pas distribuer des signes de tête et des sourires de
droite et de gauche; elle doit s'avancer d'un pas cadencé, les yeux
baissés sans ostentation.
Le marié vient ensuite avec sa mère, puis la mère de la jeune femme
avec le père du marié, les deux couples de garçons et de demoiselles
d'honneur, les plus proches parents des deux familles, assortis d'âge
et de goût autant que possible, le flot des amis et en serre-file les
hommes qui n'ont pas de cavalières, chose qu'il faut éviter autant que
possible.
Lorsque la jeune femme arrive à sa place, le suisse ou mieux le garçon
d'honneur doit arranger son voile, sa traîne.
Au reste, pour être digne de cette fonction, enviée et pourtant
difficile de garçon d'honneur, il faut payer de sa personne; non
seulement le matin on doit aller chercher sa demoiselle d'honneur,
mais encore les autres dames.
Au signal donné par le suisse d'un coup de hallebarde, tous les
assistants se sont levés, ils se tournent à demi pour regarder le
défilé.
Le père de la mariée la conduit à sa place; le prie-Dieu est à gauche,
un cierge à poignée blanche brûle auprès; le marié est à droite avec
ses témoins.
Il est à remarquer que les amis et invités du marié sont du côté
droit, ceux de la mariée du côté gauche.
Les parents sont dans le chœur le plus près possible de leur enfant;
les garçons d'honneur doivent placer les invités selon les rangs de
parenté.
[Illustration]
_Le Cérémonial._
Le suisse et le bedeau indiquent aux assistants le moment où il faut
se lever, s'agenouiller, s'asseoir.
A l'église, des parents peuvent remplir le rôle de témoins; il suffit
donc d'en avoir deux, au lieu de quatre comme à la mairie.
La jeune mariée doit éviter de tourner la tête pour voir ce qui se
passe derrière elle; le soin de son voile, de sa robe ne doit pas
l'occuper.
Si, dans l'église où a lieu le mariage, on tend le poêle (bande
d'étoffe) au-dessus de la tête des mariés, je recommande vivement au
garçon d'honneur de faire attention à la coiffure de la mariée.
Les mariés sont assis pour écouter l'allocution du prêtre au sujet de
leurs devoirs réciproques et des obligations qu'ils auront envers les
enfants qui leur naîtront.
Pour la consécration du mariage le prêtre vient aux jeunes époux, qui
se tiennent par la main droite (dégantée), et c'est ainsi qu'ils
doivent répondre aux questions sacramentelles.
De même, lorsqu'ils s'agenouillent sur leurs prie-Dieu pour recevoir
la bénédiction.
Le oui doit être articulé à mi-voix mais distinctement.
Lorsque les anneaux sont bénis, le prêtre les remet à l'époux;
celui-ci passe l'alliance symbolique au quatrième doigt de la main
dégantée de sa femme. Il serait logique que celle-ci passât de même
la bague au doigt de son mari, mais c'est lui-même qui s'en charge.
Les mariés peuvent ensuite se reganter.
Tantôt on applique la pièce d'or ou d'argent à la cire du cierge que
tiennent les époux pour aller baiser la patène, tantôt on la dépose
dans le plat de vermeil que tient l'enfant de chœur.
Pour les quêtes dans l'église, faites par les garçons et les
demoiselles d'honneur, il y a certaines nuances à observer.
Disons, à ce propos, que, si les garçons d'honneur sont de tout petits
garçons et de toutes petites filles, et rien de plus charmant, on peut
se livrer à la fantaisie pour les habiller.
Lorsqu'il s'agit de demoiselles pour de bon, elles devront éviter
d'être en blanc, sauf les gants qui, ainsi que ceux des garçons
d'honneur, doivent toujours être de cette couleur; la nuance paille ou
crème n'est même pas admise. La bourse de quêteuse est faite en étoffe
semblable à la robe avec petit bouquet d'oranger et nœud de ruban.
Passé trente ans pour les demoiselles et quarante ans pour les
garçons, il n'est guère possible d'accepter ces fonctions.
Lorsque le suisse (pour le couple qui appartient au côté de la mariée)
et le bedeau (pour celui qui appartient au côté du marié) viennent
chercher les garçons et les demoiselles d'honneur pour la quête,
ceux-ci doivent tout d'abord déposer leur offrande personnelle au fond
de la bourse, puis la présenter au jeune couple, aux parents qui sont
dans le chœur, enfin descendre dans la nef et s'arrêter devant chaque
rang d'invités, qui à droite, qui à gauche.
Le garçon d'honneur tient de la main gauche le bouquet de sa compagne
et son claque et il lui offre le _poing droit fermé_; la jeune fille y
pose sa main gauche: cette main doit être maintenue à une certaine
hauteur.
Cette position, très gracieuse, vous a un petit air moyen âge plus
joli en vérité que l'attitude de jeunes gens marchant la main dans la
main comme des enfants qui vont à l'école.
La jeune fille tend la bourse avec une grande discrétion; elle ne doit
pas l'agiter violemment en façon d'appel aux pièces, surtout ne jamais
jeter un coup d'œil dans l'intérieur, et son remerciement doit être
également gracieux si elle a entrevu l'éclair d'un louis ou si elle a
perçu le son d'une pièce de dix centimes.
Si l'une des demoiselles d'honneur a une récolte d'argent plus
abondante que celle de sa compagne, il serait d'une grande
inconvenance de faire sonner (c'est le mot) ce petit triomphe
d'amour-propre devant celle qui a été moins favorisée.
Le rôle de garçon d'honneur est d'avoir l'œil à tout, de prévenir les
désirs des dames, de faire danser toutes les invitées, s'il y a un
bal.
Lorsque la cérémonie religieuse est terminée, la mariée, au bras de
son _beau-père_ et non à celui de son mari, passe à la sacristie; le
jeune marié offre le bras à sa belle-mère, le père de la jeune fille à
la mère du jeune homme.
Arrivé à la sacristie, après avoir signé sur le registre, le jeune
couple ayant ses parents réciproques de chaque côté, attend le défilé,
les félicitations et les baisers.
Le registre reste ouvert pour tous, mais on ne doit signer que si l'on
vous en prie, à moins que vous soyez un très grand personnage et que
votre signature ne soit un grand honneur.
Lorsque les derniers invités sont partis de la sacristie pour aller
reprendre leur place à l'église, la mariée, au bras de son mari cette
fois, et précédée du suisse, traverse l'église de nouveau aux sons de
l'orgue.
Le marié monte avec sa femme, sa mère et son père dans une voiture,
les deux femmes au fond, bien entendu.
Si le marié a une voiture, il part seul avec sa femme dans son coupé.
_Mariage protestant._
On commence par aller à l'église, si l'un des deux conjoints est
catholique, on peut n'aller qu'au temple ou à l'église, mais le
savoir-vivre veut qu'on aille aux deux.
Les cérémonies sont les mêmes.
On n'exige en fait de pièces que le certificat du mariage civil.
Le prêtre catholique n'est jamais invité aux fêtes de mariage; le
pasteur peut l'être.
_Mariage israélite._
Lorsque la mariée juive sort de sa maison, on a la très jolie coutume
de jeter des fleurs sur son passage.
Les hommes qui assistent à un mariage israélite gardent leur chapeau
sur la tête à la synagogue.
La mariée fait son entrée à la synagogue, soutenue et comme traînée
par ses deux témoins, qui lui tiennent les mains très élevées.
Elle monte les degrés du tabernacle et s'assied sous un vaste dais
avec son mari, les parents, les témoins, les garçons et les
demoiselles d'honneur.
Le rabbin, comme le prêtre, prononce un discours, reçoit le
consentement des époux et celui des parents, puis le marié passe
l'anneau au doigt de sa femme en disant qu'il la reconnaît pour sa
légitime épouse devant l'Éternel, devant la loi de Moïse et de l'État.
Le rabbin bénit l'union, fait boire aux époux le vin consacré dans une
même coupe qu'on jette ensuite par terre; lorsqu'elle se brise en
beaucoup de morceaux, c'est signe de prospérité pour le jeune couple.
L'acte de mariage est lu à haute voix avant la signature.
Lorsque les Israélites appartiennent au rite portugais, la fiancée a
brodé une écharpe qu'on place sur les épaules du marié; la mariée
donne également au jeune marié le linceul dans lequel on l'ensevelira.
Le mariage russe est très poétique, le marié est couronné de fleurs,
on lâche des colombes.
[Illustration]
_Autour d'un berceau._
Un petit personnage est né, fille ou garçon, lequel, après les soins
d'usage, repose dans son berceau, tendu de rose pour la future mère de
famille et de bleu pour le général ou l'avocat célèbre à peine éclos.
La nouvelle maman, gardée par sa mère ou par une parente, par sa
domestique ou par une garde, selon les positions de fortune ou de
convenances, ne doit recevoir, les neuf premiers jours, que des
visites de quelques minutes, où à peine entré, après avoir embrassé
l'accouchée, et s'être, suivant l'usage, extasié sur le bébé, il est
de bon goût de se retirer.
Lorsqu'on n'est pas de la famille ou de la stricte intimité de la
jeune femme, il est préférable d'aller demander des nouvelles et de
remettre sa carte sur laquelle on a tracé quelques lignes
affectueuses.
La déclaration de naissance doit être faite sous trois jours à la
mairie de l'arrondissement par le père de l'enfant, et deux témoins
français pouvant signer et étant domiciliés dans l'arrondissement où a
eu lieu la naissance.
Lorsque le père est empêché de se rendre à la mairie, il doit donner
une procuration; s'il était absent, la déclaration doit être faite par
le médecin ou toute autre personne ayant assisté à la naissance.
Faute de faire sa déclaration dans les délais voulus, on peut avoir
une peine correctionnelle variant de trois jours à six mois de prison
et une amende variant de six à trois cents francs.
Le nouveau-né peut être porté à la mairie où l'officier de l'état
civil constate son sexe, mais il est préférable d'attendre le médecin
des naissances, qui vient à domicile, dans les vingt-quatre heures qui
suivent la déclaration.
Une déclaration erronée rend passible des peines les plus graves.
Les prénoms doivent être indiqués dans l'ordre où l'on désire qu'ils
restent.
Autant que possible, on donne à l'enfant trois prénoms au plus, à
moins que, pour des raisons de famille, on ne lui en accorde
quelques-uns en surcroît; mais cette longue énumération n'est plus
guère usitée en France et semble réservée aux grands d'Espagne qui,
dans les siècles passés, entassaient leurs appellations sur des
monceaux de parchemin.
Les noms de fruits, de fleurs, les appellations grotesques sont
interdits.
On donne généralement à l'enfant le prénom de son parrain si c'est un
garçon, ou le prénom de sa marraine si c'est une fille; puis les
prénoms de ses père et mère, ou ceux choisis par ces derniers.
Souvent aussi le goût de la maman domine et le prénom sous lequel le
baby sera dénommé n'appartient à aucun membre de la famille; en ce
cas, les prénoms des parrains et des marraines viennent en seconde
ligne. Du reste, il est de bon goût, pour une marraine, de se récuser
avec grâce de donner son prénom, s'il ne doit pas plaire à la maman.
Les prénoms bizarres, extraordinaires, sont généralement bannis par
les familles.
L'élégance, pour les jeunes mamans, consiste à avoir une toilette de
nuit très mousseuse, ornée de rubans bleus ou roses, selon, comme je
l'ai dit, que le chérubin est un monsieur ou une demoiselle.
L'oreiller sur lequel elle repose doit être orné de même; la robe de
chambre des relevailles, les rubans de la layette également; mais,
ceci n'est nullement obligatoire et rentre dans le domaine de dame
Fantaisie. Il est bon de dire que presque toutes les femmes aiment
assez ces menus usages qui ne sont pas bien coûteux et qui ornent la
vie.
Pour passer de la chambre à coucher au salon et y faire séjourner
l'enfant, on a d'exquis petits berceaux sans pieds, dénommés «Moïse».
On doit envoyer des billets de faire part à toutes les personnes avec
lesquelles on est en relation.
La fantaisie est admise pour ces billets qui s'envoient quinze jours
après la naissance.
Pour les amis intimes, la parenté, on prévient, dès le lendemain, par
un mot écrit à la main.
Les billets se font sur de petites feuilles doubles ou sur des cartes
unies ou dorées en genre parchemin.
On peut les envoyer sous enveloppe non cachetée; les initiales du baby
au coin gauche.
Le papier peut être uni ou liseré de rose ou de bleu selon les cas;
lorsqu'on a des armoiries, on les met; quelquefois aussi le monographe
des parents.
On doit retourner une carte dans les deux jours qui suivent la
réception du faire part ou, si l'on veut, une lettre de félicitations;
cela dépend du degré d'intimité.
Une mode, nouvelle et bien gentille, est celle qui consiste à joindre
à la lettre de faire part une carte minuscule cornée, avec le prénom
du baby, c'est une politesse que le nouveau-né fait, d'ores et déjà, à
toutes les personnes qui peuvent s'intéresser à son arrivée en ce
monde.
Voici quelques modèles de billets de faire part.
_Monsieur et Madame de B.... ont l'honneur (ou le plaisir) de
vous faire part de la naissance de leur fils Pierre._
_Paris, le 25 novembre 18 ._ _22, rue de l'Arbre-Sec._