La république de 1848 en France s'était abstenue sévèrement de toute
propagande armée ou désarmée chez les peuples libres de leurs formes
de gouvernement; mais Naples, agitée une seconde fois par l'esprit
de 1820, avait conquis, avant l'explosion de la république en
France, une constitution sur son jeune roi.
Cette constitution n'avait pas le caractère soldatesque et
anarchique de la constitution des carbonari; elle pouvait marcher
sans chute par la bonne volonté du roi et par la sagesse de la
nation; mais les restes du carbonarisme voulurent la pousser à des
désordres par des excès populaires. Le jeune roi, qui l'épiait pour
la surprendre en flagrant délit d'insurrection, marcha sur elle avec
résolution; ses troupes, dont il était l'idole, le suivirent; il
triompha en un jour, comme le roi de Suède Gustave, du parti qui
avait voulu l'entraver. La ligue du roi, du bas peuple et de
l'armée, contint le parti aristocratique et libéral pendant dix ans,
et le contient encore malgré les agitations de l'Italie et malgré
les sommations du Piémont, de l'Angleterre et de la France.