Cette opposition à la politique de sauvetage que pratiquaient alors
avec une si mâle raison le nouveau roi et Casimir Périer, son rude
ministre, n'était évidemment dans cette tête que de l'humeur et de
l'ennui, une avance de coalition peu honnête faite aux républicains
par un royaliste. Ce n'était pas là de la politique de conscience,
c'était de la politique de situation. Comment le roi et son
ministre auraient-ils éteint l'incendie de la France en allumant
l'incendie de l'Europe par une guerre de propagande? Comment la
monarchie de 1830 aurait-elle respecté la théocratie romaine de M.
de Chateaubriand en révolutionnant Bologne et Rome? Un catholique et
un légitimiste pouvait-il se mentir plus irrespectueusement à
lui-même qu'en se plaignant, comme il le fait là, qu'on n'agitât pas
assez les torches sur les monarchies et sur les théocraties? Tous
les pamphlets de peu de foi écrits par M. de Chateaubriand pendant
ces quinze années de la monarchie de Juillet sont de la même encre:
des larmes, du fiel, de la fidélité ostentatoire et chevaleresque,
délayés dans des phrases républicaines pour sourire amèrement à tous
les partis. Ce n'est pas là qu'il faut chercher son génie, c'est là
qu'il faut chercher ses petitesses. Nous ne sommes pas suspect en
blâmant l'accent de ces pamphlets, car nous n'avions pas plus de
goût que lui pour les institutions et pour les rois de 1830; mais
toutes les armes ne sont pas bonnes pour combattre des ennemis
politiques, et le pamphlet à deux tranchants ne convient pas aux
mains loyales.