C'était le lendemain de la révolution de 1830; cette révolution,
provoquée, mais mal inspirée, avait proscrit un berceau plein
d'innocence; elle avait donné le trône de l'infortuné Louis XVI,
victime de ses vertus, au fils d'un prince qui avait démérité de son
sang; cette odieuse rétribution de la Providence révoltait et
révolte encore la justice innée en moi. Que la France ne rendît pas
responsable le fils irréprochable du duc d'Orléans du vote de son
père, je le concevais; mais que la France fît de ce malheur un titre
au trône, c'était trop criant pour mon coeur. Mieux valait un
million de fois la république, héritière légitime de tous les trônes
en déshérence, que cette rémunération de l'iniquité par la couronne.
Tels étaient mes sentiments et tels ils sont encore, quand j'y
pense, envers le changement contre nature et contre justice de
dynastie en 1830.