VIII

C'était le lendemain de la révolution de 1830; cette révolution,

provoquée, mais mal inspirée, avait proscrit un berceau plein

d'innocence; elle avait donné le trône de l'infortuné Louis XVI,

victime de ses vertus, au fils d'un prince qui avait démérité de son

sang; cette odieuse rétribution de la Providence révoltait et

révolte encore la justice innée en moi. Que la France ne rendît pas

responsable le fils irréprochable du duc d'Orléans du vote de son

père, je le concevais; mais que la France fît de ce malheur un titre

au trône, c'était trop criant pour mon coeur. Mieux valait un

million de fois la république, héritière légitime de tous les trônes

en déshérence, que cette rémunération de l'iniquité par la couronne.

Tels étaient mes sentiments et tels ils sont encore, quand j'y

pense, envers le changement contre nature et contre justice de

dynastie en 1830.

Cours familier de Littérature - Volume 09 · 第 48 / 215 题