Dans une contrée aussi commerçante que la nôtre, où il y a tant de

capitaux flottans, le gouvernement aurait eu tort d'empêcher les

spéculateurs de les employer quand une occasion convenable de le faire

se présentait. Sous ce rapport, on ne peut établir aucune comparaison

entre l'Angleterre et la Belgique. Le système adopté pour l'une

n'aurait pas pu servir à l'autre, et, quant au caractère des travaux,

nous avons déjà fait remarquer la magnificence extraordinaire des uns

et la simplicité des autres.

Voilà quel a été le bon résultat de permettre l'emploi d'un capital

de 50,000,000 de liv. sterl.[2] en travaux d'utilité publique. Les

capitalistes ont retiré de leurs capitaux des avantages qui sont

exactement proportionnés à la prudence de leur placement. On a créé

une propriété dont la valeur positive peut être fixée, car elle est

constamment sur place. De cette manière le gouvernement peut, sans

difficulté et aussitôt qu'il le voudra, traiter avec elle selon ce que

les besoins du pays exigeront.

Nous allons examiner maintenant quels seraient les résultats d'un

système différent, ce qu'amènerait un changement du principe

d'administration des chemins de fer. Nous avons vu comment ils étaient

dirigés, il nous reste à voir comment ils pourraient l'être.

Depuis long-temps nous sommes accoutumés aux tarifs des chemins de fer,

et nous ne murmurons pas, tant qu'ils ne s'élèvent pas au-dessus des

prix des anciennes voitures; satisfaits du temps que nous épargnons,

nous fermons les yeux sur les prix demandés. Nous jouissons des

avantages de ce mode de locomotion, tels qu'ils sont, sans nous

inquiéter de ce qu'ils pourraient être.

Les deux caractères distinctifs de la vapeur, partout où elle a été

substituée au travail de l'homme, sont la vitesse et l'économie.

Avec son aide on fabrique non pas seulement ⅔ plus vite, mais encore

⅔ meilleur marché qu'à l'aide des procédés ordinaires. Cette règle

s'applique avec bien plus de force encore à l'emploi de la vapeur sur

les chemins de fer.

Mettons de côté un instant la vapeur, et faisons l'estimation du coût

du transport sur un chemin de fer dont la traction est opérée par des

chevaux, comme cela se pratique sur certains chemins de fer où l'on

ne tient pas à la vitesse, dont l'étendue est bornée et le mouvement

commercial peu important. Nous trouvons qu'un cheval fait autant

d'ouvrage que 12 ou 15 chevaux sur la meilleure voie pavée. Le chemin

de fer de Stockton à Darlington est le premier chemin de fer établi

dans le royaume pour le transport des voyageurs. On employait des

chevaux pour la traction avant l'introduction ou plutôt la découverte

des locomotives. Un cheval tirait une voiture contenant 50 voyageurs

avec une vitesse supérieure à celle d'une voiture contenant 12

voyageurs et tirée par 4 chevaux sur une route pavée.

Pour faire voir la différence qui existe entre le vieux système et

le nouveau, nous allons publier le paragraphe d'un vieux numéro du

_Railway Magazine_ qui a attiré notre attention par hasard il y a

quelques jours:

«_Facilité de traction sur un chemin de fer._»

«Deux chevaux ont tiré le poids énorme de 263 quarters de grains, de

Dalkeith à Edimbourg, sur le chemin de fer qui joint ces deux villes.

La distance est de 6 milles[3]. Le poids de 263 quarters est d'environ

44 tonn., et le poids des wagons de 10 tonn., ce qui fait, au total,

un poids de 54 tonn. (_Journal de Bath_). La force de traction directe

n'étant que de 432 liv., un cheval aurait dû suffire pour la tirer si

la route est de niveau.» (_Railway Magazine._)

Deux chevaux tirer 54 tonn.! n'est-ce pas comme si l'on avait augmenté

pour notre usage de 20 fois leur force ordinaire? Et cependant

l'éditeur du _Railway Magazine_ nous dit que si la route a un niveau

égal, un seul cheval devait suffire.

Quelque bon marché que soit ce moyen de traction, la vapeur l'a

remplacé, non seulement pour le transport des voyageurs, mais encore

pour celui des marchandises, lorsque la vitesse est comparativement

de peu d'importance. J'ai cité l'ouvrage du docteur Lardner, sur la

machine à vapeur, pour établir la puissance de la vapeur et l'économie

qui résulte de son emploi sur les chemins de fer.

La consommation du coke est d'environ ¼ de livre par tonn. et par

mille[4], au prix de 25 sh. le tonn[5]. Un convoi ordinaire de 40 tonn.

coûterait environ 10 sh. pour une distance parcourue de 100 milles.

40 tonn. de marchandises ou 110 voyageurs parcourront une distance de

100 milles pour 10 schellings, en dehors du prix de la machine à vapeur

et de son entretien. Nous ne parlons que de la dépense de traction

comparée avec celle du transport par le moyen des chevaux. Les frais

d'entretien, dans les deux cas, sont à peu près les mêmes.

Et, cependant, en dépit de tous ces avantages, il en coûte autant

pour voyager qu'il y a vingt ans. Il n'en est résulté qu'une économie

de temps. Bien que des masses pesant plus de 100 tonn. puissent être

transportées avec rapidité d'un bout du pays à l'autre à peu de frais,

comparativement à ce qu'elles auraient coûté autrefois, la dépense est

la même. N'est-ce pas une étrange anomalie qui exige une investigation

minutieuse des causes qui la produisent?

Nous avons déjà indiqué la principale, celle qui opposera toujours un

obstacle insurmontable à la réduction des tarifs sans l'intervention du

parlement: c'est l'intérêt des compagnies. Elles tirent en général plus

de bénéfice de tarifs élevés que de tarifs modérés.

Les témoignages recueillis par la commission de la Chambre des

Communes et la pratique presqu'universelle suivie par les principales

compagnies les mieux administrées, confirment ce fait qui nous paraît

concluant.

Mais, bien que ceci nous explique pourquoi les tarifs sont maintenus

très haut, l'apathie que le public montre pour un objet de cette

importance, ne nous est pas expliquée. Il faut, pour lui arracher

quelques murmures, que les directeurs élèvent leurs prix à un taux

exorbitant au point de mettre en doute la préférence à donner aux

chemins de fer sur les anciennes voies pavées.

Il y a quelques semaines que les habitans de Brigthon tinrent une

assemblée pour envoyer une députation aux directeurs du chemin de fer

de Londres à Brigthon, et leur représenter le tort qu'ils faisaient à

leur ville par la mise en vigueur d'un tarif élevé et arbitraire, alors

que toute concurrence était devenue impossible. Ce cas et tous ceux

qui s'y rapportent ne sont, toutefois, que des exceptions à la règle

générale.

Quatre causes ont, selon nous, détourné l'attention du public de cet

objet important:

1º L'opinion erronée que le coût excessif des prix de revient

nécessitait des tarifs élevés, et, qu'en conséquence, le prix du

transport ne pouvait pas être aussi bas chez nous qu'en Belgique;

2º L'inutilité d'engager les compagnies à faire des réductions, et

l'absurdité de les espérer, si elles étaient contraires à leurs

intérêts. On supposait, avec raison, qu'elles étaient les meilleurs

juges de ce qui leur convenait;

3º La majorité des compagnies ne payant pas de dividendes, le public

était plus disposé à plaindre les actionnaires ruinés qu'à attendre une

réduction des tarifs;

4º L'opinion erronée que l'on avait des causes de l'élévation du

prix des transports. On s'imaginait qu'elle provenait des dépenses

nécessitées par la traction, et comme les chemins de fer demandaient

les mêmes prix que les voitures publiques, et que, malgré cela, la

plupart étaient de mauvaises spéculations, on en concluait que le coût

du transport était aussi dispendieux, et que les voyageurs ne pouvaient

pas payer moins que sur les anciennes routes.

On doit voir maintenant que l'adoption de tarifs modérés dépend

entièrement du prix de revient des transports et des autres frais

qui en sont forcément la conséquence. Nous devons donc prendre en

considération:

1º Quelle est la dépense actuelle des chemins de fer;

2º Dans quelle proportion s'accroîtrait-elle si le nombre des voyageurs

augmentait de beaucoup, soit du triple de ce qu'il est aujourd'hui.

Le chemin de fer de Londres à Birmingham a la réputation d'être l'un

des mieux administrés du royaume. Un extrait de ses comptes semestriels

nous fera voir quelles sont les différentes causes de dépense, et à

combien elles s'élèvent pour chaque article. Je les ai classées sous

trois titres: 1º dépenses générales pour l'entretien du chemin de fer;

2º dépenses particulières de traction; 3º dépenses spéciales en dehors

du contrôle de la compagnie:

1er TABLEAU.

_Dépenses du chemin de fer de Birmingham pour le deuxième semestre de

l'année 1842._

1º Dépenses de police 6,200 liv.

Transport des voyageurs 16,281

Salaires et gages pour le transport des marchandises 2,135

Dépenses pour direction, surveillance, secrétaires,

commis, frais d'insertion et de bureau, etc. 8,309

----------

Total 32,925

2º Entretien de la voie 22,711 liv. }

Frais de traction 38,640 }

Réparation des voitures 8,633 } 84,196

Entret. et remplac. du matériel 14,212 }

3º Impôts des paroisses 7,771 }

} 21,848

Droits sur les voyageurs 14,077 }

---------

Total 138,969[6].

Les recettes pendant la même époque se sont élevées à la somme de

420,958 liv., le bénéfice net a donc été de 281,989 l.[7] et la dépense

comparée à la recette a été de 33,012 p. % ou à peu près. Nous avons

compris, dans le tableau ci-dessus, le transport des marchandises et

des voyageurs. Ces deux branches d'exploitation donnent à peu près les

mêmes bénéfices et coûtent autant.

Ainsi donc, le prix du transport de chaque voyageur est environ le ⅓

_de ce qu'il paie_, en admettant, ce qui doit être presqu'évident,

que la compagnie taxe chaque classe de voyageurs en proportion de la

dépense qu'elle lui occasionne.

Nous pouvons donc calculer à présent de combien la dépense d'un chemin

de fer augmenterait, s'il avait à transporter un nombre de voyageurs

triple de celui qu'il transporte.

Les dépenses d'administration ne seraient que peu ou point augmentées.

Les frais de direction, d'employés, de commis, de police, de porteurs,

d'annonces et de bureau seraient les mêmes, car la compagnie doit

toujours être en état de répondre aux exigences du mouvement commercial.

Dans les frais de transport, il y aurait plusieurs articles qui

subiraient une augmentation considérable. Les frais de réparation

et remplacement du matériel roulant augmenteraient de 50%, ceux

d'entretien de la voie de 20% et d'autres articles de 5 à 10%.

Supposons que toutes ces augmentations réunies élèveraient la dépense

de ce chemin de 138,969 liv. à 173,712 liv. Pour d'autres, ainsi que

nous le verrons par la suite, l'augmentation serait moindre, et sur

quelques-uns elle serait nulle.

L'article le plus dispendieux du transport, ce sont les frais de

locomotive, qui absorbent presque la moitié des dépenses. S'ils

devaient croître en proportion du poids ou du nombre des voyageurs

transportés, ils seraient triples; si, au contraire, la force employée

maintenant est suffisante pour effectuer le triple du travail que l'on

exige, les frais seraient les mêmes. Une locomotive qui peut traîner

un poids de 240 tonn. et à laquelle on n'en fait traîner qu'un de 80

tonn., peut être comparée à un cheval ne portant que le ⅓ de sa charge.

La puissance d'une machine locomotive n'est plus un fait théorique,

c'est un fait positif et prouvé chaque jour. Le poids d'un convoi

varie de 30 à 250 tonn. et quelquefois il est beaucoup plus lourd. Les

convois de marchandises ne dépassent pas ordinairement le poids de 200

tonn.

M. Brunel, ingénieur du chemin de fer _Great Western_, interrogé par

la commission de la Chambre des communes, sur la facilité et la sûreté

avec laquelle ces immenses charges sont traînées sur le chemin de fer,

répondit: «J'examinais hier les comptes de nos convois de marchandises,

et je vis que le 2 mars une des machines locomotives, appropriée aux

convois de voyageurs, amena de Woothon-Basset à Paddington, qui sont

éloignés l'un de l'autre de 82¾ milles[8], un convoi de 256 tonn.,

non compris le poids de la machine et de son tender. La machine se

conduisit très bien. Il n'en résulta ni inconvénient ni délai.» Une

locomotive destinée aux convois de marchandises aurait traîné un poids

de 400 tonn. dans le même espace de temps.

Le poids d'un convoi ordinaire de voyageurs sur le chemin de Londres

à Birmingham est d'environ 40 tonn., non compris la locomotive et son

tender qui pèsent près de 15 tonn. et le nombre des voyageurs est

d'environ 80 par convoi. N'est-il pas démontré maintenant qu'il y a

constamment de la _force perdue_, et que l'on pourrait desservir un

mouvement commercial trois fois plus grand avec un accroissement de

dépense à peine sensible dans les frais de locomotion?

Nous allons à présent faire connaître le résultat d'un calcul de la

dépense du chemin de fer de Londres à Birmingham, proportionnée à

chaque voyageur, et ce qu'elle serait si l'on en transportait 3 fois

plus. Nous y joindrons les prix du tarif en vigueur et le temps du

parcours.

2e TABLEAU.

_Dépenses et prix des places pour chaque classe de voyageurs de Londres

à Birmingham.--Distance, 112¼ milles_[9].

1--Dépenses générales. 25 p. cent.

2--Dépenses de traction. 60 p. cent.

3--Dépenses spéciales. 15 p. cent.

4--Total des dépenses de transport pour chaque voyageur.

5--Prix que devrait payer chaque voyageur, si leur nombre était triple.

6--Prix des places aujourd'hui.

7--Temps du parcours.

-----------------+------+------+------+------+------+------+-------

| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7

+------+------+------+------+------+------+-------

|sh. d.|sh. d.|sh. d.|sh. d.|sh. d.|sh. d.|heures.

Conv. de malle. | 2 9 | 6 6 | 1 7 |10 10 | 4 6 |32 6 | 5 »

1re classe. | 2 6 | 6 » | 1 6 |10 » | 4 2 |30 » | 5¼

2e classe (nuit).| 2 1 | 5 » | 1 3 | 8 4 | 3 5 |25 » | 5¼

2e classe (jour).| 1 8 | 4 » | 1 » | 6 8 | 2 9 |20 » | 5¼

3e classe. | 1 2 | 2 9 | » 9 | 4 8 | 1 11 |14 » | 8½

Les résultats du tableau ci-dessus sont clairs et positifs, et aucune

personne versée dans les chemins de fer ne les contestera.

Il est donc admis que le transport des voyageurs de Londres à

Birmingham coûte aujourd'hui pour la 1re classe 10 sh. 10; et pour la

dernière 4 sh. 8 d.

Si l'on transportait trois fois plus de voyageurs, bien que la dépense

totale en serait considérablement augmentée, le prix des places pour

chaque individu serait réduit à 4 sh. 6 d. pour la 1re classe, et 1 sh.

11 d. pour la dernière, y compris les impôts, taxes, etc., que l'on

paie maintenant.

Si ce que nous avançons est prouvé; si les classes riches de la société

paient 1 liv. 12 sh. 6 d. et la plus pauvre 14 sh., ce qui, sous un

système différent, ne coûterait au vendeur que 4 sh. 6 et 1 sh. 11

d. ou environ ⅛ du prix demandé aujourd'hui, n'est-il pas urgent

de rechercher la cause d'un semblable état de choses afin d'y porter

remède?

Bien que j'aie estimé à 25 p. cent l'augmentation de dépense du chemin

de fer de Londres à Birmingham, il ne faut pas croire qu'elle soit

aussi élevée sur tous. Nos observations peuvent suffire, jusqu'à

un certain point, pour nous en convaincre. Sur le chemin de fer de

Greenwich, par exemple, les voitures ne sont jamais, terme moyen,

remplies au-delà du ⅓. A Pâques, le nombre des voyageurs transportés

sur ce chemin de fer a été de 28,340; c'était plus en un seul jour

que dans aucune des semaines écoulées depuis six mois. Sur tous les

chemins de fer on est obligé d'avoir un approvisionnement de matériel

capable de répondre à toutes les exigences. Sur celui de Blackwall, il

y a un matériel de transport suffisant pour transporter dix fois plus

de voyageurs que ce chemin n'en transporte. Le nombre des voyageurs

transportés par chaque convoi a été l'hiver dernier, terme moyen, de

37, tandis que le nombre des wagons aurait suffi pour en transporter

dix fois plus. Sur les grandes lignes, les voitures ne sont jamais

remplies qu'à moitié et, par conséquent, il en faudrait davantage pour

transporter trois fois plus de voyageurs. Mais si nous considérons

que la dépense pour voitures sur le chemin de Londres à Birmingham ne

s'élève qu'à 4 p. cent des recettes, l'augmentation que j'ai fixée

paraîtra suffisante.

Qu'une perte de force ait lieu à terre ou en mer, la différence est peu

de chose. Lorsqu'un bateau à vapeur est construit pour transporter un

certain nombre de voyageurs, il dépense tout autant, que ce nombre soit

au complet ou non. Il en est à peu près de même pour les chemins de

fer; il y a seulement de plus les dépenses que nous avons énumérées.

Quoique la dépense du chemin de Londres à Birmingham, par passager et

par mille, puisse être regardée comme un terme moyen juste du coût du

transport sur les autres chemins de fer, cependant il existe d'assez

grandes différences entre eux. Chez quelques-uns les prix de revient

sont cinq fois plus élevés que chez d'autres; non pas que cela soit

causé par des circonstances particulières, mais parce qu'il entre dans

les vues des propriétaires de payer cinq fois plus qu'ils ne doivent

afin d'obliger le public à faire comme eux. Il y a quelques exceptions

à cette règle que beaucoup ont trouvé avantageux de suivre; il faut

observer que je n'entends parler ici que de la dépense de la traction

de chaque individu, et non de la dépense totale.

3e TABLEAU.

_Principaux Chemins de fer du royaume.--Leurs Recettes et Dépenses

pendant le 2e semestre 1842.--Tant pour 100 des Dépenses sur les

Recettes.--Leurs Longueurs.--Leurs Tarifs.--Leurs Frais de transport

pour un voyageur parcourant toute la ligne.--Leurs frais pour chaque

distance de 100 milles.--Frais pour chaque distance de 100 milles et

pour chaque voyageur, si le nombre des voyageurs venait à tripler.

Le surplus de dépenses qu'il occasionnerait étant estimé à 25 pour

100 en sus des dépenses actuelles, comme pour le chemin de Londres à

Birmingham._

========+==========+===========+=========+==========================+

| | |POUR 100 | |

| | |des | |

| | |dépenses | |

LONGUEUR.|RECETTES.| DÉPENSES.|sur les | CHEMINS DE FER. |

| | |recettes.| |

| | | | |

---------+---------+-----------+---------+--------------------------+

milles. | | | | |

|Liv. St. | Liv. St. | | |

112 ¼ |420,954 | 138,969 | 33 | Londres à Birmingham |

162 ¾ |359,376 | 139,417 | 38 | Great Western |

97 ¼ |207,837 | 78,586 | 37 | Grand-Junction |

87 » |173,630 | 76,270 | 43 | Londres et South Western |

30 ¾ |123,746 | 56,453 | 45 | Liverpool à Manchester |

60 » |119,113 | 56,409 | 47 | Manchester à Leeds |

73 » |115,580 | 41,887 | 36 | North Midland |

50 ½ |105,246 | 45,075 | 42 | Londres à Brighton |

60 » | 77,672 | 30,469 | 40 | Newcastle à Carlisle |

57 ¼ | 70,738 | 39,631 | 57 | Midland Counties |

41 » | 60,521 | 18,160 | 30 | Manchester à Birmingham |

46 » | 59,994 | 19,181 | 36 | Edinbourg à Glasgow |

28 » | 51,553 | 17,309 | 34 | York and North Midland |

53 » | 50,319 | 29,475 | 58 | Birmingham à Gloucester |

6 » | 42,401 | 20,600 | 48 | Dublin à Kingstown |

45 » | 36,252 | 15,895 | 41 | Great North of England |

41 ¼ | 35,748 | 19,783 | 55 | Birmingham à Derby |

32 ¼ | 35,746 | 15,759 | 47 | Northern et Eastern |

22 ½ | 30,107 | 10,804 | 35 | North Union |

3 ¾ | 27,106 | 13,503 | 50 | London à Greenwich |

40 » | 26,601 | 11,589 | 43 | Glasgow à Ayr |

17 ½ | 26,202 | 13,144 | 50 | Eastern Counties |

3 ¾ | 26,067 | 15,410 | 59 | London à Blackwall |

22 ½ | 24,855 | 11,900 | 48 | Glasgow à Greenock |

15 » | 16,580 | 7,531 | 44 | Chester à Birkenhead |

25 » | 10,800 | 5,460 | 51 | Ulster |

=========================+=======================+

| |

| |

| |

CHEMINS DE FER. | PRIX DU TARIF. |

|-----------------------|

|1re CL. |2e CL. |3e CL.|

-------------------------+--------+-------+------+

| | | |

|Sh. D.|Sh. D. |Sh. D.|

Londres à Birmingham | 31 3 |22 6 |14 » |

Great Western | 41 » |28 6 |17 » |

Grand-Junction | 26 » |18 » |13 » |

Londres et South Western | 21 6 |15 » | 8 6 |

Liverpool à Manchester | 6 3 | 4 6 | » » |

Manchester à Leeds | 15 » |10 » | 7 » |

North Midland | 18 » |12 » | 8 » |

Londres à Brighton | 13 » | 8 » | 6 » |

Newcastle à Carlisle | 11 » | 8 6 | » » |

Midland Counties | 11 6 | 8 6 | 4 6 |

Manchester à Birmingham | 11 » | 8 » | » » |

Edinbourg à Glasgow | 8 » | 6 » | 3 » |

York and North Midland | 6 » | 4 6 | 3 6 |

Birmingham à Gloucester | 14 » |10 » | 5 6 |

Dublin à Kingstown | » 8 | » 6 | » 4 |

Great North of England | 12 » | 8 » | 5 » |

Birmingham à Derby | 10 » | 7 » | 5 » |

Northern et Eastern | 7 » | 5 6 | 3 6 |

North Union | 5 » | 3 6 | » » |

London à Greenwich | » 10 | » 7 | » » |

Glasgow à Ayr | 6 » | 4 » | 3 » |

Eastern Counties | 3 6 | 2 6 | 2 » |

London à Blackwall | » 6 | » 4 | » » |

Glasgow à Greenock | 2 6 | 1 6 | » 6 |

Chester à Birkenhead | 3 6 | 2 6 | 1 6 |

Ulster | 3 » | 2 » | 1 4 |

=========================+=================================+

| |

| |

| PRIX DE REVIENT |

CHEMINS DE FER. | DE LA COMPAGNIE. |

|---------------------------------|

|1re CLASSE.|2e CLASSE.|3e CLASSE.|

-------------------------+-----------+----------+----------+

| | | |

|Sh. D. |Sh. D. | Sh. D. |

Londres à Birmingham |10 4 | 7 5 | 4 8 |

Great Western |15 8 |10 10 | 6 6 |

Grand-Junction | 9 3 | 6 10 | 4 8 |

Londres et South Western | 9 3 | 6 5 | 3 7 |

Liverpool à Manchester | 2 10 | 2 » | » » |

Manchester à Leeds | 7 1 | 4 9 | 3 3 |

North Midland | 6 6 | 4 4 | 2 11 |

Londres à Brighton | 5 5 | 3 6 | 2 6 |

Newcastle à Carlisle | 4 5 | 3 4 | » » |

Midland Counties | 6 7 | 4 7 | 2 6 |

Manchester à Birmingham | 3 4 | 2 5 | » » |

Edinbourg à Glasgow | 2 10 | 2 2 | 1 1 |

York and North Midland | 2 1 | 1 6 | 1 2 |

Birmingham à Gloucester | 8 2 | 5 10 | 3 2 |

Dublin à Kingstown | » 3¾ | » 2¾ | » 1¾ |

Great North of England | 4 11 | 3 3 | 2 1 |

Birmingham à Derby | 5 6 | 3 10 | 2 9 |

Northern et Eastern | 3 3 | 2 7 | 1 8 |

North Union | 1 9 | 1 3 | » » |

London à Greenwich | » 5 | » 3½ | » » |

Glasgow à Ayr | 2 6 | 1 8 | 1 3 |

Eastern Counties | 1 9 | 1 3 | 1 » |

London à Blackwall | » 3½ | » 2¼ | » » |

Glasgow à Greenock | 1 2 | » 8½ | » 2¾ |

Chester à Birkenhead | 1 5 | 1 » | » 7 |

Ulster | 1 7 | 1 1 | » 8¼ |

=========================+=============================+

| PRIX DE REVIENT |

| DE LA COMPAGNIE |

| Par 100 milles. |

CHEMINS DE FER. | |

|-----------------------------|

|1re CL. |2e CL. |3e CL. |

-------------------------+-----------+--------+--------+

| | | |

| Sh. D. | Sh. D.| Sh. D.|

Londres à Birmingham | 9 2 | 6 7 | 4 2 |

Great Western | 9 4 | 6 8 | 3 11 |

Grand-Junction | 9 6 | 7 » | 4 10 |

Londres et South Western | 10 7 | 7 4 | 4 1 |

Liverpool à Manchester | 9 1 | 6 5 | » » |

Manchester à Leeds | 11 9 | 7 11 | 4 8 |

North Midland | 9 » | 6 » | 4 » |

Londres à Brighton | 10 8 | 6 11 | 4 11 |

Newcastle à Carlisle | 7 4 | 5 7 | » » |

Midland Counties | 13 5 | 9 4 | 6 1 |

Manchester à Birmingham | 8 5 | 6 1 | » » |

Edinbourg à Glasgow | 6 4 | 4 6 | 2 3 |

York and North Midland | 7 9 | 5 4 | 4 » |

Birmingham à Gloucester | 15 6 | 11 » | 6 1 |

Dublin à Kingstown | 5 3 | 4 » | 2 8 |

Great North of England | 10 10 | 7 1 | 4 7 |

Birmingham à Derby | 13 4 | 8 9 | 6 2 |

Northern et Eastern | 10 1 | 8 » | 5 2 |

North Union | 7 9 | 5 7 | » » |

London à Greenwich | 11 1 | 7 9 | » » |

Glasgow à Ayr | 6 3 | 4 2 | 3 1 |

Eastern Counties | 10 » | 7 3 | 5 8 |

London à Blackwall | 7 11 | 5 3 | » » |

Glasgow à Greenock | 5 2 | 3 1 | 1 » |

Chester à Birkenhead | 9 7 | 6 8 | 5 11 |

Ulster | 6 4 | 4 4 | 2 9 |

=========================+=============================+

| PRIX DE REVIENT

| DE LA COMPAGNIE,

| si le nombre des voyag.

CHEMINS DE FER. | était triplé.

|---------------------------

|1re CL. |2e CL. |3e CL.

-------------------------+----------+------ -+-------

| | |

| Sh. D. |Sh. D. |Sh. D.

Londres à Birmingham | 5 10 | 2 9 | 1 9

Great Western | 3 10 | 2 9 | 1 8

Grand-Junction | 5 11 | 2 11 | 2 »

Londres et South Western | 4 5 | 3 1 | 1 9

Liverpool à Manchester | 3 10 | 2 8 | » »

Manchester à Leeds | 4 11 | 3 4 | 1 11

North Midland | 5 9 | 2 6 | 1 7

Londres à Brighton | 4 5 | 2 11 | 2 1

Newcastle à Carlisle | 3 5 | 2 3 | » »

Midland Counties | 5 7 | 3 10 | 2 1

Manchester à Birmingham | 3 7 | 2 6 | » »

Edinbourg à Glasgow | 2 7 | 1 11 | 1 »

York and North Midland | 3 3 | 2 2 | 1 8

Birmingham à Gloucester | 6 5 | 4 7 | 2 6

Dublin à Kingstown | 2 2 | 1 8 | 1 2

Great North of England | 4 5 | 2 11 | 1 11

Birmingham à Derby | 5 6 | 3 9 | 2 7

Northern et Eastern | 4 2 | 3 4 | 2 1

North Union | 3 3 | 2 3 | » »

London à Greenwich | 4 5 | 3 3 | » »

Glasgow à Ayr | 2 7 | 1 9 | 1 3

Eastern Counties | 4 2 | 3 1 | 2 4

London à Blackwall | 5 3 | 2 2 | » »

Glasgow à Greenock | 2 2 | 1 4 | » 5

Chester à Birkenhead | 4 » | 2 9 | 1 8

Ulster | 2 7 | 1 9 | 1 2

Il est nécessaire que nous sachions, aussi exactement que possible,

quelle est la position des différens chemins de fer relativement à ce

prix de revient du transport individuel, et jusqu'à quel point ils

ont jugé convenable de le surtaxer, pour surtaxer avantageusement

le public. Le 3e tableau ci-joint est le résultat des calculs faits

d'après le prix des places et les dépenses de vingt-six chemins de

fer. L'objet que j'ai en vue est de faire voir jusqu'à quel point on

pourrait réduire la dépense intrinsèque du transport de chaque voyageur.

Nous présumons que tout le monde est convaincu que le principe sur

lequel mes calculs sont basés, est juste, en ce qui regarde la dépense

que chaque voyageur occasionne aux Compagnies.

Railway Reform ou considérations sur la nécessité de réformer les bases du système qui a créé et qui dirige les chemins de fer de la Grande Bretagne, et des moyens à employer pour atteindre ce but. · 第 3 / 10 段