Quand, étonné, je contemple tes yeux conquérants, j'y vois tout mon
espoir écrit; j'y vois Amour lui-même qui me sourit et, caressant,
m'y montre le bonheur qu'il me tient en réserve. Mais, quand à te
parler je me hasarde, ce qui n'a lieu que lorsque mon espoir desséché
se tarit, tu n'as garde, cruelle, de jamais, par un mot, confirmer
ton regard qui seul me soutient. Si tes yeux sont pour moi, vois donc
ce que je dis; c'est à eux, à eux seuls que je me suis rendu. Mon
Dieu! quelle discorde en toi, si ta bouche et tes yeux se veulent
démentir! Mieux vaut, mon doux tourment, mieux vaut les départir, et
que je prenne au mot la promesse de tes yeux.