N'ayez plus, mes amis, n'ayez plus ce désir que je cesse d'aimer.
Laissez-moi, obstiné que je suis, vivre et mourir tel, puisque ainsi
il en est ordonné; mon amour, c'est le fil qui m'attache à la vie.
C'est ce que me dit la fée, comme jadis en Œagrie elle fit pour
Méléagre à l'amour destiné: en allumant la souche à l'heure où il
naquit: «Toi et ce feu, dit-elle, allez de compagnie.» Et la destinée
s'accomplit comme elle l'avait fixé: la souche, à ce qu'on dit, par
le feu se trouvant consumée, à ce même moment, ô prodigieux miracle,
on vit subitement du malheureux amant la vie et le tison s'en aller
en fumée.