Les oiseaux, on le sait, font de l'aviation de deux manières. Les uns
planent, c'est-à-dire se font porter par le vent, et ont une grande
surface alaire; les autres battent de l'aile, et ont une surface alaire
faible.
Ces deux méthodes comportent de sensibles différences de moteur. Chez
l'oiseau, le moteur, ce sont les muscles pectoraux, et le coeur. Car des
muscles puissants développant de grands efforts supposent un coeur plus
énergique, plus lourd, plus actif.
Or, comment se comportent le coeur et les muscles chez les deux groupes?
M. A. Magnan, qui a étudié le problème, a abouti à des conclusions
telles que l'on pouvait s'y attendre. C'est-à-dire que chez les planeurs
qui ne rament guère les muscles ne sont pas considérables, ni le coeur
très développé. Chez les rameurs qui battent de l'aile, au contraire,
les muscles et le coeur ont un développement très supérieur.
Ainsi les rapaces nocturnes qui planent ont 105 grammes de muscles
pectoraux par kilo de poids, et 7 gr. 3 de coeur par kilo. Par contre,
les gallinacés rameurs ont 263 gr. 7 de pectoraux et 13 gr. 4 de coeur
par kilo. La différence est très considérable, mais toute naturelle. Il
en faut conclure, en aviation, que le moteur doit être d'autant plus
puissant que la surface portante est moindre, bien que dans l'aéroplane
il n'y ait pas de battement d'aile.