[Illustration: LE SIÈGE D'ANDRINOPLE.--La situation au moment de
l'armistice et à la reprise des hostilités.
La ligne principale de défense turque, indiquée schématiquement sur le
croquis, n'a été rompue, en novembre, qu'au sud-ouest et à l'ouest, les
Bulgares s'étant emparés de Kartal-Tépé et d'une partie des forts de
Papas-Tépé d'où ils peuvent maintenant bombarder une partie de la
ville.--La ligne enveloppante de petits rectangles indique la
répartition des troupes assiégeantes dans les secteurs, et non pas leurs
positions qui sont beaucoup plus avancées.]
[Illustration: DEVANT ANDRINOPLE.--Le général Ivanof, qui commande
l'armée de siège bulgare, sur la rive de la Maritza, avec son
état-major. _Photographie. G. Woltz._]
[Illustration: UNE FABLE DE LA FONTAINE EN ACTION.--_Le Meunier, son
fils et l'âne_, dans le Turkestan. _Phot. A. Svoboda._]
C'est une illustration inattendue pour la célèbre fable de La Fontaine,
_le Meunier, son fils et l'âne_, que nous apporte cette authentique
photographie qui fut prise à Bokhara, dans le Turkestan... On y
retrouve, saisis sur le vif, les trois personnages du délicieux apologue
familier à nos mémoires: le père, vénérable vieillard, coiffé du turban,
vêtu d'une ample robe rayée, son fils, un enfant encore, «mais non des
plus petits», et le paisible baudet, docile sous le bât, philosophe que
les vicissitudes de ce monde n'émeuvent plus.
Le voilà portant bravement sur son échine un double fardeau, dont l'un
au moins est de poids; mais la route est longue, le soleil ardent, et la
pauvre bête ne saurait, en cet équipage, aller loin. Pour l'alléger, le
fils descend; et tout aussitôt les bons villageois rencontrés au passage
de s'indigner, comme dans la fable, à la vue du jeune homme suivant à
pied son père, «tandis que ce nigaud, comme un évêque assis, fait le
veau sur son âne...» Le vieillard, confus, se hâte, pour détourner les
quolibets, de céder sa place à son fils; et les railleries, maintenant,
s'adressent au garçon, qui, confortablement installé sur sa monture,
semble mener «laquais à barbe grisez». Blâmé par ceux-ci, pris en pitié
par ceux-là, le père se décide à remettre son fils en croupe:
_Eh quoi! charger ainsi une pauvre bourrique!_
Il s'y résout enfin, pour avoir la paix. Et c'est, dans l'aventure, le
malheureux âne qui, comme on dit, «a bon dos»...