même manoeuvre, doivent faire un tout absolument articulé. Les
transmissions et les contacts doivent se faire avec rapidité et
exactement.
=77. Exemple d'exécution d'une tranchée par deux camarades de combat=
{ _s_ Sacs.
{ _f_ Fusil du camarade de combat prêt à tirer.
_Légende._ { A B Emplacement d'un des camarades de combat.
{ C D _Idem._
{ F F' F'' Fouilles.
Conduite du travail
[Illustration: _1re Période._--Le tireur A B, étendu derrière son sac,
creuse avec sa bêche à sa droite en F et rejette les terres entre son
sac et celui de son camarade C D, qui, couché, est prêt à tirer.]
[Illustration: _2e Période._--Le tireur A B se couche dans son
excavation F et reste prêt à tirer pendant que son camarade C D creuse
à son tour à sa droite en F et prolonge la masque de terre commencé.]
[Illustration: _3e Période._--Le tireur A B travaille à nouveau,
creuse le sol en F'' entre F et F' et épaissit le masque de terre.
Pendant ce temps, le camarade C D est prêt à tirer dans son excavation
F', ayant rapproché son sac de son côté.]
[Illustration: _4e période et suivantes._--Les deux camarades de
combat travaillent et tirent alternativement; ils se redressent peu à
peu à mesure que l'abri, donné par le masque de terre et le trou de la
fouille, augmente de hauteur.]
=78. Modèles de tranchées faites par un groupe de soldats=
[Illustration: Tranchée pour tireur assis]
[Illustration: Tranchée pour tireur à genoux.]
* * * * *
=Observation pour le tirailleur.=--Les camarades de combat doivent
toujours rester l'un près de l'autre.
Au combat, il faut toujours viser, employer la hausse convenable et ne
pas gaspiller ses cartouches.
La poudre sans fumée, qui permet d'atteindre l'ennemi sans se laisser
voir, assure au tirailleur qui sait utiliser le terrain des effets de
démoralisation très puissants sur son adversaire.
_Défenses accessoires._--Elles ont pour but: 1º de barrer certains
passages à l'ennemi; 2º de retarder sa marche, pendant qu'il est sous
le feu, par des obstacles, tels que réseaux de fil de fer, abatis
d'arbres et de branches reliées entre elles, barricades, inondations,
rupture de ponts, etc.
[Illustration: Terrain fortifié--Utilisation de la tranchée.]
X--SERVICES DIVERS.
Convois.
=79. À quoi servent les convois en campagne?=
Ils ont pour objet le transport des cartouches, des outils, de
l'argent, des subsistances, des effets d'habillement et d'armement,
des malades, des prisonniers, etc.
=80. Quelles sont les voitures employées à ces transports?=
Un régiment d'infanterie de campagne, c'est-à-dire de trois
bataillons, a: 14 voitures à vivres et à bagages; 12 voitures à
munitions; 13 voitures-cuisines roulantes[1]; 1 voiture-forge; 3
voitures à viande; 3 médicales; 2 voitures légères d'outils; 13
fourgons à vivres.
L'ensemble des voitures d'un corps de troupe d'infanterie se subdivise
en train de combat et train régimentaire.
Le train de combat suit immédiatement le corps et comprend les:
Voitures à munitions;
Voitures à vivres et bagages;
Cuisines roulantes[33] (avec voitures à viande);
[Note 33: Les voitures-cuisines roulantes ne sont pas encore
absolument admises.]
Voitures médicales;
Caissons à munitions des sections de mitrailleuses (type mixte);
Mulets porteurs de munitions des sections de mitrailleuses (type
alpin);
Voitures légères d'outils.
* * * * *
NOTA.--Les autres voitures forment le train régimentaire qui marche
plus en arrière (13 fourgons à vivres et 1 forge).
=81. Quels sont les chargements des voitures à vivres et à bagages et
des voitures de munitions?=
1º _Voiture à vivres et à bagages._--On y place: les vestes ou
vareuses contenues dans 16 enveloppes, 1 jour de vivres de réserve
pour officiers et troupe, 1 jour d'avoine de réserve et l'avoine du
jour, 1 jour d'eau-de-vie, les caisses à bagages (ou ballots)
d'officiers et adjudants, 1 cantine à vivres pour officiers, 16
baguettes en laiton, trousses pour tailleurs et cordonniers, boîtes à
livrets et comptabilité, musette de pansage et ferrures de réserve,
l'arme et le sac du conducteur, les sacs de l'infirmier, du cycliste,
téléphoniste.
2º _Voitures à munitions._--Elle porte 32 cartouches par homme de la
compagnie, plus 16.384 cartouches et 200 musettes à bretelles pour le
transport des cartouches sur la ligne de feu.
Service de santé.
=82. Comment est assuré le service de santé en campagne et sur le
champ de bataille?=
Il est assuré d'abord par les médecins des corps, assistés des
infirmiers (1 par compagnie) et des brancardiers (4 par compagnie):
ils établissent des postes de secours sur le champ de bataille[34].
Viennent ensuite les ambulances, les hôpitaux de campagne et les
transports d'évacuation. Les aumôniers des cultes marchent avec les
ambulances.
[Note 34: Voir le paquet individuel de pansement, page 57.]
Convention de Genève.
=83.= Les établissements où sont soignés les militaires, les voitures
d'ambulance et le personnel du service de santé sont neutralisés. Le
personnel a le brassard blanc à croix rouge, les voitures et
établissements un drapeau blanc à croix rouge et le drapeau national.
Services divers.
=84.= La trésorerie, les postes et les télégraphes fonctionnent aux
armées par les soins des agents ordinaires de ces services qui sont
mobilisés et organisés en sections.
La direction générale des chemins de fer est sous l'autorité de
l'État-major général de l'armée.
CHAPITRE X
TRANSPORT DES TROUPES PAR LES VOIES FERRÉES
=85. Quelle est l'importance pour les troupes des exercices
d'embarquement en chemin de fer?=
En cas de mobilisation, presque toutes les troupes auront à faire
usage des chemins de fer pour être transportées sur les points de
concentration des armées; il faudra à ce moment beaucoup d'ordre et de
rapidité, c'est pourquoi l'instruction donnée à ce sujet est
importante.
=86. Comment voyagent les troupes en temps de guerre ou de manoeuvre?=
Les troupes voyagent ordinairement dans des trains spéciaux comprenant
un effectif variable de 1.000 à 1.200 hommes environ, avec les chevaux
et les voitures du détachement.
=87. Quelles sont les voitures dans lesquelles sont embarqués les
hommes et quelles sont les contenances déterminées?=
On emploie pour le transport des hommes soit des voitures à voyageurs,
soit des wagons à marchandises aménagés avec des bancs mobiles
spécialement préparés pour cet usage.
Dans les voitures à voyageurs, on place 8 hommes par compartiment au
lieu de 10, les deux places restantes étant destinées au rangement des
armes, des sacs et des effets.
Les wagons aménagés comprennent 32, 36 ou 40 hommes suivant la
longueur du wagon.
En cas de nécessité, on peut faire usage de tous les wagons
disponibles, de quelque nature qu'ils soient, aménagés ou non.
[Illustration: Wagon à voyageurs.]
=88. Comment fractionne-t-on la troupe?=
Avant d'arriver sur l'emplacement du train, on fractionne la troupe
par wagon, selon la contenance de chaque voiture. Tout le monde rentre
dans le rang et on conserve les places des hommes de l'escouade qui
rejoindront (tambours, clairons, ordonnances, équipe d'embarquement,
etc.).
La troupe est ensuite conduite par quatre devant les wagons, où le
sous-officier chef de wagon fait le fractionnement par compartiment et
désigne les chefs de compartiments.
=89. Comment se fait l'embarquement dans les voitures à voyageurs?=
Le fractionnement se fait par 8 hommes par compartiment (2 files de 4
hommes); le chef de compartiment et l'autre chef de file montent sans
sac et sans fusil; ils reçoivent d'abord les huit fusils, qui sont
placés dans les filets s'il en existe; sinon, contre la paroi opposée
à l'entrée; on les maintient avec une courroie de sac liée à deux
pitons qu'on visse dans la paroi contre les deux fusils extrêmes et à
5 centimètres au-dessous de l'embouchoir.
Les sacs sont ensuite passés un par un et placés 3 sur la banquette en
face des fusils, 1 contre les crosses des 8 fusils et 4 sous les
bancs.
Les hommes entrent alors, sur l'ordre du chef de compartiment.
=90. Comment se fait l'embarquement dans les wagons aménagés?=
Ces wagons peuvent être considérés d'après le dispositif des bancs
comme ayant quatre compartiments; le fractionnement par groupe ou par
compartiment se fait ainsi:
8 hommes pour les wagons de 32 hommes (2 files de 4 hommes);
9 hommes pour les wagons de 36 hommes (1 file de 4 et 1 de 5 hommes);
10 hommes pour les wagons de 40 hommes (2 files de 5 hommes).
On opère comme ci-dessus pour le passage des sacs et des fusils;
ceux-ci sont fixés avec une courroie et avec des pitons contre la
paroi du fond (petits côtés du wagon), les crosses étant sur le
plancher.
Les sacs sont empilés contre la même paroi à côté et contre les
fusils.
=91. Quand commence l'embarquement des hommes?=
Au signal donné par la sonnerie «En avant».
=92. Quelles sont les mesures de police et de sécurité qu'il faut
observer?=
Il est interdit:
1º De passer la tête ou les bras hors des portes, portières ou volets
d'aération;
2º De procéder pendant la marche à l'ouverture des portes, portières
et volets d'aération ou à la fermeture desdits volets;
3º De passer d'une voiture dans une autre;
[Illustration: Wagon aménagé.]
4º De pousser des cris, de chanter et de siffler;
5º De descendre des voitures aux stations avant les sonneries qui
doivent en donner le signal;
6º De fumer dans les wagons à chevaux;
7º De jeter hors des wagons des objets quelconques et notamment des
bouteilles pouvant blesser les agents service sur la voie.
Les chef de wagon responsables sont tenus de faire respecter ces
prescriptions.
=93. Comment sont faites les haltes?=
Les haltes de dix à quinze minutes sont annoncées par la sonnerie
«Halte-là». Les hommes peuvent descendre et ils doivent remonter dès
la sonnerie «En avant» faite trois minutes avant la marche du train.
Les sentinelles de la garde de police indiquent les endroits où il ne
faut pas aller.
=94. Quelles prescriptions doivent observer tous les hommes pour
reconnaître leur wagon et pour éviter toute erreur?=
Il importe que chaque homme connaisse le numéro de son wagon et de son
compartiment. D'ailleurs, les numéros des compagnies sont inscrits à
la craie sur les voitures.
=95. Comment les hommes sont-ils nourris pendant les transports en
chemin de fer?=
Pendant les transports de concentration, les hommes reçoivent:
1º De l'administration militaire, avant le départ et pour toute la
durée du trajet: 375 grammes de pain, 100 grammes de conserves de
viande assaisonnée par période de douze heures ou inférieure à douze
heures (les boîtes sont de 300 grammes);
2º De l'ordinaire, un repas toutes les vingt-quatre heures composé de
viande froide, de charcuterie, de fromage ou d'autres denrées[35];
[Note 35: Les repas froids sont placés dans la gamelle; le pain,
les conserves de viande et le sel dans l'étui-musette.]
3º Un quart de café chaud, distribué dans les stations-haltes-repas
par période de douze heures.
En outre, dans ces stations-haltes-repas, les hommes peuvent remplir
leurs bidons d'une boisson préparée en mélangeant 25 centilitres
d'eau-de-vie dans 10 litres d'eau.
=96. Comment les distributions sont-elles faites dans les
stations-haltes-repas?=
On sonne «la soupe», les fourriers descendent avec deux hommes par
wagon et ils reçoivent de l'officier d'administration le café, la
boisson préparée et, s'il y a lieu, les vivres destinés à la
compagnie; la répartition aux hommes est faite dans les wagons; les
hommes ne peuvent descendre qu'après cette répartition.
=97. Quels sont en outre les vivres qui accompagnent les hommes?=
1º Les petits vivres du sac, auxquels il ne faut pas toucher pendant
le trajet;
2º Deux jours de pain de débarquement pour l'arrivée. Ce pain est
placé dans un fourgon du train.
=98. Comment se fait l'embarquement des chevaux et des voitures?=
Chaque détachement embarque avec lui dans des wagons ou sur des trucs
ses chevaux et ses voitures. Ce travail est fait par les équipes
d'embarquement des compagnies (1 caporal et 16 hommes par compagnie,
une compagnie par bataillon fournit 1 sergent), qui sont dressées à ce
service.
=99. Comment se fait le débarquement d'un train militaire?=
À la dernière halte avant l'arrivée, les hommes sont prévenus de se
tenir prêts à descendre; ils rectifient leur tenue. Les gardes
d'écurie brident les chevaux.
À la station d'arrivée, on sonne «la marche du régiment», et le
débarquement se fait par les moyens inverses à l'embarquement, mais
sans bruit et avec le plus de rapidité possible.
=100. Quelles attentions doit-on avoir au moment de descendre?=
Il faut:
1º Abaisser les glaces des portières;
2º En descendant, tenir à la main son fourreau de sabre;
3º Éviter d'appuyer son arme contre les voitures du train, qui peuvent
à tout moment être ébranlées par un mouvement de la locomotive.
CHAPITRE XI
LA MOBILISATION
=101. Qu'est-ce que la mobilisation?=
La mobilisation est le passage du pied de paix au pied de guerre.
=102. Qu'entend-on par troupes de couverture?=
Ce sont celles qui, pendant le temps nécessaire à la mobilisation et à
la concentration de nos armées, sont prêtes dès la première heure,
couvrent notre mobilisation, luttent avec ardeur et énergie, résistent
à l'ennemi et s'opposent à toute incursion sur le territoire national.
C'est une des plus nobles missions.
=103. Que fait le soldat à l'annonce de la mobilisation?=
Dès qu'elle est ordonnée, le soldat reçoit du magasin de la compagnie
des effets de la collection de guerre, préparés d'avance et étiquetés
à son nom. Il prend la tenue de campagne et prépare son chargement qui
a été réduit au strict nécessaire pour diminuer le poids.
Puis il fait avec ordre et ponctualité les nombreuses corvées qui se
présentent à ce moment.
=104. Que deviennent les effets non emportés en campagne?=
Tous les effets non emportés en campagne par la compagnie sont versés
au magasin du corps pour servir à différentes formations et au dépôt
du régiment. Chaque homme fait un petit ballot de ses effets
personnels qui ne doivent pas être emportés.
=105. Comment se forma la compagnie sur le pied de guerre?=
L'effectif d'une compagnie est porté à 250 hommes.
Les escouades se dédoublent: la 1re forme les 1re et 2e escouades, la
3e forme les 3e et 4e, etc., soit seize escouades (quatre par
section).
La compagnie et les escouades sont complétées en cadre et en hommes
par les réservistes affectés à la compagnie, qui rejoignent suivant
les ordres du fascicule de leurs livrets. Dès leur arrivée, ils sont
habillés et équipés: leurs effets et leurs armes sont préparés dans
les magasins.
Le régiment de campagne est formé de 3 bataillons (12 compagnies).
4º DEVOIRS DU SOLDAT
DANS SES FOYERS
APRÈS SA
LIBÉRATION DU SERVICE ACTIF
CHAPITRE XII
La loi du service militaire est du 21 mars 1905 modifiée le 7 août
1913. Elle prescrit ce qui suit pour les soldats dans leurs foyers,
après le service actif:
Affectation.
=1.= Dans ses foyers, le militaire est affecté à un corps ou à un
service. Cela lui est indiqué en détail sur le fascicule de
mobilisation qui est placé à son livret individuel.
=2.= Les militaires dans leurs foyers sont sous l'autorité du
commandant du bureau du recrutement de la subdivision de leur
domicile, c'est à lui qu'ils adressent leurs demandes, par
l'intermédiaire de la gendarmerie, qui transmet.
Les principales demandes qu'un militaire dans ses foyers peut avoir à
faire sont au sujet des périodes d'instruction, de prolongation, de
sursis, de devancement d'appel, de dispense de période d'instruction,
des changements de domicile ou de résidence, de maladies qui
nécessitent la réforme.
=3.= L'homme, en quittant le régiment, se retire en principe dans sa
subdivision d'origine: où il a passé le conseil de révision.
L'autorité militaire doit toujours connaître le lieu où se trouve le
militaire dans ses foyers.
Changements de résidence et de domicile.
=4.= On change de résidence lorsque l'on quitte _momentanément_ le
lieu que l'on habite pour aller occuper, pendant quelque temps, un
autre lieu.
On change de domicile lorsque l'on quitte, _sans l'idée de retour_, le
lieu que l'on habite pour aller définitivement ailleurs.
On est tenu de faire sa déclaration de changement de résidence ou de
domicile au commandant de la brigade de gendarmerie de sa nouvelle
résidence dans le délai d'un mois, étant porteur de son livret
individuel.
Sont passibles de punitions disciplinaires, les militaires dans leurs
foyers qui ont omis de faire à la gendarmerie ces changements de
résidence ou de domicile.
Si l'on fait un voyage de plus de deux mois d'absence de chez soi, il
faut aussi aviser la gendarmerie.
Obligations et périodes d'exercices.
=5.= 1º Les réservistes de l'armée active doivent accomplir (pendant
leurs onze années de service dans la réserve) deux périodes: 1º une de
vingt-trois jours; 2º une de dix-sept jours.
2º Les territoriaux (pendant leurs sept années de service), une
période d'exercices de neuf jours.
3º Les militaires de la réserve de la territoriale (pendant sept ans)
sont assujettis à une revue d'appel (une journée au maximum).
En principe, les réservistes de l'infanterie sont convoqués pour le
premier appel (vingt-trois jours), à l'époque des manoeuvres
d'automne; ceux du deuxième appel (dix-sept jours), dans des camps
d'instruction, au printemps.
Sont appelés les années de millésime pair ceux affectés au premier
régiment de chaque brigade et aux bataillons de chasseurs de numéros
pairs; et sont appelés les années de millésime impair, ceux affectés
au deuxième régiment de chaque brigade et aux bataillons de chasseurs
de numéros impairs.
Maladie et réforme.
=6.= Le militaire dans ses foyers qui, par suite d'une maladie ou d'un
accident, devient impropre soit au service militaire armé, soit au
service auxiliaire, doit immédiatement, dès que le fait s'est produit,
en informer l'autorité militaire.
À cet effet, l'homme en fait la déclaration au commandant de la
brigade de gendarmerie, qui la transmet, avec une enquête sommaire,
appuyée d'un certificat médical, au commandant du bureau de
recrutement.
Le commandant de recrutement envoie au militaire une convocation
indiquant le jour, l'heure et le lieu où il devra se présenter devant
la commission de réforme. Cette convocation donne droit au tarif
militaire sur les chemins de fer pour aller au lieu de convocation et
pour le retour, si le titulaire est réformé.
Père de quatre et six enfants.
=7.= Les réservistes qui sont pères de quatre enfants vivants passent
de droit et définitivement dans l'armée territoriale. Ils ne sont plus
astreints qu'aux périodes de leur nouvelle classe de mobilisation.
Les pères de six enfants vivants passent de droit dans la réserve de
l'armée territoriale.
Le militaire qui se trouve dans un de ces deux cas fait une demande
qu'il remet à la gendarmerie, en y joignant: 1º les actes de naissance
des enfants; 2º un certificat de vie des enfants (le tout sur papier
libre). Toutefois, ces hommes passés prématurément dans l'armée
territoriale ou dans la réserve de l'armée territoriale sont maintenus
dans l'armée jusqu'à l'expiration des vingt-cinq années exigées par la
loi.
Convocation. Départ. Heure d'arrivée.
=8.= Les convocations sont faites au moyen d'un ordre d'appel
individuel qui comporte un récépissé que l'intéressé retourne gratis,
par la poste, au commandant de recrutement.
Pour fixer le jour et l'heure de l'arrivée à destination, on admet que
l'homme convoqué quitte sa résidence le _premier jour_ de la période à
la _première heure_, et on tient compte des journées de route
auxquelles lui donnent droit les distances à parcourir et les
facilités de communication dont il dispose.
Les règles pour la fixation de l'heure d'arrivée sont les suivantes:
1º _Hommes obligés d'utiliser la voie de terre pour rejoindre leur
corps_
=9.= Les heures d'arrivée sont basées sur la distance du domicile (ou
de la résidence déclarée) jusqu'au corps d'affectation:
_On doit arriver le premier jour_,
à 8 heures du matin pour les trajets de 0 à 12 kilom.
à 10 -- -- -- 12 à 20 --
à midi -- 20 à 24 --
_Le deuxième jour_,
à 8 heures du matin pour les trajets de 24 à 36 kilom.
à 10 -- -- -- 36 à 44 --
à midi -- 44 à 48 --
2º _Hommes ayant à leur disposition la voie ferrée pour rejoindre leur
corps_
=10.= Ces hommes _doivent prendre_, en principe, _le premier train de
la journée_ susceptible de les amener à destination.
Ils obtiennent le quart du tarif sur les chemins de fer, sur la
présentation de leur ordre d'appel.
Sont toutefois autorisés à prendre:
_a_) Des trains entre 8 heures et midi, les hommes ayant à effectuer à
pied, pour se rendre de leur domicile ou de leur résidence déclarée à
la gare de départ, un trajet compris entre 8 et 20 kilomètres;
_b_) Des trains entre midi et 6 heures du soir, si ce trajet est
compris entre 20 et 24 kilomètres;
_c_) Le premier train du deuxième jour, si ce trajet est supérieur à
24 kilomètres.
On doit se présenter à son corps dès l'arrivée dans son lieu de
garnison.
L'homme à son départ doit être muni de son livret individuel et de son
ordre d'appel.
NOTA.--L'ordre d'appel peut être utilisé dans un délai de trois jours
avant la date fixée pour l'arrivée au corps; il peut également servir
deux jours après la date du retour, mais avec une autorisation
spéciale du chef de corps.
=11.= Le militaire doit n'emporter que les effets nécessaires à son
voyage et ne prendre comme bagage que le linge qui lui est nécessaire
pour le temps de sa période, s'il veut faire usage de son linge
personnel.
Comme chaussures, si le militaire a la possibilité de le faire, il est
bon qu'il se munisse d'une bonne paire de brodequins larges, déjà
brisés, se rapprochant du modèle réglementaire. Ce sera pour lui une
garantie pendant les marches.
Sinon, il reçoit à son arrivée au corps du linge et dès chaussures.
Il est bon que le réserviste ou le territorial arrive à son corps avec
les cheveux coupés court. Il est libre de porter sa barbe comme il le
fait ordinairement.
=12.= Le militaire qui vient accomplir une période d'exercices _doit
arriver à son corps avec la dignité qui convient a un homme qui
accomplit un des plus importants de ses devoirs de citoyen_.
Il faut donc qu'il se présente _exactement a l'heure indiquée_, étant
propre, convenablement vêtu et surtout _n'étant pas pris de boisson_.
Le devoir est de travailler consciencieusement pendant les périodes,
pour se maintenir à la hauteur de la tâche qu'on peut avoir à remplir
le jour, peut-être prochain, où les réserves seraient rappelées pour
soutenir l'honneur du drapeau et pour défendre le territoire de la
France.
=13.= Il importe de reprendre, pendant ces quelques jours, la vie
militaire en entier, sans chercher à se soustraire à aucun service, de
prendre les repas à l'ordinaire avec tous les soldats, au nom de
l'égalité qui existe au régiment où chacun travaille pour le même but,
pour le même idéal: _la défense du pays et la grandeur de la Patrie_.
Secours aux familles.
=14.= Les familles des hommes de la réserve et de la territoriale qui,
au moment de leur convocation, remplissent effectivement les devoirs
de soutien indispensable de famille, peuvent recevoir une allocation
fournie par l'État pendant la durée de la période. Cette allocation,
fixée à 1f 25, sera majorée de 50 centimes pour chaque enfant de moins
de seize ans à la charge de l'homme convoqué.
L'homme devra faire, dès qu'il est avisé de sa convocation, une
demande écrite au maire, en y joignant:
1º Un relevé des contributions payées par le réclamant ou ses
ascendants, certifié par le percepteur;
2º Un état certifié par le maire indiquant le nombre et la position
des membres de la famille vivant sous le même toit ou séparément, le
revenu et les ressources de chacun d'eux.
Indemnités relatives aux convocations.
=15.= _Pour l'aller_, les convoqués ont droit à l'indemnité
kilométrique en chemin de fer, partout où existe ce mode de transport
et quelle que soit la distance à parcourir.