=50. Comment s'oriente-t-on avec une boussole?=

La boussole a une extrémité de son aiguille qui est bleue; or, la

boussole étant horizontale, la pointe bleue se dirige toujours vers le

nord, malgré le mouvement de rotation de l'instrument.

=51. Quelles sont les remarques à utiliser pour l'orientation?=

De jour, par les temps couverts, et la nuit, il est bon d'interroger

les habitants pour savoir de quel coté le soleil se lève et de quel

côté il se couche.--Consulter les girouettes.

Dans nos régions, les murs, les rochers, les arbres, les bornes sont

plus humides ou plus garnis de mousse du côté nord-ouest (_côté

habituel de la pluie et du vent_). Les vieux poteaux, les croix

funéraires s'inclinent vers le sud-est.

Les anciennes églises ont généralement l'autel à l'est.

Indices.

=52. _Population._=--Dans le voisinage de l'ennemi, les habitants sont

inquiets; ils sont insolents en pays ennemi.

_=Poussière.=_--La poussière soulevée par une colonne d'infanterie est

basse, par la cavalerie elle est haute et légère, par l'artillerie

plus épaisse.

On peut en déduire en outre la direction de marche et la longueur des

colonnes.

_=Reflets.=_--Les reflets du soleil sur les armes et les objets

brillants indiquent une troupe en mouvement. Nombreux reflets: la

troupe s'avance ordinairement.

Reflets incertains, inégaux, passagers: la colonne se retire.

_=Feux de bivouac.=_--De jour, l'intensité de la fumée; de nuit,

l'éclat, le nombre des feux, leur lueur au ciel, indiquent

l'emplacement et l'importance des bivouacs.

_=Bruits divers.=_--Le roulement des voitures, le claquement des

fouets, le hennissement des chevaux, les aboiements prolongés des

chiens indiquent en général un passage de troupes.

_=Traces.=_--Dans un chemin ou à travers champs, les traces des pas

des hommes et des chevaux, les empreintes des roues de voitures

peuvent renseigner sur la direction prise par les colonnes et les

troupes, et même sur leur importance et leur formation.

_=Emplacements quittés.=_--Les emplacements où une troupe a bivouaqué

ou bien où elle a fait une grand'halte permettent de reconnaître la

force et la composition des troupes.

Évaluation des troupes en vue.

=53.= À distance, les troupes d'infanterie se détachent sur le terrain

sous l'apparence d'une ligne sombre, mince, coupée d'intervalles

réguliers. Pour la cavalerie, cette ligne paraît plus épaisse et

dentelée; pour l'artillerie, elle est plus irrégulière.

=54.= _Infanterie._--En marche sur une route, une compagnie

d'infanterie de guerre occupe une longueur de 100 à 110 mètres, un

bataillon 450 mètres.

Le front de combat d'une compagnie (France et étranger) varie de 76 à

150 mètres.

En Allemagne, la compagnie n'a que trois pelotons et chaque bataillon

a un drapeau.

_Cavalerie._--Un régiment de cavalerie a 4 escadrons à 4 pelotons; un

escadron au complet, 175 cavaliers. La longueur d'un escadron sur

route est de 150 mètres environ.

_Artillerie._--Une batterie de campagne en France a 4 pièces; en

Allemagne et en Italie, 6 pièces; en Autriche, 8.

Sa longueur est de 350 à 400 mètres, son front de combat de 100

mètres.

Un groupe est la réunion de 2 ou 3 batteries.

La longueur d'une section de munitions est de 500 mètres.

[Illustration: Poste terminus au cantonnement.--Route barricadée.]

V--INSTALLATION AU CANTONNEMENT ET AU BIVOUAC.

=55. Qu'est-ce qu'un cantonnement?

C'est l'installation des troupes dans les lieux habités. Elles sont

plus ou moins serrées selon l'effectif à cantonner.

=56. Qu'entend-on par cantonnement d'alerte?=

Très près de l'ennemi, on n'occupe que les rez-de-chaussée, les portes

sont ouvertes, les rues sont éclairées, on ne se déshabille pas: c'est

le cantonnement d'alerte.

=57. Qui prépare le cantonnement?=

Il est reconnu et préparé par le campement (1 officier pour le

régiment avec des cyclistes--1 adjudant par bataillon--et par

compagnie 1 fourrier, 1 caporal et 2 soldats).

=58. Quels sont les premiers devoirs du soldat à son arrivée au

cantonnement?=

S'installer rapidement dans son cantonnement, fournir les corvées

régulières, organiser les latrines[25], les cuisines et les barricades

nécessaires pour éviter les accidents dans l'intérieur des maisons.

[Note 25: Il faut faire les feuillées derrière les maisons, puis

chaque jour les reboucher et creuser une nouvelle fosse.]

Aucun homme non commandé pour le service ne peut s'éloigner de son

logement avant d'avoir procédé aux soins de propreté corporelle,

nettoyé ses armes, ses effets, ses objets de toute nature et revêtu la

tenue prescrite.

[Illustration: Le poste de police au cantonnement.

Les plantons des compagnies et les hommes de garde.]

=59. Quels sont les points sur lesquels les soldats doivent

spécialement porter leur attention?=

Ils doivent veiller à la conservation des cartouches et des vivres du

sac, prendre leurs repas à l'heure indiquée et conserver pour le repas

suivant ce qui est prescrit, laver leur linge sale, éviter de fumer

dans les locaux où se trouvent des fourrages et des matières

inflammables, et ne se servir que de lanternes bien closes.

Prendre partout les précautions nécessaires pour éviter toute chance

d'incendie.

Il faut vivre en bonne intelligence avec ses hôtes, être poli avec

eux, respecter leurs biens et n'exiger que ce qui est dû. Le soldat

s'en trouvera bien.

Il faut être aussi consciencieux et exact qu'en garnison lorsqu'on est

commandé pour les corvées, les services et les gardes.

=60. Le soir, a-t-on des attentions spéciales à avoir?=

Oui, il faut reconnaître le lieu de rassemblement de la compagnie,

faire son paquetage complet, placer son sac et son fusil à sa portée,

rentrer au cantonnement à l'heure prescrite, se coucher sans bruit

avec son escouade, exactement à l'emplacement donné, bien se reposer

et dormir tranquille jusqu'au réveil, des camarades veillant aux

avant-postes.

=61. Qu'est-ce que la fraction de jour et le piquet?=

Chaque jour, une compagnie est désignée pour fournir la garde de

police et les autres gardes intérieures; la partie qui reste

disponible forme le piquet; ces militaires ne sortent pas de leur

cantonnement et restent toujours habillés et équipés.

=62. Comment, en dehors des avant-postes, un cantonnement se

garde-t-il lui-même?=

Les fractions cantonnées aux issues des villages les gardent par des

sentinelles; on barricade les passages. La consigne de ces sentinelles

est d'arrêter toute tentative de surprise de l'ennemi, surtout de la

cavalerie, d'intercepter toute communication des habitants avec

l'extérieur et d'empêcher l'espionnage; elles envoient au poste de

police les estafettes ou vélocipédistes. Le poste de police remplit la

mission de poste d'examen.

=63. Qu'est-ce qu'un bivouac et un camp?=

Les troupes installées en plein air ou sous des abris provisoires sont

au _bivouac_.

Les troupes installées sous la tente ou dans des baraques forment un

_camp_.

Le service général dans les camps et dans les bivouacs est le même

qu'au cantonnement; il en est de même du service de sécurité.

VI--ALIMENTATION EN CAMPAGNE.

=64. Comment se fait le service de l'alimentation en campagne?=

En campagne, on vit sur place en utilisant les ressources du pays ou

on vit chez l'habitant (surtout pour les reconnaissances de cavalerie,

estafettes, cyclistes, isolés), ou bien on touche la ration normale,

la ration forte ou les vivres de réserve.

Pour la nourriture chez l'habitant, on se conforme aux habitudes des

localités. L'habitant reçoit par repas un bon de demi-journée de

nourriture ou bien on remet son ordre de réquisition à la

municipalité.

=65. Qu'entend-t-on par ration forte et par ration normale?=

En campagne, le soldat reçoit la ration forte pendant la période des

opérations actives ou des grands froids, et la ration normale pendant

les stationnements et les opérations qui n'imposent pas de grandes

fatigues.

=66. Qu'est-ce que les vivres de réserve[26]?=

[Note 26: Pour l'alimentation pendant les transports par voie

ferrée, voir le chapitre X, page 143.]

Ce sont des vivres que l'on porte dans le sac et sur la voiture à

vivres et à bagages et qu'on conserve pour assurer la nourriture dans

des cas exceptionnels, un autre mode d'alimentation n'étant alors pas

possible.

Ils sont constitués pour deux jours (ration forte). On ne doit toucher

à ces vivres de réserve que sur un ordre spécial du commandement. Dès

qu'ils sont consommés, ils sont remplacés par les soins de l'officier

d'approvisionnement. Ils comprennent:

Pain de guerre[27] 2 jours à 300 grammes = 600 gr.

Viande de conserve assaisonnée }

(2 boîtes individuelles) } 2 -- 300 -- = 600 gr.

Potage salé (2 boîtes) 2 -- 50 -- = 100 gr.

Sucre 2 -- 80 -- = 160 gr.

Café en tablettes 2 -- 36 -- = 72 gr.

[Note 27: Deux jours représentent 12 galettes en moyenne de pain

de guerre.]

Ceux portés par le havresac sont placés dans des sachets de toile.

=67. Comment fonctionne l'ordinaire en campagne?=

En campagne, l'ordinaire ne fonctionne plus de la même façon, car en

général la plupart des denrées sont fournies gratuitement aux troupes.

On continue à préparer les repas en commun, autant que possible par

escouade; le plus souvent même il y a avantage à faire la cuisine par

section. La prime fixe d'alimentation est de 20 centimes à l'intérieur

et de 24 et 26 centimes en Algérie et Tunisie.

Dans les unités qui sont pourvues de voitures-cuisines ou cuisines

roulantes, la cuisine se fait pour toute la compagnie.

=68. Qui fait les distributions aux compagnies en campagne?=

En campagne, l'officier d'approvisionnement du régiment fait les

distributions journalières au moyen du train régimentaire, qui a deux

jours de vivres, et des voitures qui portent la viande fraîche; ce

train régimentaire se réapprovisionne aux convois administratifs, qui

portent quatre jours de vivres et qui ont en outre avec eux un

troupeau.

[Illustration: Les cuisines en plein air au cantonnement.]

Composition des rations de vivres.

+-----------------------------------------+----------+----------+-------+

| | RATION |RATION |RATION |

| DENRÉES |de vivres |forte |normale|

| |de réserve| | |

+-----------------------------------------+----------+----------+-------+

| Pain. | | | |

| {Pain ordinaire | » |0k 750 |0k 750 |

| {_ou_ Pain biscuité | » |0 700 |0 700 |

| {_ou_ Pain de guerre |0k 300[28]|0 600[29]|0 600 |

| | | | |

| Vivres-viande. | | | |

| {Viande fraîche | » |0 500 |0 400 |

| {_ou_ Viande de conserve assaisonnée |0 300 |0 300 |0 200 |

| | | | |

| {Petits vivres. | | | |

| { {Légumes secs ou riz | » |0 100 |0 060 |

| { {Sel | » |0 020 |0 020 |

| { {Sucre |0 080 |0 032 |0 021 |

| { {Café torréfié | | | |

| { {en tablettes |0 036 | » | » |

| { {en grain ou en tablettes | » |0 024 |0 016 |

| { {_ou_ Café vert | » |0 0285 |0 019 |

| | | | |

| Vivres de campagne. | | | |

| {(Lard chaque fois que l'on distribue | » |0 030 |0 030 |

| { de la viande fraîche) | | | |

| {Potage salé (distribué, en principe, | | | |

| { en même temps que la viande |0 050 |0 050 |0 050 |

| { de conserve), | | | |

| {Eau-de-vie | 0l 0625 | » | » |

| {À tout homme bivouaqué ou à | | | |

| { titre exceptionnel | | | |

| { {Vin | » |0l 25 |0l 25 |

| { {_ou_ Bière _ou_ Cidre | » |0 50 |0 50 |

| { {_ou_ Eau-de-vie | » |0 0625 |0 0625|

+-----------------------------------------+----------+----------+-------+

[Note 28: 6 galettes en moyenne.]

[Note 29: 12 galettes en moyenne.]

VII--DEVOIRS DES SOLDATS AU COMBAT.

=69. Quel est le but suprême du combat?=

Le combat a pour but de briser par la force la volonté de

l'adversaire.

À cet effet, une troupe d'infanterie doit toujours utiliser dans les

meilleures conditions ses deux moyens d'action: le feu et le mouvement

en avant, pour obliger l'ennemi à céder le terrain et à battre en

retraite, but suprême de tous les efforts et de tous les dévouements.

«Le mouvement en avant, seul, est décisif et irrésistible»;

l'_offensive_, où il trouve son plein développement, s'impose donc

dans la généralité des cas, elle déconcerte l'ennemi et lui enlève sa

liberté d'action.

=70. Quel est le devoir du soldat au combat?=

Dans le combat, il faut que le tirailleur, plein d'entrain, endurant

et instruit de ses devoirs, apporte à la lutte l'ardeur, l'énergie et

l'intelligence qui permettent au chef de tout oser.

Les deux tirailleurs d'une même file sont _camarades de combat_; ils

restent l'un à côté de l'autre s'aidant mutuellement. Lorsqu'un

tirailleur est mis hors de combat, son camarade prend ses cartouches

et continue la lutte en se joignant, s'il y a lieu, au groupe le plus

voisin.

Dans le combat, plus que partout ailleurs, le soldat, faisant appel à

son courage, doit une obéissance passive et complète.

Tout en faisant acte d'initiative intelligente, le soldat doit

toujours être à sa place dans la formation prise.

Lorsqu'on est en réserve, il ne faut pas s'impatienter, mais attendre

le moment prochain de se porter en avant.

_Discipline du feu._--Le fusil doit toujours être approvisionné; il

ne faut pas gaspiller ses munitions, ne tirer que lorsqu'on en a reçu

l'ordre, cesser de tirer dès le signal donné, se masquer sur place

pour réapprovisionner, prendre bien la hausse indiquée, viser le but

désigné, atteindre l'ennemi, car il n'est pas une cible inerte, lui

aussi a un fusil.

Le tireur au combat fait toujours du tir individuel, qu'il soit homme

isolé ou qu'il fasse partie d'un groupe sous les ordres d'un chef. Les

résultats obtenus ne dépendent donc que de la valeur réelle du tir de

chaque homme.

[Illustration: Défense d'une station de chemin de fer.]

Le tirailleur isolé choisit lui-même le but et la hausse.

Dans le combat rapproché, la hausse de 400 mètres répond à tous les

besoins.

Si un soldat est mis hors de combat, son camarade prend toutes ses

cartouches et se joint à un autre groupe voisin.

_Mouvement en avant._--On se porte en avant par bonds soit

individuellement avec le camarade de combat, soit par fractions

constituées, selon l'ordre du chef.

On utilise le terrain pour se porter en avant et pour tirer, mais

jamais on ne se cache, les espaces découverts sont franchis

rapidement; ne pas se montrer inutilement; être attentif à tout,

renseigner ses chefs sur ce que l'on voit.

Dans toute marche, s'avancer rapidement, puis au moment de l'attaque

marcher avec ardeur, résolument, la baïonnette en avant, se battre à

l'arme blanche avec la baïonnette qui est au canon du fusil; elle fera

fuir l'ennemi déjà épouvanté par notre audace.

Des réserves viennent encore en arrière pour nous soutenir.

[Illustration: L'infanterie résiste à la cavalerie par son feu et son

sang-froid.]

Toujours marcher au canon et à la fusillade, c'est de la bonne

tactique.

Il ne faut jamais songer à marcher en arrière, la retraite est la pire

des déroutes.

Une solidarité complète et la camaraderie du champ de bataille doivent

exister entre toutes les troupes et les différentes armes.

Laissons les blessés sur le terrain, le personnel des ambulances vient

derrière pour les ramasser et les soigner.

Soyons loyaux dans le combat et cléments pour le prisonnier et pour un

ennemi blessé; ils doivent être respectés.

[Illustration: La défense utilise un mur.--Tireurs abrités.]

=71. Quelle conduite doit tenir le fantassin aux prises avec de la

cavalerie?=

L'infanterie ne doit pas se laisser surprendre par la cavalerie; alors

le fantassin avec sa baïonnette n'a rien à craindre d'elle, mais il

faut se poster immobile, lui faire face et agir d'abord par ses feux.

=72. Quelle est la conduite de l'infanterie exposée aux feux de

l'artillerie?=

L'infanterie sous le feu de l'artillerie cherche à progresser en avant

en utilisant tous les couverts du terrain; elle se déplace rapidement

et prend des formations minces et espacées à fronts étroits.

Lorsqu'elle se trouve sous le feu d'une rafale, les hommes se couchent

en se resserrant l'un contre l'autre la tête baissée, le dos du sac en

haut (en carapace), puis ils repartent aussitôt après la rafale.

L'infanterie, pour progresser, doit profiter du moment où elle est

appuyée par l'artillerie amie.

Pour attaquer une batterie, une partie des tireurs combat l'infanterie

soutien de l'artillerie, l'autre partie tire sur les servants, sur les

chevaux, puis se lance à l'assaut.

VIII--LA LIAISON DANS LES OPÉRATIONS MILITAIRES.

La _liaison_ assure la convergence de tous les efforts vers le but à

atteindre, en établissant un échange constant de communications entre

le commandement et ses subordonnés, et entre les chefs d'unités

voisines.

Nature des signaux.

Les signaux constituent un moyen de correspondance _à vue_, dont on se

sert quand les circonstances ne permettent pas d'employer d'autres

procédés de communication.

Pendant le jour, les signaux sont exécutés à bras; la nuit, avec le

feu d'une lanterne.

Ils servent à transmettre les signes de l'alphabet Morse (traits ou

points).

_A) Signaux alphabétiques Morse_

(Doivent être connus des gradés et des soldats agents de

liaison et de transmission)

Le système de correspondance employé est l'alphabet Morse.

Les signaux sont représentés:

De jour: le point, par l'apparition[30] d'un seul bras ou d'un seul

objet; le trait, par l'apparition[30] de deux bras ou de deux objets.

[Note 30: Lorsque les circonstances permettent de transmettre sans

gêne, debout ou à genou, les bras sont placés horizontalement à

hauteur de l'épaule pour figurer le point ou le trait.]

De nuit: le point par une émission lumineuse (demi-seconde); le trait,

par une émission lumineuse longue (deux secondes).

Intervalles entre chacun des signaux d'une même lettre: environ une

demi-seconde.

Intervalle entre deux lettres d'un mot, entre deux chiffres, avant ou

après un signe de ponctuation: environ quatre secondes.

ALPHABET

A - ---- I - - S - - -

B ---- - - - J - ---- ---- ---- T ----

C ---- - ---- - K ---- - ---- U - - ----

CH ---- ---- ---- ---- L - ---- - - V - - - ----

D ---- - - M ---- ---- W - ---- ----

E - N ---- - X ---- - - ----

F - - ---- - P - ---- ---- - Y ---- - ---- ----

G ---- ---- - Q ---- ---- - ---- Z ---- ---- - -

H - - - - R - ---- -

CHIFFRES

1 - ---- ---- ---- ---- 5 - - - - - 8 ---- ---- ---- - -

2 - - ---- ---- ---- 6 ---- - - - - 9 ---- ---- ---- ---- -

3 - - - ---- ---- 7 ---- ---- - - - 0 ---- ---- ---- ---- ----

4 - - - - ----

PONCTUATION

POINT - - - - - - VIRGULE - ---- - ---- - ---- - ----

B) _Signaux de service_

Station ouverte: _de jour_ (_faire apparaître le bras ou un

objet maintenu immobile_); _de nuit_ (_feu fixe_).

Appels: _série de traits et de points alternés. Continuer

jusqu'à ce que le correspondant réponde: «Invitation à

transmettre»._

Invitation à transmettre: B R (---- - - - - ---- -)

Erreur: _Faire une série de points_ (_7 au moins_).

Attente: _A S_ (- ---- - - -)

Compris: _I R_ (- - - ---- -)

Fin d'un mot[31]: _Donner le point._

[Note 31: Après chaque mot, le transmetteur s'arrête

jusqu'à ce que le récepteur lui donne «le point»; celui-ci

reconnaît la fin d'un mot à l'arrêt du transmetteur.]

Fin de transmission: _A R_ (- ---- - ---- -) Changer la face

du fanion: Employer le fanion: _Élever un fanion et tourner

plusieurs fois la main en changeant la face du fanion._

Couper la transmission: _Trait prolongé._

Mauvais feu en vue: _Couper la transmission, puis faire une

série de points qui indiquent au correspondant de régler la

direction de son feu, de vérifier si la lanterne est en bon

état, si sa lampe brûle régulièrement. À mesure que la

communication se rétablit, envoyer des séries de points de

plus en plus précipités si le feu devient mauvais, de plus

en plus lents dans le cas contraire jusqu'au moment où la

communication peut reprendre. Envoyer alors le signal

«Invitation à transmettre»._

C) _Signaux conventionnels_

(Connus du plus grand nombre d'hommes possible)

Munitions lettre M ---- ---- répétée plusieurs fois.

Ennemi -- E - --

Infanterie -- I - - --

Cavalerie -- C ---- - ---- - --

Allonger tir artillerie -- T ---- --

IX--TRAVAUX DE CAMPAGNE ET OUTILS.

=73. Qu'est-ce que la fortification du champ de bataille?=

La fortification n'est qu'un _moyen_, ordonné par le chef, pour

garantir momentanément sa troupe des coups de l'ennemi. Le _but_ est

toujours de rejoindre au plus tôt l'adversaire pour le chasser de la

position qu'il occupe.

Les travaux, les abatis et les organisations défensives sont faits

avec les outils ci-après[32]:

[Note 32: Ces outils forment deux lots: l'un, dont le nombre

varie, est destiné aux soldats du temps de paix; l'autre, qui est le

reste, est au magasin de la compagnie; il est destiné aux réservistes

à la mobilisation.]

1º Outils portatifs d'une compagnie (pelle-pioche Seurre), au nombre

de 185:

Pelles-bêches (5 par escouade) 80 }

Pelles-pioches Seurre (5 par escouade) 80 }

Haches à main (2 par section) 8 } 185

Serpes } (1 outil par escouade) { 12 }

Cisailles } { 4 }

Scie articulée 1 }

Outils portatifs pour compagnie de chasseurs alpins:

4 haches portatives;

4 pics à tête portatifs;

8 serpes;

4 scies articulées;

4 bêches portatives;

4 pioches portatives.

et en supplément:

76 bêches portatives;

80 pelles-pioches;

8 haches portatives;

4 serpes;

4 cisailles.

_Poids des outils emmanchés, avec étui:_

Pelle-bêche 0 kg 830

Pelle-pioche 1 015

Hache à main 1 570

Serpe 1 »

Cisailles 0 850

Scie articulée 0 600

2º Chaque régiment d'infanterie est doté de deux voitures légères

d'outils (1 par bataillon de chasseurs à pied) contenant chacune:

195 outils de { 130 pelles rondes emmanchées;

terrassiers { 65 pioches emmanchées (modèle du génie).

19 outils de { 15 haches ordinaires emmanchées;

destruction { 2 scies passe-partout montées;

{ 2 pinces.

1 caisse d'outils d'ouvriers d'art chargée;

30 manches de pelle (de rechange);

20 manches de pioche-pic ou hache (de rechange).

Les bataillons alpins reçoivent une dotation spéciale en outils

portatifs et en outils de grand modèle; ces derniers sont chargés sur

des mulets de bât.

Dans un régiment d'infanterie, l'une des voitures d'outils porte 108

pétards modèle 1886, l'autre 46 détonateurs.

=74. Le soldat peut-il agir de sa propre initiative pour se couvrir?=

Oui, le soldat doit faire preuve d'initiative individuelle, lorsque

l'ordre est donné de se couvrir sur place. Les quelques figures

suivantes (qu'il faut étudier) serviront de guides et suffiront à

montrer au soldat ce qu'il peut faire avec son outil soit seul, soit à

deux avec son camarade de combat.

Il ne faut jamais hésiter, soit à renoncer à la protection que procure

la fortification, soit à l'abandon des installations déjà créées pour

en recommencer de nouvelles ailleurs lorsque les conditions du combat

l'exigent.

[Illustration: Construction et utilisation d'une tranchée par deux

camarades de combat]

=75. Exemples d'aménagements individuels établis derrière des arbres,

arbustes ou branchages=

1º Tronc, fagot ou branchages ne dépassant pas 30 centimètres

au-dessus du sol.

[Illustration: Utilisation du couvert sans aménagement]

[Illustration:

Amélioration { 1re période

progressive {

du couvert: { 2e période]

2º Tronc, fagot ou branchages dépassant 30 centimètres au-dessus du

sol.

[Illustration: 1re période. Organiser un masque de terre à droite et

contre le couvert]

[Illustration: Amélioration progressive du couvert:

2e période

3e période]

=76. Exemples d'aménagements individuels derrière des pierres=

1º Amas de pierres ne dépassant pas 30 centimètres au-dessus du sol.

[Illustration: 1re période

2e période]

2º Pierres isolées, bornes ou tas de pierres ayant plus de 30

centimètres de hauteur.

[Illustration: Aménagement pour tirer à droite du couvert.

(Passer par l'aménagement progressif)]

[Illustration:

Aménagement pour tirer par-dessus le couvert { 1re période

{ 2e période]

Observation générale à toute manoeuvre.

Dans toute manoeuvre et dans toute opération, un des premiers devoirs

des gradés et de tout soldat isolé ou à une aile est de rester en

communication constante avec le chef en arrière, puis de se mettre en

relation, par un contact réel, avec les fractions placées à droite et

à gauche.

Les soldats doivent toujours songer à mettre en pratique ces

prescriptions lorsqu'il y a lieu, et être rompus à la communication et

à la transmission des ordres.

L'Instruction Théorique du Soldat par lui-même (1914) · 第 7 / 10 段