l'hôpital, sont placés dans son havresac que l'on dépose au magasin.
L'état en est établi, signé par le sergent-major et par l'homme; si
l'homme ne peut assister à l'inventaire, le caporal et un soldat le
remplacent.
=168. Comment s'alimente la masse d'habillement de la compagnie?=
Elle s'alimente, pour l'infanterie, par une prime de 0f 254 par
journée d'homme présent[15].
[Note 15: Elle est, en Afrique, pour les tirailleurs algériens 0f
205, zouaves 0f 235, infanterie légère 0f 225, régiment étranger 0f
245 (ces corps en France touchent 0f 01 de plus).]
=169. Quelles dépenses incombent à cette masse d'habillement?=
Les fonds particuliers de la masse d'habillement de la compagnie
fournissent d'abord tous les effets d'habillement[16], de grand et de
petit équipement; ils pourvoient, en outre, aux dépenses suivantes:
1º Frais et matériaux pour les réparations à l'habillement, à la
chaussure et à la coiffure;
2º Diverses dégradations résultant de la faute et de la négligence des
hommes (l'homme est alors souvent punissable);
3º Achat et entretien du petit matériel des chambres, cuisines et
réfectoires (cruches, ustensiles et linge de cuisine, vaisselle,
etc.);
4º Blanchissage. Objets nécessaires à l'hygiène et à la propreté
corporelle;
5º Instruments et ingrédients du perruquier.
[Note 16: Chaque compagnie entretient en plus une collection
d'effets qui sert aux réservistes et territoriaux qui viennent
accomplir une période d'instruction.]
Sortie en ville--Tenues--Cheveux--Barbe.
=170. Quelles sont les attentions qu'on doit avoir dans ses sorties?=
Il est interdit aux militaires de fumer la pipe dans les rues, de
mettre les mains dans les poches ou de lire en circulant en ville, de
se donner en spectacle dans les luttes et fêtes foraines. On peut leur
accorder une autorisation pour figurer honorablement dans diverses
réunions.
La tenue doit être uniforme et réglementaire pour tous.
La tenue de sortie doit être irréprochable. Les effets, excluant toute
fantaisie, doivent être très propres et toujours boutonnés, la
coiffure placée droite, les épaulettes et la cravate bien ajustées, la
chaussure en bon état. Le ceinturon doit serrer suffisamment la
taille, mais sans que les effets fassent des plis. Le sabre-baïonnette
doit tomber à deux doigts en arrière de la couture du pantalon.
Le deuil de famille se porte par un crêpe en brassard au bras gauche.
=171. Quelles sont les différentes tenues?=
Les tenues sont au nombre de quatre:
La _tenue de travail_, réglée par le commandant de l'unité ou
l'officier qui commande le travail ou l'exercice;
La _tenue de sortie_, fixée par le commandant d'armes, qui fixe
également l'heure à partir de laquelle elle doit être prise;
La _grande tenue_ et la _tenue de campagne_, définies par les
instructions ministérielles.
[Illustration: Tenue du matin.
Tenue d'exercice.
Tenue de garde.]
=172. Comment se portent les cheveux et la barbe?=
Les militaires portent les cheveux courts, surtout par derrière, la
moustache avec ou sans la mouche, ou la barbe entière. Pendant les
périodes d'exercice, les militaires réservistes ou territoriaux sont
autorisés à conserver leur port de barbe habituel.
Tenues de travail.
Les tenues de travail peuvent être en veste, en capote ou en effets de
toile suivant le cas.
À la caserne, et surtout pour les repas, on est en effets nº 3 ou en
toile.
Port du sac.
=173. Quand porte-t-on le sac?=
Le sac est pris dans le courant du deuxième mois de l'instruction, il
est ensuite pris pour tous les exercices, les tirs et les marches (à
l'exception des exercices de l'instruction individuelle et des
exercices préparatoires de tir).
[Illustration: Tenue de sortie.
Grande tenue.
Grande tenue de service.]
Le chargement du sac et des cartouchières est progressivement augmenté
de façon à ce que les recrues soient susceptibles de porter le
chargement complet lorsqu'ils sont mobilisables.
À partir de cette date, les marches, les tirs d'application et les
principaux exercices sont exécutés avec le chargement complet.
=174. Quel est le chargement du sac pour les exercices journaliers?=
Le chargement en tenue d'exercice comporte ordinairement:
1º _Intérieur du sac_: 1 chemise, 1 calotte de coton, 1 mouchoir de
poche, 1 caleçon, 1 ceinture de flanelle.
La part individuelle de brosses et d'accessoires, à raison de 2 jeux
complets par escouade. (Le caporal fixe la part de chacun.)
2º _Extérieur du sac_: Courroies roulées.
3º _Chargement des hanches_: Dans les cartouchières, 11 paquets
de 8 cartouches, soit 4 paquets par cartouchière de devant et 3 dans
celle de derrière. Dans les exercices, ces cartouches sont remplacées
par un poids équivalent (sable, plomb, fonte ou briques).
4º Un outil.
Toutefois, le chargement du sac et des cartouchières est réglé par le
directeur de l'exercice.
[Illustration: Tenue de campagne.]
Tenue de campagne.
=175. Dans quel ordre revêt-on ses effets d'équipement?=
On met: 1º le ceinturon comprenant ses cartouchières et ses bretelles
de suspension sans boucler la plaque; 2º l'étui-musette appuyé sur
l'épaule droite (la banderolle de l'étui-musette est ajustée de telle
façon que le bord supérieur de l'étui se trouve à environ deux doigts
au-dessous de la croisière de l'épée-baïonnette); 3º le petit bidon,
la courroie sur l'épaule gauche; 4º boucler le ceinturon en maintenant
au-dessous la banderolle de l'étui-musette et la partie antérieure de
la courroie du petit bidon; 5º le havresac.
=176. Quelle est la tenue de campagne et son chargement?=
Pour les corps qui ont les voitures à vivres et à bagages, les hommes
sont déchargés de:
1 jour de vivres de réserve porté sur la voiture,
la veste ou tunique portée sur la voiture,
et des tiers de baguettes à fusil, des boîtes à graisse
individuelles, des ficelles de nettoyage et des nécessaires
d'armes remplacées par 16 baguettes de laiton par compagnie
(4 par section).
La tenue de campagne comprend:
1º _Sur l'homme_:
1 képi ou béret, 1 capote ou manteau à capuchon pour les
alpins et cyclistes, 1 pantalon, 1 paire de bretelles, 1
paire de brodequins, 1 cravate, 1 chemise, 1 caleçon, 1
ceinture de flanelle ou ceinture de laine (pour les
régiments étrangers, les bataillons d'infanterie légère
d'Afrique, les alpins et les cyclistes), 1 havresac, 1
ceinturon avec porte-épée, 3 cartouchières, 1 bretelle de
suspension, 1 fusil avec sa bretelle, 1 épée-baïonnette, 1
petit bidon de 1 litre (de 2 litres en Afrique), 1 étui
musette, 1 mouchoir, 1 quart, 1 cuillère et 1 paquet de
pansement, 1 jersey et des bandes molletières (pour les
alpins et cyclistes), 1 bâton ferré pour les alpins, 1 outil
porté soit sur le sac, soit au ceinturon.
2º _Dans l'intérieur du havresac_:
1 chemise, 1 calotte de coton (réservistes et territoriaux),
1 mouchoir de poche, une trousse garnie (ciseaux, bobine
avec 6 aiguilles, fil noir, gris, garance et jaune, dé et
peigne) avec 1 paire de lacets de rechange, 1 courroie de
sautoir (quand elle n'est pas employée), 1 morceau de savon,
1 paire de sous-pieds de rechange (pour guêtres et
jambières), 1 bonnet de police, 1 sachet à vivres de
réserve, 1 jour de vivres de réserve[17], 1 livret
individuel dans la poche de la patelette.
[Note 17: Les vivres de réserve sont remplacés, en temps de paix,
par le pantalon de treillis et le bourgeron de toile, d'un poids à peu
près équivalent.]
Ces objets sont placés dans l'ordre suivant:
La chemise est pliée de façon à couvrir toute la surface
intérieure du sac; elle forme matelas sur le dos.
Au bas du sac, 6 pains de guerre, 1 boîte individuelle de
conserve de viande assaisonnée, 1 boîte de potage salé, 1
sachet contenant 1 ration de sucre et café.
Au-dessus des vivres de réserve, le mouchoir, la trousse
garnie, le savon, la courroie de sautoir, la paire de
sous-pieds de rechange, le bonnet de police ou la calotte de
coton pour ceux qui n'ont ni le béret ni le bonnet de
police.
Si le corps n'a pas de voitures à vivres et à bagages, la
veste serait pliée la doublure en dedans à plat sous la
patelette.
NOTA.--Le couteau à conserve (1 par 3 hommes) est porté dans
le sac.
Les pitons à oeil pour l'attache des fusils dans les wagons
(1 par 4 fusils) et les vrilles (1 par 20 fusils) par les
sous-officiers ou caporaux désignés à cet effet.
Les clefs à crampons à glace (clefs à pointe et à taraud)
par les détenteurs gradés attachés aux équipages, (les
conducteurs et ordonnances).
3º _À l'extérieur du sac_:
La chaussure de repos (dans un 2e étui-musette sur le haut
du sac).
1 gamelle individuelle (au-dessus de l'étui à chaussures)
légèrement inclinée en arrière le couvercle en-dessus[18].
[Note 18: Les isolés reçoivent un nécessaire individuel
de campement en remplacement de la gamelle individuelle.]
Les ustensiles de campement qui sont:
Gamelles de campement 2 par escouade.
Marmites de campement 4 --
Seaux en toile 2 --
Moulin à café 1 pour 2 escouades.
Sacs à distribution 2 par escouade.
Ils sont placés:
La gamelle de campement la concavité tournée vers le sac;
La marmite de campement le couvercle en dessus de l'anse
maintenue abaissée par la grande courroie du sac;
Le seau en toile à plat, le fond maintenu par la grande
courroie qui passe sous les cordes en croix du fond du seau;
Le moulin à café dans la gamelle individuelle dont le
couvercle est placé en dessous[19];
[Note 19: Les hommes porteurs du moulin à café placent
dans leur musette les vivres qui doivent être portés dans la
gamelle individuelle.]
Le sac à distribution[20] plié et placé sur le dessus du
sac;
[Note 20: Le sac à distribution est plié en deux dans le
sens de la largeur et en douze dans le sens de la longueur,
à plat sur la partie supérieure du sac, et maintenu par la
courroie de charge et les deux petites courroies
supérieures.]
Lanterne de cantonnement, 1 par escouade, portée par les
caporaux sur la face postérieure du havresac;
2 jeux de brosses par escouade (brosse à habit, double à
chaussures, 1 brosse boutons, brosse d'armes);
Placer la brosse qu'un homme a dans les chaussures de repos;
Hachette, 1 par 8 hommes.
4º _Dans les cartouchières_:
11 paquets de 8 cartouches; soit 4 paquets par cartouchière
de devant et 3 à celle de derrière.
Exceptionnellement les hommes des 6e, 7e et 20e corps
d'armée, tous les bataillons de chasseurs à pied et les
troupes d'Afrique portent 120 cartouches sur chaque homme.
Le personnel des sections de mitrailleuses a 56 cartouches,
ceux qui ont la carabine de gendarmerie modèle 1890 en ont
54.
5º _Chaque homme a en outre_:
1 paquet individuel de pansement placé dans la poche
intérieure de la capote fermée par une couture à points
espacés;
1 plaque d'identité avec cordon au cou;
Dans l'étui-musette: 1 quart, 1 cuillère, le pain et la
partie des vivres du jour non consommée, puis une boisson
préparée dans le petit bidon.
Remarques générales et observations.
Dans certains cas on est pourvu de couvertures de campement et de
tentes-abris. Ces effets sont tous portés sur le havresac, roulés en
fer à cheval.
* * * * *
Les registres de campagne sont portés par les sous-officiers
comptables sous la patelette du sac.
* * * * *
Sont armés du revolver avec 18 cartouches, le conducteur du caisson de
munition, le pourvoyeur de munitions, les ordonnances appelés à faire
un service à cheval et ceux des médecins.
Ont le sabre série Z, le conducteur de voiture médicale et de mulets
de cantines médicales, les infirmiers régimentaires et les musiciens.
Les vélocipédistes ont la carabine de cavalerie modèle 1890 avec 18
cartouches. Ceux des chasseurs alpins ont le mousqueton modèle 1892
avec sabre-baïonnette (18 cartouches).
Les conducteurs d'animaux et les ordonnances des officiers qui n'ont
qu'un cheval dans les bataillons de chasseurs alpins ont le mousqueton
modèle 1892 avec sabre-baïonnette (36 cartouches).
Port des outils portatifs.
Les outils portatifs[21], avec leur étui, au nombre de 185 par
compagnie, sont arrimés de la façon suivante:
[Note 21: Voir page 132.]
_Pelle-bêche._--Est placée sur le côté gauche du sac, la concavité
placée contre le sac, le manche en haut et maintenue par la courroie
de sautoir qui est reliée à la courroie gauche du sac; la courroie du
bas du sac engagée dans le ou les passants de l'étui.
Pour se servir de la pelle-bêche, la retirer de son étui qui reste
fixé au sac.
* * * * *
_Pelle-pioche._--La pelle-pioche (fer et manche séparés) est arrimée
au côté gauche du havresac, la concavité placée contre le sac, le fer
de pioche dirigé vers la partie supérieure. La courroie de côté du
havresac est engagée entre le corps et la petite courroie de l'étui,
au-dessous du passant fixe de cet étui.
Le fer de pioche et la partie supérieure du manche sont maintenus par
la courroie de sautoir qui est reliée à la courroie gauche du sac.
Pour se servir de la pelle-pioche, retirer le fer de son étui, puis le
manche (suivant que l'on veut se servir de l'outil avec ou sans le
manche) et laisser l'étui relié au havresac par la petite courroie de
côté.
* * * * *
_Hache à main._--Elle est portée emmanchée, le manche placé
horizontalement contre l'arrêt supérieur du sac, le fer enveloppé dans
son étui, et prenant appui contre la face gauche du sac, le tranchant
de la hache à main en bas. Elle est maintenue par les trois courroies,
celles de droite et de gauche enroulées autour du manche, de manière à
faire un tour complet pour l'empêcher de glisser.
Quand on veut se servir de l'outil, fixer l'étui au havresac en
engageant la courroie de gauche dans son passant.
* * * * *
_Scie articulée._--La scie articulée est portée extérieurement sur la
patelette du havresac, la grande courroie engagée dans le passant de
son étui, le bord inférieur de l'étui affleurant l'arête inférieure du
sac.
Pour retirer la scie, ouvrir l'étui qui reste fixé au havresac.
* * * * *
_Cisaille à main._--La cisaille à main est placée à la partie
supérieure du havresac, contre le paquetage, l'ouverture en dehors et
tournée vers le bas; elle est fixée par la petite courroie supérieure
gauche et la grande courroie qui s'engage dans les deux passants de
son étui.
Quand on se sert de la cisaille, laisser l'étui fixé au havresac.
* * * * *
_Serpe._--La serpe est portée appliquée à plat contre le côté gauche
du sac, le dos de la lame contre le dos de l'homme, la poignée en
haut, le passant de l'étui pris par la petite courroie latérale du
sac, le manche maintenu par la courroie de sautoir.
Lorsqu'on veut se servir de la serpe, la retirer de son étui qui reste
fixé au havresac.
* * * * *
_Hachette de campement._--Le mode de placement sur le havresac de la
hachette de campement, qui ne comporte pas d'étui, est analogue à
celui de la hache portative.
Les outils portatifs sont portés au ceinturon ainsi qu'il suit:
La pelle-bêche du côté droit, le fer dans son étui; on engage le
ceinturon dans le ou les passants de l'étui, la concavité du fer
tournée en dedans.
La pelle-pioche, placée dans son étui (fer et manche séparés), est
portée au ceinturon, du côté droit, la concavité tournée vers le
corps, le fer de pioche dirigé vers le sol.
Le ceinturon est engagé dans l'intervalle formé par le corps et la
petite courroie de l'étui, au-dessus du passant fixe de cet étui.
La hache à main du côté droit, dans son étui, en engageant le
ceinturon dans le passant de l'étui, le manche de l'outil en bas.
Cet outil peut aussi être porté au ceinturon sans étui; le
manche est alors engagé du côté droit, entre le corps et le
ceinturon, le fer reposant sur le bord supérieur du
ceinturon. La hachette de campement est portée au ceinturon
de la même manière.
Placée dans son étui, la scie articulée se suspend au ceinturon comme
une cartouchière.
La cisaille est portée du côté droit, l'ouverture en dehors, le
ceinturon engagée dans le grand passant de manière que la partie la
plus longue de l'étui soit dirigée vers le bas.
La serpe n'est jamais portée au ceinturon.
Vivres divers.
_Vivres du jour._--La partie de la ration des «vivres du jour» non
consommée est portée:
La viande froide dans la gamelle, le pain et les petits vivres dans
l'étui-musette (les vivres de réserve sont renfermés dans le deuxième
sachet à vivres; les légumes secs et le sel dans un compartiment, le
sucre et le café dans l'autre).
* * * * *
_Vivres de chemin de fer._--Au départ de la garnison, les «vivres de
chemin de fer» sont placés de la manière suivante:
Les repas froids dans la gamelle individuelle; le pain, les conserves
de viande assaisonnées dans l'étui-musette.
Si le voyage doit durer plusieurs jours, une partie de ces vivres peut
être logée dans une des voitures de l'unité.
* * * * *
_Vivres de débarquement._--Pour les troupes transportées en chemins de
fer ou en bateaux, ils sont transportés jusqu'à la gare
d'embarquement ou jusqu'au bateau dans les voitures de l'unité où il y
a de la place disponible. Si la place fait défaut, le transport est
effectué par des voitures de corvée ou des voitures requises. Il en
est de même depuis la gare de débarquement jusqu'aux cantonnements.
Pour le trajet en chemin de fer, on les place dans le fourgon de queue
du train, s'ils n'ont pu être placés dans les voitures de l'unité.
Pour les troupes faisant mouvement par voie de terre, ils sont
transportés, à défaut de place disponible dans les voitures de
l'unité, par des voitures requises dans les garnisons.
* * * * *
_Paquetage avec la capote ou le manteau à capuchon roulé._--La capote
(ou le manteau à capuchon pour les troupes alpines), pour être placée
sur le sac, est roulée en boudin sur une longueur telle qu'elle
encadre exactement le dessus et les côtés du sac, en prenant soin
toutefois que les extrémités du rouleau soient maintenues à une
certaine distance du bas des côtés du sac, environ deux doigts; elle
est fixée en fer à cheval sur la partie supérieure du sac par les deux
petites courroies et par la grande courroie de charge et au bas des
côtés par les courroies de côté à ce destinées.
L'étui à chaussures est placé _sous_ la capote (ou le manteau à
capuchon). Le placement de la gamelle individuelle, des outils
portatifs et des ustensiles de campement reste le même que celui
précédemment indiqué.
Vélocipédistes.
Les militaires de l'armée active qui désirent être affectés comme
vélocipédistes dans les formations de de guerre en font la demande à
leur chef de corps, au cours de leur dernière année de service actif.
Chargement de campagne allégé.
=173.= On prépare en ce moment un havresac nouveau modèle et, en
l'attendant, on enlève au havresac modèle 1893 le cadre en bois.
On utilise la voiture à vivres et à bagages de l'unité, qui transporte
également les objets ci-après: tente individuelle, demi-couverture de
campement, manteau, veste, etc...
Suivre pour cela les ordres donnés.
Conseils relatifs à l'Instruction militaire.
La _préparation à la guerre_ est le seul but de l'instruction
militaire.
L'instruction militaire ne se donne pas dans les théories, ni dans les
chambres, ni dans les conférences, elle ne s'acquiert que par des
exercices et des manoeuvres sur le terrain, souvent répétés et
minutieusement exécutés. Cependant, il a semblé bon à l'auteur de ce
livre d'en dire quelques mots aux soldats.
Le soldat, pendant son temps de service actif, doit apprendre d'une
façon complète et parfaite tout ce qui fait partie de l'instruction
militaire de façon à devenir le défenseur vrai et réel que le pays
compte qu'il sera. Pour cela il doit travailler à son instruction et
arriver à être parfait et à savoir tout ce qu'il doit savoir. La
France aura alors une armée forte et solide qui sera victorieuse si
jamais la guerre vient à éclater.
=L'instruction militaire= comprend:
L'_école du soldat_ qui est ce que le soldat doit savoir pour
manoeuvrer et pour combattre. _L'instruction individuelle_ en est la
base, le soldat doit la posséder à fond et parfaitement;
L'_école de section_, qui comprend des évolutions et des exercices de
tirailleurs et de combat, s'exécute sur la place d'exercices et en
terrain varié. Le soldat doit y être attentif et avoir du coup d'oeil;
L'_école de compagnie et de bataillon_ comprenant les évolutions et
les exercices de combat des unités, dans le bataillon et le régiment;
Dans les exercices de combat, il n'y a pas de règles fixes, car, selon
le cas du moment, c'est la réflexion, l'initiative et l'application
des méthodes employées dans les guerres récentes, puis la volonté
absolue de bien faire, qui déterminent la tâche à remplir pour arriver
à être les supérieurs et à être victorieux;
[Illustration: Extension verticale des bras.]
Les _exercices de tir_ qui doivent être bien appris et bien faits par
tous les fantassins; dans le combat il faut bien tirer. C'est le
chemin du succès;
Les _exercices des mitrailleuses_ doivent aussi être bien faits; ceux
qui sont chargés de ces armes de vitesse et de précision, ont le
devoir de devenir de bons chargeurs et des tireurs parfaits. L'armée
entière en profitera souvent;
Les _travaux de campagne_ faits pour la bonne conduite des attaques et
du combat et pour la réussite de la guerre de siège doivent être bien
exécutés, c'est une sécurité nécessaire.
L'instruction militaire comprend encore l'exécution minutieuse du
_service en campagne_ qui doit être parfaite dans les services de
sûreté, de protection des colonnes, des avants-postes avec leurs
sentinelles, des marches avec avant-gardes et arrière gardes, des
reconnaissances, des cantonnements ou bivouacs. Dans les dernières
guerres, les services de nuit avec attaques ont parfaitement réussis;
Le _maniement du fusil_ comme arme de combat à l'arme blanche, doit se
faire avec attention, avec énergie et avec minutie; l'_escrime à la
baïonnette_ occupe une première place dans le combat. C'est toujours
l'arme blanche bien dirigée qui a eu raison de l'ennemi dans les
dernières guerres et qui a toujours su enlever les positions et faire
reculer l'ennemi;
Les _exercices de nuit_ et les _attaques nocturnes_ sont précieux.
L'offensive avec des marches de nuit et des attaques brusquées sera
toujours un succès, lorsqu'elle sera poursuivie par des troupes de
coeur ayant le moral solide et étant bien décidées à être
victorieuses.
Voilà à peu près tout ce que renferme l'instruction militaire,
joignons-y toute l'instruction théorique contenue dans ce livre et
nous aurons tout ce qui fait un soldat français.
Dans tous les exercices les soldats doivent apporter leur amour-propre
et leur coeur. Ils auront droit à la reconnaissance du pays entier.
Ce n'est pas tout d'être soldat pendant un temps déterminé et voulu
par la loi du pays, il faut y faire son métier, y apprendre tout ce
que l'homme doit savoir pour être un réel défenseur de sa Patrie et de
son foyer. Tout soldat doit devenir un militaire consciencieux, un
manoeuvrier adroit, un tireur émérite et sûr, un tacticien habile au
service en campagne, un bon marcheur, un combattant solide et bien
dressé à l'escrime à la baïonnette dans les attaques de jour et de
nuit.
Un tel soldat discipliné, ayant confiance en ses chefs et en ses
camarades, bien dressé sera toujours vainqueur dans l'offensive
foudroyante, qu'il soit dans l'armée active, ou dans la réserve où il
gardera toujours son savoir militaire.
* * * * *
_Renseignements sur l'armée bulgare._--Nous pouvons affirmer que
l'armée bulgare qui a partout imité nos manoeuvres françaises, qui a
suivi une instruction semblable à la nôtre, qui s'est servi de mêmes
canons que les nôtres a eu une grande originalité de combat, qu'elle a
employé constamment l'arme blanche de jour et plus encore de nuit et
qu'elle a été victorieuse des armées turques dressées par des
_Allemands_. Elle s'est servi d'une instruction théorique faite
d'après ce livre l'_Instruction théorique du soldat par lui-même_[22].
[Note 22: En 1911 une commission d'officiers de l'armée bulgare a
fait venir de France à Philippopoli les divers livres d'instruction
militaire pour les hommes. On les étudia et on choisit l'_Instruction
théorique du soldat par lui-même_ pour en faire un semblable pour les
hommes des troupes, avec l'autorisation du ministre de la Guerre de
Bulgarie.
Ce fut M. Jouroukoff qui, dans la campagne, a commandé la 7e compagnie
du 17e régiment d'infanterie (Xe division) qui rédigea l'ouvrage
semblable à celui-ci.]