Viande de boucherie 320 gr. par jour au moins.

Poisson 180 à 200 gr. par repas.

Lapin, oie, chevreau, etc. 140 à 150 gr. par repas en moyenne.

Pain de soupe 50 à 60 gr. par soupe.

Légumes Quantité variable suivant le menu

(en moyenne 1 kilo par jour).

=72. Les soldats sont-ils libres de manger où ils veulent, à la

cantine, par exemple?=

Non. Les soldats sont tenus de manger à l'ordinaire, à la table

commune, avec leur escouade.

Lorsqu'on sait que l'on s'absentera de l'ordinaire, voir et prévenir

le sergent-major (pour ne pas acheter de denrées en excédent).

=73. Qu'est-ce que le boni?=

Le _boni_ de l'ordinaire est la différence entre les recettes et les

dépenses. Il est fait pour parer aux besoins spéciaux, aux variations

de l'effectif ou de la valeur des denrées et pour améliorer les repas

les jours de fête ou de fatigue. Le boni est déposé dans la caisse du

corps.

Allocations gratuites.

=74. Quelles sont les allocations gratuites distribuées en nature?=

Les allocations distribuées gratuitement sont:

Pain (ration journalière) 675 grammes.

_ou_ Pain biscuité de repas 700 --

_ou_ Pain de guerre 600 --

{ à certains jours indiqués,

Conserves de viande 200 gr. { la prime de viande n'est

Porc salé 240 gr. { alors pas perçue ces

{ jours-là.

Distributions.

=75. Quel est le rôle des gradés et des hommes de corvée aux

distributions?=

Ils ne sont pas seulement chargés d'assurer le transport des denrées

distribuées, mais ils doivent surveiller les pesées et le mesurage de

ces denrées, puis en examiner la qualité; s'ils ont des observations

à faire à ce sujet, ils les adressent à l'officier chargé du service.

Hygiène de la viande et des légumes.

=76=. La viande fraîche doit toujours être vérifiée, avant la

distribution, par un vétérinaire ou par un médecin et par l'officier

de distribution. Il importe ensuite que les hommes de corvée et les

cuisiniers donnent à la viande des soins particuliers: la placer dans

des paniers propres, ne pas la déposer sur le sol ou sur des tables

non nettoyées, la couvrir, puis, en attendant la cuisson, la suspendre

à l'air, à l'ombre dans un local frais et sombre où les mouches ne

puissent pas pénétrer.

De même, il faut éviter que les légumes, et, en particulier, les

pommes de terre épluchées, soient souillés.

Salles de récréation ou cercles pour les caporaux et soldats.

=77.= Le service intérieur prescrit de créer dans les casernes des

salles de récréation ou cercles pour les caporaux et soldats, qui ont

pour but de leur procurer, à certaines heures, un local pour écrire,

lire, travailler, s'amuser ou jouer, et dans lequel on peut leur

servir des boissons hygiéniques.

Ces installations sont organisées en groupements coopératifs; on peut

les considérer comme un prolongement de l'ordinaire.

Il y a tout intérêt, au point de vue de l'hygiène et de la bonne

camaraderie, à fréquenter ces locaux partout où on a pu les organiser.

La gaieté, l'ordre et la plus parfaite mutualité doivent y régner.

Solde.

=78. Qu'est-ce que le prêt?=

Le prêt est la solde du soldat, qui lui est payée tous les dix jours,

par le caporal; il permet au soldat d'acheter les menus objets dont il

a besoin et de payer son tabac.

La solde journalière est {pour le soldat .... 0f 05

{pour le caporal ....0 22

Tabac.

=79. Le soldat a-t-il droit au tabac?=

Oui, s'il fume, il a droit à un paquet de 100 grammes de tabac, dit

tabac de cantine, moyennant le paiement de 0 fr. 15, tous les dix

jours, les 10, 20 et 30 du mois.

Chauffage et éclairage.

=80.= Tout ce qui se rapporte au chauffage et à l'éclairage des divers

locaux, cuisines, corridors, cours, est payé par les fonds de la masse

de chauffage du corps.

Les allocations de cette masse sont déterminées suivant les régions,

les saisons, les locaux et le nombre d'hommes.

Couchage et casernement.

=81.= La masse de couchage et d'ameublement du corps pourvoit aux

dépenses de l'entretien du couchage hommes et du mobilier (y compris

les ustensiles des chambres, tels que balais, paillassons, fauberts,

planches pour listes d'appel et états de casernement, planches à

astiquer, crachoirs).

Celle du casernement pourvoit à l'entretien et aux réparations des

locaux du casernement.

CHAPITRE V

HYGIÈNE MILITAIRE

Soins de propreté corporelle.

=82. Qu'est-ce que l'hygiène en général?=

L'hygiène est la science du savoir-vivre en tout ce qui concerne la

conservation de la santé et le développement normal et esthétique du

corps humain.

=83. En quoi sont bons et utiles les soins corporels?=

Une exquise propreté corporelle est la première condition pour bien se

porter.

La peau de l'homme a diverses fonctions[11]: elle absorbe des gaz de

l'air environnant et produit un certain dégagement d'acide carbonique;

par la sueur elle élimine de l'eau, des sels minéraux, de l'urée, des

produits excrémentiels, puis elle sécrète une matière grasse qui lui

donne son onctuosité.

[Note 11: La peau exerce des fonctions similaires ou mieux

complémentaires de celles du poumon, et elle joue encore, dans ses

sécrétions, un rôle analogue à celui des reins.]

Pour bien remplir ces fonctions, la peau du corps entier doit être

constamment propre.

Un des premiers bienfaits de cette propreté, c'est la préservation des

maladies de la peau: démangeaisons, boutons ou éruptions, pelade,

gale, insectes parasites, etc...

En outre, on a partout un sentiment de répulsion à l'égard des gens

malpropres.

Les soins corporels comprennent:

_1º Le lavage chaque jour, et même plusieurs fois par jour, du visage,

du cou et des mains;_

_2º Le maintien constant en état de propreté des pieds et des parties

génitales;_

_3º Un grand bain ou une douche tous les huit ou quinze jours, si

possible;_

_4º L'entretien constant des ongles, du cuir chevelu et des cheveux;_

_5º Le rinçage journalier de la bouche et le brossage des dents matin

et soir._

=84. Quelles recommandations importe-t-il de faire au sujet des

ustensiles de toilette et du linge?=

Ces ustensiles, tels que peignes, brosses, éponges, serviettes,

doivent être entretenus dans le plus grand état de propreté; ils sont

absolument personnels, il ne faut jamais les prêter.

Le linge de corps doit être changé au moins une fois par semaine,

c'est une nécessité absolue.

Tenue des chambres.

=85. Quelles sont les mesures générales à observer dans l'intérêt de

l'hygiène de la chambrée?=

Il faut décrotter ses chaussures à l'extérieur, nettoyer et battre ses

vêtements en dehors de la chambrée, ne pas mettre de linge entre la

paillasse et le matelas, ne pas fumer la nuit (ni lorsque les fenêtres

sont fermées); il est défendu de se coucher sur les lits avec de la

chaussure, de manger sur les lits, de cracher et de jeter les bouts de

cigarettes ou les fonds de pipe ailleurs que dans les crachoirs.

Les chambres sont nettoyées avec un faubert humide; l'interdiction du

balayage à sec sur les surfaces imperméables est absolue.

Le système d'aération prescrit pour les chambres doit être constamment

maintenu en hiver comme en été.

Tous les samedis, il faut nettoyer à fond les planchers et les vitres,

puis battre à l'air les couvertures et les matelas[12].

[Note 12: Les deux principaux buts hygiéniques recherchés dans la

tenue des chambres sont:

1º D'éviter d'amener des poussières et de les soulever dans

l'atmosphère intérieure, car elles sont le véhicule habituel du

microbe de la tuberculose.

2º De débarrasser les chambres de leur air vicié et confiné pour avoir

toujours un air pur, respirable et revivifiant.]

_Plus est considérable une agglomération humaine, plus rigoureuse doit

être l'observation des principes d'hygiène et de propreté; sans cela,

les maladies y éclosent facilement et s'y propagent dans de grandes et

déplorables proportions._

Boissons.

=86. Quelles sont les recommandations au sujet des boissons du

soldat?=

Les soldats sont absolument obligés de ne boire que de _l'eau déclarée

potable_. Toute infraction à cette prescription peut être la cause

d'épidémies ayant les conséquences les plus funestes.

Les eaux malsaines ou peu sûres ont de grandes chances de contenir le

microbe de la fièvre typhoïde, l'eau est son véhicule ordinaire.

On ne boira donc que des _eaux potables_ provenant de sources

vérifiées, ou des eaux filtrées, stérilisées, ou bouillies.

Au point de vue du goût, il est bon de les couper avec du café, du

thé, du vin ou de l'eau-de-vie.

Lorsque les soldats ont des occasions de boire du vin, de la bière, du

cidre ou d'autres liquides, qu'ils sachent être sobres, c'est de

l'hygiène et c'est une qualité précieuse.

=87. De quoi doit-on se servir pour boire?=

Le soldat ne doit jamais boire à la cruche (prescription formelle),

chacun se sert de son quart.

Recommandations pour les marches, manoeuvres et la vie au bivouac.

=88. Quels soins particuliers doit avoir le marcheur, le fantassin?=

Il faut qu'il veille à sa chaussure, qui doit être souple et en bon

état à l'intérieur et à l'extérieur, puis il importe absolument qu'il

soigne ses pieds avant le départ et dès l'arrivée.

Il faut se maintenir les pieds propres, sans cependant les laver à

grande eau; les essuyer et les graisser; pour cela, on emploie la

graisse que le capitaine fait donner ou simplement du suif. Traverser

les ampoules avec un fil de soie propre et les passer avec une bande

de toile suiffée. Il faut se faire couper les ongles et les cors avec

soin.

=89. Peut-on boire et manger en route?=

Le soldat boit ce qu'il a dans son bidon, mais il ne s'arrête nulle

part pour prendre de l'eau sans autorisation, ou si l'ordre n'en a pas

été donné; en principe, il faut boire le moins possible, se gargariser

si la soif est trop vive.

L'ingurgitation rapide de grandes quantités d'eau pendant les marches

est souvent suivie d'accidents graves et même de mort.

À la grand'halte et à l'arrivée, il est prudent de manger un peu avant

de boire. Quand on est en transpiration, on doit boire lentement et à

petites gorgées.

On doit s'abstenir de boissons alcooliques.

Autant que possible on ne part pas à jeun. Le soldat peut en marchant

manger un casse-croûte, mais il ne doit consommer les aliments

destinés à la grand'halte ou aux repas que lorsque l'ordre en est

donné.

=90. Quelles sont encore les précautions générales à prendre?=

Se conformer, en été et en hiver, aux ordres donnés pour le port des

vêtements, et pour la façon de les ouvrir ou de les fermer selon la

température,--se préserver du soleil par le couvre-nuque,--ne pas se

coucher sur la terre humide pendant les haltes.

En rentrant d'une marche, il faut fermer les fenêtres pour éviter les

courants d'air; il ne faut pas se dévêtir, à moins qu'on ne veuille

changer de linge; dans ce cas, le faire rapidement.

Après une grande fatigue suivie de transpiration, un repos complet et

immédiat est pernicieux; le mouvement fait éviter les refroidissements.

Au bivouac, il faut pratiquer toutes les mesures ordinaires d'hygiène

et surveiller surtout la propreté, la qualité de l'eau et les

refroidissements.

Maladies contagieuses et diverses.

=91. Que doit-on faire à l'égard des maladies contagieuses?=

Dans les casernes, les hommes atteints de maladies contagieuses

doivent être isolés au plus tôt; les hommes de la chambre du malade

évitent de pénétrer dans les chambres voisines, car ils peuvent être

propagateurs de la maladie. S'il y a lieu, on désinfecte la chambre et

les vêtements du malade.

Les maladies dont on peut éviter la propagation sont: la tuberculose

(_aération, soleil, éviter les poussières, ne pas cracher à terre_);

la fièvre typhoïde (_ne boire que de l'eau potable_); les maladies

vénériennes, parmi lesquelles la syphilis qui a des conséquences

déplorables; non seulement elle s'attaque à l'individu qu'elle frappe

d'une empreinte terrible, mais elle rejaillit encore sur sa

descendance et affaiblit la race (_fuir les femmes suspectes, se

méfier de tout contact avec un malade, voir de suite un médecin si on

est atteint_).

L'hygiène veut la tempérance qui évite l'alcoolisme, véritable

maladie, dont les conséquences sont funestes pour la santé de l'homme

et pour sa vie (_ne pas boire d'alcool, pas d'apéritif à alcool, et

modérément le vin, la bière, le cidre, etc._).

=92. Comment soigne-t-on une plaie?=

Toute plaie, si petite soit-elle, doit être nettoyée de toute

souillure avec de l'eau phéniquée, ou avec une solution de sublimé,

d'acide boriqué ou simplement avec de l'eau bouillie. Mettre ensuite

la plaie à l'abri de l'air, au moyen d'un pansement propre et de

préférence aseptique.

Paquet individuel de pansement en campagne.

=93.= En campagne, chaque homme possède un paquet individuel de

pansement destiné à procurer au blessé un premier pansement en

attendant les soins du médecin; il se compose de: un plumasseau

d'étoupe enveloppée de gaze, une compresse en gaze, une bande de

coton, deux épingles de sûreté (le tout dans une double enveloppe). Il

se place dans la poche intérieure gauche de la capote cousue à gros

points. Interdiction est faite de l'ouvrir avant le moment précis de

l'utiliser.

CHAPITRE VI

SERVICE DES PLACES

Principes généraux.

=94. Comment le soldat doit-il considérer le service des places?=

Comme un service très important. On doit s'y préparer et se présenter

à l'inspection de la garde étant propre et brillant, avec un sac

chargé réglementairement[13].

[Note 13: Chargement d'exercice, capote roulée en plus, si on ne

l'a pas mise, comme tenue.]

Dans le service des places, on doit être attentif, ponctuel et leste.

Le soldat de garde est souvent une autorité; on compte sur lui pour la

garde de personnes et d'établissements importants; il a parfois le

droit de vie et de mort sur quiconque n'obéit pas aux ordres de la

consigne.

Aussi aucune négligence ne doit être tolérée.

=95. Quels sont les principaux devoirs dans les postes?=

On ne quitte _jamais_ son poste, on ne se déshabille pas, on n'enlève

ni son équipement, ni son épée-baïonnette et on ne joue pas.

Chaque homme du poste a un numéro; les sacs et les fusils sont placés

par numéro.

Il faut bien écouter et retenir les consignes données, puis lire

celles affichées dans le poste et dans la guérite.

L'homme de garde doit ponctuellement obéir au chef de poste, car c'est

lui qui est responsable.

=96. Qu'est-ce que le mot?=

C'est un moyen de reconnaissance. Il comprend deux noms: 1º le mot

_d'ordre_, qui est le nom d'un grand homme, d'un général célèbre ou

d'un brave mort au champ d'honneur; 2º le _mot de ralliement_, qui est

le nom d'une ville, d'une bataille, d'une vertu civile ou guerrière.

Exemple: _Napoléon_, _Nancy_. Le mot varie tous les jours.

=97. Quels sont les droits des commandants d'arme d'une place?=

Lorsque les circonstances l'exigent, le commandant peut consigner dans

l'intérieur de la place tout ou partie des troupes de la garnison.

Dans les circonstances graves, le commandant d'armes peut consigner

dans les casernes la totalité ou une partie des troupes de la

garnison.

Les chefs de corps et de détachements ont ce même droit pour leurs

troupes.

Hors le cas d'urgente nécessité, elles ne peuvent, sans l'autorisation

du commandant territorial, être prolongées au delà de vingt-quatre

heures.

=98. Comment une troupe se rend-elle aussitôt à la caserne?=

L'alarme est annoncée par la générale; tous les militaires sont tenus

de se réunir sur-le-champ au corps dont ils font partie.

=99. Comment opère un chef de détachement appelé à mettre de l'ordre

en ville dans un local où des soldats seraient impliqués?=

Si le local est public, le militaire envoyé opère directement avec

énergie; si le lieu est clos, il ne peut y entrer sans la réquisition

de l'occupant, ou sans l'assistance d'un commissaire de police ou sans

les cris: _Au feu! à l'assassin! au secours! au voleur!_

Sentinelles--Troupes--Rondes--Patrouilles.

=100. Quels sont les devoirs généraux des sentinelles?=

Les sentinelles ont toujours la baïonnette au canon; elles ne portent

pas le sac; elles peuvent avoir l'arme au pied ou sur l'épaule; elles

ne la quittent jamais, même dans la guérite; lorsqu'elles sont dans le

cas de se mettre en défense, elles croisent la baïonnette.

Elles doivent toujours garder une attitude militaire, ne parler à qui

que ce soit sans nécessité et ne s'écarter de leur guérite à plus de

30 pas.

=101. Quels sont encore les devoirs précis des sentinelles?=

Les sentinelles ne se laissent relever que par un gradé du poste ou le

militaire qui en fait fonction; elles ne répètent leur consigne ou

n'en reçoivent de nouvelle qu'en présence du chef ou d'un gradé du

poste.

Elles doivent protection, sans toutefois s'éloigner de leur poste, à

tout individu dont la sûreté est menacée et qui se réfugie auprès

d'elles.

La durée de la faction est de deux heures, sauf quand la rigueur de la

saison ou des circonstances particulières conduisent le commandant

d'armes à la réduire.

=102. Quels cris une sentinelle peut-elle avoir à faire?=

Si une sentinelle a besoin de se faire relever, elle crie: _Chef de

poste, venez relever!_

Si elle aperçoit un incendie, elle crie: _Au feu!_

Si elle entend du bruit ou est témoin d'un désordre, elle crie: _À la

garde!_

Si, devant les armes, elle entend la générale ou aperçoit la personne

ou le corps constitué à qui on rend les honneurs, elle crie: _Aux

armes!_

=103. Que fait une sentinelle qui, la nuit, aperçoit une troupe, une

ronde ou une patrouille?=

La nuit, à partir de l'heure fixée par le commandant d'armes, la

sentinelle qui aperçoit une troupe, une ronde ou une patrouille, crie:

_Halte-là!_ Si la troupe, la ronde ou la patrouille s'arrêtent, la

sentinelle crie: _Qui vive?_ Sur la réponse: _France, ronde ou

patrouille!_ la sentinelle crie: _Avance au ralliement!_ Le chef

s'avance et donne le mot de ralliement à la sentinelle.

Si la troupe, la ronde ou la patrouille ne s'arrêtent pas, la

sentinelle répète: _Halte-là!_ Si on continue à avancer sans répondre,

la sentinelle croise la baïonnette et empêche de passer.

S'il s'agit d'une sentinelle devant les armes, dès qu'elle a reçu le

mot de ralliement, elle appelle le chef de poste qui vient

reconnaître.

=104. Que font les sentinelles qui, la nuit, par suite de consignes

particulières, ne doivent pas se laisser approcher?=

Elles crient d'une voix forte à toute personne qui passe à proximité:

_Halte-là!_ et, après ce cri répété une deuxième fois: _Au large!_

Si on ne s'était pas arrêté, elles auraient croisé la baïonnette et

empêché de passer.

[Illustration: La sentinelle reconnaît la ronde.]

=105. Que doit faire, la nuit, une sentinelle qui ne doit pas se

laisser approcher et qui a son arme chargée?=

En cas d'alarme, de troubles ou d'attaque, la sentinelle crie à celui

qui vient à elle: _Halte-là!_ on ne s'arrête pas, elle répète une

seconde fois: _Halte-là!_ et, s'il y a lieu, elle crie: _Halte-là ou

je fais feu!_

Si alors on continue à s'avancer, elle fait feu et appelle la garde.

=106. Quelle est la consigne spéciale pour les sentinelles des postes

placés aux prisons?=

ART. 35.--Dans les postes placés aux prisons, la consigne générale est

complétée, en ce qui concerne les devoirs des factionnaires, par les

dispositions ci-après:

1º Les factionnaires veillent à la sûreté de l'établissement et

avisent le chef de poste de tout fait de nature à la compromettre;

2º Lorsqu'ils n'ont point, en vertu des instructions reçues, leurs

armes chargées, ils disposent de deux cartouches libres qu'ils placent

dans la cartouchière qui est le plus à portée de la main;

3º Si un factionnaire voit, pendant le jour, un détenu sur les toits

ou escaladant les murs, il lui fait immédiatement la sommation de

s'arrêter, et donne sur-le-champ l'alarme en criant: _Aux armes!_ cri

qui est répété par les autres factionnaires;

4º Si le factionnaire constate pendant la nuit une tentative

d'évasion, il charge son fusil, en criant: _Halte-là, ou je fais feu!_

Si, malgré cet avertissement, le détenu ne s'arrête pas, la sentinelle

fait feu et appelle la garde;

5º Si un détenu paraît la nuit à une fenêtre non garnie de barreaux,

le factionnaire le somme de se retirer et renouvelle deux fois sa

sommation. Il ne fait feu qu'après la dernière sommation;

6º En dehors des cas visés tant à la consigne générale qu'aux numéros

4º et 5º ci-dessus, les sentinelles ne doivent faire usage de leurs

armes qu'en cas de légitime défense.

Honneurs.

=107. Comment se rendent les honneurs?=

Pour rendre les honneurs, les militaires armés du fusil _présentent

l'arme_ en exécutant le premier mouvement de l'arme sur l'épaule

droite, si les troupes sont l'arme au pied. Si elles étaient dans la

position de l'arme sur l'épaule, pour «présenter les armes», exécuter

le premier mouvement de _Reposer arme_.

Les troupes en marche et les isolés autres que les factionnaires

rendent les honneurs sans mettre baïonnette au canon.

=108. À qui les sentinelles doivent-elles rendre les honneurs?=

_Les sentinelles présentent les armes:_

Aux drapeaux et étendards;

Aux officiers des armées de terre et de mer;

Aux troupes en armes;

Aux membres de la Légion d'honneur, porteurs des insignes de leur

décoration;

Aux convois funèbres;

Aux officiers des armées étrangères.

_Elles gardent l'immobilité, la main dans le rang et l'arme au pied

pour:_

Les adjudants-chefs;

Les adjudants et assimilés;

Les décorés de la médaille militaire porteurs de leur médaille.

Garde de police de la caserne.

=109. Quelle garde commande-t-on à la caserne?=

On commande à la porte de la caserne un poste réduit au strict

nécessaire.

=110. Quelle est la consigne de ce poste?=

Elle varie par caserne, c'est le chef de corps qui la donne suivant

les circonstances.

=111. Quels sont les devoirs de la sentinelle à la porte du quartier?=

La sentinelle remplit les devoirs généraux des sentinelles et crie:

_Aux armes!_ lorsque le chef de corps vient à la caserne. Elle

prévient le chef de poste de tout ce qu'il y a d'irrégulier autour de

la caserne ou dedans.

=112. Qu'a-t-elle à faire relativement aux entrées et aux sorties de

la caserne?=

En principe, sans l'autorisation du chef de poste:

1º Elle ne laisse sortir du quartier aucun étranger avec un paquet ou

une arme, ni un caporal ou soldat avec un paquet, un fusil ou un

revolver;

2º Elle n'y laisse entrer aucun étranger ou homme de troupe d'un autre

corps.

Après l'appel du soir, elle fait entrer au corps de garde les

militaires de tous grades qui entrent ou sortent; elle signale au

sergent les lumières non éteintes après la sonnerie de l'extinction

des feux.

Elle ne laisse entrer aucun chien à la caserne.

Service de planton--Service en cas de troubles--Main-forte due à

l'autorité.

=113. En quoi consiste le service de planton?=

Un militaire de planton est un agent qui a une certaine importance,

dans l'exécution du travail journalier des divers services d'un

régiment et des états-majors.

=114. Quelle doit être la qualité du soldat planton?=

Le planton doit être _actif et consciencieux_, car il est chargé soit

de transmettre des ordres et des papiers importants, soit de garder

des archives et des pièces confidentielles, soit encore d'exercer une

surveillance déterminée ou de faire observer une consigne

particulière. Ce service ne doit souffrir aucune négligence; il faut

que tout soldat en soit bien pénétré.

=115. Que font les troupes lorsque la force militaire est

réquisitionnée?=

Pour maintenir l'ordre public, ou pour assurer l'exécution des lois,

l'autorité militaire n'agit qu'en vertu de la réquisition écrite de

l'autorité civile.

Dans ce cas, les troupes ne font usage de leurs armes par le feu que

si des violences ou voies de fait sont exercées contre elles, ou que

si elles ne peuvent défendre autrement le terrain qu'elles occupent ou

les postes dont elles sont chargées.

Elles agissent également par leurs armes quand elles se trouvent dans

le cas prévu par l'article 3 de la loi du 7 juin 1848, qui dit:

«Lorsqu'un attroupement armé ou non armé se sera formé sur la voie

publique, le maire ou l'un de ses adjoints, à leur défaut le

commissaire de police ou tout autre agent ou dépositaire de la force

publique et du pouvoir exécutif, portant l'écharpe tricolore, se

rendra sur les lieux de l'attroupement.

«Un roulement de tambour annoncera l'arrivée du magistrat.

«Si l'attroupement est armé, le magistrat lui fera sommation de se

dissoudre et de se retirer.

L'Instruction Théorique du Soldat par lui-même (1914) · 第 3 / 10 段