Il doit être porteur de son livret et être muni soit d'une permission,

soit d'une feuille de déplacement; cette dernière est délivrée au

militaire qui se déplace pour le service ou par ordre; dans ce cas,

les frais de route sont à la charge de l'État.

Le militaire muni d'un titre régulier paie quart de tarif sur les

chemins de fer.

Les employés des chemins de fer, les gradés de service dans les gares

et l'autorité militaire peuvent toujours se faire présenter le titre

régulier de l'absence.

Il est expressément recommandé aux militaires, et notamment quand ils

voyagent à l'étranger, de ne communiquer leur livret qu'aux autorités

de leur pays ayant qualité pour le consulter.

=28. Dans quelles voitures les militaires voyagent-ils?=

Les militaires ne peuvent pas voyager en 1re classe, à moins d'une

autorisation spéciale du chef de corps. Les compagnies de chemins de

fer, lors des gros départs, peuvent faire usage pour les militaires de

voitures à marchandises aménagées.

=29. Quelles attentions doit avoir le militaire en voyage?=

Dans les gares et partout en voyage le militaire doit se surveiller

dans sa tenue, dans ses propos et dans son attitude; pratiquer

rigoureusement les marques de respect, être poli avec chacun et faire

honneur à son uniforme et à son régiment.

Quoique isolé, il importe qu'il n'oublie pas l'esprit de discipline,

qui fait de son régiment une force imposante et réelle.

En toutes circonstances il donne l'exemple de la parfaite correction.

Punitions--Maintien au corps par mesure de discipline.

=30. Pourquoi les punitions disciplinaires existent-elles dans les

armées?=

L'exécution rigoureuse du devoir militaire et la nécessité de la

discipline dans l'armée entraînent l'obligation de la punition.

Les soldats sont punis pour les fautes et les actes ci-après, suivant

leur gravité:

Actes contraires au respect que tout militaire doit en toute

circonstance aux règlements de police, aux lois, au gouvernement de la

République et aux autorités qui le représentent; les infractions aux

règlements militaires; la violation des règles relatives à l'exécution

des punitions; les indiscrétions, la paresse, la mauvaise volonté et

la négligence dans le service; l'oubli de la dignité professionnelle;

la négligence dans sa tenue, dans sa propreté personnelle et dans

l'entretien parfait des effets et des armes; les dettes résultant de

l'inconduite; la tentative de dissimuler son identité en cas de faute

ou de se soustraire à la responsabilité de ses actes; les querelles

entre militaires ou avec des citoyens; les brimades; l'ivresse dans

tous les cas, même lorsqu'elle ne trouble pas l'ordre; la

manifestation publique, sous quelque forme que ce soit, d'opinions, ou

la publication d'écrits nuisibles à la discipline ou aux intérêts

généraux du pays.

Enfin, tout murmure, tout écart de langage, tout défaut d'obéissance,

les manquements aux appels, à l'instruction et aux différents

services.

=31. Peut-on éviter les punitions?=

Oui, très facilement; la punition n'existe, en somme, que pour les

hommes sans énergie, sans bonne volonté et pour les incorrigibles. Il

importe d'éviter les punitions même les plus légères; leurs

conséquences sont désastreuses.

=32. Quelles sont les punitions qui peuvent être infligées aux

soldats?=

Les punitions des soldats sont variables selon la nature des

négligences ou des fautes. Elles sont:

_La consigne au quartier;_

_La salle de police;_

_La prison;_

_La cellule;_

_Le renvoi de la 1re classe à la 2e;_

_Le renvoi ou la cassation d'un emploi spécial;_

_L'envoi aux sections spéciales._

=33. Comment se font les punitions?=

Le soldat _puni de consigne au quartier_ ne peut, en dehors du

service, sortir de la caserne sous aucun prétexte. Il doit répondre

aux appels des hommes punis.

Le soldat _puni de salle de police_ ne peut pas sortir de la caserne,

en dehors des exercices; le soir, à l'heure fixée, il est enfermé dans

un local spécial.

Le soldat _puni de prison_ fait ses exercices avec la compagnie et, en

tout temps, il est enfermé isolément. Le chef de corps décide s'il

doit paraître ou non devant la troupe.

Le soldat _puni de cellule_ reste enfermé isolément pendant toute la

durée de sa punition, sauf une sortie journalière surveillée d'une

heure environ.

=34. Qui doit réprimer et faire cesser toute faute?=

_Tout supérieur, quel que soit son grade, depuis le caporal, et à

quelque corps ou service qu'il appartienne, a le devoir strict de

contribuer au maintien de la discipline générale en relevant toute

faute de ses inférieurs et en s'efforçant d'y mettre fin lorsque cette

faute se poursuit._

_Les simples soldats remplissant les fonctions de caporal ont les

droits du caporal; ils peuvent punir._

=35. Quand commence une punition et quand finit-elle?=

Le chef qui a prononcé une punition la notifie ou la fait notifier

sans retard à l'intéressé; la punition commence dès qu'elle est

notifiée.

Les punitions se décomptent par jour.

=36. Qu'est-ce que le sursis des punitions?=

On peut accorder le bénéfice du sursis pour un délai déterminé lorsque

la faute est commise par négligence légère et inconscience ou par

défaut d'instruction, et que le militaire fautif se recommande par sa

bonne conduite habituelle.

Si le militaire ne commet pas de faute de même nature pendant le délai

fixé, la punition est annulée.

=37. Quelles sont, en outre de la peine elle-même de la punition, les

conséquences des punitions?=

Le soldat reste au corps, après le jour fixé pour la libération, un

nombre de jours égal à celui qu'il aura passé en _prison_ ou en

_cellule_, déduction faite des punitions n'excédant pas huit jours.

Demandes--Recommandations--Réclamations.

=38. Comment un soldat adresse-t-il une demande, est-il nécessaire de

se faire recommander à ses chefs?=

Toute demande, à moins d'urgence, est adressée au capitaine par

l'intermédiaire du sergent-major.

On ne doit pas se faire recommander par des personnes étrangères à

l'armée et on doit empêcher de laisser adresser à ses chefs des

lettres de qui que ce soit pour des demandes ou des recommandations.

Tout le monde est soldat: on doit se recommander soi-même par sa bonne

conduite, par son travail et par son application aux exercices.

_Il importe que l'on sache bien que le capitaine place dans ses plus

essentiels devoirs: de s'intéresser à ses soldats, de se renseigner

sur leurs besoins et de les traiter avec un esprit de justice et de

bienveillance._

Que le soldat transmette donc lui-même à son capitaine ses désirs et

ses besoins.

=39. Un soldat a-t-il le droit de réclamer?=

Le droit de réclamation est admis pour permettre aux militaires

d'exercer, le cas échéant, un recours contre les mesures ou punitions

imméritées ou irrégulières.

Les réclamations individuelles sont seules autorisées, elles sont

adressées au supérieur qui a pris la mesure ou prononcé la punition.

Le supérieur écoute avec calme et bienveillance, puis, s'il y a lieu,

il fait droit à la réclamation. S'il n'y fait pas droit, le militaire

peut adresser à nouveau sa réclamation à une autorité supérieure; si

cette dernière n'y fait pas droit, il y a alors punition.

Travaux divers.

=40. Quel travail peut-on demander à un militaire?=

En dehors de son service normal, tout militaire est tenu d'accomplir,

pour le service de l'armée ou pour celui de l'État, les travaux qui

lui sont demandés, y compris ceux de la profession qu'il exerçait

avant son incorporation.

Il ne lui est dû aucune rétribution, excepté celles prescrites par le

ministère.

=41. Que font les soldats ordonnances?=

Les officiers sont autorisés à employer chacun un soldat pour leur

service personnel et pour le pansage de leur cheval. Ils portent

toujours la tenue militaire. Un salaire leur est payé mensuellement

par l'officier: 4 francs par cheval et 5 francs pour le service

personnel de l'officier.

* * * * *

Devoirs du soldat à la caserne.

Devoirs dans la chambrée.

=42. Quel est le chef de chambrée?=

C'est le plus ancien caporal de la chambre. Le soldat doit obéir au

chef de chambrée, agir avec lui en bon camarade et lui faciliter sa

tâche, car il est responsable des hommes et de l'exécution de toutes

les consignes relatives à la tenue des chambres.

À défaut de caporal, les fonctions de ce grade sont remplies par un

soldat de 1re classe ou pourvu d'un emploi lui conférant autorité.

=43. Quels sont les devoirs du soldat au réveil?=

Le soldat doit se lever dès le réveil, s'habiller bien et rapidement,

en n'omettant aucun de ses vêtements (ceinture de flanelle, caleçon,

bretelles, cravate, etc.), découvrir son lit, qui doit rester

découvert au moins pendant une heure, ranger ses effets sur la planche

à bagages et aux crochets, puis balayer aux abords de son lit[4].

[Note 4: Voir, pour les soins de propreté, le chapitre _Hygiène_,

page 53.]

=44. Quelles sont les prescriptions relatives à l'entretien des

effets?=

Le soldat répare et entretient lui-même ses effets d'habillement et

son linge; il est tenu de nettoyer, de brosser et de ranger chacun de

ses effets lorsqu'il les quitte dans la journée; en tout cas, il doit

toujours le faire le soir.

Son paquetage doit toujours être fait réglementairement.

Il est interdit de prêter aucun effet à un camarade.

=45. Où le soldat peut-il mettre ses menus objets?=

À défaut d'armoires fournies par le casernement, le capitaine autorise

les caporaux et soldats à se pourvoir de boîtes fermant à clef.

=46. Comment se font les divers travaux, le nettoyage et l'entretien

des locaux communs et des chambrées?=

Des consignes générales sont données pour assurer la propreté et

l'entretien des locaux communs et des chambrées, pour l'observation

des règles de l'hygiène et pour les distributions.

Les hommes reçoivent à ce sujet des ordres dont ils doivent assurer

aussitôt la ponctuelle exécution.

La troupe doit pourvoir elle-même à tous ses besoins d'intérieur et à

tous les petits travaux de nettoyage, d'installation et de mise en

état du matériel, des divers locaux et des cours; elle doit également

apporter à la caserne les denrées, les matières et objets qui lui sont

nécessaires et s'occuper aussi de la préparation des aliments. De là

la nécessité des corvées.

Les soldats sont commandés à tour de rôle pour ces corvées. Ils

doivent apporter à leur exécution de la bonne volonté, de

l'initiative, de la rapidité et de l'intelligence pratique, puis agir

comme ils agiraient chez eux pour leurs affaires personnelles.

Ils trouveront un stimulant dans la pensée que leur travail et leurs

efforts sont utiles à tous et qu'ils contribuent à leur tour au

bien-être général.

=47. Quels sont les services de la caserne?=

Dans chaque caserne il y a un poste de police pour assurer l'ordre et

la police générale selon la consigne permanente.

Dans chaque caserne on commande, en général, une compagnie de piquet

(service de la place, incendies, services extraordinaires, etc...).

Tous les militaires de la compagnie de piquet sont tenus de rester au

quartier, prêts à prendre les armes.

L'appel du soir.

L'appel du soir a lieu en principe à 9 heures du soir (21 heures). Les

rengagés et les décorés de la Légion d'honneur ou de la médaille

militaire en sont dispensés. Ils doivent rentrer à 11 heures (23

heures).

Tous les rentrants après l'appel du soir sont tenus de se présenter au

chef du poste de police.

Visites d'officiers.

=48. Que doit-on faire quand un officier entre une chambre?=

Le soldat ou le gradé qui le premier voit un officier entrer dans la

chambre commande: «Fixe!» À ce commandement, les soldats se lèvent,

se découvrent et gardent l'immobilité et le silence jusqu'à ce que

l'officier soit sorti ou qu'il ait commandé: «Repos!»

[Illustration: Fixe!--Visite d'officier.--Le paquetage.]

Si c'est un officier supérieur ou général, on commande d'abord: «À vos

rangs!» Les soldats se placent au pied du lit, s'alignent, puis au

commandement de «Fixe» qui suit immédiatement, on exécute ce qui est

prescrit ci-dessus.

Si on est en armes, on ne se découvre pas et on reste immobile reposé

sur l'arme.

Soldats malades.

=49. Que doit faire le soldat qui se sent malade?=

Le soldat malade, indisposé ou ayant une affection quelconque à un

organe, doit le déclarer de suite à son chef de chambrée: c'est une

obligation.

Un gradé porteur du cahier de visite le conduit à la visite

journalière du médecin. Le malade qui ne peut pas se lever est

transporté à l'infirmerie.

=50. Que se passe-t-il si à la visite un soldat est formellement

déclaré non malade?=

On le punit, mais, en principe, la punition est ajournée pendant 15

jours.

=51. Où sont soignés les malades?=

Suivant le degré de gravité ou de contagion, ils sont soignés soit à

la chambre, soit à l'infirmerie, soit à l'hôpital.

=52. Est-il admissible qu'un soldat non malade aille à la visite pour

chercher à obtenir du docteur une exemption de service?=

Non, c'est un abus de confiance que d'aller tromper le médecin et de

surprendre sa bonne foi; c'est une paresse indigne d'un homme. Cette

déplorable pratique est cause de la méfiance des docteurs, méfiance

qui peut leur faire commettre des erreurs.

_Cette malhonnête habitude a pris naissance chez les soldats des

armées mercenaires; les soldats paresseux la conservent. Aujourd'hui,

cependant, elle ne saurait subsister dans l'armée nationale; la

déraciner est le devoir de tout soldat de coeur! On ne doit pas la

tolérer chez les camarades de la compagnie._

Le soldat trompeur mérite pour une simulation une punition sévère. Il

faut avoir un peu de courage et d'énergie pour réagir contre la

paresse.

=53. Si un soldat, sans être malade, se sent fatigué, que doit-il

faire?=

Il en fait part à l'adjudant, ou à son officier, ou au capitaine; il

peut être certain qu'on lui donnera, s'il y a lieu, une permission

d'exercice ou un adoucissement dans le service.

En outre, aux jours et heures fixés, les soldats sont autorisés à

demander des conseils aux médecins militaires, sans se faire inscrire

sur le cahier de visite de la compagnie.

=54. Quelles sont les visites médicales auxquelles tout militaire est

soumis?=

Chaque mois les soldats passent une visite médicale pour vérifier

s'ils ne sont pas atteints d'une maladie contagieuse, et chaque mois

ils sont soumis à une pesée constatant la variation de leur poids.

Chaque trimestre ils sont examinés au point de vue de l'état de leur

dentition.

Avant un départ en permission, ils sont présentés au médecin-major; il

en est de même à la rentrée d'une absence quelconque.

Service postal.

=55. Quel est le sous-officier chargé du service postal?=

C'est le vaguemestre; il remet aux soldats les lettres ordinaires, par

l'intermédiaire du gradé de liaison.

Il remet directement les chargements et les lettres recommandées.

Une boîte aux lettres est placée à côté du poste de police. Le

vaguemestre en a la clef. Les heures de levée sont inscrites sur la

boîte.

=56. Comment le soldat touche-t-il un mandat?=

Le soldat remet son mandat au gradé de liaison qui le donne au

vaguemestre; celui-ci le paie le jour même, en présence du gradé de

liaison, au soldat porteur de son livret et de l'enveloppe de la

lettre; le soldat signe sur le registre du vaguemestre.

=57. Comment le soldat peut-il profiter des deux timbres de 10

centimes qui lui sont accordés gratuitement chaque mois?=

Le soldat dépose sa lettre fermée au bureau de la Compagnie, en

signant sur un registre: c'est le vaguemestre qui place lui-même le

timbre-poste. Il peut utiliser ces 2 timbres simultanément ou l'un

après l'autre.

CHAPITRE III

DIVERS

Livrets.

=58. Quels sont les livrets du soldat?=

Le soldat a deux livrets: le livret individuel et le livret matricule;

ils contiennent tous deux l'état civil du soldat, les renseignements

sur ses services, sur sa situation militaire, sur son instruction

générale et militaire, puis les mesures de l'homme.

=59. Quelles sont, en outre, les inscriptions spéciales du livret

individuel?=

On y inscrit le classement et les récompenses de tir, y compris les

prix et les mentions honorifiques obtenus par tout militaire dans les

concours non militaires.

Les effets distribués, puis les armes et les effets de campement

s'inscrivent sur un fascicule spécial qui se place dans le livret

individuel.

Il contient ensuite le Code de justice militaire, les obligations des

soldats dans leurs foyers, des cases pour le visa de la gendarmerie

lors des changements de domicile ou de résidence, un billet d'hôpital

(à utiliser en campagne); à la libération, on le complète par un

_fascicule de mobilisation_ renseignant sur la position et la

destination du soldat dans ses foyers.

=60. Quels renseignements particuliers trouve-t-on sur le livret

matricule?=

Le livret matricule porte l'inscription des punitions et en plus un

état de notes qui est rempli à la libération.

Le livret matricule reste entre les mains du capitaine.

=61. Qu'est-ce que le livret individuel pour le militaire dans ses

foyers?=

Le livret individuel est pour le militaire une pièce authentique et

officielle qu'il doit pouvoir présenter à toute réquisition de

l'autorité civile, militaire ou judiciaire.

On est tenu de conserver son livret jusqu'à la libération définitive

du service militaire, c'est-à-dire pendant vingt-huit années, et de le

présenter à toute réquisition de l'autorité militaire.

Il faut éviter de lui faire subir aucune détérioration.

_L'homme qui perd son livret, étant dans ses foyers, doit en faire

immédiatement la déclaration à la gendarmerie qui la transmet._

Le commandant de recrutement lui fait établir un nouveau livret

(duplicata) et un nouveau fascicule qui sont délivrés gratuitement.

Il importe que l'homme n'apporte _aucun retard dans cette déclaration

de perte_, qui d'ailleurs serait toujours reconnue.

Code de justice militaire.

=62.= Il importe de lire avec attention, _dans le livret individuel_,

le Code de justice militaire: il instruira l'homme sur tout ce qui est

crime ou délit militaire. Cela le mettra en garde contre toute

défaillance et contre toute tentation d'oublier son devoir.

Correspondance militaire.

=63.= On doit se conformer au modèle ci-après pour la correspondance

militaire, supprimer tout préambule, employer des termes convenables

et respectueux envers les supérieurs et terminer sa lettre par la

signature, sans formules de politesse.

* CORPS D'ARMÉE _À_..... _le_..... 19.

* DIVISION D'INFANTERIE Le[5]..... de la

..e BRIGADE ..e compagnie du .....e régiment

d'infanterie au..... [6].....

..e RÉGIMENT D'INFANTERIE

...........

.....à.....

Objet: J'ai l'honneur de[8].....

Au sujet de[7]..... ....

.....

(Signature et adresse.)

[Note 5: Indiquer le grade et le nom de celui qui écrit.]

[Note 6: Indiquer le grade et l'emploi de celui à qui on écrit.]

[Note 7: Indiquer sommairement le but de la lettre.]

[Note 8: Exposer simplement l'objet de la demande ou la réponse.

On emploie ordinairement du papier du format écolier 20/30.]

Les hommes de troupe _en activité de service_ qui ont des demandes à

faire par écrit les adressent à leur capitaine ou, s'il y a lieu, au

chef de corps par la voie hiérarchique.

Accidents dans le service.

=64.= Les militaires victimes d'un accident sont soignés par les

médecins militaires. Si l'accident a eu lieu dans le service et à

l'occasion du service, il leur est délivré un _Certificat d'origine de

blessure ou de maladie_, qui peut, selon le cas, leur ouvrir des

droits à la réforme avec gratification.

Sociétés de secours mutuels.

=65.= Des sociétés de secours mutuels sont constituées par régiment ou

par bataillon faisant corps, entre les militaires appelés ou engagés.

Ces sociétés sont purement facultatives, l'entrée a lieu à la suite

d'une simple demande adressée au capitaine.

Dans ces sociétés, moyennant une cotisation extrêmement minime, les

militaires de passage sous les drapeaux pourront constituer un fonds

de prévoyance destiné à leur permettre de rentrer ou d'entrer, après

leur libération, dans les sociétés de secours mutuels civiles. Les

sociétés de secours mutuels régimentaires auront, en outre, pour objet

de procurer aux soldats un livret individuel sur la Caisse nationale

des retraites, ou de continuer les versements déjà opérés sur les

livrets individuels dont ils étaient titulaires avant leur

incorporation. Elles accorderont des secours immédiats aux membres

participants, à leurs veuves, orphelins ou ascendants; enfin, elles

créeront un office de placement gratuit, afin de permettre aux

soldats, à leur sortie du régiment, de trouver plus facilement du

travail.

CHAPITRE IV

ORDINAIRE--SOLDE--PRESTATIONS--DIVERS

Ordinaire et prestations.

=66. Qu'est-ce que l'ordinaire?=

L'ordinaire est le régime adopté pour la nourriture du soldat.

On peut dire que c'est l'organisation de la compagnie en une _société

coopérative_ pour nourrir économiquement les soldats et les caporaux.

L'ordinaire est dirigé par le capitaine; il a pour le seconder le

lieutenant en premier, le sergent-major et le caporal d'ordinaire.

L'ordinaire cherche, par l'utilisation judicieuse de son outillage et

de ses denrées, à obtenir une nourriture substantielle et hygiénique

et à faire des préparations variées, saines, appétissantes et

réconfortantes.

=67. Quel est le service du cuisinier?=

Le cuisinier est chargé de préparer les repas d'après les menus

établis par le capitaine. Il est en outre responsable de l'entretien

et de la propreté des ustensiles, du matériel et du linge mis à sa

disposition.

Le cuisinier doit être d'une probité scrupuleuse, d'une propreté

absolue et avoir beaucoup d'ordre et de méthode.

Le capitaine peut récompenser son zèle par une indemnité variable,

mais qui ne dépasse pas 50 centimes par jour, payable sur les fonds de

l'ordinaire.

=68. À quoi servent les fonds de l'ordinaire, qui en est détenteur et

comment sont-ils constitués?=

Les fonds de l'ordinaire ont pour but unique d'assurer, concurremment

avec les denrées fournies par l'État, la subsistance de la troupe.

Le capitaine dépose chez le trésorier du corps les fonds d'économie du

boni, il ne garde par devers lui qu'une somme dont le chef de corps

fixe le maximum, il paie les dépenses au jour le jour par

l'intermédiaire du sergent-major et du caporal d'ordinaire; les

acquits figurent sur le cahier d'ordinaire.

Les fonds de l'ordinaire sont alimentés par des prestations

d'alimentation normales et éventuelles et par diverses recettes.

Les recettes de l'ordinaire sont:

1º Une prime fixe journalière d'alimentation de 0f 225 par homme en

France, 0f 265 en Algérie et Tunisie[9];

[Note 9: Pour le génie, la prime est majorée de 0f 01 (à cause de

la taille).]

2º Une prime journalière de viande (correspondant au prix de 320

grammes de viande, variable suivant le cours de la boucherie) [en ce

moment ... centimes][10];

[Note 10: Mettre au crayon le chiffre fixé; le sergent-major

l'indiquera.]

3º Un versement fait par les militaires qui ne vivent pas à

l'ordinaire et qui y prennent le café;

4º Le produit de la vente des os, eaux grasses et débris de

réfectoires; la valeur de la moitié des rations de pain économisées

dans l'année;

5º La solde des caporaux et soldats punis de prison et de ceux

irrégulièrement absents le dernier jour du prêt ou au moment de son

paiement;

6º Les prestations éventuelles lorsqu'elles sont allouées.

=69. Quelles sont les prestations éventuelles?=

Elles sont allouées dans des circonstances spéciales, savoir:

Prime nº 1 (boissons hygiéniques et liquides) 0f 05

Prime nº 2 0 10

Prime nº 3 (marches et manoeuvres) 0 15

Prime nº 4 (marches et manoeuvres alpines) 0 20

Indemnité du 14 juillet (fête nationale) 0 30

=70. Quelles sont les dépenses de l'ordinaire?=

L'ordinaire paie toutes les denrées qui servent à la nourriture des

soldats (le pain de table excepté) et toutes les boissons qui leur

sont fournies.

=71. Quel est le taux, par homme et par jour, des principales denrées

achetées par l'ordinaire?=

L'Instruction Théorique du Soldat par lui-même (1914) · 第 2 / 10 段