C'est une sorte de dogme, accepté par les éleveurs, que les races pures
sont toujours de couleur sombre, et leur répugnance est grande pour les
reproducteurs de robe claire et notamment sous poil gris et blanc. Dans
les stations de monte, lorsque l'administration des Haras place un
excellent reproducteur percheron de couleur grise, des réclamations se
produisent. Nos éleveurs veulent des percherons noirs.
Or, se basant sur des recherches très étendues, M. Lavalard, dont
l'observation sur la cavalerie de la Compagnie générale des Omnibus date
de plus de trente ans, affirme que la coloration de la robe chez le
cheval ne peut être considérée comme un caractère de race.
Bien plus, la robe du vrai percheron serait le plus souvent grise et les
types de couleur sombre auraient le plus souvent des formes et des
jarrets défectueux.
Dans le même ordre d'idées, on n'est pas autorisé à dire qu'il existe
une race nivernaise de chevaux de trait, parce que les éleveurs lui ont
donné une robe noire. Les nivernais sont bien des métis, qui ne
supportent pas la comparaison avec les vrais percherons. La robe foncée,
provenant de mésalliances ou de croisements, n'a pu qu'altérer la
qualité d'énergie et d'endurance de la race percheronne.
[Illustration: Un thé au Muséum de New-York dans la salle du dinosaure.]
D'ailleurs, si l'on envisage le pur sang, on voit de temps à autre
reparaître la robe grise que l'administration des Haras, s'appuyant sur
un préjugé erroné, a voulu interdire. N'a-t-on pas vu des pur sang gris,
tels que le Sancy et sa fille Semendria, démontrer, sur les hippodromes,
qu'ils n'étaient pas inférieurs à ceux de couleur sombre?