Le IV. Volume contient une Description Générale de l’Empire de _Perse_,
de son Gouvernement, de ses Forces, de ses Lois, et des Mœurs et des
Coutumes de ses habitants.
Le V. contient une Description des Arts et des Sciences des _Persans_,
de leur Industrie et de leur Habileté, tant dans la Mécanique, que pour
tout ce qui regarde la vie civile.
Le VI. contient la Description de leur Gouvernement Politique,
Militaire, et Civil.
Le VII. contient la Description de la Religion qu’ils professent, tirée
tant de leur Culte public, que de leurs Livres les plus authenti ques,
dont on donne des Extraits fidèles.
Le VIII. contient une Description particulière de la Ville _d’Ispahan_,
capitale de l’Empire de _Perse_, enrichie de seize Planches, ou Tailles
douces, des plus beaux Édifices et autres Monuments de cette grande
Ville, dessinés sur les lieux par le Sr. Grelot.
Le IX. contient la _relation_ d’un _voyage_ particulier, que je fis en
1674. _d’Ispahan_ à Bandar — Abassi, port célèbre des _Persans_, dans le
voisinage d’Ormus. On trouvera dans ce volume, entre les autres
curiosités, les magnifiques ruines de _Persépolis_, cette ville si
fameuse des anciens _Perses_, gravées en vingt-deux planches _et_
décrites fort exactement, avec des remarques pour faire mieux entendre
ces admirables masures, qui _sont_ un des plus beaux restes de
l’Antiquité. Et le dixième. enfin, contient le second _voyage_, que je
fis en 1674. _d’Ispahan à Bandar-Abassi_, et diverses particularités de
la cour de Perse, dont je n’avais point encore eu lieu de parler.
Tel est le plan de mes _relations_, et c’est pour la première fois que
j’en publie les sept derniers volumes. Délivré désormais du soin de les
faire imprimer, je vais m’appliquer incessamment à la publication de ma
_Géographie_ persane, de mon Abrégé de l’histoire de Perse, tiré des
auteurs persans, et de mes _Notes_ sur divers endroits de l’Écriture
sainte. Ces Notes, dont la pensée me vint dans l’esprit dès mon premier
_voyage_ en _Orient_, et que j’appelai dès lors mon ouvrage favori, par
le plaisir avec lequel j’y travaillais, et par l’utilité que j’espérais
que la religion en pourrait tirer ; ces _Notes_, dis-je, sont des
manières de découvertes sur un fort grand nombre de passages, dont
l’intelligence dépend particulièrement de la connaissance des _mœurs_
mœurs et des coutumes des _Orientaux_ : Car on sait que _l’Orient_ est
comme la scène de tous les faits historiques de la _Bible_. La langue de
ce livre divin, surtout de l’Ancien Testament, étant _orientale_, elle
est aussi très-souvent toute hyperbolique, toute figurée dans les
discours les plus communs, et pleine aussi de toutes sortes de figures
dans les pièces écrites en vers, et dans les prophéties ; d’où il suit
naturellement qu’on ne saurait bien entendre les Écrits sacrés, sans
connaître les choses d’où ces figures sont prises, telles que sont les
propriétés naturelles et les mœurs particulières d’un pays. Je remarquai
cela d’abord, à mon premier voyage. Je m’apercevais de jour en jour que
je trouvais en divers passages des Livres _saints_ plus de justesse et
plus de beauté qu’auparavant, parce que j’avais devant les yeux les
choses naturelles, ou morales, auxquelles ces passages faisaient
allusion. J’observais d’ailleurs, en lisant les différentes traductions
que la plupart des peuples du monde ont faites de la Bible, que chacun,
pour rendre l’original plus intelligible, employait des expressions qui
accommodaient les choses aux lieux où il se trouvait ; ce qui altérait
d’ordinaire le sens, et le rendait souvent plus obscur, et quelquefois
même absurde. Enfin, en consultant les commentateurs sur ces sortes de
passages, j’y découvrais de grandes méprises, et je m’apercevais, qu’en
mille endroits, ils devinaient, ou marchaient à tâtons. Ce fut là ce qui
me fit former le dessein de faire des _Notes_ sur ces endroits de
_l’Écriture_, me persuadant qu’elles pourraient être également agréables
et utiles. Des personnes doctes, à qui je communiquai mon projet,
m’encouragèrent beaucoup par leur approbation. Elles me pressèrent même
beaucoup plus de l’exécuter promptement, lorsque je leur eus fait
entendre qu’il n’en est pas de _l’Asie_ comme de notre _Europe_, où l’on
change plus ou moins ce qu’on appelle les _modes_, soit pour les habits,
soit pour les bâtiments, soit pour toute autre chose. En Orient, il n’en
est pas ainsi. L’on y est constant presqu’en tout et partout. Les habits
y sont coupés et _façonnés_ encore aujourd’hui, comme ils étaient il y a
plusieurs siècles ; ce qui fait croire, qu’en cette partie du monde, les
formes extérieures des choses, les mœurs, les habitudes, les manières
même de parler, étaient à peu près les mêmes il y a deux mille ans
qu’elles y paraissent encore aujourd’hui, à la réserve peut-être de ce
que les révolutions de religion y peuvent avoir apporté de changement,
ce qui n’est pas fort considérable.
Mais sans arrêter ici plus longtemps le lecteurs sur ce sujet, il en
trouvera diverses preuves dans mes relations, dont il est temps de lui
laisser commencer la lecture.