Est-ce que j'hésiterais au moment suprême? Mes nerfs seraient-ils moins
forts que ma volonté? Non, cela n'est pas possible! Et cependant, si,
pour assouvir ma haine, je le tuais simplement, par ce poison qui est là
sous ma main...; que j'ajoute à la matière vénéneuse plus ou moins
d'eau, et le problème est résolu. Peu d'eau, et il meurt... il tombe
foudroyé. Beaucoup d'eau... et je le tiens sous ma main de tortionnaire,
il est à moi âme et corps... nul ne peut me l'arracher...
«J'ai besoin de me recueillir. Le bourreau passe en prières la nuit qui
précède l'exécution... Je ne prie pas, moi, mais j'érige un autel sur
lequel, idole effroyable, je place mes souvenirs et ma haine, et dans
cette contemplation j'abîme toutes les facultés de mon âme...
«Allons!