J'ai trouvé le moyen, reste à préparer l'exécution. J'ai bien raisonné.
Du reste, l'expiation ne sera pas au-dessous du crime. Elle sera
complète, odieuse, effroyable. Oh! je n'ai rien négligé, il souffrira
autant qu'il m'a fait souffrir... il mourra... mais comme je comprends
que meure l'ennemi. Il se verra, il se sentira mourir longuement. Ce ne
sera pas un passage brusque de la plénitude de l'existence à l'inanité
du néant, du jour splendide à la nuit muette.
Il mourra... Mais j'y songe, sa disparition n'étonnera-t-elle pas ses
amis, tous ceux qui s'intéressent à lui?... j'ai dit sa disparition et
je me comprends. Il faut que je les prépare peu à peu à cette pensée, il
faut que lui-même me serve d'interprète auprès d'eux...
Comment agir? N'oublions pas ce détail, un jour on le verra plein de
vie, plein de santé, souriant... _vivant_ pour tout dire, puis tout à
coup, il sera sous les yeux de tous à l'état de cadavre, immobile,
insensible. La mort subite étonne toujours, il ne faut pas qu'elle
étonne...
Ah! j'ai trouvé.