[Note 224: Rollin, après avoir transcrit dans le _Traité
des études_ la première partie du morceau qui précède, dit
en note: «Le même manuscrit rapporte une belle action de M.
de Mesmes, qui refusa une place considérable que le roi lui
offroit, et par ce généreux refus la conserva à celui qui
l'avoit occupée jusque là.» Le récit de cette belle action
se trouve dans le fragment qui suit.]
«Mon père ne reçut qu'à force l'honneur de l'état de conseil privé,
qui n'étoit pas vulgaire alors; mais sur ce qu'il remontroit sa
vieillesse et impuissance, le roi Charles répliqua: C'est ce qui me
fait vous prier d'en être, pour éviter le blâme que ce me feroit si
vous mouriez sans en être.
«Le roi François Ier lassé de feu _Rusé_, son avocat au parlement
de Paris, il manda mon père, pour lors fraîchement venu à Paris,
pour lui donner cet office, lequel aussi rudement que sévèrement
lui contesta qu'il ne feroit pas bien de dépouiller son officier
sans crime, et qu'il pourroit, lui vivant, autrement vaquer.--«Mais
c'est mon avocat; chacun prend celui qui lui plaît; serai-je de pire
condition que le moindre de mes sujets?--C'est, dit-il, l'avocat du
roi et de la couronne, non sujet à vos passions, mais à son devoir.
J'aimerois mieux gratter la terre aux dents que d'accepter l'office
d'un homme vivant.»--Le roi excusa cette liberté de parler et la
loua, et changea de conseil, de sorte que trois jours après l'avocat
Rusé se vint mettre à genoux devant mon père en son étude, l'appelant
son père et son sauveur après Dieu. «Je n'ai, dit-il, rien fait pour
vous, ne m'en remerciez point, car j'ai fait à ma conscience, et non
à votre satisfaction.»
_Les larmes et complaintes de la Reyne d'Angleterre sur la mort de
son Espoux, à l'imitation des quatrains du sieur de Pibrac, par David
Ferrand._
_A Paris, chez Michel Mettayer, imprimeur ordinaire du Roy, demeurant
en l'isle Nostre-Dame, sur le Pont-Marie, au Cigne._