Acta Basil. apud Ruinart. p. 650.]

Avant que de quitter Pessinunte, il voulut venger la Déesse des

insultes de deux chrétiens, qui avaient renversé son autel. Il les fit

amener devant lui, et tenta d'abord de les pervertir par ses discours.

Emportés par la vivacité de leur zèle et de leur jeunesse, ils se

moquèrent et de l'empereur et de ses sophismes. Julien les condamna à

mort, non pas comme chrétiens, c'eût été démentir son système, mais

comme perturbateurs de l'ordre public. Il reprit ensuite la route

d'Ancyre. Comme il en approchait, les sacrificateurs vinrent au-devant

de lui, portant l'idole de Proserpine. Il leur distribua une somme

d'argent, et fit célébrer des jeux le lendemain de son arrivée. Il

y avait dans cette ville un prêtre chrétien nommé Basile, qui du

temps de Constance avait fortement combattu l'arianisme. Sous le

nouveau règne il avait tourné ses armes contre l'idolâtrie. C'était un

missionnaire zélé et véhément, qui allait de ville en ville, exhortant

publiquement les chrétiens, et leur inspirant de l'horreur pour les

idoles et les sacrifices. Le proconsul Saturninus éprouva son courage

par les plus cruelles tortures, mais sans l'ébranler. Il le fit mettre

en prison, et en informa l'empereur qui était encore à Constantinople.

Julien pensa qu'un homme de ce caractère pourrait servir efficacement

l'idolâtrie, s'il réussissait à le gagner. Il envoya pour le séduire

deux apostats, Helpidius, intendant du domaine, et un certain Pégasius.

Leur mission ne fut pas heureuse. Julien arrivé à Ancyre se fit amener

Basile; mais il n'eut pas plus de succès; il n'en put tirer que des

reproches de son apostasie, et des menaces d'une mort funeste et

prochaine. Il le mit entre les mains du comte Frumentinus, capitaine

d'une compagnie de la garde, avec ordre de lui faire souffrir des

tourments douloureux, qui pussent lasser sa patience, sans lui ôter

promptement la vie. Pendant le séjour de Julien, Basile, dont on

déchirait le corps tous les jours, se fit une fois conduire devant

lui: Julien s'en félicitait, il le croyait vaincu; mais il n'en reçut

que de nouveaux reproches, et il en sut fort mauvais gré à Frumentinus

qu'il ne voulut pas voir à son départ[404]. Le comte se vengea de cette

disgrace sur la personne de Basile, qu'il fit mourir dans les plus

horribles tourments.

[Note 404: On prétend que Julien fit périr beaucoup d'autres

chrétiens dans cette ville. On compte parmi eux S. Malasippus et sa

femme Ste Casina. On livra aussi aux tortures un chrétien de la secte

des Encratites, nommé Busiris. Macédonius, Théodule, Tatianus, et

plusieurs autres encore, furent mis à mort sous divers prétextes dans

la Phrygie. Il est bon de remarquer cependant que tous ces martyres ne

sont attestés que par des actes assez modernes.--S-M.]

[Note latérale: XXXV. A Césarée de Cappadoce.

Amm. l. 22, c. 9.

Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 91, et or. 19, p. 308.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 317 / 331 题