Till. persec. art. 9.]

Pour s'assurer de l'exécution de cet édit, il défendit par une loi

expresse à tout particulier d'entreprendre de tenir école, de quelque

science que ce fût, sans avoir été autorisé par le conseil de la ville

et par les suffrages des principaux habitants: il ordonna que le

décret lui serait envoyé pour l'examiner et le ratifier. Il témoignait

de grands égards aux médecins: il fit revivre en faveur de ceux de

la cour et des deux capitales de l'empire, Rome et Constantinople,

tous les priviléges qui leur avaient été accordés par les anciens

empereurs, et les déclara exempts de toute fonction onéreuse. Rien

n'est plus honorable que la lettre par laquelle il rétablit le médecin

Zénon, que la faction de l'évêque George avait chassé d'Alexandrie.

Mais en même temps il défendit aux chrétiens d'enseigner et peut-être

même de pratiquer la médecine. Saint Jean Chrysostôme comprend cette

profession dans le nombre de celles dont les chrétiens furent exclus.

Césaire, frère de saint Grégoire de Nazianze, avait exercé la médecine

auprès de Constance avec une grande réputation. Son savoir et son

désintéressement, qui en rehaussait le prix, lui avaient mérité

l'estime de toute la ville de Constantinople, et les plus honorables

distinctions de la part du prince. Il demeura auprès de Julien. Le

danger auquel il exposait sa foi, fit trembler son frère: celui-ci

s'efforça de le rappeler par une lettre touchante, trempée de ses

larmes et de celles de leur père. Césaire ne se rendit point à ces

instances; mais il ne dégénéra pas de cet esprit de lumière et de force

qui faisait le caractère de sa famille. En vain Julien, qui s'était

fait un point d'honneur de le pervertir, mit en œuvre les caresses et

les menaces. Ce prince entra même en controverse avec lui devant un

grand nombre de témoins, les uns déja séduits, les autres fidèles, qui,

partagés de désirs comme de sentiments, s'intéressaient tous vivement

à la victoire. Dans un combat en apparence si inégal, Césaire sut si

bien démêler les sophismes de Julien, il se tira avec tant d'adresse

de ses subtilités, il protesta avec tant de fermeté qu'il vivrait et

qu'il mourrait chrétien, que l'empereur confus et déconcerté perdit

l'espérance de le séduire, sans perdre cependant l'estime qu'il avait

pour lui. Il voulait le retenir; mais Césaire se retira de la cour, et

alla mettre sa foi à couvert dans le sein de sa famille.

[Note latérale: XXVIII. Il accable les chrétiens.

Jul. ep. 43, p. 424.

Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 81.

Socr. l. 3, c. 13 et 14.

Soz. l. 5, c. 3, 5 et 17.

Cod. Th. l. 12, tit. 1, leg. 50, l. 3, tit. 1, leg. 4.

God. ad Cod. Theod. t. 2, p. 303.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 310 / 331 题