Pour s'assurer de l'exécution de cet édit, il défendit par une loi
expresse à tout particulier d'entreprendre de tenir école, de quelque
science que ce fût, sans avoir été autorisé par le conseil de la ville
et par les suffrages des principaux habitants: il ordonna que le
décret lui serait envoyé pour l'examiner et le ratifier. Il témoignait
de grands égards aux médecins: il fit revivre en faveur de ceux de
la cour et des deux capitales de l'empire, Rome et Constantinople,
tous les priviléges qui leur avaient été accordés par les anciens
empereurs, et les déclara exempts de toute fonction onéreuse. Rien
n'est plus honorable que la lettre par laquelle il rétablit le médecin
Zénon, que la faction de l'évêque George avait chassé d'Alexandrie.
Mais en même temps il défendit aux chrétiens d'enseigner et peut-être
même de pratiquer la médecine. Saint Jean Chrysostôme comprend cette
profession dans le nombre de celles dont les chrétiens furent exclus.
Césaire, frère de saint Grégoire de Nazianze, avait exercé la médecine
auprès de Constance avec une grande réputation. Son savoir et son
désintéressement, qui en rehaussait le prix, lui avaient mérité
l'estime de toute la ville de Constantinople, et les plus honorables
distinctions de la part du prince. Il demeura auprès de Julien. Le
danger auquel il exposait sa foi, fit trembler son frère: celui-ci
s'efforça de le rappeler par une lettre touchante, trempée de ses
larmes et de celles de leur père. Césaire ne se rendit point à ces
instances; mais il ne dégénéra pas de cet esprit de lumière et de force
qui faisait le caractère de sa famille. En vain Julien, qui s'était
fait un point d'honneur de le pervertir, mit en œuvre les caresses et
les menaces. Ce prince entra même en controverse avec lui devant un
grand nombre de témoins, les uns déja séduits, les autres fidèles, qui,
partagés de désirs comme de sentiments, s'intéressaient tous vivement
à la victoire. Dans un combat en apparence si inégal, Césaire sut si
bien démêler les sophismes de Julien, il se tira avec tant d'adresse
de ses subtilités, il protesta avec tant de fermeté qu'il vivrait et
qu'il mourrait chrétien, que l'empereur confus et déconcerté perdit
l'espérance de le séduire, sans perdre cependant l'estime qu'il avait
pour lui. Il voulait le retenir; mais Césaire se retira de la cour, et
alla mettre sa foi à couvert dans le sein de sa famille.
[Note latérale: XXVIII. Il accable les chrétiens.
Jul. ep. 43, p. 424.
Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 81.
Socr. l. 3, c. 13 et 14.
Soz. l. 5, c. 3, 5 et 17.
Cod. Th. l. 12, tit. 1, leg. 50, l. 3, tit. 1, leg. 4.
God. ad Cod. Theod. t. 2, p. 303.