Soz. l. 5, c. 17.]

Cet édit de Julien alarma tous les fidèles. Les livres saints étaient

leur nourriture; mais les lettres profanes, dit saint Basile, étaient

les feuilles qui servaient aux fruits d'ornement et de défense. Aussi

ces hommes éclairés, loin d'embrasser avec joie cette ignorance, qu'une

fausse politique ou une singularité bizarre prêchent quelquefois,

et qu'une pieuse imbécillité canonise, regardèrent cet artifice de

Julien, comme l'attentat le plus noir et le plus dangereux qu'il eût

formé contre le christianisme: ce sont les termes de saint Grégoire

de Nazianze; et de tous les reproches dont il accable Julien, il n'en

est point qui prête à son zèle plus de force et plus de vivacité.

On travailla aussitôt à réparer cette perte. Saint Grégoire et

Apollinaire, tous deux féconds et éloquents, tous deux hommes de génie,

riches de leur propre fonds et enrichis encore par l'étude des lettres,

composèrent en prose et en vers un grand nombre d'écrits. Ils avaient

dessein d'y transporter les beautés des auteurs profanes, et de les y

conserver comme dans un dépôt sacré, en les appliquant aux matières

propres de la religion. Mais quelque habiles que fussent ces deux

illustres écrivains, leurs ouvrages trop hâtés ne pouvaient remplacer

des chefs-d'œuvres de tant de siècles: la mort de Julien rendit

bientôt à l'église le libre usage des trésors dont il avait voulu la

dépouiller.

[Note latérale: XXVII. Conduite de Julien à l'égard des médecins.

Jul. ep. 45, p. 426, et lex de medicis, p. 154.

Greg. Naz. or. 10, t. 1, p. 167 et 168, et ep. 17, p. 779.

Chrysost. in Juvent. et Max. t. 2, p. 579.

Cod. Th. l. 13, tit. 3, leg. 4, 5.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 309 / 331 题