Till. persec. art. 9, et note 4.]

Les professeurs chrétiens étaient encore en petit nombre. Ecébolus,

qui avait été un des maîtres de Julien, et que l'intérêt et la

vanité avaient toujours tenu attaché à la cour, homme de petit

génie, dépourvu de talents, et jaloux de ceux des autres, sacrifia

sans balancer sa religion à sa chaire. Après la mort de Julien, il

revint au christianisme; et toujours déclamateur jusque dans sa

pénitence, couché par terre devant la porte de l'église, il criait aux

fidèles: _Foulez-moi aux pieds; je suis un sel affadi_. Les autres

montrèrent plus de fermeté. L'histoire nomme Marius Victorinus qui

professait l'éloquence à Rome avec éclat, et le célèbre Prohérésius,

que Constant avait comblé d'honneurs. Quoiqu'il n'eût paru à Rome

qu'en passant, cette ville lui avait érigé une statue de bronze avec

cette inscription: _Rome reine du monde au roi de l'éloquence_. Étant

retourné à Athènes, il soutint la réputation du plus habile maître de

la Grèce. Julien faisait de lui une haute estime; il voulait même

l'engager à écrire son histoire; et par une exemption qu'il croyait

honorable, il lui permit de continuer ses leçons, sans être obligé de

changer de religion. Prohérésius refusa cette distinction qui aurait

pu rendre sa foi suspecte; il renonça généreusement à sa profession

et aux bonnes graces du prince, qui dès ce moment, par une bizarrerie

très-ordinaire, rabattit beaucoup de l'opinion qu'il avait eue de

l'habileté de ce rhéteur.

[Note latérale: XXVI. Douleur de l'église.

Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 51 et 99.

Basil. de libris Gentilium, t. 2, p. 173.

Socr. l. 3, c. 16.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 308 / 331 题