Till. hist. des Donat. art. 53, 54 et 55.]

Les Donatistes n'osaient lever la tête, depuis que Constant avait

châtié leur insolence. Aussitôt que Julien fut monté sur le trône, ils

s'empressèrent de se concilier la faveur du nouveau prince. Ils lui

députèrent pour demander la restitution de leurs basiliques. Leurs

envoyés n'épargnèrent pas la flatterie: on leur a reproché dans tous

les siècles d'avoir dit à Julien _qu'il était le seul prince qui sût

écouter la justice_. Cet éloge fut regardé comme une trahison faite au

christianisme; et leur requête devint si odieuse, que, quarante ans

après, Honorius, pour les couvrir d'ignominie, ordonna qu'elle serait

publiquement affichée avec le rescrit de Julien, qui les rétablissait

dans toutes leurs anciennes possessions. Julien se persuadait que

cette secte forcenée serait plus propre que toute autre à ruiner le

christianisme en Afrique. Rien n'égale en effet la fureur, à laquelle

ces fanatiques s'abandonnèrent. Ils s'emparaient des églises à main

armée, ils en chassaient les évêques, brisaient les autels et les

vases sacrés, massacraient les prêtres et les diacres, violaient les

vierges consacrées à Dieu, mettaient les hommes en pièces, outrageaient

les femmes, tuaient les enfants dans les entrailles de leurs mères,

profanaient les saints mystères. Leurs évêques prétendaient se

sanctifier par tant d'horreurs, et les peuples juraient par le nom de

ces prélats sacriléges, comme par celui de Dieu même.

[Note latérale: XXIV. Julien défend aux chrétiens d'enseigner et

d'étudier les lettres humaines.

Jul. ep. 42, p. 422.

Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 51, 96 et 97.

Amm. l. 22, c. 10, et l. 25, c. 4, et ibi Vales.

Chron. Hier.

Socr. l. 3, c. 16.

Theod. l. 3, c. 8.

Soz. l. 5, c. 18.

Joann. Antioch. p.842 et ibi Vales.

Zon. l. 13, t. 2, p. 25.

Cedr. t. 1, p. 305.

Oros. l. 7, c. 30.

[Theoph. p. 40.]

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 306 / 331 题