Les Donatistes n'osaient lever la tête, depuis que Constant avait
châtié leur insolence. Aussitôt que Julien fut monté sur le trône, ils
s'empressèrent de se concilier la faveur du nouveau prince. Ils lui
députèrent pour demander la restitution de leurs basiliques. Leurs
envoyés n'épargnèrent pas la flatterie: on leur a reproché dans tous
les siècles d'avoir dit à Julien _qu'il était le seul prince qui sût
écouter la justice_. Cet éloge fut regardé comme une trahison faite au
christianisme; et leur requête devint si odieuse, que, quarante ans
après, Honorius, pour les couvrir d'ignominie, ordonna qu'elle serait
publiquement affichée avec le rescrit de Julien, qui les rétablissait
dans toutes leurs anciennes possessions. Julien se persuadait que
cette secte forcenée serait plus propre que toute autre à ruiner le
christianisme en Afrique. Rien n'égale en effet la fureur, à laquelle
ces fanatiques s'abandonnèrent. Ils s'emparaient des églises à main
armée, ils en chassaient les évêques, brisaient les autels et les
vases sacrés, massacraient les prêtres et les diacres, violaient les
vierges consacrées à Dieu, mettaient les hommes en pièces, outrageaient
les femmes, tuaient les enfants dans les entrailles de leurs mères,
profanaient les saints mystères. Leurs évêques prétendaient se
sanctifier par tant d'horreurs, et les peuples juraient par le nom de
ces prélats sacriléges, comme par celui de Dieu même.
[Note latérale: XXIV. Julien défend aux chrétiens d'enseigner et
d'étudier les lettres humaines.
Jul. ep. 42, p. 422.
Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 51, 96 et 97.
Amm. l. 22, c. 10, et l. 25, c. 4, et ibi Vales.
Chron. Hier.
Socr. l. 3, c. 16.
Theod. l. 3, c. 8.
Soz. l. 5, c. 18.
Joann. Antioch. p.842 et ibi Vales.
Zon. l. 13, t. 2, p. 25.
Cedr. t. 1, p. 305.
Oros. l. 7, c. 30.
[Theoph. p. 40.]