Jul. ep. 49, p. 429, ep. 63, p. 451, et in fragm. p. 288-305.]

Un pontife supérieur fut établi dans chaque province, avec une pleine

autorité sur tous les prêtres des villes et des campagnes. Julien

exige, comme des vertus essentielles à cette place, la modération,

la douceur, la hardiesse à reprendre, et la vigueur à punir. Ses

écrits fournissent un modèle d'instruction pour ceux qui sont honorés

du sacerdoce, et une copie fidèle de la sainteté qu'il voyait alors

éclater dans les ministres de l'église. Il attribue la décadence de

l'idolâtrie aux vices de ceux qui la professent; il reconnaît que c'est

par la régularité dans les mœurs et par la charité envers les hommes,

que le christianisme s'est accrédité. Il recommande au pontife la

vigilance sur les inférieurs: _Privez-les_, dit-il, _des fonctions du

sacerdoce, s'ils ne sont fidèles à servir les dieux, s'ils n'y obligent

leurs domestiques, s'ils mènent une vie indécente_. Il lui conseille

de voir rarement les magistrats et les grands seigneurs, si ce n'est

pour l'intérêt de la veuve et de l'orphelin, et de se contenter de leur

écrire. Il veut qu'on reçoive dans les hôpitaux les pauvres étrangers,

de quelque religion qu'ils soient. Il impose une contribution dans

chaque province pour fournir à la subsistance des indigents. Il

défend aux gouverneurs de se faire suivre de leurs gardes quand ils

entrent dans les temples: _Dès qu'ils y mettent le pied_, dit-il,

_ils deviennent simples particuliers; les prêtres seuls ont droit

d'y commander sous les auspices des dieux; les autres, qui portent

leur faste jusqu'au pied des autels, ne sont que des hommes vains et

superbes_. Il exige qu'on respecte les prêtres, lors même qu'ils sont

indignes de leur ministère, jusqu'à ce qu'ils en aient été dépouillés;

mais il veut aussi qu'ils se rendent respectables: _Ils sont_, dit-il,

_les interprètes des dieux auprès des hommes, et les cautions des

hommes auprès des dieux_. Il leur prescrit de conserver leurs oreilles

chastes aussi-bien que leur langue; il leur interdit la lecture des

poésies trop libres et des histoires amoureuses, _qui allument peu à

peu le feu des passions_; ce sont ses termes. Il ne leur permet pas

même de lire les ouvrages d'Épicure et de Pyrrhon, et il rend grâces

aux dieux d'avoir fait périr la plupart des écrits de ces philosophes.

Il aurait bien voulu épurer le théâtre; mais regardant la chose comme

impossible, il en défend l'entrée aux prêtres. Il veut qu'ils prient

trois fois le jour; qu'ils se montrent rarement aux promenades; qu'ils

ne se trouvent à des festins que chez des personnes vertueuses;

qu'ils s'abstiennent des spectacles où assistent les femmes; qu'ils

soient magnifiques dans les cérémonies de religion, simples dans leur

habillement ordinaire; qu'ils prennent sur leur nécessaire de quoi

faire l'aumône. Enfin il demande dans ceux qu'on élève à la prêtrise

deux qualités, l'amour des dieux et celui des hommes: _Avec ces deux

caractères_, ajoute-t-il, _n'importe qu'ils soient riches ou pauvres,

illustres ou inconnus_. Ces maximes s'accordent avec la profession

solennelle qu'il fait en cent endroits de ses ouvrages, de croire

l'existence des dieux, l'immortalité de l'ame, les récompenses et les

punitions d'une autre vie. C'est ainsi qu'il s'efforçait de dérober à

la religion chrétienne la sainteté de sa discipline et de sa morale. Il

ignorait que c'est une tige qui meurt dès qu'elle est transplantée, et

qu'elle ne peut porter de fruits mûrs et durables que dans le terrain

où elle est née, et où elle est arrosée de la main de Dieu même.

Julien ne vécut pas assez long-temps pour reconnaître que sa réforme

n'était qu'un projet chimérique.

[Note latérale: XXI. Feinte douceur de Julien à l'égard des chrétiens.

Jul. ep. 7, p. 376, ep. 43, p. 424, et ep. 52, p. 435.

Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 72, et or. 10, p. 167.

Liban. or. 10, t. 2, p. 290.

Chrysost. de Sto. Babyla et in Jul. et Gent. t. 2, p. 574 et in Juvent.

et Max. p. 579.

Socr. l. 3, c. 11 et 12.

Soz. l. 5, c. 4 et 17.

[Theoph. p. 40.]

Cedr. t. 1, p. 306.

Zon. l. 13, t. 2, p. 25.

Vita Athan. apud Phot. cod. 258.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 303 / 331 题