Cod. Th. l. 2, tit. 29, leg. 1. Till. Julien, art. 11.]

Il était occupé de ces soins, lorsqu'il se vit environné d'une foule

importune qui demandait justice. C'étaient des Égyptiens, qui, ayant

appris quelle attention le nouveau prince apportait à réformer les abus

du règne précédent, étaient venus en diligence à Constantinople, pour

tirer quelque avantage de cette heureuse disposition. Les Égyptiens

de ce temps-là étaient intéressés, chicaneurs, toujours mécontents,

toujours prêts à accuser les officiers publics de rapines et de

concussions, soit pour se dispenser de payer les taxes, soit pour

avoir leur part des confiscations. Ceux-ci attroupés en grand nombre

obsédaient et poursuivaient partout et le prince et les préfets du

prétoire: ils ne cessaient de les fatiguer de leurs plaintes. Tous

ces cris se réunissaient, quoique pour des objets différents: les uns

prétendaient qu'on avait exigé d'eux plus qu'ils ne devaient, les

autres ce qu'ils ne devaient pas; d'autres, qu'on leur avait vendu

bien cher des recommandations pour obtenir des grâces et des emplois:

tous demandaient la restitution de leur argent; et ils faisaient même

remonter leurs prétentions plus haut que la date de leur naissance.

Julien se débarrassa de leurs importunités par une ruse peu séante à

un prince. Il leur commanda par un édit de passer tous à Chalcédoine,

leur promettant de s'y rendre incessamment pour les entendre et les

satisfaire. Dès qu'ils eurent obéi, il défendit aux patrons des

barques employées à ce trajet d'en ramener aucun à Constantinople. Ils

s'ennuyèrent d'attendre, et prirent enfin le parti de retourner dans

leur pays. A cette occasion, l'empereur publia une loi qui défendait

de poursuivre la restitution des sommes données sous les règnes

précédents pour acheter des charges ou des grâces. Ammien Marcellin

applaudit à cette loi; et M. de Tillemont remarque fort sensément,

qu'il aurait eu autant de raison de la louer, si elle eût ordonné tout

le contraire.

[Note latérale: XV. Ambassade des nations étrangères.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 297 / 331 题