Grut. inscr. p. 1102, n. 2.]

Pendant six mois qu'il resta à Constantinople, il assista fréquemment

aux assemblées du sénat. L'usage de Constance avait été de mander

au palais les sénateurs, qui se tenaient debout, tandis qu'il leur

donnait ses ordres en peu de mots. Mais Julien, jaloux de la réputation

d'éloquence, et qui estimait ses discours autant que ses victoires,

passait les nuits à composer des harangues; il allait ensuite les

débiter aux sénateurs qu'il faisait asseoir avec lui: c'étaient des

éloges, des censures, des avertissements. Il assistait au jugement des

procès. Un jour pendant qu'il haranguait, on vint l'avertir que le

philosophe Maxime arrivait d'Ionie. Aussitôt oubliant et les sénateurs,

et ce qu'il était lui-même, il descend brusquement de son siége, court

au-devant de Maxime, l'embrasse avec empressement, l'introduit dans

l'assemblée; et après avoir raconté avec beaucoup de vivacité quelles

obligations il avait à Maxime, en quel état ce grand homme l'avait

trouvé, à quel degré de perfection ses leçons l'avaient conduit, il

sort avec lui, le tenant toujours par la main. Une scène si bizarre

inspirait aux uns du respect pour Maxime, aux autres du mépris pour

Julien; mais tous se conformaient au caractère et au goût du prince:

et comme il affectait de se nommer sénateur de Byzance, par une sorte

d'échange, les sénateurs prenaient un extérieur philosophique. Julien

augmenta leurs priviléges. Prétextatus[376], un des plus distingués

du sénat de Rome, qui avait été gouverneur de Toscane, d'Ombrie,

de Lusitanie, et que Julien venait de faire proconsul d'Achaïe,

se trouvait alors à Constantinople pour une affaire particulière.

Les auteurs païens s'accordent tous à louer en lui l'intégrité, la

sagesse, et une sévérité de mœurs digne de l'ancienne république. Son

attachement à l'idolâtrie relevait encore aux yeux de Julien tant de

belles qualités. Le prince ne faisait rien sans prendre ses conseils.

Nous aurons plusieurs fois occasion de parler de ce célèbre personnage,

qui ne mourut que sous le règne de Théodose.

[Note 376: Une inscription, de l'an 387, nous apprend qu'il

s'appelait Vettius Agorius Prætextatus, et nous fait connaître toutes

les dignités qu'il avait obtenues.--S.-M.]

[Note latérale: XIII. Il ajoute à Constantinople de nouveaux

embellissements.

Jul. ep. 58, p. 443.

Zos. l. 3, c. 11.

Ducange, in Const. Christ. l. 1, c. 19, et l. 2, c. 1 et 3.

Banduri, imp. or. t. 2, p. 593, 677, 678.

Spon, voyag. t. 1, p. 137.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 295 / 331 题