Idat. chron. Mamert. pan. c. 15, 17, 19, 28, 29 et 30.]

Dans la cour de Constance le consulat avait été le prix de l'intrigue.

Il fallait l'acheter par des bassesses et par des sommes d'argent

prodiguées aux favoris, aux femmes, aux eunuques. Sous Julien

cette magistrature, plus importante par son ancien éclat que par

ses fonctions actuelles, recouvra son premier lustre. Mamertinus

et Névitta, désignés consuls depuis deux mois, n'étaient peut-être

pas les plus dignes de cet honneur, mais du moins ils n'en furent

redevables qu'au choix de leur maître. Julien toujours excessif

compromit sa propre dignité pour honorer celles des consuls. Le jour

que ces magistrats entraient en charge, le prince avait coutume de

les accompagner au sénat. Le premier de janvier, au point du jour,

Mamertinus et Névitta se rendirent au palais pour prévenir l'empereur.

Dès qu'il les aperçut, il courut fort loin au-devant d'eux: il

les salua, les embrassa, fit entrer leur litière jusque dans ses

appartements, leur demanda l'ordre pour partir; et comme ils refusaient

de s'asseoir sur leurs chaises curules pendant que l'empereur restait

debout, il les y plaça de ses propres mains, et marcha devant eux à

pied et confondu dans la foule du cortége. Le peuple suivait avec de

grandes acclamations. Mamertinus distingué par son éloquence rendit

sur-le-champ à la vanité de l'empereur, ce que l'empereur venait

de prêter à la sienne: il prononça en sa présence son panégyrique.

Nous avons encore cette pièce pleine de flatterie, mais spirituelle

et fort élégante. Julien était bien peu philosophe, si ces éloges

outrés se trouvaient être de son goût; et quelque ressentiment qu'il

conservât des injustices de Constance, les traits satiriques lancés

sans ménagement contre ce prince devaient au moins par leur indécence

révolter le successeur. Deux jours après, Mamertinus donnant les jeux

du cirque, on fit venir plusieurs esclaves qui devaient recevoir

la liberté. Julien, peu instruit de cette coutume, se mettait déja

en devoir de les affranchir; mais averti que cette fonction ne lui

appartenait pas en cette occasion, il se condamna lui-même à une amende

de dix livres d'or, pour avoir entrepris sur la juridiction des consuls.

[Note latérale: XII. Occupations de Julien à Constantinople.

Amm. l. 22, c. 7, 9 et ibi Vales.

Liban. or. 10, t. 2, p. 298 et 299.

Jul. ep. 11, p. 380.

Mamert. pan. c. 24.

Socr. l. 3, c. 1.

Cod. Th. l. 9, tit. 2, leg. 1; L. 11, tit. 23. leg. 2.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 294 / 331 题