Cod. Th. l. 7, tit. 4, leg. 7, 8, et ibi God.]

Le luxe qui régnait à la cour, s'était introduit dans les armées. Ce

n'étaient plus ces soldats sobres et infatigables, qui couchaient tout

armés sur la terre nue ou sur la paille, et dont toute la vaisselle

consistait en un vase de terre: c'étaient des hommes délicats et

voluptueux, corrompus par l'oisiveté, qui regardaient leurs lits comme

une partie de leur équipage plus nécessaire que leurs armes, qui

portaient des coupes d'argent plus pesantes que leurs épées. Leurs

officiers, parvenus par l'intrigue, ne pouvaient loger que dans des

palais; ils s'enrichissaient aux dépens des soldats, et les soldats aux

dépens des provinces, à qui seules ils faisaient la guerre par leurs

pillages, ne sachant que fuir devant l'ennemi. Plus de subordination

ni d'obéissance; plus d'honneur ni de courage. Julien rétablit la

discipline: il ne mit en place que des officiers éprouvés par de

longs services: il prit soin que les soldats ne manquassent ni de

bonnes armes, ni d'habillements, ni de paie, ni de nourriture; mais il

retrancha sévèrement tout ce qui tendait au luxe. Il leur fit reprendre

l'habitude du travail: une de ses lois ordonne que le fourrage, qui est

fourni par les provinces, ne sera apporté que jusqu'à vingt milles du

camp, ou du lieu dans lequel les soldats font leur séjour, et qu'ils

seront obligés de l'aller chercher à cette distance: c'était la marche

ordinaire d'une journée.

[Note latérale: VII. Modération de Julien.

Jul. misop. p. 343, 365, et 367.

Liban. or. 4, t. 2, p. 161 et 162.

Mamert. pan. c. 27, Eunap. excerpt. hist. Byz. p. 17 et 18.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 288 / 331 题