L'exemple du prince était une loi de frugalité et de tempérance. La
puissance souveraine ne changea rien dans les mœurs de Julien, non plus
que dans sa dépense personnelle. Modeste sur le trône, comme il l'avait
été dans l'oppression, il rejeta le titre de _seigneur_, que l'usage
avait attaché aux empereurs: c'était l'offenser que de l'appeler de
ce nom. Nulle recherche dans ses habits. La pourpre impériale était
d'une teinture distinguée et beaucoup plus éclatante; il se contenta
de la plus commune. Il voulut même plusieurs fois quitter le diadème,
et ne le retint que par bienséance. Selon une ancienne coutume, les
provinces envoyaient par leurs députés des couronnes d'or à l'empereur,
soit lorsqu'il parvenait à l'empire, soit à l'occasion d'un événement
heureux, ou pour le remercier d'un bienfait; et cet usage était devenu
une obligation[372]. Les bons princes en avaient quelquefois dispensé;
les autres exigeaient ce présent comme un droit de la souveraineté. Les
préfets du prétoire imposaient à cet effet une taxe arbitraire, sans
en exempter ceux mêmes qui étaient privilégiés à l'égard des autres
contributions. L'avarice des empereurs et la flatterie des préfets
avaient fait monter ces couronnes à un prix excessif; il y en avait de
mille onces, quelquefois de deux mille. Julien rendit à ce présent sa
liberté primitive, et par conséquent son mérite: il voulut qu'il fût
purement volontaire; il défendit même d'excéder dans ces couronnes le
poids de soixante-dix onces. C'était, à son avis, dénaturer un hommage
que de le tourner en profit; et tout ce que saisissait l'avarice était
perdu pour l'honneur.
[Note 372: Julien se plaint dans son Misopogon de ce que les
habitants d'Antioche avaient été les derniers à lui envoyer des
députés, et de ce qu'ils avaient été prévenus par les Alexandrins, bien
plus éloignés qu'eux.--S.-M.]
[Note latérale: VIII. Il soulage les provinces.
Amm. l. 25, c. 4.
Mamert. pan. c. 25.
Liban. or. 4, t. 2, p. 161. et or. 10, p. 306.
Jul. misop. p. 365, epist. 47, p. 428.
Eutr. l. 10.
[Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 80.]
Ambros. or. de obitu Valent. t. 2, p. 1173.
Cod. Th. l. 5, t. 12, leg. unic. L. 8, tit. 1, leg. 6, 7, 8; tit. 5, l.
12, 13, 14, 15, 16; l. 10, tit. 3, leg. 1. L. 11, tit. 3, leg. 3, 4;
tit. 12, leg. 2; tit. 16, leg. 10; tit. 19. leg. 2; tit. 28. leg. 1. L.
12, tit. 1, leg. 50. et seq. L. 15, tit. 1, leg. 8, 9, 10, tit. 3, leg.
2.