Till. Constance art. 60.]

Rome manquait de vivres. Gaudentius, qui tenait l'Afrique au nom de

Constance, avait envoyé à Constantinople la flotte de Carthage chargée

du blé destiné à la provision de Rome. Les Romains s'en plaignirent

à Julien; ils accusaient les commandants des côtes, d'avoir par leur

négligence laissé perdre un convoi si important: _Il n'est pas perdu

pour nous_, dit Julien en souriant, _puisqu'il est à Constantinople_;

il se flattait d'être incessamment maître de cette ville. En même

temps, il fit acheter à ses dépens et transporter à Rome une grande

quantité de grains. Quatre sénateurs romains, des plus considérables,

entre lesquels étaient Symmaque et Maxime, avaient été députés à

Constance par le sénat; ils revenaient d'Antioche, où Symmaque s'était

acquis une estime générale par sa vertu et par son éloquence: ils

trouvèrent Julien en Illyrie. Ce prince les combla d'honneurs; et pour

donner une marque de distinction à Maxime, neveu de Vulcatius Rufinus

qui avait été oncle de Gallus, il le nomma préfet de Rome en la place

de Tertullus. Sous ce préfet on vit renaître l'abondance, et le peuple

de cette ville tumultueuse n'eut plus d'occasion de se livrer à son

impatience naturelle. Le nouvel empereur, pour augmenter la confiance

de son parti en faisant paraître la sienne, se comporta en maître

de l'empire: il désigna consuls pour l'année suivante Mamertinus et

Névitta. Le premier venait de remplacer Florentius dans la dignité de

préfet du prétoire d'Illyrie.

[Note latérale: XLIV. Révolte de deux légions.

Amm. l. 21, c. 11, 12, et l. 22, c. 8.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 261 / 331 题