Naïssus fut bientôt remplie d'une multitude de députés: bientôt les
provinces et les villes se ressentirent des libéralités de leur
nouveau maître. Les Dalmates et les Epirotes furent déchargés des
impositions excessives dont ils étaient accablés. Nicopolis, bâtie
autrefois par Auguste, comme un monument de la victoire qu'il avait
remportée près d'Actium, se releva de ses ruines; les jeux qu'on y
avait célébrés tous les cinq ans, mais qui étaient depuis long-temps
interrompus, furent renouvelés. Athènes et Éleusis recouvrèrent leur
ancienne splendeur[342]. Les ordres de Julien semblaient répandre de
toutes parts le mouvement et la vie; on voyait réparer les murailles
des villes, les aquéducs, les places, les gymnases. On instituait de
nouvelles fêtes en l'honneur de celui qui rétablissait les anciennes.
Tant d'affaires publiques ne l'empêchaient pas de vaquer à celles des
particuliers: il écoutait leurs plaintes; il jugeait leurs différends,
surtout ceux où il s'agissait de priviléges contestés par les
communautés des villes à quelqu'un des citoyens. On remarqua qu'il
poussait trop loin le système de réduire tout au droit commun, et qu'il
favorisait l'ordre municipal, souvent même aux dépens de la justice.
[Note 342: _Ipsæ illæ bonarum artium magistræ et inventrices
Athenæ, omnem cultum publicè privatimque perdiderant. In miserandam
ruinam conciderat Eleusina. Sed universas urbes ope imperatoris refotas
enumerare perlongum est._ Mamert. Pan. c. 9.--S.-M.]
[Note latérale: XLIII. Il prend soin de la ville de Rome.
Amm. l. 21, c. 22, et ibi Vales.
Mamert. pan. c. 14, et 15.